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Dossier. Les coulisses du recyclage : organiser la seconde vie de nos équipements

Dossier. Les coulisses du recyclage : organiser la seconde vie de nos équipements
Juin 2013
Le Particulier Pratique n° 391, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Quand on ne se sert plus d’un appareil électrique ou électronique, on s’en débarrasse. Oui, mais pas n’importe comment : il existe aujourd’hui des solutions durables, et parfois peu connues, pour les recycler.

Où se débarrasser d’une cuisinière ou d’un fer à repasser que l’on vient de troquer contre un modèle neuf ? Certains consommateurs ne se posent pas la question : ils déposent leur réfrigérateur, leur lave-linge, leur téléviseur… sur la voie publique afin que ceux-ci soient enlevés par le service municipal des encombrants, s’ils ne sont pas récupérés entre-temps par des ferrailleurs. Quant aux équipements de petite taille (scie électrique, cafetière, brosse à dents électrique, disque dur externe…), ils sont tout simplement mis à la poubelle. Or, les appareils jetés avec les ordures ménagères sont incinérés, ce qui contribue à la pollution de l’air, des sols et de l’eau, et occasionne un gâchis de matières premières (acier, aluminium, métaux précieux, plastiques…), alors qu’elles pourraient être réutilisées. Par exemple, les matériaux entrant dans la fabrication d’un réfrigérateur peuvent être transformés jusqu’à 93 % en nouvelles matières premières ; ceux d’un écran de téléviseur le sont à près de 89 % (source : Éco-systèmes). Par ailleurs, il est possible de donner le matériel encore en état de marche à des structures caritatives ou d’insertion. Pour offrir une seconde vie à vos déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E), il suffit de connaître les filières de recyclage. 

Les distributeurs sont tenus de reprendre l’ancien appareil

Lorsqu’un distributeur vend un appareil neuf, la réglementation (article L. 541-10-2 du Code de l’environnement) lui impose de reprendre, gratuitement et sans condition, l’ancien matériel équivalent. C’est ce que l’on appelle la règle du un pour un. Toutes les enseignes disposant d’un réseau de magasins (Darty, Boulanger, Fnac…) la respectent dès lors que le produit est livré à domicile, qu’il ait été acheté dans l’un de leurs points de vente ou sur leur site internet. Les acteurs historiques de la vente à distance (3 Suisses, La Redoute…) s’y conforment également. Cette règle peut, toutefois, connaître quelques aménagements. Ainsi, à La Redoute, il faut préciser, lors de la prise de rendez-vous pour la livraison de gros électroménager neuf ou d’un téléviseur, qu’il y aura un appareil à reprendre. Même chose à Conforama, si ce n’est que l’appareil rendu peut être différent de celui acquis : il est possible de demander l’enlèvement d’un vieux congélateur alors que l’on achète un lave-vaisselle, par exemple. Darty, quant à lui, accepte de reprendre, non pas un, mais deux appareils volumineux, sans surcoût, même si le nouvel équipement est livré en étage.

Les pure players ne jouent pas toujours le jeu 

Le mécanisme de reprise est moins bien huilé lorsque l’on s’adresse à un pure player (marchand uniquement en ligne). Par exemple, sur Cdiscount.com, il faut impérativement joindre un téléconseiller (appel surtaxé) pour organiser la reprise de l’ancien appareil, car celle-ci n’aura pas forcément lieu le jour même de la livraison du nouvel équipement. Le cas échéant, on doit aussi avancer les frais de retour, qui seront remboursés intégralement par la suite. De plus, restriction valable également sur Amazon, seul sera repris un appareil strictement identique à celui acheté. Impossible donc de se débarrasser d’un vieux four à chaleur tournante si l’on a commandé un micro-ondes, par exemple. 

Pis, sur PriceMinister et Amazon notamment, il n’existe aucun engagement de reprise dès lors que les achats sont effectués auprès de marchands inscrits sur ces plates-formes de marché. “C’est à chaque vendeur, individuellement, de se conformer à la loi”, estime Olivier Mathiot, directeur marketing de PriceMinister-Rakuten, mais, en l’absence de vérifications ou d’une politique coercitive, ce principe est largement écorné. Selon Guillaume Duparay, directeur des partenariats de la collecte à Éco-systèmes, organisme à but non lucratif agréé par les pouvoirs publics, qui assure 75 % de la collecte des D3E en France, “ne pas intégrer la reprise gratuite du un pour un permet d’être bien placé dans les comparateurs, car les prix affichés ne tiennent alors pas compte de ce coût, de l’ordre de plusieurs dizaines d’euros pour les gros appareils”. Entre 15 000 et 20 000 tonnes de D3E échapperaient ainsi chaque année à cette obligation de collecte, de démantèlement et de recyclage. Or, le consommateur paie systématiquement une écoparticipation, qui est reversée à un éco-organisme garant du bon déroulement des opérations de transport, de dépollution et de recyclage des D3E.

Des points de collecte où déposer les petits équipements

L’obligation de reprise existe aussi pour le petit électroménager et les appareils de bricolage, qu’ils aient été emportés après achat en magasin ou expédiés par la poste ou par une société de transport. Pour ce type de matériel, nombre d’enseignes nationales (Auchan, Darty, Castorama, Mr.Bricolage, Monoprix…) ou régionales (Domial, Proxi Confort…) mettent à la disposition des consommateurs des points d’apport volontaire des D3E – il y en a environ 5 800, localisables grâce au moteur de recherche du site eco-systemes.fr –, généralement situés à l’entrée des magasins. Il est possible d’y déposer, sans obligation d’achat, divers petits équipements, même achetés chez un concurrent. 

Pour encourager la collecte – 30 % seulement des appareils électriques et électroniques vendus, tous formats confondus, passent par un circuit de recyclage –, certaines enseignes récompensent ponctuellement les particuliers vertueux. Ainsi, en avril, Darty a offert 5 € en bon d’achat pour tout appareil déposé.

Les ressourceries donnent la priorité au réemploi du matériel 

Peu connues et encore peu nombreuses (une centaine en France ; coordonnées sur ressourcerie.fr), ces ressourceries, également appelées recycleries, travaillent souvent avec des déchetteries, en collaboration avec les collectivités locales ou les communautés urbaines. Plusieurs villes, Paris, Amiens, Bordeaux, Toulouse notamment, ont adossé leur service gratuit de déchetterie mobile (le service d’enlèvement des encombrants) à une ressourcerie. Les particuliers peuvent venir y déposer des appareils électriques et électroniques usagés ou inutilisés, des meubles, des vêtements, des jouets… Contrairement à une déchetterie – selon une enquête réalisée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en 2011, il en existe 4 500 –, l’objectif d’une ressourcerie est de nettoyer, de réparer et de reconditionner le matériel déposé ou collecté, afin qu’il soit réutilisé tel quel. 

Lorsqu’il ne peut pas être remis en état, les pièces récupérées servent à la réparation d’autres équipements. C’est ce que l’on appelle le réemploi. Les appareils sont ensuite vendus à prix modique tantôt à la ressourcerie ou à l’occasion de braderies organisées par les acteurs de l’économie solidaire qui gèrent la structure, tantôt dans des magasins spécifiques. Les ressourceries permettent, en outre, à des personnes en difficulté de se réinsérer et de retrouver un emploi.   

Lorsqu’une seconde vie ne peut pas être envisagée (appareil trop endommagé, absence de pièces de rechange…), l’équipement est dirigé vers un centre de traitement spécialisé, comme avec les autres filières de collecte. Il y est démantelé et dépollué. Ce travail est effectué soit par de grosses entreprises (Veolia Propreté, Sita, Paprec, Derichebourg…), soit par des opérateurs de taille plus modeste, notamment des entreprises d’insertion (Envie, par exemple). Chaque prestataire est choisi, sur appel d’offres, par l’un des trois éco-organismes responsables de la collecte et du recyclage des D3E en France : Éco-systèmes, Écologic ou ERP (European Recycling Platform) France. Les substances dangereuses (mercure, arsenic…) et les matériaux potentiellement recyclables (verre, plastiques, métaux ferreux, aluminium, cuivre…) sont récupérés et acheminés chacun vers la filière adéquate. Les matières qui ne peuvent pas être recyclées sont traitées, in fine, dans des incinérateurs à haute température ou enfouies dans des centres de stockage prévus à cet effet.

Plusieurs associations recyclent les appareils en état de marche

Lorsque l’appareil dont on souhaite se débarrasser fonctionne encore, il est possible de lui offrir une seconde vie en le donnant à une structure d’insertion nationale, comme les communautés Emmaüs (il y en a 117 en France ; coordonnées sur emmaus-france.org) ou le réseau Envie (présent dans 35 départements ; coordonnées sur envie.org). On peut aussi s’adresser à une structure locale (les coordonnées figurent, en général, sur les sites internet de la ville ou de la communauté urbaine à laquelle elle est rattachée géographiquement). Comme dans une ressourcerie, les appareils collectés sont nettoyés, vérifiés et vendus à prix réduit. Le réseau Envie va même plus loin, puisque les équipements proposés dans ses 50 points de vente bénéficient tous d’une garantie d’un an, pièces et main-d’œuvre. 

Roselyne Poznanski


Mots-clés :

RECYCLAGE DES DECHETS




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