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Les plantes toxiques du jardin

Les plantes toxiques du jardin
Juillet-Août 2015
Le Particulier Pratique n° 414, article complet.
Auteur : SARGIS (Marise)

13,5 millions de Français possèdent un jardin et sont concernés par le risque d’intoxications par des végétaux. Voici un tour d’horizon des espèces qui donnent du fil à retordre aux centres antipoison.

À Niort, l’association Calyxis s’occupe de recueillir des données sur les accidents domestiques. "Parmi les cas d’intoxications traités par les centres antipoison, 5 % concernent des plantes et les victimes sont à 70 % des enfants de moins de 3 ans, des cas bénins, le plus souvent", indique Murielle Bouin, directrice adjointe de
Calyxis. "Les jeunes enfants sont les principales victimes d’intoxications par les plantes, parce qu’ils mettent tout à la bouche", confirme le centre antipoison de Paris. Diverses sortes de cas remontent auprès de ses équipes, telles les intoxications "à la dînette". Qui n’a pas joué, dans son enfance, à ramasser les végétaux à sa portée pour les servir à ses camarades dans une dînette ? La gravité d’un empoisonnement dépend de la dose, du moment d’absorption, de l’âge, du poids et de la sensibilité du sujet. Les symptômes sont généralement d’ordre digestif et, selon la dose et la substance ingérées, d’ordre nerveux, cardiaque ou respiratoire.

Des baies follement attirantes mais à risques

Deux cents espèces peuvent poser problèmes dans notre environnement. Seules 20 d’entre elles représentent 68 % des appels aux centres antipoison. Il s’agit de plantes assez communes, qui ornent souvent nos jardins : laurier-cerise, laurier-rose, ficus, pommier d’amour, arum tacheté, if, houx, cotonéaster, et buisson-ardent (Pyracantha), mahonia, chèvrefeuille, spathiphyllum, sureau noir, muguet, gui, marronnier d’Inde, dieffenbacchia, anthurium, Aucuba japonica et vigne vierge. Cette liste est susceptible d’évoluer avec les tendances du marché. Ainsi, en ce moment, Nandina domestica (ou bambou sacré) est très à la mode. Son feuillage coloré, sa floraison estivale et ses baies rouges sont appréciés pour leur couleur flamboyante. Or, toutes les parties de la plante sont toxiques pour l’homme à cause de la nandeline qu’elle renferme. La toxicité de certaines baies est, par ailleurs, réputée. Ainsi, les baies noires de la belladone contiennent des alcaloïdes très puissants. De 2 à 5 baies peuvent tuer un enfant ; de 10 à 20 un adulte. "La chair du gibier qui a consommé cette plante (sans dommages pour lui) devient toxique", prévient Michel Botineau, botaniste, dans son Guide des plantes toxiques et allergisantes. Les baies rouges comme celles du fusain ou du ricin sont également toxiques. Les graines de glycine causent des troubles digestifs sévères. De même, le joli muguet de mai renferme des hétérosides cardiotoxiques et des saponosides. Après la floraison, les clochettes blanches se transforment en fruits. De couleur rouge orangé, ceux-ci sont susceptibles d’attirer les enfants. L’intoxication qu’ils provoquent n’est pas grave, mais mérite une surveillance.

Gare à la confusion entre plantes toxiques et comestibles

Nombre d’intoxications sont aussi liées à la confusion avec des plantes comestibles. La feuille de colchique d’automne (également appelée tue-chien), très toxique, ressemble à l’ail des ours, une plante sauvage de sous-bois, que certains chefs étoilés servent au printemps. Beaucoup de plantes sont bonnes à manger, y compris parmi les plantes sauvages qui poussent dans nos jardins. Ainsi, les feuilles vert grisâtre de la digitale pourpre, contenant des hétérosides à visée cardiaque très toxiques, se confondent avec la consoude, dont on récolte les jeunes feuilles pour des salades, ou encore avec des feuilles de bourrache pour les tisanes. Les fleurs toxiques de cytise peuvent être prises pour des fleurs de robinier dont on fait des beignets délicieux. Le pommier d’amour donne des fruits aux allures de petites tomates. Ils contiennent un alcaloïde qui provoque un ralentissement du cœur, heureusement sans gravité. Avant de les installer dans votre jardin, mieux vaut connaître les dangers potentiels de vos plantes. Les consignes de prudence sont simples : se laver les mains après avoir touché une plante, ne pas porter à la bouche une plante inconnue, se méfier des baies… Les vendeurs de végétaux potentiellement toxiques ne donnent pas toujours ces mises en garde. À vous de les interroger, en leur faisant préciser la partie toxique : fleurs, graines, feuilles, tiges ou la totalité. "La connaissance des plantes a tendance à se perdre de nos jours", témoigne Michel Botineau. Ainsi, tout est toxique dans le laurier-rose, particulièrement les feuilles. On l’appelle aussi "oléandre", car il contient de l’oléandrine, un principe hétéroside cardiotoxique. Pourtant, le centre antipoison de Marseille recense des cas d’intoxications collectives à cause de barbecues où des tiges de laurier-rose servent de brochettes…

Marise Sargis


Mots-clés :

JARDINAGE , PLANTE , PRODUIT TOXIQUE




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