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Vaccinations, les nouvelles prescriptions

Vaccinations, les nouvelles prescriptions
Février 2014
Le Particulier Pratique n° 398, article complet.
Auteur : RISTE (Christine)

Pour prévenir les épidémies de maladies infectieuses, l’arme des pays développés est le calendrier vaccinal. Ce document annuel – il paraît, d’ordinaire, en avril –, élaboré en France par le ministère de la Santé, fixe les vaccinations applicables. Celles-ci sont établies en fonction de recommandations générales (âge et sexe) et spécifiques : état de santé (maladies chroniques) ou physiologique (femmes enceintes, par exemple), entourage (nourrissons, personnes immunodéprimées…), métier, etc.

Une prophylaxie ciblée selon les risques

Certains vaccins du calendrier sont donc recommandés pour tous : ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), la coqueluche, l’hépatite B, les infections à Hæmophilus influenzæ de type B, les infections invasives à méningocoque de sérogroupe C, les infections à pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). D’autres ne le sont que dans certaines situations : ceux contre la grippe saisonnière, l’hépatite A, l’infection à papillomavirus humains (HPV), la tuberculose, la varicelle… Concernant la grippe par exemple, seules les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les malades chroniques ou obèses et les professionnels de santé sont ciblés. Pour que le vaccin soit pris en charge par la Sécurité sociale (à 65 %, sauf celui contre la grippe et le ROR, remboursés à 100 %), il faut donc, en plus de la prescription médicale, être éligible à la vaccination selon le calendrier vaccinal. Ce document n’est pas facile à appréhender. Aussi les particuliers se reposent-ils souvent sur leur médecin traitant, qui ne prête pas toujours attention à leur parcours vaccinal, et consultent rarement leur carnet de vaccination pour savoir s’ils sont à jour de leurs rappels (voir aussi Calendrier vaccinal 2013, êtes-vous à jour ?).

Protéger à la fois l’individu et le groupe

Si les particuliers n’ont pas forcément leur calendrier vaccinal en tête – la création du carnet électronique (voir “Le carnet de vaccination électronique") devrait les y aider –, tous ont bien assimilé que la vaccination vise à protéger l’individu (vacciné, il ne contractera pas la maladie) et le groupe (la personne vaccinée contribue à couper la chaîne de la maladie en ne la transmettant pas).
La vaccination consiste, en effet, à stimuler les défenses immunitaires, avant une éventuelle vraie rencontre avec l’agent infectieux, en introduisant dans l’organisme un agent infectieux tué, ou vivant mais modifié pour être inoffensif. On distingue ainsi les vaccins “vivants atténués”, comme le ROR ou celui contre la varicelle (par précaution, ils sont contre-indiqués chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées) des “vaccins inactivés” (ou tués), le DTP et ceux contre la coqueluche ou la grippe saisonnière, par exemple. Les premiers sont toujours exempts d’adjuvants – substances qui stimulent la réponse immunitaire –, contrairement aux seconds, qui en contiennent habituellement. Sous l’action des uns comme des autres, le système immunitaire produit des anticorps spécifiques. Lorsqu’il sera en présence de l’agent infectieux actif (vivant), il générera ces anticorps, mais plus rapidement que s’il s’agissait d’une première rencontre de façon à l’éliminer au plus vite.

Obligatoires ou simplement recommandés

Dans le calendrier vaccinal, le DTP est obligatoire pour les enfants. Les parents doivent prouver, lors de l’entrée à la crèche et à l’école de leur enfant, que celui-ci a bien été vacciné. Les autres vaccins inscrits au calendrier vaccinal sont, eux, recommandés. Mais “recommandés ne signifie pas facultatifs. À partir du moment où ces vaccins sont inscrits au calendrier vaccinal, ils sont nécessaires, et tous sont d’égale valeur. Le vaccin contre la coqueluche, qualifié de recommandé, est au moins aussi utile que celui contre la diphtérie, une maladie qui a presque disparu en Europe”, explique Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations. (Voir aussi “Bien vacciné avant de partir en voyage") Pour chacun des vaccins du calendrier, la loi pour 2013 de santé publique fixe des taux de couverture à atteindre, afin que la population (entière ou la partie visée) soit immunisée. Pour toutes les vaccinations, l’objectif est d’au moins 95 %, à l’exception de celle contre la grippe, qui est de 75 % de la population ciblée. Qu’en est-il en pratique ?

Un taux de couverture très inégal

Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), la situation est contrastée. Pour certains vaccins du nourrisson, les couvertures vaccinales sont très élevées (DTP à 98 %, hépatite B à 86 %). Pour d’autres, elles sont faibles : seuls 60 % des enfants ont reçu, à 2 ans, une dose de vaccin contre les infections à méningocoque C. De même, moins de 50 % des adolescents sont vaccinés contre l’hépatite B. Un tiers des jeunes filles le sont complètement contre le HPV, et la polémique autour du Gardasil n’encourage pas à pratiquer cette dernière vaccination : une adolescente vaccinée, atteinte depuis d’une sclérose en plaques, a porté plainte contre Sanofi Pasteur, qui commercialise ce vaccin. Enfin, le taux de couverture du ­vaccin contre la grippe n’est que d’environ 50 % parmi les personnes âgées de 65 ans ou plus.
Cependant, l’InVS note des couvertures vaccinales plutôt en progression ces dernières années, pour la plupart des vaccins. C’est le cas de la vaccination des nourrissons contre l’hépatite B, des infections invasives à pneumocoque ou à méningocoque C et de la seconde dose du ROR (même si les objectifs de couverture ne sont pas atteints). “Il y a eu beaucoup de désinformation autour de cette maladie, comme quoi elle serait bénigne, alors qu’elle peut provoquer des encéphalites, affirme Daniel Floret. Certains médecins la présentent même comme une maladie de la petite enfance. Pourtant, elle touche de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes.”

Le vaccin anti-grippe en désaffection

Quant à la couverture vaccinale de la grippe, elle est passée, en 3 ans, de 65 à 55 %. D’une part, selon les années (le virus mutant, il y a un nouveau vaccin tous les ans), “le vaccin a entre 50 et 80 % d’efficacité, reconnaît Daniel Floret. Les autres vaccins protègent davantage. Même si aucun n’est efficace à 100 %, la plupart le sont à plus de 90 %.” Et les personnes âgées, visées par ce vaccin, sont encore moins bien protégées, car en vieillissant, le système immunitaire prend de moins en moins bien en charge le vaccin. D’autre part, la gestion calamiteuse de la pandémie de 2009 contre la grippe H1N1, qui a semé le doute sur l’innocuité des vaccins, a largement contribué à la chute du taux de couverture. L’adjuvant utilisé dans de nombreux vaccins contre la grippe A, le squalène, avait alors été diabolisé. Si la dangerosité de cet adjuvant n’a, finalement, pas été reconnue, un lien vient tout de même d’être établi entre ce vaccin de 2009 et la narcolepsie.

Polémique sur les adjuvants

La polémique visant l’hydroxyde d’aluminium, l’adjuvant présent dans certains vaccins (notamment le DTP), risque aussi de faire chuter la couverture vaccinale. Une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) avance qu’il y aurait un lien entre l’hydroxyde d’aluminium et la myofasciite à macrophages, une maladie neuromusculaire. Dans un rapport rendu en juillet, le Haut Conseil de la santé publique indique que “les données scientifiques disponibles à ce jour ne permettent pas de remettre en cause la sécurité des vaccins contenant de l’aluminium, au regard de leur balance bénéfices/risques”.

Christine Riste


Mots-clés :

MALADIE , VACCIN , VACCINATION




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