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Effacer des traces sur internet : surveiller son e-réputation

Effacer des traces sur internet : surveiller son e-réputation
Mai 2012
Le Particulier Pratique n° 379, article complet.

Avec le web 2.0, la fin de l’anonymat Après l'ère des premiers forums, les contenus collaboratifs ont explosé, poussant l'internaute à opérer sous son vrai nom, et non plus en utilisant un pseudonyme.

Avec Google, pas le doit à l'oubli Il suffit de nous "googliser" pour prendre conscience de l'archivage exhaustif qui est fait des documents portant notre nom, et ce durant des années et des années.

Avec ou sans l'aide d'un tiers, épurer l'historique Du simple courriel à la plainte en bonne et due forme, en passant par les interventions d'un avocat ou d'une agence spécialisée, il existe une batterie de moyens pour faire disparaître un contenu numérique devenu indésirable

 

S’il devait adapter sa chanson au tempo d’internet, Georges Brassens fredonnerait peut-être aujourd’hui “au village, sans prétention, j’ai mauvaise e-réputation”. Naguère, l’image, bonne ou mauvaise, d’un individu se limitait, sauf pour les célébrités, au cercle de ses relations. Le web a largement étendu cette sphère. Ce sont tous les hôtes de la planète numérique qui sont susceptibles de trouver en ligne des éléments concernant une personne, et de se faire une opinion de celle-ci. “L’e-réputation est l’évaluation de l’image que l’on renvoie sur internet. C’est le prolongement en ligne de notre réputation réelle”, résume Anthony Babkine, spécialiste de la communication en ligne et coauteur de Bien gérer sa réputation sur internet (éditions Dunod). Avec l’avènement du web 2.0, les internautes ont commencé à contribuer au contenu disponible sur internet : forums, blogs, plates-formes de partage de photos ou de vidéos, réseaux sociaux, sites recueillant les évaluations de consommateurs, commentaires d’articles. Partout, les utilisateurs sont invités à participer à la vie en ligne, à en devenir les acteurs. “Ce web participatif conduit les internautes à échanger, à se dévoiler peu à peu, à s’identifier par leur nom, comme sur Facebook. L’anonymat devient plus rare et plus difficile”, poursuit Anthony Babkine. Nous laissons de plus en plus de traces, volontairement ou non, sur le net, en y exposant nos goûts, nos passions, nos souvenirs, nos engagements ou notre expertise.

En quoi nos propres contenus peuvent-ils nous nuire?

Nos goûts actuels ne seront pas forcément ceux de demain. Les photos de soirées alcoolisées qu’un étudiant s’amuse à publier sur Facebook le réjouiront moins lorsqu’il postulera à un premier emploi. De même, une expérience professionnelle malheureuse figurant sur un CV mis en ligne il y a quelques années risque de pénaliser un candidat à un poste si son futur employeur cherche sur internet des renseignements sur lui. Selon une étude réalisée en 2011 par regionsjob.com, 44 % des recruteurs français admettent procéder ainsi. Un taux qui pourrait, en réalité, être beaucoup plus élevé, tant il est simple de taper le nom d’une personne sur un moteur de recherche, et d’y découvrir des informations peu flatteuses. “Un recruteur jugera très rarement un candidat sur des photos de beuverie, assure Fabrice Ivara, cofondateur de Reputation Squad, une agence spécialisée dans la gestion de l’e-réputation. En revanche, il s’attardera sur des choses plus fines. Un texte rempli de fautes d’orthographe, par exemple, peut être catastrophique.” Un discours ou un humour de mauvais goût, des prises de position extrêmes peuvent aussi discréditer une personne.

Faut-il redouter l'intervention d'un tiers?

Les éléments compromettant un internaute peuvent également avoir été publiés par des tiers. Ainsi, une mère de famille a découvert sur le net des vidéos intimes mises en ligne par son ex-conjoint. C’est aussi le cas de ce cadre qui avait été placé en examen pour des malversations, puis avait été blanchi : lorsqu’on tape son nom dans un moteur de recherche, des articles de presse qui s’étaient fait l’écho de l’accusation ressortent, mais n’indiquent pas qu’il a été innocenté. On pourrait multiplier les exemples de contenus qui, entre maladresse et réelle volonté de nuire, assombrissent l’image d’une personne. Si nous pouvons maîtriser ce que nous mettons nous-mêmes en ligne, il est beaucoup plus difficile de contrôler ce que les autres publient sur nous, d’autant que ces publications échappent souvent à notre vigilance. Dans une étude menée par Symantec en 2011, 31 % des internautes français affirmaient ignorer si quelqu’un avait posté, sans leur autorisation, une information les concernant qui risquerait de porter atteinte à leur réputation.

Comment mesurer son e-réputation?

Avec 90 % de parts de marché mondiales, Google s’impose comme l’outil de référence, à la portée de tous, gratuit et utilisé dans le monde entier. Un adage assure, d’ailleurs, que “ce qui n’est pas sur Google n’existe pas”. Pour avoir une idée de votre e-réputation, commencez par vous “googliser”, c’est-à-dire par effectuer une recherche sur votre patronyme (prénom et nom). Les premières pages de résultats seront significatives : “60 % des internautes ne vont pas au-delà de la deuxième page”, déclare Anthony Babkine. Ce sont donc essentiellement les premiers résultats qui façonnent l’image que vous avez sur le net.

Pour que vous restiez informé de toute nouvelle publication vous mentionnant indexée par Google, le moteur de recherche propose un service d’alerte (google.fr/alerts). Il ­suffit d’indiquer un ou plusieurs mots-clés (en l’occurrence, votre nom et votre prénom) pour recevoir un courriel dès que vous serez cité en ligne. Rien ne vous empêche ensuite d’élargir la recherche à d’autres moteurs, comme Yahoo! ou Bing. Vous pouvez également passer par des moteurs spécialisés dans la recherche de personnes, tels que 123people.fr, webmii.fr, pipl.com ou youseemii.fr. Ces outils vont fouiller les sources et présentent les résultats en triant les informations relatives à un individu : les blogs qui le citent ou sur lesquels il intervient, les photos ou les vidéos sur lesquelles il apparaît, les réseaux sociaux sur lesquels il est inscrit…

Que faire pour favoriser une bonne e-réputation?

Il suffit, pour cela, d’un peu de bon sens et d’agir en ligne en gardant constamment à l’esprit quelques évidences : il est plus facile de créer un contenu que de le supprimer ; internet est un espace public, et presque tout ce que vous mettez en ligne reste visible ; le web n’oublie rien, ce qui y est publié ne disparaît pas. Armé de ces axiomes, il est simple “d’utiliser internet à bon escient, avec recul et réflexion, en prenant garde à la forme et au fond, reprend Anthony Babkine. Comme dans la vie réelle, il faut seulement être prêt à assumer tout ce que l’on fait sur le web”.

Est-il préférable d'utiliser un pseudonyme?

En optant pour un pseudonyme, comme c’est l’usage sur la plupart des forums de discussion, on évite de lier ses propos à sa véritable identité. Encore faut-il faire attention à ne jamais rien divulguer qui pourrait permettre d’être identifié, ce qui est très compliqué. Taper un pseudonyme dans un moteur de recherche offre la possibilité de retrouver les multiples interventions – dans des blogs, des forums, etc. – de l’internaute concerné, dont, en recoupant ces données, on peut dresser le portrait. 

L’anonymat présente l’inconvénient de ne pas vous permettre de vous forger une image en ligne. Vous êtes invisible sur les moteurs de recherche, et donc inexistant sur internet. Or, il peut être utile d’avoir une visibilité sur le web, dans un cadre professionnel notamment. En choisissant les circonstances dans lesquelles vous utilisez votre véritable identité, vous gardez la main sur votre e-réputation. Réservez donc l’emploi de votre patronyme aux réseaux sociaux, comme Twitter et Facebook. Pour ce dernier, si vous souhaitez que seuls vos contacts puissent accéder à vos publications, réglez les paramètres de confidentialité. Sur les réseaux sociaux professionnels, tels que Linkedin et Viadeo, veillez à actualiser régulièrement votre parcours professionnel. Enfin, n’hésitez pas à vous mettre en valeur en créant un blog sur les sujets dans lesquels vous êtes spécialisé ou qui vous passionnent. Prenez soin de l’alimenter fréquemment en y postant de nouveaux billets : un site souvent mis à jour remonte mieux dans les moteurs de recherche.

Vincent Delfau

 


Mots-clés :

INTERNET , PROTECTION DE LA VIE PRIVEE




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