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Bougies haut de gamme : le prix en vaut-il la chandelle ?

Bougies haut de gamme : le prix en vaut-il la chandelle ?
Octobre 2015
Le Particulier Pratique n° 416, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Très travaillées, certaines bougies parfumées sont devenues de vrais objets de décoration et même de luxe. Quelles qualités ces produits, parfois très chers, garantissent-ils vraiment ?

Depuis quelques années, le marché des bougies parfumées s’enflamme et n’en finit pas de monter en gamme. C’est pour mieux se démarquer des produits de la grande distribution, dont la promesse consiste uniquement “ à éliminer les mauvaises odeurs ”. Vendues entre 20 et 80 € pièce en moyenne, ces bougies se veulent, avant tout, des objets de décoration. Leur contenant (verre transparent, cristal ou porcelaine) est très travaillé. Comme le sont les éléments liés au rendu olfactif : extrême blancheur de la cire (contrairement aux marques des grands distributeurs très colorées), mèches en coton fileté ou parfois en bois, et, surtout, fragrances déclinables à l’infini, ou presque.

Un réel travail de création

Car c’est bien là ce qui fait leur succès : ces bougies créent une ambiance et font ressurgir des souvenirs. Elles font la part belle à l’imagination. Aux traditionnelles notes florales (rose, fleur d’oranger…) ou boisées (santal, cyprès…), de loin les plus vendues, s’ajoutent une multitude de notes gourmandes (biscuit, chez Durance…), apaisantes (verveine douce, chez Esteban…), voire régressives (colle des écoliers, de Bougies La Française). Sans oublier les bougies de luxe, façonnées à la main, et facettées comme un parfum de peau : Hiver en Russie, de Guerlain, (66 €) évoque ainsi le thé fumant du samovar et les réconfortantes odeurs d’un feu de bois…

Faut-il préférer la cire naturelle ou la minérale ?

Ces bougies à offrir ou à s’offrir sont, pour l’essentiel, fabriquées à partir de cires minérales issues de l’industrie pétrochimique. Un choix qui n’est pas forcément lié à l’idée de qualité. Mais Julien Pruvost, directeur exécutif des Cires Trudon, nous explique combien ces paraffines sont appréciées pour “leur blancheur, leur stabilité dans le temps et leur capacité à restituer des senteurs plus fines et plus durables que les cires végétales ”. À l’inverse, certaines marques (Esteban, La Lumière des Fées…) entendent disposer d’un produit naturel (Diptyque n’a pas souhaité répondre à nos questions) : elles élaborent leurs bougies à base d’huiles de colza, de palme ou de soja, en proportions variables, selon les parfums. Cela leur permet de séduire les consommateurs redoutant d’introduire chez eux des substances nocives. Pour autant, François Maupetit, spécialiste des polluants de l’air intérieur au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) reconnaît aujourd’hui que “ rien ne permet de dire, pour les bougies, qu’un composant rejette moins de polluants qu’un autre au moment de sa combustion ”. Il y a quelques années, son étude sur les parfums d’intérieur dénonçait les dangers des bâtonnets d’encens. Certains médias s’en étaient servis pour extrapoler et jeter le discrédit sur les bougies parfumées.

Des parfums à la fois naturels et synthétiques

Il est vrai qu’au-delà du type de cire, il faut aussi et, surtout, considérer les parfums utilisés. Ils sont soit achetés ou élaborés à la demande par des sociétés spécialisées, soit créés par des nez maison. Cela représente un travail de 6 à 12 mois car “aucune bougie n’a d’odeur linéaire”, confie Christina Moller-Theulle, directrice marketing international chez Annick Goutal. Dans la pratique, extraits d’huiles essentielles et essences de synthèse cohabitent quasi systématiquement, y compris lorsque les bases cireuses sont 100 % végétales et lorsque l’accent est mis sur le naturel du produit. Car pour restituer une odeur donnée, la ressource naturelle n’est pas forcément disponible (c’est le cas des notes marines, entre autres). Et lorsqu’elle existe, elle peut faire l’objet d’interdictions (le musc, par exemple) ou être allergisante et même nocive. C’est le cas de certaines huiles essentielles qui ne supportent pas la combustion (notamment l’extrait de rose).

Une bonne combustion nécessite un rituel précis

Dans tous les cas, une bougie haut de gamme se doit de répondre à des critères de qualité que la réglementation sur l’étiquetage ne prend pas encore en compte. Par exemple, elle doit diffuser son parfum à sec et tout au long de sa cinquantaine d’heures de combustion. Cela prouve que l’âme de la bougie tout entière a été parfumée. Alors que le parfum d’une bougie ordinaire vient seulement enrober sa matière, ce qui amoindrit la sensation olfactive.
Elle doit aussi émettre le moins de suie possible, ce qui nécessite de nombreux ajustements entre les cires, les parfums, les formats des contenants et les mèches. Enfin, pour qu’une bougie fonde uniformément et ne se creuse pas en son milieu, l’utilisateur doit observer un certain rituel : la laisser brûler au moins 2 heures lors de la première utilisation, puis de 2 heures à 3 heures les fois suivantes ; étouffer la flamme pour l’éteindre, à l’aide d’un éteignoir, et non souffler dessus. Il faut recouper la mèche en en laissant que 5 mm au maximum avant chaque nouvelle utilisation.

Roselyne Poznanski


Mots-clés :

ENERGIE , PARFUM




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