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Mémoire : bien huilés des rouages

Mémoire : bien huilés des rouages
Octobre 2015
Le Particulier Pratique n° 416, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

La mémoire qui flanche quand on prend de l’âge, non, ce n’est pas une fatalité. Pratiquer plusieurs activités – jeux, sport, jardinage… – et conserver une vie sociale favorisent le bon fonctionnement des neurones. Voici quelques conseils.

Des clés que l’on perd, un nom qui ne revient pas, un rendez-vous que l’on oublie… La mémoire joue parfois des tours, surtout quand on avance en âge. Pourtant, à l’inverse de la vue ou de l’audition, son déclin n’est pas systématique. “On peut devenir centenaire sans avoir de maladie neurodégénérative, en gardant un cerveau en bonne santé et une excellente mémoire”, assure le Pr Marie Sarazin, responsable de l’unité de neurologie de la mémoire et du langage à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.

Un déficit d’attention plus que de vrais problèmes de mémoire

Si la perte de mémoire n’est pas inéluctable, le fonctionnement du cerveau évolue, toutefois, avec l’âge, ce qui induit des conséquences sur celui de la mémoire. “Pour une même activité cognitive, le cerveau mobilise davantage de matière cérébrale après 50 ans qu’avant, explique le Dr Carole Sereni, neurologue à l’hôpital Saint-Joseph à Paris. Cela lui réclame un plus grand effort, donc limite légèrement son potentiel quand il s’agit de retenir ce qui vient de se passer. Mais si cette mémoire immédiate est moins performante, ses caractéristiques cérébrales offrent, en revanche, des capacités supplémentaires pour résoudre des problèmes complexes.” Finalement, des oublis fréquents lorsqu’on vieillit ne sont pas alarmants. Ils révèlent simplement qu’il est alors plus compliqué de conserver une attention et une concentration soutenues. “La plupart des personnes qui consultent parce qu’elles s’inquiètent de pertes de mémoire vont bien, constate le Dr Sereni. La situation est davantage préoccupante lorsque c’est la famille qui vient nous trouver. Ou quand ces personnes oublient comment faire des choses élémentaires, comme lancer un programme de la machine à laver ou suivre une recette de cuisine.”

Stimuler, mais comment ?

Néanmoins, pour maximiser les chances de préserver sa mémoire intacte longtemps, il convient d’en prendre soin. “Il faut l’utiliser, sinon elle sera moins efficace”, résume le Pr Francis Eustache, neuropsychologue, directeur d’une unité de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à Caen et président de l’Observatoire B2V des mémoires (organisme qui participe à l’étude de la mémoire afin d’en prévenir les troubles). “Certaines régions cérébrales sont capables de neurogenèse, c’est-à-dire qu’elles peuvent fabriquer de nouveaux neurones. Pour cela, 2 conditions sont nécessaires : ces neurones doivent être assez oxygénés et être fonctionnels. Autrement dit, si on ne les incite pas à faire des apprentissages, ces cellules dépérissent. La stimulation cognitive est donc indispensable”, précise le neuropsychologue.
Certes, mais comment stimuler ces neurones ? N’espérez rien des compléments alimentaires vendus en pharmacie ou en grande surface, censés avoir des effets bénéfiques sur la concentration ou la mémorisation. “Il n’existe pas de molécule qui améliore le fonctionnement de la mémoire”, affirme le Pr Sarazin. Faut-il alors se tourner vers ces programmes présentés comme des entraînements cérébraux sous forme de jeux vidéo pour consoles ou proposés sur des sites Web ? La réponse des praticiens que nous avons interrogés est très claire : aucun travail scientifique n’a démontré l’utilité spécifique de tels outils. “Ces programmes d’entraînement participent au renforcement cognitif, nuance le Pr Eustache, mais ils ne sont en rien indispensables et peuvent être remplacés par bien d’autres activités.”

Anxiété et insomnie, les ennemies de la mémoire

Chez les personnes anxieuses et que les troubles de la mémoire inquiètent, ces outils peuvent même être délétères. En effet, si elles ne parviennent pas à réaliser ces tests, elles risquent de développer un stress supplémentaire, qui n’arrangera rien. Car le stress et, plus encore, la dépres- sion sont les ennemis de la mémoire. Ils doivent donc être pris en charge, mais pas n’importe comment. Les anxiolytiques sont néfastes aux souvenirs. Mieux vaut donc, lorsque c’est possible, privilégier un abord non médicamenteux, fondé sur les psychothérapies (notamment de type cognitif et comportemental), le yoga, la relaxation, l’hypnothérapie… De même, “un mauvais sommeil a des conséquences directes sur l’attention et la capacité de mémorisation, indique le Pr Sarazin. À l’inverse, un sommeil réparateur aide à l’enregistrement des informations”. Les médicaments contre l’insomnie chronique sont donc peu compatibles avec une bonne mémoire. “Toutefois, il ne faudrait pas considérer de façon dogmatique que les somnifères doivent être évités”, précise le Pr Sarazin, car l’insomnie génère de l’anxiété, elle-même très néfaste à la mémoire. “C’est une démarche à discuter, il faut souvent chercher des alternatives et systématiquement replacer le problème dans son contexte : l’histoire personnelle du patient, le rapport qu’il entretient avec sa propre mémoire…”

S’adonner à des activités variées

Mots croisés, sudoku, Scrabble, jeux de cartes…, les exemples d’activités bonnes pour la mémoire ne manquent pas. Mais ce n’est pas parce que vous passez 5 heures par jour à remplir des grilles de sudoku que vous en tirerez des bénéfices dans votre vie quotidienne. En fait, c’est la multiplication des sources d’activité cognitive qui est importante. Des activités qui doivent être choisies librement et réalisées avec plaisir, sans contrainte ni pression. Il ne s’agit pas seulement de celles étiquetées “intellectuellement stimulantes”. Par exemple, le bricolage ou le jardinage sont encouragés par les professionnels de santé, qui leur reconnaissent de nombreux atouts : activité physique, planification des tâches à effectuer, mémorisation des noms des végétaux, des outils et des techniques.

Sport et vie sociale

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la pratique d’un exercice physique est l’une des meilleures façons de doper sa mémoire et d’entretenir ses capacités intellectuelles. D’abord, parce que le sport (même d’intensité modérée) améliore l’oxygénation du cerveau, et donc la vitalité des neurones. Mais aussi parce que l’activité physique mobilise une grande partie du cerveau et favorise la sécrétion d’agents neurotrophiques, des sub­stances bénéfiques aux neurones.
“Conserver une activité cognitive, c’est aussi continuer à être impliqué dans la vie, avoir des interactions avec les autres, rester inséré dans la société après la retraite. En d’autres termes, c’est avoir une vie sociale”, indique le Pr Eustache. Les praticiens ne sauraient assez insister sur l’importance de maintenir des liens sociaux comme autant de sources de stimulation intellectuelle. Ainsi, prévoir d’inviter des amis à dîner met en jeu plusieurs types de mémoire à plus ou moins long terme (je dois préparer l’invitation, penser au menu…), mais sollicite également le langage, la capacité de planification, le tout dans une ambiance de plaisir.

Vincent Delfau


Mots-clés :

SANTE




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