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Guide d'achat : Gouttières et chéneaux : quel canal pour l'eau du toit

Guide d'achat : Gouttières et chéneaux : quel canal pour l'eau du toit
Octobre 2012
Le Particulier Pratique n° 383, article complet.
Auteur : MARTIN (Claire)
  • Le PVC, peu cher et peu durable : 25 à 30 €/m*
  • Le zinc, esthétique et résistant : 70 à 100 €/m
  • Le cuivre, cher mais inégalable : 115 à 140 €/m
  • L’aluminium, pour la touche de modernité : 70 à 100 €/m

*Prix du mètre linéaire fourni-posé relevés en région parisienne. Comptez de 25 à 50 % en moins en province, hors agglomérations.

Les infiltrations d’eau, les moisissures, le gel ont des effets désastreux sur l’avant-toit, la façade ou même le bâti si l’on néglige l’état des gouttières. De petites détériorations, comme un trou dans le métal, peuvent être colmatées, mais celles de plus grande ampleur nécessitent le changement de l’ensemble du réseau de gouttières et de tuyaux de descente. Étudiez bien les formes et les matériaux des gouttières avant d’arrêter votre choix, car si un faible prix est attrayant, ce n’est pas forcément un gage de longévité. Profitez de cette rénovation pour ajouter une dérivation vers un récupérateur d’eau de pluie (voir "Comment ça marche") ; cela fera baisser votre facture d’eau.
Quel que soit le matériau choisi, tous les artisans établissent leurs devis en appliquant un rapport d’un tiers pour les fournitures – PVC, zinc, cuivre ou aluminium – et de deux tiers pour la main-d’œuvre. L’installation d’un échafaudage, la dépose des éléments existants (souvent détaillée à part), le façonnage des raccords, l’assemblage et la pose représentent, en effet, le gros du travail. Sachez que, dans le métier, la tradition veut que les employés de l’entreprise récupèrent le métal, lors de la dépose, le revendent à un ferrailleur et répartissent la somme entre eux. Posez la question lors de l’établissement du devis, car c’est à ce genre de détails que l’on reconnaît une société respectueuse de ses salariés.

Le PVC, peu cher et peu durable

Rampante ou pendante (voir encadré), la gouttière en PVC coûte de 25 à 30 € le mètre linéaire fourni-posé, en région parisienne. Sa mise en œuvre est simple, sans soudures, par emboîtement et collage, mais sa durée de vie est limitée à 10 ou 15 ans, si ce n’est moins, en fonction des caprices de la météo, et son coloris passe avec le temps. Très fragile, elle est à proscrire dans les régions au climat rigoureux, car elle se fendille par froid intense, casse sous le poids de la glace, et une averse de grêle la transforme en passoire. Ajoutez à cela des craquements désagréables lors de la dilatation des tuyaux sous l’effet des variations de températures.
Le plus souvent, la gouttière se pose sur planche de rive en bois ou en PVC au moyen de crochets espacés de 50 cm au maximum. Pour éviter les fuites en cas de dilatation, le recouvrement des éléments doit être d’au moins 50 mm et leur partie femelle est toujours dirigée vers le haut, comme pour les systèmes de descente d’eau.

Le zinc, esthétique et résistant

Matériau le plus employé pour la fabrication des gouttières, le zinc, souple et brillant au moment de la pose, s’autoprotège en se recouvrant d’une pellicule anticorrosion qui lui donne une couleur gris clair mat au bout de 6 mois à 2 ans. Élégant, facile à travailler (par un artisan zingueur uniquement), il permet de soigner les détails. Sa résistance exceptionnelle – il ne craint ni la grêle ni le gel – lui assure une durée de vie de 40 ans environ. En bord de mer, l’exposition à l’air salin provoque seulement des taches blanchâtres en sous-face, que l’eau de pluie n’atteint pas. Attention, cependant, à l’incompatibilité entre zinc et cuivre : si une toiture en cuivre est en contact avec des gouttières en zinc, le cuivre va ronger le zinc et le trouer. Certaines finitions, comme la gamme Pigmento de VMZinc, augmentent la protection du zinc. D’autres sont esthétiques ; par exemple, la prépatine noir mat s’harmonise bien avec les couvertures en ardoise.
Les différents éléments de la gouttière sont soudés à l’étain, puis rivetés. Le recouvrement des pièces est de 3 cm. Au final, les prix (au mètre linéaire fourni-posé) varient de 70 à 100 € en région parisienne et de 35 à 45 € en province. Il existe toutefois un procédé sans soudures qui permet d’alléger la facture, le Pluviazinc de VMZinc. Enfin, le modèle de gouttière façonnée et ornée de motifs de feuilles de lierre de VMZinc ou les fleurs de lys décoratives de MCP Defrancq, destinées à dissimuler l’extrémité des crochets, donnent un cachet supplémentaire à votre habitation.

Le cuivre, cher mais inégalable

Brillant, de couleur brun-rouge au moment de la pose, le cuivre se patine progressivement. En quelques jours, il perd sa brillance, puis vire au brun-noir plus ou moins rapidement ­suivant le degré de ­pollution en minéraux des pluies dans la région où se situe la maison. Le processus prend 6 mois, en moyenne ; en montagne, où l’air est pur, il est plus long. Le métal se teinte ensuite d’un beau vert amande ; en 5 ans, en front de mer, et en 10 à 20 ans, à l’intérieur des terres. Si vous souhaitez conserver l’effet brillant, vous pouvez appliquer un vernis, mais sa tenue sera limitée dans le temps.
Le cuivre exige, certes, un investissement de départ, mais sa longévité est sans égale – de l’ordre d’une centaine d’années –, de même que sa résistance aux conditions extrêmes. En revanche, la présence d’un objet rouillé – un clou, par exemple – dans la gouttière ou les chéneaux peut provoquer des dégradations partielles, car la rouille va attaquer le cuivre ; d’où la nécessité de procéder à un contrôle visuel avant l’hiver. Le raccordement des éléments d’une gouttière en cuivre se fait par rivetage (le recouvrement étant de 40 mm au minimum), puis par brasage tendre, c’est-à-dire une soudure à l’étain, réalisée par un artisan zingueur.
Pour l’installation d’un récupérateur d’eau de pluie, il est très important de bien définir l’usage que vous allez faire de cette eau. Celle-ci ne doit pas servir à alimenter une mare dans laquelle vivent des poissons, car la concentration de cuivre dans l’eau les ferait mourir. Pour l’arrosage du potager, il est inutile d’ajouter un filtre en amont de la dérivation si les gouttières seules sont en cuivre. Mais si toute la toiture est en cuivre, la surface de contact entre l’eau et ce métal étant plus grande, le filtrage est nécessaire afin de ne pas dépasser la norme sanitaire de 2 mg/l.
Concernant le coût de ces gouttières, soyez vigilant. En effet, certains artisans peu scrupuleux gonflent leurs devis sous prétexte que le cuivre est cher – même si les prix se sont stabilisés ces derniers mois – et que les clients qui choisissent ce matériau ont de bons revenus. Il faut compter, en réalité, de 115 à 140 € le mètre linéaire en région parisienne et 70 € en province, hors agglomérations.

L’aluminium, pour la touche de modernité

Les gouttières en aluminium ne nécessitent ni raccords ni soudures, tout est façonné sur place. Elles sont d’un seul tenant sur 12 ou 15 m, à l’inverse de celles en PVC, en zinc et en cuivre, pour lesquelles il faut faire un raccord tous les 2 ou 4 m. La pose des naissances de descentes verticales est réalisée à l’aide d’un emporte-pièce de forme identique à celle des tuyaux de descente. L’étanchéité est assurée par un joint invisible en mastic silicone. Il en va de même pour les angles de toiture ou les dérivations servant à alimenter les récupérateurs d’eau de pluie. L’ensemble donne une allure nette et moderne à la maison. De plus, les gouttières prélaquées étant disponibles en de nombreux coloris, vous pouvez les harmoniser avec votre façade. Dal’Alu commercialise un modèle exclusif de gouttière trapèze (Évolution E325) adapté à un bâtiment contemporain ou à un loft. Il propose également des lambrequins – bandes d’ornement ajourées –, à placer sous la gouttière d’une demeure ancienne. Les prix sont équivalents à ceux du zinc.
Enfin, signalons la gouttière en terre cuite émaillée, une version typique du sud de la France et assez rare. Faite à la main par estampage, elle existe en différentes couleurs, accompagnée de gargouilles et d’épis de faîtage (tuilerie Pujo).

Claire Martin


Mots-clés :

EAU , MAISON INDIVIDUELLE , TOITURE




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