Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Argent > Assurance vie > Bourse : les bons produits musclent vos actions

Bourse : les bons produits musclent vos actions

Bourse : les bons produits musclent vos actions
Février 2012
Le Particulier n° 1070, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Il peut être judicieux de profiter des niveaux très bas des Bourses mondiales pour commencer à réinvestir, avec prudence, dans les actions, en direct ou via des Sicav ou des fonds. Reste à trouver la meilleure enveloppe fiscale pour vos placements.

Les Bourses mondiales connaissent leur troisième crise importante depuis 10 ans. Le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris qui regroupe les 40 plus importantes sociétés françaises, atteint aujourd’hui les mêmes niveaux que ceux connus en août 2003. Pourtant, il ne faut pas délaisser les actions, qui ont su se montrer particulièrement rentables par le passé. Le moment est même plutôt bien choisi pour revenir en Bourse car, en vertu de l’adage bien connu des boursiers avertis : « il faut acheter au son du canon et vendre au son du clairon ».

Un pari risqué, mais gagnant à terme

Investir en Bourse aujourd’hui, même modérément, permettra de profiter du rebond de l’économie qui ne manquera pas de se produire. Les instruments financiers sont nombreux : actions en direct, si vous vous sentez l’âme d’un spécialiste de l’économie, Sicav ou fonds investis en actions ou diversifiés, si vous préférez déléguer la gestion de vos titres à un professionnel. Certes, ce n’est pas un choix sans risque, car la valeur de ces fonds peut encore diminuer et connaître une importante volatilité (c’est-à-dire des écarts brutaux), mais, au regard des actifs détenus par les entreprises et de leurs profits, qui permettent d’offrir aux actionnaires des dividendes importants, c’est certainement la voie de la raison.

Trois produits d’épargne à comparer

Il vous faut toutefois savoir où abriter au mieux vos placements boursiers. Il existe, en effet, trois enveloppes possibles pour ces investissements : le contrat d’assurance vie en unités de compte représentatives de Sicav ou de fonds communs de placement, le Plan d’épargne en actions (PEA) et le compte-titres ordinaire. Ce dernier a perdu beaucoup de son attrait avec la disparition du seuil de cession des valeurs mobilières (qui autorisait à vendre jusqu’à 25 000 € de titres par an sans être imposable sur les plus-values). Mais il lui reste encore quelques atouts qui lui permettent, pour certains objectifs, d’être mieux adapté que ses concurrents. Le PEA affiche, de loin, la fiscalité la plus favorable. Toutefois, ce produit supporte de fortes contraintes d’investissement. L’assurance vie propose un compromis quasiment idéal, avec une fiscalité avantageuse et une liberté totale de placement. En revanche, elle est la plus gourmande en frais et cela pèse sur les performances…
Il n’y a donc pas de solution miracle. En fonction des objectifs que vous cherchez à atteindre, voici celle que vous avez intérêt à privilégier.

Obtenir des revenus immédiats

Les épargnants qui investissent en Bourse ne veulent pas tous réaliser des plus-values. Nombreux sont ceux qui cherchent à se procurer des revenus récurrents, en privilégiant les actions de sociétés distribuant des dividendes importants ou les obligations versant des intérêts plus élevés que ceux délivrés par des produits d’épargne classique (Livret A, compte à terme…).
Si tel est votre objectif, vous devez écarter d’office le Plan d’épargne en actions (PEA). Tout prélèvement de ce plan, avant 8 ans de détention, entraîne automatiquement sa clôture. L’assurance vie offre plus de souplesse, mais elle peut-être pénalisée par la fiscalité. Si vous effectuez un retrait d’argent durant les 4 premières années de détention de votre contrat, les intérêts seront taxés au taux forfaitaire de 35 % auquel il convient d’ajouter 13,5 % de prélèvement sociaux. Même si la part des intérêts est souvent minime dans un contrat récent, et donc la taxation réduite, cet impôt ponctionnera vos revenus. De plus, l’assurance vie ne permet pas, sauf dans de rares exceptions, d’investir en direct dans des actions ou des obligations. Vous serez obligé d’acheter des Sicav ou des fonds spécialisés, puis de procéder régulièrement à des retraits partiels prélevés sur la vente de ces unités de compte. Une opération contraignante, sauf si vous mettez en place un système de retraits partiels programmés, lorsque le contrat le permet.

Un compte-titres vous permet de recevoir jusqu’à 5 000 € par an sans être taxé

La meilleure solution reste donc le compte-titres ordinaire, surtout si vous choisissez d’investir dans des actions à forts dividendes ou des Sicav de distribution (qui reversent régulièrement à leurs actionnaires les revenus perçus, plutôt que de les réinvestir dans le fonds). Les dividendes sont alors intégrés à l’ensemble de vos revenus, après application d’un abattement proportionnel de 40 % sur les montants perçus, puis d’un abattement fixe de 1 525 € pour un célibataire (3 050 € pour un couple marié ou pacsé). Un couple peut ainsi recevoir 5 083 € par an sans impôts, ce qui correspond à un portefeuille de près de 106 000 €, compte tenu d’un rendement moyen des sociétés du CAC 40 de 4,80 % (au 12 décembre 2011).
En revanche, l’option pour le prélèvement forfaitaire libératoire, désormais au taux de 21 %, est rarement favorable, sauf éventuellement pour les personnes imposées dans la tranche la plus haute, à 41 %, et sous réserve que le montant des dividendes soit important. Son mode de calcul est, en effet, plus défavorable qu’il n’y paraît, car les abattements fixes et proportionnels ne sont pas applicables. Autrement dit, le taux d’imposition est moins élevé que celui résultant du barème progressif de l’impôt sur le revenu, mais il s’applique sur une assiette de taxation beaucoup plus large.

Se préparer des revenus différés

Si vous souhaitez investir pour obtenir, à terme, des revenus complémentaires, notamment au moment de votre retraite, les actions sont particulièrement adaptées. Un horizon de plusieurs années permet, en effet, de supporter les risques de baisse à court terme qui ne doivent pas être exclus. Pour réduire la note fiscale, il est préférable de choisir un support qui permet de capitaliser les gains (pour augmenter la valeur de votre capital sans vous attribuer de revenus imposables) et offre des possibilités de sortie en rente faiblement imposée.

Le compte-titres n’est pas adapté à une gestion dynamique

Le compte-titres permet de recevoir environ 5 000 € de dividendes annuels sans payer d’impôt (voir p. 40). Mais il n’est pas adapté à une gestion active, indispensable lorsque l’on investit à long terme. Les plus-values d’un compte-titres sont, en effet, désormais taxées dès le premier euro. Si vous réalisez des arbitrages conduisant à récupérer vos gains sur un fonds ou une valeur en hausse, la plus-value dégagée sera taxée au taux de 32,5 % (prélèvement forfaitaire libératoire et prélèvements sociaux).

Avec le PEA et l’assurance vie, vous pourrez convertir votre capital en rente

Il est donc préférable de choisir le PEA ou l’assurance vie. Dès que votre PEA a plus de 8 ans, vous pouvez retirer une partie des capitaux sans autre impôt à payer que les prélèvements sociaux. Ce retrait n’entraîne pas la fermeture du plan, qui peut être conservé encore quelques années et faire l’objet de plusieurs retraits partiels. Mais il n’est plus possible d’y effectuer de nouveaux versements. Les capitaux accumulés sur un PEA peuvent également être transformés en rente viagère. Celle-ci est exonérée d’impôt et soumise aux prélèvements sociaux sur une partie seulement de sa valeur (70 % pour une conversion en rente avant 50 ans, 50 % pour une conversion avant 60 ans, 40 % pour une conversion avant 70 ans et 30 % pour une conversion à compter de 70 ans). C’est une solution bien plus sécurisante pour recevoir des revenus jusqu’à la fin de ses jours, car tout risque de perte est exclu une fois la conversion en rente opérée.
L’assurance vie offre également la possibilité de convertir un capital en rente, mais dans des conditions moins favorables. Cette fois, la rente est soumise, pour une fraction de son montant, déterminée de la même manière que pour le PEA, à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Avec l’assurance vie, mieux vaut privilégier les rachats partiels successifs. À partir de la huitième année du contrat, un célibataire peut retirer 4 600 € d’intérêts par an (9 200 € pour un couple) sans impôt. Seuls les prélèvements sociaux sont dus. Et comme le fisc considère que chaque retrait renferme à la fois un capital non imposable et des gains taxables, il est possible de prélever largement plus sans être imposé. En outre, la fiscalité applicable aux retraits excédant ces seuils reste douce : les intérêts sont taxés au taux de 7,5 % (plus 13,5 % de prélèvements sociaux). Enfin, avantage déterminant, il est possible de réinvestir après avoir prélevé de l’argent dans votre contrat, tout en profitant de l’ancienneté fiscale.

Constituer ou développer un capital

Si vous n’avez pas d’autre objectif que de vous constituer un capital en effectuant des investissements réguliers ou de le faire fructifier de manière dynamique, mieux vaut privilégier les enveloppes à fiscalité allégée. Le compte-titres ordinaire est à écarter. Les petits versements donnent lieu, en général, à des frais assez lourds (par exemple, 15,50 €, au minimum, à la Société générale pour un ordre passé en agence ou par téléphone) et la gestion des capitaux importants est desservie par la fiscalité qui taxe les gains lors des arbitrages.

L’assurance vie et le PEA offrent une fiscalité allégée

L’assurance vie et le PEA sont des supports beaucoup plus attractifs pour se constituer un capital. Les versements sur un contrat d’assurance vie sont autorisés à partir de quelques dizaines d’euros. Les frais excèdent rarement 5 % et sont souvent négociables, voire gratuits dans la plupart des contrats vendus sur internet. Mais le PEA offre également des facilités. La plupart des grands établissements bancaires proposent, en effet, un dispositif d’abonnement permettant d’investir régulièrement dans son plan.
La préférence pour l’une ou l’autre de ces deux enveloppes fiscales dépendra donc principalement de l’offre financière accessible. Sur ce point, les différences sont nombreuses. Le PEA ne peut accueillir que des actions de sociétés côtés dans un pays de l’Union européenne, en Islande, en Norvège ou au Liechtenstein, ainsi que des Sicav ou des fonds composés d’au moins 75 % de ces titres. Même si les possibilités se sont fortement étendues ces dernières années, grâce à la créativité des concepteurs de produits financiers – on trouve maintenant des produits répliquant la performance de fonds sans risque ou d’indices boursiers hors Union européenne –, le PEA est plus contraignant et offre moins de liberté d’investissement et d’adaptation que l’assurance vie.

L’assurance vie permet plus de souplesse dans la composition du portefeuille

Les contrats d’assurance vie multisupports renferment des fonds ayant des niveaux de risque variables permettant d’ajuster facilement la composition de votre portefeuille à la situation des marchés financiers et à l’évolution de vos besoins. Par exemple, vous pouvez mettre de côté vos gains dans le fonds en euros (à capital garanti) après avoir profité des phases de hausse des marchés financiers. Une possibilité de repli qui n’existe pas de manière aussi efficace dans le PEA. En outre, dernier inconvénient, les versements sur un PEA sont plafonnés, contrairement à ceux sur une assurance vie.
En revanche, en matière de coût, l’assurance vie est souvent plus onéreuse que le PEA pour la gestion de capitaux importants, en raison des frais sur versements (voir ci-dessus) et, surtout, des frais de gestion prélevés, chaque année, sur les sommes gérées (jusqu’à 1 %). C’est le prix de la souplesse et de l’ouverture financière.

Transmettre son capital

Les épargnants qui envisagent d’investir en Bourse en ayant comme objectif de transmettre ce capital à leurs proches, ont tout intérêt à souscrire un contrat d’assurance vie, surtout si le patrimoine est important.

Profitez des nombreux atouts de l’assurance vie

C’est la seule formule qui procure, en matière de succession, un double avantage : les abattements applicables lors de la transmission sont élevés (jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les sommes investies avant 70 ans) et vous êtes libre de désigner les bénéficiaires de votre choix, même s’il ne s’agit pas de vos héritiers. De plus, la plupart des contrats multisupports comportent des garanties en cas de décès, afin de compenser d’éventuelles pertes réalisées sur les compartiments en unités de compte. Il est donc possible de dynamiser la gestion de son portefeuille, sans avoir à craindre les conséquences pour les bénéficiaires, qui recevront, au minimum, les sommes investies à l’origine. Enfin, rien ne vous interdit d’utiliser votre contrat à d’autres fins que la transmission : pour compléter vos revenus, par exemple. L’assurance vie est donc imbattable en matière de succession.
Le PEA et le compte-titres n’offrent, eux, aucun avantage en ce domaine. Les sommes qui y fructifient sont intégrées normalement dans le patrimoine du défunt et taxées aux droits de successions, si leur montant excède celui de l’abattement applicable (159 325 € en 2012 pour une transmission à un enfant, par exemple).
À noter que l’assurance vie et le PEA supportent le paiement des prélèvements sociaux lorsqu’ils sont clos pour cause de décès du titulaire. En revanche, ce n’est pas le cas du compte-titres, qui en est exempté. Mais cela ne durera pas forcément.

Dossier réalisé par Éric Leroux


Mots-clés :

ACTION , ASSURANCE VIE , BOURSE , COMPTE BANCAIRE , FIP , FONDS A PROMESSE , FONDS D'INVESTISSEMENT DE PROXIMITE




Outils pratiques :
 

Bannière Choix patrimoniaux

bannier la lettre des placements

Forum bannière

Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Simulateur Assurance vie 300*250

Bannière e-Particulier