Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Automobile > Automobile : et si vous passiez à l'électrique ?

Automobile : et si vous passiez à l'électrique ?

Automobile : et si vous passiez à l'électrique ?
Janvier 2015
Le Particulier n° 1104, article complet.
Auteur : EBRAN (Michel)

Le marché du véhicule électrique progresse vivement. Les nouveaux modèles sont plus performants et dotés d’une autonomie améliorée. Des aides gouvernementales encouragent l’achat de ces voitures propres. Des arguments suffisants pour rouler à l’électricité ?

Les constructeurs le baptisent « super-bonus », les pouvoirs publics « prime à la conversion ». D’ici à la mi-2015, 3 700 € d’aide gouvernementale supplémentaires viendront s’ajouter aux 6 300 € de bonus écologique dont tout acquéreur d’une voiture électrique neuve bénéficie actuellement. Au total, la subvention publique à l’achat de véhicule « zéro émission » pourra donc atteindre 10 000 € ! Une belle incitation, même si la prime à la conversion de 3 700 € est soumise à une double condition d’éligibilité : mettre à la destruction une voiture diesel âgée de plus de 13 ans et résider dans une zone concernée par un plan de protection de l’atmosphère (PPA). Selon les chiffres du ministère du Développement durable, 48 % de la population sont concernés et ce plan d’action permettrait de faire disparaître environ 2,3 millions de vieilles voitures polluantes. Cette mesure s’accompagne d’autres décisions favorables au véhicule électrique. Ainsi, la loi sur la transition énergétique et pour une croissance verte, adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture en octobre dernier, fixe l’objectif de 7 millions de bornes de recharge à l’horizon 2030. Depuis le 1er janvier 2015 (décret n° 2011-873), les parkings de tous les immeubles d’habitation, neufs ou rénovés, doivent être pré-équipés pour accueillir des points de recharges. Dans l’ancien, le « droit à la prise » peut être revendiqué auprès du syndic par un locataire comme un propriétaire (frais de pose à leur charge, compter de 200 à 800 €). L’installation doit être mise à l’ordre du jour de l’assemblée générale et votée à la majorité simple. L’État va montrer l’exemple lors du renouvellement de son parc automobile : un véhicule acheté sur deux sera « propre » (hybride ou 100 % électrique). 10 % des taxis, voitures de transport avec chauffeur (VTC) et de location renouvelés d’ici 2020 devront également être « propres ».

Les voitures électriques ont des atouts de plus en plus séduisants

Au moment même où les députés votaient cette loi, le constructeur japonais Nissan créait l’événement sur son stand du Mondial de l’Auto, en annonçant devancer le super-bonus gouvernemental. « Les avantages financiers que nous consentons sont même supérieurs, précise Bernard Loire, président de Nissan pour l’Europe de l’Ouest, puisqu’aux 6 300 € de bonus, nous ajoutons 1 500 € de geste commercial et encore 2 200 € supplémentaires si un diesel de plus de 10 ans – contre 13 ans pour la subvention publique – est mis au rebut. » Du coup, la Leaf, la berline 100 % électrique Nissan, ne coûte plus que 14 390 € dans sa version de base (24 390 € sans aide). De quoi doper les ventes de cette excellente auto, commercialisée en France depuis un an. Avec 18 % de parts de marché (1 300 exemplaires vendus), il s’agit du deuxième modèle électrique le plus vendu, derrière la Renault Zoé (5 700 ventes, soit 60 % de parts de marché). Pour conserver sa place de leader, la marque au losange a, elle aussi, revu sa copie récemment. La Zoé hérite enfin du câble baptisé « Flexi Charger » qui permet de la recharger sur n’importe quelle prise de courant domestique (les possesseurs d’une Zoé achetée précédemment peuvent acquérir le câble en accessoire, vendu 590 €). Et la recharge à domicile peut être accélérée grâce à l’installation d’une Wallbox spécifique (voir "Toutes les solutions pour recharger une voiture électrique"). Bien entendu, la connectique de la Zoé reste compatible avec les bornes de recharge rapide de plus en plus déployées dans les parkings, publics ou privés, ainsi que dans les centres commerciaux (voir "Toutes les solutions pour recharger une voiture électrique"). Sans oublier les emplacements réservés au système d’auto-partage Autolib, sur lesquels la Zoé peut se garer et se brancher. L’opérateur d’Autolib, le groupe Bolloré, a, lui aussi, corrigé son offre de voiture électrique. Sa Bluecar, identique au modèle mis en libre-service, bénéficie désormais d’un abonnement à la recharge sur les bornes Autolib à 15 €/an, au lieu de 15 €/mois précédemment ! Dans le même temps, le prix du câble permettant de la brancher sur une prise domestique passe de 700 à 600 €.

De 1,47 à 2,10 € aux 100 km, le plein à 4,20 € maxi

En moyenne, chaque ménage français a consacré 4 300 € à sa voiture en 2013, selon l’étude annuelle de l’Insee publiée cet automne. Cette somme inclut les frais de carburant, devenus le principal poste de dépense (30,5 %) du budget automobile. Or, les prix des carburants progressent deux fois plus vite que l’inflation. Selon les calculs de l’Automobile Club Association, entre 2012 et 2013, le prix du litre d’essence SP95 a augmenté de 4,40 % (passant de 1,50 à 1,57 €) et celui du gazole a subi une hausse encore plus marquée de 4,50 % (de 1,34 à 1,40 €). L’intérêt de la voiture électrique devient évident sur ce critère : une voiture essence engloutit, en moyenne, 6 litres aux 100 km en parcours mixte, soit une facture de 9,42 €/100 km. Un diesel se montre moins gourmand en se contentant de 4 litres de gazole sur la même distance, soit un coût de 5,60 €/100 km. Une voiture électrique se contente, elle, de 1,47 à 2,10 €/100 km (voir nos essais "Notre sélection de 7 modèles de voitures électriques"). Sur la base du prix actuel du kilowatt-heure (kWh) d’EDF, facturé 0,14 € au tarif « option de base » (le tarif « heures creuses » peut permettre de réduire le prix du kWh à 0,1044 €), le coût du plein d’énergie varie de 2,47 € (Smart Fortwo) à 4,21 € (Bolloré Bluecar), selon la puissance des batteries. Des coûts incomparables face à ceux des carburants fossiles. Bien entendu, l’autonomie des voitures électriques ne peut pas encore rivaliser. Il faut se contenter de 145 à 250 km de rayon d’action entre deux recharges. Mais 40 % des trajets quotidiens parcourus en voiture font moins de 2 kilomètres.
Attention, les chiffres officiels annoncés par les constructeurs sont évalués par la même norme d’essais sur banc que les véhicules thermiques (norme NEDC pour New European Driving Cycle, procédure de la directive européenne 70/220/CEE), qui est très éloignée des conditions réelles. Comme avec les moteurs essence ou diesel, l’utilisateur constatera des variations sensibles en fonction des conditions de circulation et, plus encore, de sa façon de conduire. En effet, pour maximiser l’autonomie, le maître mot reste l’anticipation. Ces voitures électriques ont toutes la particularité de récupérer l’énergie provoquée par la décélération et le frein moteur pour recharger leurs batteries. En roulant de façon détendue, vous profitez à plein de l’incroyable silence de fonctionnement, et pouvez espérer améliorer l’autonomie de votre auto de 50 % ! Dans les embouteillages, où les démarrages et arrêts se multiplient, comme en cas de circulation en accordéon, l’autonomie reste toutefois minimale (80 à 100 km, soit la moitié du potentiel en conditions optimales). Elle chute même à 50 kilomètres, si vous adoptez un rythme rapide ou très nerveux en profitant des accélérations musclées dont sont capables ces motorisations au couple phénoménal (pouvoir de traction instantanée). Enfin, les fonctions de confort, comme le chauffage ou la climatisation, sont très énergivores, pouvant consommer de 10 à 15 % de l’autonomie. Mieux vaut donc les utiliser avec parcimonie et réchauffer ou rafraîchir l’habitacle lorsque la voiture est encore branchée sur le secteur (fonction « préconditionner », disponible sur la quasi-totalité des modèles).

Un coût à l’usage encore élevé

Outre leur autonomie encore faible, les voitures électriques souffrent d’un autre handicap : le coût à l’usage. Souvent supérieur à celui des véhicules thermiques (essence ou diesel), il est responsable de l’insuccès des électriques. Suivant les modèles que nous avons étudiés, il vous en coûtera entre 0,25 €/km pour la Nissan Leaf Flex (berline compacte) et 0,46 €/km pour la citadine BMW i3 (pour 40 000 km parcourus après revente du véhicule, voir le tableau "Notre sélection de 7 modèles de voitures électriques"). À titre de comparaison, il vous en coûtera seulement 0,207 €/km pour rouler en Peugeot 108 (citadine, en version essence) ou 0,291 € pour la Peugeot 308 SW II (berline break compacte), également en version essence (voir le n° 1101 du Particulier, "Les voitures neuves les moins chères à l'usage"). À noter : la moitié des voitures électriques de notre sélection (Renault, Nissan, Bolloré et Smart) louent les batteries avec un contrat séparé. Ce qui baisse sensiblement le prix d’achat et garantit contractuellement à l’utilisateur un remplacement à neuf dès que la batterie perd de 25 à 30 % de sa capacité. Inconvénient : le locataire paie chaque mois un loyer (de 65 à 80 €). Les voitures vendues « batteries comprises » profitent des mêmes garanties, durant 7 ans chez Kia et 8 ans chez BMW et Volkswagen.

Louer plutôt qu’acheter

20 % seulement des voitures électriques ont été achetées, 80 % d’entre elles font l’objet d’une location longue durée. C’est deux fois plus que pour les voitures diesel ou essence. Deux raisons justifient ce choix de financement. D’une part, les constructeurs affichent des conditions tarifaires avantageuses pour promouvoir ces modèles « zéro émission » et d’autre part, les propriétaires amortissent ainsi la très forte décote de ces voitures : 70 % en moyenne sur 4 ans et 40 000 km (voir tableau "Notre sélection de 7 modèles de voitures électriques"). Ils apprécient aussi de rouler sans se soucier de l’entretien (inclus, ainsi que l’assistance 24 heures/24 et 7 jours/7) et se réservent le droit de passer à une technologie plus élaborée à moindre coût. De plus, depuis le 1er juillet dernier, un décret (n° 2014-723) permet à nouveau aux véhicules électriques en leasing de profiter du bonus écologique à taux plein (6 300 €), qui avait été réduit à 4 300 € en novembre 2013. En pratique, les marques permettent à leurs clients d’adapter leur loyer mensuel à leur budget.
Chez Renault, par exemple, un simulateur de financement en ligne consacré à la Zoé offre de varier les échéances en fonction de la durée de location, du kilométrage parcouru et du montant de dépôt de garantie et du premier loyer. Soit de 169 € sur 25 mois (pour rouler 15 000 km/an, avec un dépôt de garantie de 6 753 € et un premier loyer de 3 377 €) à 613 €/mois sur 61 mois (pour rouler jusqu’à 37 500 km, sans payer le moindre dépôt de garantie). Nissan propose aussi sa Leaf à partir de 169 €/mois sur 37 mois, avec un premier loyer majoré de 3 700 €. Et pour compenser l’incapacité de la Leaf d’effectuer de longs voyages, Nissan offre à l’acquéreur 20 % de remise tarifaire permanente ainsi que 4 semaines de location gratuite chez Hertz (voiture de catégorie B équivalente). Quant aux acheteurs d’une Volkswagen e-UP, ils peuvent bénéficier de 20 % de remise sur les locations dans les agences Europcar, partout dans le monde, ainsi que d’un crédit à 0 % sur 36 mois moyennant un premier loyer de 10 % du prix d’achat. Chez BMW, la i3 est disponible à partir de 390 €/mois en location longue durée (36 mois, hors assurances facultatives), après un premier loyer majoré de 4 450 €. La Smart Electric Drive est à 265 €/mois sur 37 mois. Chez Kia, le Soul EV est présenté à 249 €/mois sur 37 mois après une première mensualité de 2 900 €. Autant de propositions à étudier pour le plaisir de rouler sans faire de bruit et sans polluer.

Ce qu’il faut retenir :

  • Les voitures électriques bénéficient d’un bonus  écologique de 6 300 €, qui sera complété par 3 700 € d’aide à la casse d’un véhicule diesel de plus de 13 ans d’ici à la mi-2015.
  • Faire le plein d’électricité ne coûte que de 2,50 à 4,20 €, selon les modèles. Pour une autonomie variable de 145 à 250 km. Soit un coût aux 100 km imbattable de 1,47 à 2,10 €.
  • La recharge prend de 5 à 9 heures sur une prise de courant domestique standard. L’installation d’une prise renforcée ou d’une borne « rapide » permet de « faire le plein » presque dix fois plus vite.

Michel Ebran


Mots-clés :

AUTOMOBILE , VOITURE ELECTRIQUE




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Bien choisir votre assurance vie
Un expert vous accompagne pour optimiser votre fiscalité, anticiper la transmission de votre patrimoine et préparer votre retraite

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier