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Décryptage : une étiquette de bouteille de vin

Décryptage : une étiquette de bouteille de vin
Mai 2012
Le Particulier n° 1073, article complet.
Auteur : DURAND-BAZIN (Frédéric)

Dans les supermarchés ou chez les cavistes, il n’est pas toujours facile de choisir une bouteille de vin. Pourtant, les étiquettes ne sont pas de simples éléments de marketing.Y figurent des mentions, obligatoires pour certaines, qui donnent une foule de renseignements sur la qualité du produit. Mais encore faut-il savoir les décrypter.

Le millésime correspond à l'année de vendange : Facultatif

Lorsqu’un millésime est apposé sur la bouteille, le vin doit être issu, au minimum, à 85 % de raisin récolté pendant cette année (art. 61 et 63 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). Certains vins, non millésimés, sont issus d’assemblages de millésimes différents. C’est le cas de la plupart des champagnes « bruts sans année » ou « non millésimés ».

La taille de la bouteille a été fixée en 1866

La contenance de la bouteille doit être indiquée en millilitres, centilitres ou litre(s). Si la bouteille traditionnelle a une capacité de 75 cl, il en existe de nombreuses autres : la demie (37,5 cl), le clavelin (62 cl, réservé au vin jaune), le magnum (1,5 l), le double magnum ou jéroboam (3 l), le réhoboam (4,5 l), le mathusalem ou impériale (6 l), le salmanazar (9 l), le balthazar (12 l) et le nabuchodonosor (15 l), par exemple.

A savoir : La taille d’une bouteille de vin standard de 75 cl a été déterminée au XIXe siècle, à Bordeaux. À cette époque, les vins de la région étaient largement exportés vers la Grande-Bretagne. La capacité des navires était alors calculée en tonneaux. Un tonneau bordelais faisait 900 litres. En divisant 900 par 0,75 litre, on obtient 1 200, soit le nombre de bouteilles contenues dans 100 caisses de 12 bouteilles.

Ne s'appelle pas château qui veut : Facultatif

Le nom de la cuvée est libre, sauf s’il a été enregistré auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) par un autre domaine. Toutefois, les mentions suivantes sont réservées aux vins bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP) ou d’une indication géographique protégée (IGP) : abbaye, bastide, campagne, chapelle, château, clos, commanderie, cru, domaine, mas, manoir, mont, monastère, monopole, prieuré et tour. Château, clos et cru sont même réservés aux seules AOP.

Il existe 382 appellations en France : Obligatoire

Depuis août 2009, la classification traditionnelle des vins français a été remplacée par une classification européenne (règlement CE n° 510/2006 du 20.3.06). Il existe désormais deux catégories de vin : les vins sans indication géographique (ex-vins de table) et les vins avec indication géographique. Pour les premiers, l’appellation « vins de table » n’est plus réglementaire. Figure désormais sur l’étiquette la seule mention « vin » éventuellement complétée par la provenance (vin de France, pour un produit issu de raisin récolté et vinifié en France).Pour les seconds, il existe deux familles d’appellations : 

- les vins d’appellation d’origine protégée (AOP). Cette désignation peut être remplacée par vins d’appellation d’origine contrôlée (AOC) en France. Les deux appellations peuvent également coexister sur l’étiquette.

- les vins à indication géographique protégée (IGP). Pour les vins français, cette appellation peut être remplacée par « vin de pays ». Les deux appellations peuvent, par ailleurs, figurer sur l’étiquette. Les vins d’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure (AOVDQS) n’ont plus d’existence réglementaire depuis le 31 décembre 2011. À la demande des syndicats viticoles, ils ont été classés en IGP ou en AOP. La France compte aujourd’hui 382 AOP, AOC ou IGP.

Les bourgognes sont classés par terroirs, les bordeaux par domaines : Facultatif

Les mentions « grand cru », « premier cru », « cru classé », « cru bourgeois » ou encore « cru artisan » sont liées à la qualité du vin. L’usage des dénominations grand cru ou premier cru est réglementé. Ces deux mentions sont régies par le décret définissant l’appellation d’origine du vin. Par exemple, en Bourgogne, les parcelles sont classées en quatre catégories selon une hiérarchie allant des vins d’appellations régionales (bourgogne, ou bourgogne grand ordinaire) aux appellations communales (morey-saint-denis ou meursault), puis aux premiers crus (nuits-saint-georges – les saint-georges, par exemple) et enfin aux grands crus (romanée-saint-vivant, par exemple). La mention cru classé, précédée ou non d’une indication hiérarchique ou de tout autre mot évoquant un ordre de mérite (premier cru classé, deuxième cru classé…), peut être le résultat d’un classement permanent issu d’un texte réglementaire. Il existe, par exemple, un classement des crus du Médoc établi en 1855, puis révisé en 1973. Cette mention peut aussi être le fruit d’un classement périodique des domaines effectué lors d’un concours public. C’est le cas des crus artisans et du classement des grands crus de Saint-Émilion qui, lui, est revu tous les 10 ans. Enfin, il existe des classements organisés périodiquement par les organismes professionnels viticoles. Les domaines qui concourent doivent répondre à un cahier des charges élaboré par les organismes professionnels et se soumettre à un plan de vérification établi et mis en œuvre par un organisme tiers. C’est le cas, par exemple, des crus bourgeois dans le Médoc.

Le vins contient en général, entre 8,5 et 15 degrés d'alcool

La teneur en alcool du vin doit être mentionnée sur l’étiquette, mais avec une tolérance de 0,5 % par volume (art. 54 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). Ainsi, un vin pour lequel il est indiqué un degré d’alcool de 13,5 % peut en contenir, en réalité, entre 13 et 14 %. À cela s’ajoute, en pratique, une marge d’erreur de 0,2 % sur le mesurage. La tolérance est portée à 0,8 % pour les vins bénéficiant d’une AOP ou d’une IGP, stockés en bouteille pendant plus de 3 ans, pour la plupart des vins mousseux et des vins de liqueur (pineau des Charentes, floc de Gascogne, riquiqui ou macvin du Jura) ainsi que pour les vins issus de raisins surmûris.

270 cépages sont autorisés en France : Facultatif

Le nom d’un ou de plusieurs cépages peut figurer sur l’étiquette de vin. Lorsqu’un seul est indiqué, le vin est obligatoirement élaboré avec 85 % de ce cépage. Si plusieurs noms sont mentionnés, le vin doit être issu à 100 % de ces cépages (art. 62 et 63 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09).

A savoir : Il existe plusieurs milliers de cépages différents à travers le monde, mais seulement 270 d’entre eux (espèce Vitis vinifera) sont cultivés en France à des fins vinicoles. Certains, comme le noah, l’othello, l’isabelle, le jacquez, le clinton et l’herbemont, sont interdits depuis la loi du 24 décembre 1934. Le choix des cépages est très strictement réglementé pour les vins d’appellation d’origine.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : Obligatoire

Le producteur doit faire figurer un message à caractère sanitaire préconisant l’absence de consommation d’alcool par les femmes enceintes (art. L. 3322-2 du code de la santé publique et arrêté du 2.10.06). Il peut s’agir soit du message suivant : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant », soit de l’apposition d’un logo. Ce message doit se trouver obligatoirement dans le même champ visuel que l’indication de la teneur en alcool. L’indication des allergènes est également obligatoire (art. 51 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). Il s’agit, dans la plupart des cas, de signaler que le vin contient des sulfites. L’étiquette peut ainsi indiquer : contient des sulfites, contient de l’anhydride sulfureux, du SO2, voire « contains sulfites » ; cette mention étant suffisamment compré­hensible, même pour quelqu’un ne parlant pas anglais. À l’avenir, l’étiquette devra aussi signaler la présence d’autres produits parfois allergènes tels que l’œuf (utilisé comme filtrant), mais les textes d’application ne sont pas encore parus.

Vin de domaine ou vin de négoce ? Obligatoire

L’embouteilleur doit indiquer son nom et son adresse. La mention « mise en bouteille au château » est réservée aux vins avec appellation d’origine. En outre pour revendiquer cette mention, l’embouteillage et la vinification doivent avoir lieu dans l’exploitation même et le vin doit être issu exclusivement des raisins des vignobles de cette exploi­tation (art. 56 et 57 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). La mention « négociant » indique que l’embouteilleur a acheté les raisins ou le vin à un autre propriétaire.

Un vin boisé n'a pas toujours vieilli en fût de chêne : Facultatif

L’indication « vieilli en fût de chêne » suppose que le vin a été élevé dans un tel contenant. Cette mention ne peut être utilisée si le vin a été élaboré avec des morceaux de bois de chêne quels qu’ils soient : copeaux, douelles, etc. (art. 66 point 2 du règlement CE n° 607/2009 du 14.7.09). Sachez toutefois que l’ajout de morceaux de bois de chêne lors de l’élevage d’un vin est autorisé (règlement CE n° 606/2009 du 10.7.09, annexe I A, appendice 9), sauf pour certaines appellations d’origine.

4,5 % du vignoble est cultivé bio : Facultatif

Le logo de la marque AB est la propriété du ministère de l’Agriculture. Le produit qui l’arbore doit être conforme à la réglementation relative à l’agriculture biologique. Le logo européen en forme de feuille étoilée (l’eurofeuille), obligatoire sur les aliments bio préemballés d’origine européenne, offre la même garantie. Les logos Demeter, Nature & Progrès et Bio Cohérence sont, eux, des logos de marques privées. Ils exigent du producteur le respect de cahiers des charges spécifiques. Certains imposent des conditions en plus du respect des contraintes de l’agriculture biologique. D’autres reposent sur des règles indépendantes. 

A savoir : Pour l’instant, seuls les raisins font l’objet d’une certification biologique. Cependant, un texte vient d’être adopté qui permettra l’emploi de la mention « vin biologique » (règlement CE n° 203/2012 du 8.3.12).

Réalisées par Frédéric Durand-Bazin avec l'aide du service communication de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)


Mots-clés :

ETIQUETAGE , VIN




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