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Faire faire une installation anticalcaire : se débarrasser du tartre

Faire faire une installation anticalcaire : se débarrasser du tartre
Février 2013
Le Particulier Pratique n°387, article complet.
Auteur : MARTIN (Claire)

Linge rêche, peau desséchée, cheveux ternes, mais aussi robinets grippés, appareils entartrés… Le calcaire est le grand responsable de ces désagréments. Aussi vous interrogez-vous sur l’opportunité de vous équiper d’un système qui vous en débarrasserait. Avant de réaliser cet investissement, étudiez les solutions existantes, ainsi que le coût de l’installation et de la maintenance.

Seule une eau très dure mérite d’être adoucie

Le tartre se forme lorsqu’une eau dure est chauffée. Il est donc primordial de connaître la dureté de l’eau que vous utilisez. Celle-ci est indiquée par le titre hydrotimétrique (TH), exprimé en degrés français (°f) – 1 °f correspond à 4 mg de calcium par litre d’eau ou à 2,40 mg de magnésium. Vous pouvez mesurer vous-même la dureté de votre eau au moyen de bandelettes réactives vendues en pharmacie ou de kits distribués en grande surface de bricolage. Le compte rendu de l’agence régionale de santé (ARS) joint à votre facture fournit des informations plus précises sur l’eau alimentant votre commune. Y sont spécifiées la qualité bactériologique (aucune bactérie n’est tolérée pour une eau potable), la teneur en nitrates (le seuil de potabilité est de 50 mg/l), la dureté de l’eau (il n’existe pas de seuil), la quantité de fluor (la limite est de 1,50 mg/l) et de pesticides (on distingue quatre classes d’exposition annuelle de la population aux pesticides : C, NC0, NC1 et NC2).

De 0 à 8 °f, l’eau est très douce ; de 8 à 15 °f, elle est douce ; de 15 à 30 °f, moyennement dure ; de 30 à 50 °f, très dure. Le décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, en conformité avec la Directive européenne de 1998, ne fait référence ni au TH ni à la teneur en calcium et en magnésium, le calcaire de l’eau n’étant absolument pas nocif pour la santé. L’installation d’un système anticalcaire ne peut être envisagée qu’à partir de 35 °f. Sachez que si vous traitez ou adoucissez l’eau que vous fournit votre ville, vous serez entièrement responsable de la qualité de l’eau obtenue et ne pourrez pas imputer un quelconque dysfonctionnement à votre fournisseur.

L’adoucisseur remplace le calcium par du sodium

Contrairement au système antitartre, qui empêche les dépôts sur les canalisations mais ne modifie pas la composition de l’eau, l’adoucisseur retire véritablement le calcium. C’est l’équipement le plus vendu, même si les dispositifs antitartre ont connu, ces dernières années, un certain développement. Son principe de fonctionnement est fondé sur un échange ionique : l’eau dure, chargée d’ions de calcium et de magnésium, traverse un lit de résine renfermant du sel qui les retient et libère, à la place, des ions de sodium dans l’eau ainsi adoucie. Quand cette résine est saturée, elle doit être rincée et régénérée par un ajout de sodium, sous forme de grosses pastilles de sel. 

Suivant les modèles d’adoucisseurs, la régénération est automatique – elle se déclenche à intervalles réguliers, quelle que soit la consommation d’eau – ou volumétrique. Moins coûteuse en eau, cette dernière est réglée en fonction du volume consommé. Pendant la régénération, vous ne pouvez pas utiliser l’eau, c’est pourquoi les adoucisseurs sont équipés du système by-pass, commandé à distance par un écran indépendant, installé dans une autre pièce pour les modèles haut de gamme (Viseo de BWT Permo, Technology de Culligan). Le by-pass coupe l’accès à l’eau adoucie et permet de basculer sur le réseau d’eau non traitée pendant cette opération, qui dure entre 45 min à 2 heures. Il est, toutefois, plus simple de programmer la régénération la nuit ou de choisir un modèle comprenant deux bacs à résine (Kinetico) : pendant que l’un est en phase de régénération, vous pourrez vous servir de l’autre.

L’adoucisseur permet de prolonger la durée de vie des appareils électroménagers et des canalisations, et de réaliser une économie sur les produits d’entretien. Par contre, il consomme beaucoup d’eau. On estime à 100 ou 200 litres le volume d’eau nécessaire à chaque régénération. Prévoyez donc une hausse de votre facture d’eau d’environ 10 %. Par ailleurs, les détracteurs de ce système soulignent que le rejet de la saumure pollue le circuit des égouts.

Mieux vaut éviter de boire de l’eau trop adoucie

Certains modèles d’adoucisseurs suppriment totalement le calcaire. Or, l’eau à 0 °f est impropre à la consommation. Par ailleurs, elle est corrosive pour les canalisations, ce qui est dangereux si les tuyaux sont en plomb. Jusqu’en 2007, Le TH de l’eau potable adoucie ne devait pas être inférieur à 15 °f. Depuis, il n’existe plus de directive précise sur ce point, mais les fournisseurs ont l’obligation de distribuer une eau à “l’équilibre calco-carbonique ou légèrement incrustante”, autrement dit un peu calcaire. Pour récupérer du calcaire de l’eau de ville et le mélanger à l’eau adoucie, un robinet à pointeau permettant de doser le débit est intégré au by-pass.

Tout en rappelant que l’eau potable délivrée par la ville est la seule fiable, les fabricants d’adoucisseurs estiment que l’eau adoucie utilisée pour la boisson n’est pas dangereuse pour la santé, sa teneur en sodium restant minime en comparaison de la quantité contenue dans les aliments. Néanmoins, le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) alerte les personnes suivant un régime hyposodé sur le fait que l’adoucissement augmente la teneur en sodium de l’eau. Ainsi, une eau très dure adoucie peut dépasser le seuil de 200 mg/l fixé par l’arrêté du 11 janvier 2007. Il est donc prudent de garder une ou plusieurs arrivées d’eau non traitée en amont de l’installation anticalcaire ou, mieux, pour toute l’alimentation de la cuisine. L’article R. 1321-53 du Code de la santé publique autorise les réseaux d’eau adoucie dans les immeubles, à condition que les occupants disposent d’une arrivée d’eau froide non adoucie dans leur domicile.

Une installation exigeante à confier à un chauffagiste

La maison doit obligatoirement être raccordée au tout-à-l’égout. En effet, l’eau de régénération, ou saumure, pollue la nappe phréatique si vous utilisez une fosse septique. De plus, dans une construction neuve, il est préférable d’attendre 2 ans avant d’installer un adoucisseur : le calcaire de l’eau tapissera les parois des canalisations, ce qui les protégera. Pour le reste, l’installateur doit se conformer aux réglementations en vigueur en matière de plomberie, d’électricité et d’hygiène. L’adoucisseur doit être placé en amont du chauffe-eau, sur un sol plan, et près de l’évacuation à l’égout, dans un endroit sain, sec, dégagé et facile d’accès. Il doit être protégé du gel, mais aussi de la chaleur, en raison du risque éventuel de prolifération bactérienne. L’égout doit être gravitaire, c’est-à-dire situé plus bas que l’adoucisseur, afin que les eaux de régénération et la vidange du trop-plein s’évacuent correctement. Enfin, l’appareil doit être posé à proximité d’une prise de courant reliée au tableau électrique différentiel, sauf s’il s’agit d’un adoucisseur autonome (Kinetico). Une pression minimale de 1,50 bar est requise dans l’alimentation générale. Si elle est inférieure, il est nécessaire d’ajouter un surpresseur ; si elle est supérieure à 4 bars, il faut un réducteur de pression.

Il est préférable de faire installer l’adoucisseur par un chauffagiste. Ce dernier vous guidera dans le choix du modèle – un matériel résistant dure de 15 à 25 ans. En grande surface de bricolage, un adoucisseur coûte de 600 à 2 000 €. La mise en route est souvent incluse, mais la pose reste à votre charge (voir : gros plan sur l'installation d'un adoucisseur). Chez un plombier-chauffagiste, l’appareil est vendu fourni-posé entre 1 600 et 3 300 €, un peu plus dans le réseau Culligan. Ces équipements doivent avoir obtenu le label Attestation de conformité sanitaire (ACS), délivré par un laboratoire habilité par le ministère de la Santé. Un chauffagiste vous conseillera également sur le volume à choisir. La contenance de l’appareil est fonction du nombre de personnes du foyer, mais aussi de la dureté de l’eau. À titre d’exemple, si l’eau est très dure, on préconise 16 litres pour une famille de quatre personnes et 28 litres pour six personnes. Enfin, ce professionnel vous proposera un contrat de maintenance. Cruciale, celle-ci a trop souvent été négligée par le passé, ce qui favorisait la prolifération de bactéries dangereuses pour la santé. La réputation de ces installations en a pâti.

L’équipement doit être soigneusement entretenu

Le bon entretien d’un adoucisseur consiste, tout d’abord, à recharger le bac en sel. Selon le volume du bac et la dureté de l’eau, cette opération peut être faite plusieurs fois par an ou seulement lors du passage du technicien. Après une absence prolongée, il est conseillé de remettre du sel et d’effectuer un cycle de régénération. Le sel, conditionné en sacs de 10 à 25 kg vendus entre 6 et 9 €, doit respecter la norme EN 973. Ensuite, il est indispensable de nettoyer méticuleusement les résines, afin qu’elles ne deviennent pas de vrais bouillons de culture. Aussi vaut-il mieux confier cette tâche à un professionnel. Ce dernier vérifiera également le titre hydrotimétrique de l’eau, car des variations peuvent survenir dans l’approvisionnement communal, ce qui modifiera la fréquence des cycles de régénération.

Il existe deux types de contrats de maintenance. Ceux qui portent sur un certain nombre de points de contrôle et qui comprennent une visite annuelle, le nettoyage du bac à saumure, le changement du filtre antiboues, le déplacement, la main-d’œuvre reviennent à 10 € par mois environ. D’autres incluent, outre cette maintenance, la fourniture de consommables, voire une seconde visite annuelle et une garantie pièces et main-d’œuvre. Ils reviennent à 15 € par mois environ et vous épargnent le transport des gros sacs de sel de 25 kg.

L’antitartre plus abordable, mais peu efficace

Pour les personnes ne souhaitant pas investir dans un adoucisseur, cher et gros consommateur d’eau, l’antitartre a l’avantage d’être simple et de ne pas modifier la composition chimique de l’eau. Cette dernière traverse un champ magnétique ou électrostatique qui affine considérablement les particules de calcaire, de sorte qu’elles ne peuvent plus adhérer aux canalisations, ce qui empêche le dépôt de tartre. Ce champ peut être appliqué de l’extérieur (aimant ou système électromagnétique) ou de l’intérieur (l’eau traverse une cartouche, généralement précédée d’un filtre à particules métalliques, intégrée à la tuyauterie, en aval du compteur). Des procédés plus récents, adaptés à un TH inférieur à 35 °f, créent électriquement des nanocristaux de calcaire qui ne peuvent s’agglomérer ni se déposer sur les matériaux en contact avec l’eau. Le réglage du signal électrique s’effectue automatiquement en fonction du débit de l’eau (Aqua Nano de BWT Permo). Même si les équipements ont beaucoup évolué, leur efficacité n’est pas prouvée scientifiquement ; ils demeurent tributaires de la dureté de l’eau et de l’installation du particulier. Inopérant si l’eau est très dure, l’antitartre n’exige, en revanche, pas de consommables, demande peu de maintenance et conserve la potabilité de l’eau. Comptez entre 600 et 1 200 € pour un bon matériel fourni-posé.

Claire Martin

 


Mots-clés :

ADOUCISSEUR D'EAU , EAU , EAU CHAUDE SANITAIRE




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