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Mieux-être : calvitie, les traitements démêlés

Mieux-être : calvitie, les traitements démêlés
Septembre 2012
Le Particulier Pratique n° 382, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Près d’un tiers des hommes de 25 à 40 ans et 20 % des femmes de plus de 40 ans présentent une alopécie. Un phénomène qui s’intensifie avec l’âge.

Lorsque la chute de cheveux est anormalement rapide ou très localisée, il faut en rechercher les causes : déficit en fer, réaction à un médicament, problème surrénalien ou ovarien, pelade, choc émotionnel, teigne, infection… Dans 90 % des cas, l’alopécie n’a rien de pathologique. Elle est alors qualifiée d’androgénétique, c’est-à-dire due à la fois à l’action des hormones mâles et à l’hérédité. Si la génétique joue un rôle important dans la survenue de la calvitie, cela ne signifie pas, pour autant, que tous les enfants de chauves le seront également. Il est, en effet, fréquent que la calvitie saute une ou plusieurs générations, ou qu’elle soit transmise, en partie, par des parents n’ayant, ni l’un ni l’autre, un crâne dégarni. La responsabilité des hormones est prépondérante : la testostérone, sous l’action de l’enzyme 5-alpha-réductase, est transformée en dihydrotestostérone. Or, “nous avons sur le crâne des récepteurs qui réagissent à cette forme active de la testostérone”, explique le Dr Michaël Naouri, dermatologue à Nogent-sur-Marne. Les follicules s’emballent, le cycle de croissance des cheveux est écourté, et ils tombent de plus en plus. Les follicules finissent par s’épuiser, puis cessent de remplir leur office. En 2011, des chercheurs ont avancé que l’alopécie androgénétique serait la conséquence d’une inactivation des cellules souches du follicule, devenues incapables de se transformer en cellules actives, ce qui engendrerait une atrophie du follicule. Quoi qu’il en soit, ce sont bien les hormones mâles qui sont responsables de la chute des cheveux. Voilà pourquoi l’alopécie androgénétique n’affecte pas les sujets prépubères. En revanche, elle se manifeste également chez les femmes, qui sécrètent, elles aussi, des androgènes et présentent parfois une hypersensibilité à ces hormones ou en produisent trop. Souvent, l’alopécie de la femme apparaît après la ménopause, les hormones féminines se raréfiant et ne jouant plus leur rôle protecteur.

L’action d’un vasodilatateur

Deux grandes familles de molécules sont prescrites pour lutter contre l’alopécie : le minoxidil et le finastéride. Le premier était initialement utilisé en traitement contre l’hypertension artérielle. Son mode d’action sur la chute des cheveux n’est pas complètement élucidé. Il semblerait “qu’il ait un effet vasodilatateur, capable d’accélérer l’afflux sanguin parvenant aux cheveux. En augmentant, le débit sanguin apporte des nutriments qui compenseraient la sensibilité des récepteurs à la dihydrotestostérone”, indique le Dr Naouri. Le minoxidil, commercialisé sous les marques Alopexy, Alostil, Bailleul, Cooper et Mylan, s’applique en lotion sur le cuir chevelu deux fois par jour. Il faut compter environ 2 mois avant d’en constater les éventuels effets, variables selon les sujets. Cette molécule existe en deux dosages : celui à 5 % est, théoriquement, réservé aux hommes ; celui à 2 % est destiné aux femmes. En pratique, le dosage à 5 % est fréquemment proposé aux patientes, surtout à celles ayant un teint clair, la lotion risquant de développer la pilosité du visage.
Dans tous les cas, le traitement est indiqué pour les alopécies débutantes et n’aura guère d’utilité sur les calvities avancées ou stabilisées. Il devra être pris à vie. S’il est ­interrompu, les cheveux recommenceront à tomber au bout de 2 ou 3 mois.

Les effets d’un antiandrogène

Le finastéride, distribué essentiellement sous la marque Propecia, inhibe l’enzyme qui transforme la testostérone en dihydrotestostérone. Cet antiandrogène ne s’adresse qu’aux hommes. Il semble n’avoir aucune efficacité chez les femmes et serait même susceptible de provoquer des malformations fœtales s’il est absorbé pendant la grossesse. Proposé sous forme de comprimés de 1 mg à avaler une fois par jour, “il diminue la capacité des récepteurs à capter les androgènes, qui sont ainsi moins nombreux, et donc la chute des cheveux”, précise le Dr Naouri. Comme le minoxidil, il agit surtout sur les alopécies débutantes, et tant que l’on continue le traitement. Quelques effets secondaires indésirables – qui disparaissent si l’on cesse de prendre la molécule – ont été constatés, notamment une baisse de la libido ou des troubles de l’érection. Selon la Société française de dermatologie, le finastéride permettrait d’enrayer la chute des cheveux dans 80 % des cas et favoriserait la repousse chez 40 % des patients. Qu’il s’agisse du minoxidil ou du finastéride, le traitement revient à 30 ou 40 € par mois et n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.
Aux femmes souffrant d’alopécie, le praticien pourra administrer un traitement antiandrogène à base d’acétate de cyprotérone associé à un apport d’œstrogènes.

Le recours à la microgreffe

Quand la calvitie est trop étendue, il est possible d’avoir recours à la microgreffe. Il n’y a aucun risque de rejet puisque les cheveux destinés à la greffe sont ceux de la personne elle-même. La technique de segmentation d’unités folliculaires consiste à prélever, sous anesthésie locale, une bandelette de 10 à 20 cm de long sur la couronne occipitale, la seule zone qui n’est jamais concernée par la calvitie ; aussi, les cheveux greffés ne tomberont jamais. Le prélèvement laisse une cicatrice quasi invisible.
“On prépare ensuite chacune des unités folliculaires au microscope, puis on les implante en veillant à respecter une bonne orientation et une harmonie avec le reste de la chevelure”, détaille Pierre Bouhanna, dermatologue et chirurgien du cuir chevelu à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Une séance dure de 4 à 5 h, permet de greffer de 1 000 à 3 000 cheveux et coûte entre 3 500 et 4 500 €. Deux semaines après l’implantation, les cheveux greffés tombent. Ils commencent à repousser définitivement 3 mois plus tard. Il faut parfois plusieurs séances pour obtenir un résultat satisfaisant. L’intervention n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie.

Vincent Delfau


Mots-clés :

CALVITIE




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