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Les vertus prouvées du sport

Les vertus prouvées du sport
Décembre 2011
Le Particulier Pratique n° 374, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

A un journaliste qui lui demandait le secret de sa longévité, Winston Churchill répondit : “Le sport. Jamais de sport !” Si la boutade est restée, ce n’est certainement pas pour son bien-fondé.

Les effets bénéfiques du sport ont été connus dès l’Antiquité, mais les premiers travaux scientifiques sur le sujet datent seulement du milieu du xixe siècle. Ils établissaient déjà que le taux de mortalité des personnes sédentaires était plus élevé que celui des travailleurs physiquement actifs. Depuis, les études se sont multipliées, qui concourent toutes à démontrer les nombreuses vertus de la pratique régulière du sport. L’une d’elles, parue en août dans la prestigieuse revue The Lancet, qui a porté sur 416 000 personnes suivies pendant 12 ans, atteste que la pratique d’une activité physique modérée durant un quart d’heure par jour prolonge de 3 ans l’espérance de vie et réduit de 14 % le risque de mortalité, toutes causes confondues. Et chaque quart d’heure supplémentaire diminue encore ce risque de 4 %. De quoi donner envie de chausser ses baskets !

Un rôle anticancer

“L’ensemble de l’organisme bénéficie de l’activité physique, explique Bruno Sesboüé, responsable du service de médecine du sport au centre hospitalier universitaire de Caen. Certains effets sont spectaculaires, en particulier la prévention des cancers du sein, du côlon et de la prostate.” C’est ce que montrent de nombreux travaux, dont une synthèse de 52 études réalisée en 2009, aux termes de laquelle il apparaît que le risque de développer un cancer du côlon est inférieur de 21 % chez les personnes les plus actives. De même, en 2006, des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) concluaient que “la pratique régulière d’une activité physique soutenue favorise une baisse non négligeable du risque de cancer du sein, même chez les populations présentant des antécédents familiaux ou d’autres facteurs de risque”. C’est également le cas pour les cancers du poumon, de l’utérus… De plus, le sport augmenterait les chances de survie après l’apparition d’un cancer et aiderait à mieux supporter les traitements, notamment la chimiothérapie. 

Une prévention des maladies cardiovasculaires

“L’activité physique a, par ailleurs, un effet extrêmement favorable sur le diabète de type 2, non insulinodépendant”, précise le Dr Sesboüé. Elle facilite la pénétration du sucre dans les cellules et, de fait, améliore le contrôle de la glycémie, comme l’a montré une méta-analyse en 2006. Depuis les années 2000, des études suggèrent que les effets seraient sensiblement les mêmes pour les patients atteints de diabète de type 1. Concernant le cholestérol, “le sport contribue à la mobilisation de graisses par la stimulation du système nerveux sympathique. On va alors fabriquer plus de “bon” cholestérol (HDL) et moins de mauvais (LDL)”, poursuit le Dr Sesboüé. Ces différentes vertus ont pour conséquence de prémunir contre les maladies cardiovasculaires, qui constituent la première cause de mortalité en France. L’activité physique augmente le flux sanguin, dilate les vaisseaux et limite la formation de la plaque d’athérome sur la paroi interne d’une artère, qui peut aller jusqu’à l’occlure. En 2004, des chercheurs indiquaient que, dans certains cas, l’exercice physique y remédiait plus efficacement qu’une intervention angioplastique percutanée. La même année, une équipe démontrait que le sport pratiqué en environnement médical non seulement n’était pas dangereux pour les patients souffrant d’insuffisance cardiaque, mais qu’il diminuait leur mortalité par rapport aux sujets inactifs. Les bienfaits de la pratique régulière d’une activité, associée à la modification de l’hygiène de vie – arrêt du tabac, maîtrise du poids, limitation de la consommation d’alcool… –, concernent aussi les personnes ayant des problèmes d’hypertension artérielle, soit quelque 8 millions de Français.

Un régulateur du poids

Jusqu’aux années 1990, plusieurs travaux considéraient que l’activité physique ne permettait qu’une perte de poids limitée chez les sujets obèses. Diverses études randomisées ont maintenant établi qu’elle est aussi utile que les régimes alimentaires. Mieux, selon The Journal of the American Medical Association, de mars 2010, faire du sport est le seul moyen de ne pas regrossir après une prise en charge de l’obésité. Les activités physiques ne devraient, d’ailleurs, pas être réservées aux personnes en surpoids ; s’y adonner dès le plus jeune âge limite, en effet, l’apparition de l’obésité abdominale à l’âge adulte.

Une action sur la mobilité

Autre bienfait du sport, il “confère davantage de mobilité au corps : une articulation dont on ne se sert pas se grippe”, insiste le Dr Sesboüé. La pratique régulière d’une activité physique aide, notamment, à lutter contre l’ostéoporose, qui se caractérise par une déminéralisation du squelette et touche un tiers des femmes de 60 ans. La littérature médicale, abondante sur ce sujet, conclut invariablement à une perte osseuse moindre – et, en conséquence, à un risque inférieur de fracture et de tassement vertébral – chez les patients sportifs que chez les inactifs. De plus, l’amélioration des réflexes, de l’équilibre et de la coordination contribue à diminuer le risque de chute, et donc, là encore, de fracture.

Une arme contre l’anxiété

Le sport est également profitable à la santé mentale. La plupart des travaux de recherche attestent d’une corrélation entre activité physique et réduction de l’anxiété. Une expertise collective publiée en 2008 par l’Inserm, intitulée Activité physique, contextes et effets sur la santé, indique que “l’anxiété constatée avant la pratique sportive décroît rapidement après environ 20 minutes d’exercice, entraînant un état de relâchement et de bien-être qui persiste durant et après l’activité”. Partant, le sport peut non seulement venir en aide aux 3 millions de Français souffrant de dépression, puisqu’il réduit l’intensité des symptômes, mais aussi contribuer à prévenir la maladie. “L’activité physique élève l’estime de soi et met en jeu des modifications de neurotransmetteurs expliquant ses effets sur la dépression”, affirme Bruno Sesboüé. Enfin, une étude finlandaise de 2005 montre que chez les sujets les plus âgés, la pratique d’une activité physique trois fois par semaine diminue le risque d’être affligés de troubles cognitifs, notamment la maladie d’Alzheimer.

Nous n’avons présenté que quelques-uns des bienfaits du sport ; nous aurions pu mentionner ceux sur l’asthme, l’arthrose, les atteintes du système immunitaire… Ses bénéfices – démontrés – pour la santé sont si nombreux que la Haute Autorité de santé réfléchit à la prescription de thérapeutiques non médicamenteuses, au sein desquelles l’activité sportive a sa place. Va-t-on vers le sport sur ordonnance ? Si l’idée est, pour l’heure, simplement évoquée en France, des mutuelles belges remboursent déjà quelques euros à leurs adhérents sur leurs abonnements à des clubs sportifs.

Vincent Delfau

 


Mots-clés :

SANTE , SPORT




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