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Comment isoler sa maison à moindre coût

Comment isoler sa maison à moindre coût
Avril 2014
Le Particulier n° 1096, article complet.
Auteur : SABARLY (Colette)

Réaliser des travaux d’économie d’énergie nécessite un investissement de départ important. Mais il existe de nombreux dispositifs d’aide qui peuvent prendre la forme d’avantages fiscaux, de subventions, ou de crédits sans taux d’intérêt.

Marc et Laurence Delorme ne redoutent plus l’hiver ! Depuis qu’ils ont réalisé des travaux dans leur maison, leur facture de chauffage a sacrément fondu. « On ne débourse plus que 540 € par an, contre 1 700 € auparavant », lance Marc. Et cela grâce à une nouvelle chaudière et une meilleure isolation. « Leur consommation annuelle est tombée de 170 à 72,6 kWh / m2, ce qui correspond aux exigences de la norme BBC Rénovation (80 kWh/m2/an au maximum) », explique Yann Metzger, du bureau d’études thermiques Senova. Un atout de poids pour la valorisation de leur bien.
En effet, dans un marché immobilier marqué par une profusion d’offres, le moindre défaut se paie cher pour le vendeur. À plus forte raison lorsque le logement est énergivore. « Dans ce cas, les acquéreurs exigent un rabais ou refusent d’acheter », confie Olivier Bierry, gérant d’une agence Orpi à Strasbourg. « Les biens datant des années 60 ou 70 sont les plus exposés car ils sont mal isolés, la première réglementation thermique n’étant apparue qu’en 1974 », explique Éric Damério, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) des Bouches-du-Rhône. Une enquête publiée en décembre 2013 par les notaires et réalisée par l’association Dinamic (voir le n° 1094 du Particulier, "30 % de variation du prix d'une maison selon la performance énergétique") a ainsi montré que la performance énergétique joue sur le prix de vente d’un bien. Un logement en bon état classé en A (la meilleure note sur l’étiquette énergie) profite d’une plus-value de près de 30 % par rapport à celui qui est dans la moyenne (noté D). Les biens classés en G (la plus mauvaise note), eux, risquent une moins-value équivalente.
Si les travaux d’économie d’énergie supposent une dépense importante dont le retour sur investissement n’intervient, au mieux, qu’au bout de 10 ans, l’envolée du coût des énergies pourrait modifier la donne. De 3,3 % ces dernières années, la hausse pourrait s’accélérer à l’horizon 2020 selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Réduire sa consommation d’énergie a donc toutes les chances de se révéler une stratégie gagnante. Si la dépense vous fait hésiter, voici toutes les aides qui vous permettront de la réduire.

Éco-Prêt à taux zéro : pour emprunter jusqu’à 30 000 € sans intérêt

L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) a été lancé en 2009 dans le but d’aider les particuliers à financer des travaux de rénovation énergétique. Il s’agit d’un prêt bancaire sans intérêt d’un montant maximal de 30 000 € et d’une durée maximale de 15 ans. Il est accordé sans condition de revenus. Vous pouvez en bénéficier pour financer des travaux dans votre résidence principale ou dans un bien que vous donnez en location (s’il s’agit de la résidence principale de votre locataire). Ce logement (maison ou appartement) doit avoir été construit avant le 1er janvier 1990. Attention, il existe une nouveauté : « à compter du 1er juillet 2014 au plus tôt ou du 1er janvier 2015 au plus tard, les travaux devront être réalisés par des professionnels qualifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement, voir "RGE, une nouvelle certification pour les artisans" Ndlr) », indique-t-on à l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil).
Le crédit est accordé dans deux hypothèses. Dans le premier cas, vous devez réaliser au moins 2 types de travaux parmi les suivants :

  • isolation des murs ;
  • isolation des toitures ;
  • isolation des fenêtres ;
  • installation, régulation ou remplacement du système de chauffage, y compris la production d’eau chaude et la ventilation si nécessaire ;
  • installation d’équipement de chauffage ou de production d’eau chaude utilisant une énergie renouvelable.

Le prêt s’élève à 20 000 €, au maximum, remboursable sur 10 ans, pour la réalisation de 2 types de travaux et à 30 000 € sur 15 ans pour 3 types de travaux.
Mais vous pouvez aussi engager des travaux dans le but d’atteindre une certaine performance énergétique (150 kWh/m2/an si votre logement consomme plus de 180 kWh/m2/an, ou 80 kWh/m2/an, s’il consomme moins de 180 kWh/m2/an). Le montant du prêt est alors fixé à 30 000 €, au maximum, sur 15 ans.
Si vous habitez dans une copropriété construite avant 1990 et si votre syndicat envisage des travaux d’économies d’énergie, vous pouvez les financer, depuis le 1er janvier 2014, par un éco-PTZ copropriété (décret et arrêté du 27.12.13). Il faut qu’au moins 75 % des quotes-parts de lots de votre copropriété soient affectées à la résidence principale. Ce prêt collectif peut être sollicité pour tous les travaux de rénovation énergétique qui concernent les parties ou équipements communs de l’immeuble (toiture, murs extérieurs, chauffage collectif…) et ceux qui touchent les parties privatives, s’ils sont d’intérêt collectif (double vitrage, compteurs...). Utilisé pour une seule intervention, il ne peut dépasser 10 000 € par logement, alors qu’il est porté à 30 000 € par logement si la copropriété fait réaliser un bouquet de 3 travaux, ou si ceux-ci améliorent notablement la performance énergétique du bâtiment (comme pour une maison individuelle). En principe, l’éco-PTZ n’est pas cumulable avec le crédit d’impôt (voir l'encadré "Vous devez généralement choisir entre le crédit d’impôt ou le prêt à taux zéro").
Notre conseil : l’octroi du prêt est soumis à un formalisme strict. Assurez-vous que les devis et factures des entrepreneurs sont conformes aux formulaires types que vous pouvez télécharger sur notre site.

Crédit d’impôt développement durable : pour réduire vos impôts, si vous réalisez un bouquet de travaux

Les conditions d’octroi du crédit d’impôt développement durable (CIDD) ont été durcies en 2014 (art. 74 de la loi n° 2013-1278 du 29.12.13). Il est désormais réservé aux propriétaires occupants (jusqu’en 2013, il était accordé, sous conditions, aux propriétaires bailleurs, voir notre Spécial Impôt 2014, p. 179). En outre, les équipements de production d’électricité utilisant l’énergie solaire et ceux destinés à recueillir et à traiter les eaux de pluie sont exclus.
Pour bénéficier de ce crédit d’impôt, vous devez réaliser un bouquet de travaux, relevant d’au moins 2 des catégories suivantes :

  • isolation d’au moins 50 % des parois vitrées du logement ;
  • isolation d’au moins 50 % des murs donnant sur l’extérieur ;
  • isolation de la totalité de la toiture ;
  • acquisition d’une chaudière (ou d’un chauffe-eau)à bois ou autres biomasses ;
  • acquisition d’un chauffe-eau utilisant une source d’énergie renouvelable ;
  • acquisition d’une chaudière à condensation, ou à micro-cogénération à gaz, ou d’un équipement de production d’énergie éolienne ou hydraulique, ou d’une pompe à chaleur.

Ces matériaux et équipements doivent répondre à certaines caractéristiques (définies dans l’arrêté du 27.12.13, JO du 31, p. 2231).
Si vos revenus sont modestes, vous pouvez vous contenter de réaliser un seul type de travaux. « Dans ce cas, vos ressources de l’avant-dernière année ne doivent pas excéder 24 043 € pour la première part de quotient familial, majorés de 5 617 € pour la première demi-part et de 4 421 € à compter de la deuxième demi-part supplémentaire », explique-t-on à l’Anil. Les plafonds de ressources s’élèvent, par exemple, à 38 502 € pour un couple avec un enfant à charge. Si vous répondez à ces conditions, vous pouvez également bénéficier du CIDD pour des dépenses de moindre importance (installation d’appareils de régulation de chauffage, de volets isolants ou de portes d’entrée isolantes…) qui ne sont pas prises en compte pour les autres contribuables.
La loi de finances pour 2014 a, par ailleurs, simplifié le CIDD. Si vous effectuez une seule dépense, le taux est de 15 % du montant des matériaux ou appareils installés. Si vous réalisez un bouquet de travaux, ce taux est porté à 25 %. Ces dépenses sont toutefois retenues dans un plafond pluriannuel égal à 8 000 € pour une personne seule et à 16 000 € pour un couple marié ou pacsé, augmenté de 400 € par personne à charge. Ce plafond se renouvelle tous les 5 ans. En principe, le CIDD n’est pas cumulable avec l’éco-PTZ, sauf si vos revenus sont modestes (voir l'encadré "Vous devez généralement choisir entre le crédit d’impôt ou le prêt à taux zéro").
Notre conseil : il est important que les factures remises par les entrepreneurs indiquent clairement les caractéristiques des matériaux et appareils installés.

Certificats d’économie d’énergie : pour obtenir des conditions de crédit très favorables, des bons d’achat ou de l’argent

De nombreux travaux ouvrent droit à la délivrance d’un certificat d’économie d’énergie (CEE, voir le n° 1083 du Particulier, "Monnayer un certificat d'économie d'énergie") que vous pouvez négocier auprès de la plupart des fournisseurs d’énergie (EDF, GDF Suez…), des pétroliers (Total, BP…) ou des distributeurs (Carrefour, Auchan…). Les CEE prennent la forme de diagnostics gratuits, de remises sur des achats, de prêts bonifiés, voire d’une somme d’argent… EDF propose, par exemple, des conseils gratuits, l’accès à son réseau d’artisans (Bleu Ciel) et des prêts bonifiés via la société Domofinance (taux à partir de 1,95 %). « Pour les copropriétés, les taux peuvent approcher 0 % », explique Alain Roure, directeur de l’activité copropriété chez Domofinance. Chez GDF Suez, les prêts démarrent à 1 %. « Avec notre offre Destination gaz naturel, le client peut, en cédant ses CEE, obtenir 1 000 € de prime, dont 650 € pris en charge par GDF Suez, 250 € par le fabricant de chaudières et 100 € par l’artisan Dolce Vita », indique Jean-Yves Saintemarie, directeur commercial des partenariats chez GDF Suez. La Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), en lien avec Total, accorde aussi des primes. À Épinal, par exemple, l’achat d’une chaudière à condensation peut procurer 330 € de remise, l’isolation des combles (100 m2), 475 € et l’isolation des murs extérieurs (145 m2), 1 124 € si l’on s’adresse à des adhérents de la Capeb. Des enseignes comme Auchan (prime-eco-energie.auchan.fr) ou Leclerc (lenergiemoinscher.com) proposent des bons d’achat (930 € chez Carrefour et 976,50 € chez Leclerc pour 100 m² d’isolant, par exemple). Enfin, vous pouvez monnayer vos CEE auprès d’intermédiaires (Certinergy, Primes Énergie…). En échange, vous recevrez un chèque d’un montant variant selon la région et le type de travaux (396 €, par exemple, pour l’achat d’une chaudière à condensation dans le Loiret).
Notre conseil : négociez vos CEE avant d’engager les travaux ou de signer un devis. Faites jouer la concurrence pour en tirer le meilleur parti.

Les aides publiques : pour compléter votre financement

Si vous êtes propriétaire occupant, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) vous octroie une subvention de 35 à 50 % du montant de vos travaux, selon vos revenus (35 % pour un couple avec 2 enfants gagnant moins de 49 402 € en Île-de-France et moins de 37 525 € en province, par exemple). Si vos travaux améliorent la performance thermique de votre bien d’au moins 25 %, l’agence vous verse en plus une Aide de solidarité écologique (ASE) de 3 000 €. Pour un propriétaire bailleur, « la subvention est fixée à 25 % et le bailleur doit s’engager à respecter certains plafonds de loyer », précise-t-on à l’Anah. Le loyer d’un logement du secteur intermédiaire ne doit pas dépasser 18,38 €/m2 en région parisienne ou 12,01 €/m2 dans une métropole. Une ASE de 2 000 € peut aussi être versée aux bailleurs, à condition que l’amélioration de la performance énergétique atteigne 35 %. Les travaux en copropriété peuvent aussi bénéficier d’une ASE de 1 500 € par logement.
Bon nombre de collectivités territoriales peuvent également être sollicitées pour boucler votre financement. « Le conseil régional du Loiret donne 200 € aux propriétaires occupants ou bailleurs qui font réaliser un audit énergétique, explique-t-on à l’espace Info Énergie de ce département. Un prêt à taux zéro de 5 000 à 15 000 € est aussi accordé pour un bouquet de 2 travaux. » En Haute-Vienne, une subvention de 20 ou 25 % de la dépense (plafonnée à 15 000 ou 20 000 €) est prévue, si les travaux permettent d’obtenir un gain énergétique de 40 %. Dans ce département, les bailleurs sont également aidés à hauteur de 15 % de la dépense, dans la limite de 20 000 € si le logement obtient la note C après travaux. Le conseil régional de Basse-Normandie offre 10 000 € par projet de rénovation énergétique permettant d’atteindre le niveau BBC rénovation.
Notre conseil : pour savoir si vous pouvez bénéficier d’une aide, renseignez-vous auprès de l’Anah, de votre commune ou de votre département ou connectez-vous sur le site de l’Anil (anil.org, rubrique Éco Rénovation).

Colette Sabarly


Mots-clés :

CEE , CERTIFICAT D'ECONOMIE D'ENERGIE , CREDIT , CREDIT D'IMPOT , DEVELOPPEMENT DURABLE , DIAGNOSTIC DE PERFORMANCE ENERGETIQUE , ECO-PTZ




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