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Bilan : les limites des sites comparateurs de prix

Bilan : les limites des sites comparateurs de prix
Janvier 2013
Le Particulier Pratique n° 386, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Kelkoo, Easyvoyage, Voyagermoins-cher… les comparateurs de prix sélectionnent, pour nous, les appareils ou les vols les moins chers sur internet. En toute indépendance ?

L’explosion du nombre de sites marchands sur internet et de cyberacheteurs – près de 32 millions de Français, selon l’Observatoire des usages internet de Médiamétrie – a entraîné, il y a quelques années, l’apparition de sites comparateurs de prix. À l’origine, ils concernaient uniquement les biens et les services de grande consommation. Ils s’intéressent maintenant à des produits plus complexes, comme ceux que proposent les banques et les compagnies d’assurances. Les comparateurs de prix deviennent, de plus en plus, des acteurs du marché à part entière. Peut-on vraiment leur faire confiance ? Qui se cache derrière ces sites et comment sont-ils rémunérés ?

Un référencement qui ne doit rien au hasard

Si les comparateurs de prix aident le consommateur à choisir, ils ont également pour mission d’amplifier l’audience des sites marchands et de leur permettre d’atteindre directement des clients potentiels. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a enquêté sur le modèle économique des opérateurs privés spécialisés dans la comparaison des prix de biens de grande consommation (électronique, voyages, habillement…). Son objectif était de vérifier la transparence de ces organismes et la véracité des renseignements qu’ils fournissent aux internautes. Ces études de la DGCCRF ont révélé que la plupart des sites comparateurs ne relaient pas la totalité de l’offre d’un secteur, mais seulement celle des sites marchands partenaires. “Dans ces conditions, alléguer une comparaison exhaustive pourrait constituer une publicité fausse ou de nature à induire en erreur le consommateur au sens du Code de la consommation”, explique Nathalie Homobono, directrice de la DGCCRF.

Des acteurs à la fois juge et partie

De nombreux comparateurs ne sont que des courtiers qui travaillent pour le compte d’entreprises mandataires. Ils se rémunèrent sur les contrats qu’ils ont signés avec celles-ci ou en prélevant un pourcentage des frais de dossier. Certains sites vont jusqu’à monétiser les données personnelles que l’internaute doit communiquer pour avoir accès aux résultats. Autant d’informations dont le consommateur n’a pas toujours connaissance.
Actuellement, les comparateurs investissent des services comme les complémentaires santé. Or, la plupart de ces sites sont des filiales d’assureurs. Ainsi, assurland.com appartient au groupe Covea (MAAF, GMF et MMA). Début 2011, l’UFC-Que Choisir a comparé, pour un même profil, les résultats obtenus sur les différents comparateurs. L’association notait un bon affichage des prix et des garanties, ainsi qu’une absence de favoritisme de la société partenaire, aussi bien pour les tarifs que pour la présentation. Elle insistait, toutefois, sur la nécessité d’être vigilant, la comparaison portant sur une faible part du marché et les liens capitalistiques étant parfois difficiles à trouver sur le site.

Quand le diable est dans les détails

Concernant l’assurance, une comparaison fondée uniquement sur les prix est inévitablement biaisée. Elle doit impérativement inclure les garanties et les services. “Dans ce secteur, les prix les plus bas peuvent cacher l’assurance la plus onéreuse”, insiste Jehan de Castets, fondateur du site lesfurets.com. Prendre un contrat au tarif très attrayant revient, parfois, à payer très cher une simple responsabilité civile. Pour que le consommateur puisse comparer en toute connaissance de cause, ces sites devraient afficher les critères qu’ils privilégient.
À la suite de l’enquête de la DGCCRF, sept sites comparateurs ont signé, en 2008, à l’initiative de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) et sous l’égide du Secrétariat d’État chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique, une charte de déontologie. Elle vise à garantir l’actualisation des données, la transparence des modes de classement et une information complète sur les prestations proposées par les sites marchands. Aujourd’hui, ils sont 10 à passer un audit tous les ans : achetezfacile.com, easyvoyage.com, alibabuy.com, lesfurets.com, leguide.com, kelkoo.fr, voyagermoinscher.com, billetmoinscher.com, anyresa.com, shopping.com.
Quoi qu’il en soit, afin d’avoir une vision plus complète du marché, consultez plusieurs comparateurs. Enfin, sachez qu’il existe d’autres opérateurs, comme les associations de consommateurs. Ainsi, l’UFC-Que Choisir vient de lancer son comparateur de tarifs bancaires (quechoisir.org, rubrique “argent/assurance”).

Isabelle Coune


Mots-clés :

COMMERCE ELECTRONIQUE , INTERNET , PRIX




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