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Quand le pressing se jette à l’eau

Quand le pressing se jette à l’eau
Juillet-Août 2012
Le Particulier Pratique n° 381, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Avec la fin annoncée des pressings au perchloréthylène, une révolution discrète a commencé. Des enseignes proposent le nettoyage à l’eau. Que vaut cette technique ?

En utilisant des solvants moins volatils (enseigne Sequoia) ou en optant pour le nettoyage à l’eau (procédé Lagoon d’Electrolux ou Aquanett de Miele), les pressings ont pris les devants dès les premières mises en cause du perchloréthylène (ou perchloroéthylène). Avec l’eau, plus de nettoyage… à sec ! De quoi déstabiliser le consommateur, accoutumé au nettoyage au perchlo et conforté dans cette habitude par le diktat de l’étiquetage de ses vêtements. Il n’est pas d’usage de laver vestes et manteaux en laine ou en cachemire, qui sont, d’ailleurs, marqués d’un P (signifiant que le vêtement peut être nettoyé avec du perchloréthylène et n’importe quel solvant en nettoyage à sec) ou d’un F (solvant autre que le perchloréthylène) ;“nettoyage à sec” étant même parfois écrit en toutes lettres. Voilà qui fait craindre que le vêtement ne se déforme ou ne rétrécisse s’il est nettoyé à l’eau. “C’est au professionnel, qui connaît les textiles, de juger si le vêtement peut être nettoyé à l’eau ou non. Les fabricants apposent des étiquettes volontairement restrictives pour se prémunir contre tout litige”, explique Marie-Antoinette Végnant, gérante du Pressing n° 1 à Paris, le premier en France à avoir utilisé la technologie Lagoon. À terme, nous devrions trouver plus souvent la lettre W, indiquant que le nettoyage professionnel à l’eau est autorisé.

Un apprêt pour contrer les effets de l’eau

La machine utilisée avec le procédé Lagoon comprend 99 programmes, autant dire du sur-mesure. Le cycle dure 30 min. Les savons employés sont peu agressifs, tout comme les produits servant au détachage préalable, s’il y a lieu. Toutefois, pour éliminer certaines taches, comme celles de vernis à ongles, un solvant reste nécessaire. Un apprêt, injecté lors du dernier rinçage dans le tambour, renforce la tenue des tissus et redonne son gonflant à la laine, l’apprêt initial, souvent soluble dans l’eau, ayant été lessivé. Le linge passe ensuite dans le sèche-linge pendant une dizaine de minutes, pour enlever le plus gros de l’eau, et finit de sécher à l’air libre sur un cintre afin de ne pas abîmer les fibres. Le lendemain, les vêtements sont repassés. Ils sont parfois remis en forme sur des mannequins qui envoient de l’air chaud, car les mailles de certains tissus, la viscose par exemple, ont tendance à se resserrer et doivent être retendues. Le repassage prend plus de temps qu’avec un nettoyage à sec et réclame plus de soin. Il faut donc davantage de main-d’œuvre. Le métier redevient artisanal. Les vêtements sont gardés au moins 48 h. En effet, alors qu’un pressing express traite une cinquantaine de pièces à l’heure, le technicien qui utilise le nettoyage à l’eau n’en repasse, en moyenne, que dix. Toutes ces contraintes rebutent certains professionnels, qui hésitent à s’orienter vers cette technique.

Au-delà du simple dégraissage, un vêtement plus sain

Le client, quant à lui, bénéficie d’un service haut de gamme (mais qui a son prix). Outre l’habituel dégraissage, les couleurs sont ravivées et les odeurs de transpiration, persistantes avec le perchloréthylène, éliminées. On échappe, bien sûr, aux émanations de solvant dans l’armoire, et à la pollution qui en résulte. La plupart des textiles peuvent être nettoyés à l’eau, qu’il s’agisse de fibres naturelles, comme le lin, la soie, ou artificielles – ce traitement convient même aux cuirs épais des vestes de motard. Pressing n °1 travaille, d’ailleurs, pour le service après-vente d’Hermès. Quelques rares articles ne supportent pas le passage à l’eau : les cuirs très fins, qui risquent de rétrécir, ou les foulards plissés en soie, qui perdraient leur forme au contact de l’eau.

Isabelle Coune

 


Mots-clés :

EAU , PRESSING , PRODUIT DANGEREUX , PRODUIT TOXIQUE




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