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Les fonds flexibles se jouent des crises

Les fonds flexibles se jouent des crises
Décembre 2011
Le Particulier n° 1067, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Actions, obligations, métaux précieux… Les gérants de fonds flexibles sont libres d’investir où bon leur semble. Les meilleurs d’entre eux obtiennent des résultats impressionnants. Un bon moyen de revenir en Bourse en ces temps agités.

La dernière décennie a pu décourager bon nombre d’épargnants français ayant placé une partie de leurs économies en Bourse. À l’éclatement de la bulle internet, au début des années 2000, a succédé la crise des subprimes en 2007-2008, suivie cet été par celle des dettes des États européens. Début novembre, le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, évoluait ainsi autour de 3 000 points, bien loin des sommets atteints en septembre 2000 (près de 7 000 points) ou de la barre des 6 000 points, dépassée en juin 2007. Cette évolution en dents de scie contredit l’idée selon laquelle investir en Bourse serait gagnant sur le long terme. La plupart des épargnants qui ont investi, au début des années 2000, dans un fonds d’actions françaises sont d’ailleurs encore très loin d’avoir récupéré leur mise…

Alors, une décennie pour rien ? Pas pour tout le monde. Face à des marchés si chahutés, certains épargnants avertis ont été capables de sélectionner les meilleures actions, ou fonds investis en actions, pour mettre soigneusement leur argent à l’abri lors des bourrasques tout en saisissant des opportunités sur d’autres marchés, comme les obligations ou les matières premières. Pour réussir de telles prouesses, il faut, bien entendu, suivre de très près la conjoncture économique et l’évolution des marchés, quitte à s’informer avec la presse spécialisée, telle que La Lettre des Placements, une publication du Particulier ayant fait ses preuves depuis de longues années. D’autres épargnants ont eu la bonne idée de confier cette mission à des professionnels de la gestion, à la tête de fonds dits « flexibles », « carte blanche » ou encore « réactifs ». 

Des gérants capables d’investir sur tout type d’actifs, partout dans le monde

à la différence de nombre de leurs confrères dont l’objectif est de tenter de faire quelques pour cents de mieux que les indices boursiers (le CAC 40 pour le fonds d’actions de grandes entreprises françaises, l’Eurostoxx 50 pour son équivalent à l’échelle de la zone euro, l’EuroMTS pour les obligations d’États de la zone euro, etc.) ou de n’investir que dans des actifs prédéfinis (emprunts privés, actions du secteur bancaire, etc.), ces gérants de haut vol ont toute liberté. Actions de petites ou grandes entreprises, devises, obligations d’États ou de sociétés privées, en France ou ailleurs… En fonction de leurs anticipations et de leurs convictions, libre à eux d’investir où bon leur semble. Pour tous, l’objectif est le même : accompagner les hausses du marché, en amortissant au maximum les chocs. Les plus talentueux d’entre eux affichent des résultats impressionnants. En l’espace de 8 ans, de janvier 2004 à septembre 2011, des fonds comme Carmignac Patrimoine (Carmignac Gestion), Convictions Premium (Convictions AM) ou Palatine Absolument (Palatine AM) ont grimpé de 50 %, voire plus. Dans le même temps, le CAC 40, lui, baissait de 15,51 % (voir graphique p. 28). Certains fonds (CPR Croissance réactive, Palatine Absolument, ou encore Carmignac Patrimoine) ont même réussi la prouesse de ne pas baisser, ou à peine, durant la tempête boursière de l’été dernier. Si ce type de fonds tend à se multiplier, il ne faut pas se méprendre. Aucun d’entre eux ne peut garantir le capital investi. Ils ne s’adressent donc pas aux investisseurs espérant une performance positive chaque année. Ceux-là ont plutôt intérêt à placer leurs économies dans des livrets bancaires, des Sicav monétaires ou le fonds en euros de leur contrat d’assurance vie (voir le n° 1065 du Particulier, p 28). « En revanche, ils répondent à une forte demande de nos clients, notamment ceux souhaitant profiter des hausses des marchés, sans avoir à se demander en permanence à quel moment acheter ou vendre », explique Bruno de Guillebon, conseil en gestion de patrimoine à La Boétie Patrimoine.

Certains fonds sont plus risqués que d’autres

Nous avons sélectionné 15 fonds flexibles gérés par des professionnels reconnus, et ayant franchi, sans trop d’encombre, les deux dernières crises boursières, (voir tableau p. 30). Afin de mieux appréhender le risque de chacun d’entre eux, nous les avons regroupés en deux catégories. Les fonds que nous considérons « à risque modéré » n’ont jamais enregistré de baisse supérieure à 12 % sur les 4 dernières années. Un particulier y ayant investi le jour où le fonds a atteint son plus haut et l’ayant vendu au plus bas n’aurait donc jamais perdu plus de 12 % de sa mise initiale. La seconde catégorie, les fonds « à risque élevé » n’ont, eux, jamais baissé de plus de 30 % sur cette même période. Si cela peut sembler très important, il faut toutefois noter que, durant la crise des subprimes (de juillet 2007 à février 2009), le CAC 40 a plongé de près de 55 %. Savoir minimiser les chocs est une chose. Encore faut-il être capable de saisir les phases de rebond. C’est pourquoi, pour se faire une idée plus précise de leur comportement, nous vous indiquons leur performance sur les 4 derniers cycles boursiers, correspondant à 2 périodes de hausse des marchés (de janvier 2004 à juin 2007, et de mars 2009 à juin 2011), et à 2 périodes de fortes baisses (de juillet 2007 à février 2009, et de juillet à septembre 2011).

Tous n’ont, en effet, pas le même profil de risque. Même s’ils en ont la possibilité, certains fonds comme CPR Croissance prudente ou Eurose ne sont jamais investis à plus de 25 % en actions et visent, en priorité, à préserver le capital de l’épargnant. Si cela se traduit par des pertes très limitées lors des krachs boursiers (Palatine Absolument s’est même valorisé de 12,34 % lors de la crise des subprimes), ils sont incapables de progresser autant que la Bourse lors des phases de rebond. À l’inverse, des fonds gérés de manière plus offensive (DNCA évolutif, R Club…) sont susceptibles de baisser plus fortement lors des chutes boursières. En revanche, ils s’avèrent bien plus performants lors des phases de reprises. R Club a ainsi progressé de près de 60 % de mars 2009 à juin 2011 (davantage que le CAC 40), lors du rebond boursier ayant succédé à la crise des subprimes. Ceux-là sont donc à privilégier dans les périodes où les marchés sont bas. Les investisseurs les plus audacieux peuvent même s’intéresser à des fonds tels que CCR Opportunity (CCR AM), R Valor (Rothschild & Cie Gestion) ou Rouvier Valeurs (Rouvier Associés). Très risqués (nous les avons pour cette raison exclus de notre sélection), ils peuvent toutefois faire des étincelles sur le long terme. Malgré une chute de 45,80 % lors de la crise des subprimes, R Valor parvient encore à grimper de plus de 100 % depuis le 1er mars 2003.

Mieux vaut répartir sa mise dans plusieurs fonds

Les fonds flexibles ne sont hélas pas sans défauts. D’abord, il ne s’agit pas de placements miracles. « Comme un médecin, le gérant peut très bien faire un mauvais diagnostic, et donc appliquer un mauvais traitement », prévient Xavier Delaye, gérant de DNCA évolutif et l’un des pionniers de la gestion flexible. Aussi doué soit-il, il peut donc finir par se tromper. Récemment sacré meilleur gérant de la décennie, lors du forum de la gestion d’actifs organisé en octobre dernier, Marc Renaud (Mandarine Gestion, ex-CCR Actions) admet ne pas avoir vu venir le krach de l’été dernier et sous-estimé les craintes provoquées sur les marchés par le niveau d’endettement des États européens. Le fonds Mandarine Reflex, dont il est cogérant, a ainsi perdu 14 % en 3 mois, de juillet à septembre dernier. « Nul n’étant à l’abri d’une erreur d’appréciation, il est essentiel de panacher son investissement dans plusieurs fonds flexibles, de gérants et de sociétés de gestion différentes », explique Patrick Ganansia, patron de la société de conseil en gestion de patrimoine Initiatives financières. La performance du fonds la gestion est étroitement liée à la qualité du gérant, et à la pérennité de son poste. Or, les banques mettent rarement leurs meilleurs gérants à la tête de leurs fonds flexibles dans la mesure où ils ne constituent pas encore des produits phares (voir encadré p. 32). À l’inverse, beaucoup de professionnels talentueux ont créé leur propre société de gestion ou en sont devenus associés. C’est le cas d’Édouard Carmignac, toujours à la tête de sa société de gestion créée en 1989 et devenue l’une des principales structures indépendantes en Europe aujourd’hui (voir p. 33), mais également de Jean-Charles Mériaux et Xavier Delaye (DNCA Finance), Didier Bouvignies (Rothschild & Cie gestion), Marc Craquelin (Financière de l’Échiquier) ou Arnaud Raimon (Aliénor Capital).

Des frais d’achat modérés chez les courtiers en ligne

Reste à savoir comment y souscrire. Le plus simple est de les acheter au travers d’un compte-titres classique. Il suffit alors de communiquer le code Isin du fonds (code attribué à une valeur mobilière – fonds, actions… – permettant d’identifier l’actif sur lesquels vous souhaitez effectuer des transactions. Il est composé de 2 lettres indiquant le pays dans lequel la valeur a été émise et de 10 chiffres) à son banquier, ou dans son espace client sur internet. Une banque traditionnelle risque toutefois de facturer ces achats au prix fort en appliquant des frais prohibitifs aux fonds gérés par la concurrence. En plus des droits d’entrée (souvent compris entre 3 et 5 %) seront facturés, à chaque achat, des frais de transaction compris entre 20 et 40 € et, chaque année, des droits de garde. D’un montant variable selon les banques, il faut tout de même compter autour de 100 € par an pour un portefeuille de 20 000 € composé de 10 titres différents. Une solution moins onéreuse consiste à ouvrir un compte chez un courtier en ligne spécialisé, comme Boursorama (boursorama.com) ou Fortuneo (fortuneo.fr). Ces deux acteurs ont, en effet, négocié directement auprès des sociétés de gestion des frais d’entrée avantageux pour leurs clients. À l’exception d’Aliénor Optimal et d’Épargne Patrimoine, les frais d’entrée de tous les fonds de notre sélection sont ainsi compris entre 0 et 1 % chez Fortuneo (jusqu’à 2 % chez Boursorama). Une solution d’autant plus économique que ces deux courtiers ne prélèvent ensuite ni frais de transaction, ni droits de garde. De nombreux fonds peuvent aussi être achetés via un contrat d’assurance vie multisupport (voir le n° 1063 du Particulier, p. 34). Si vous ne les retrouvez dans aucun des contrats vendus au guichet des banques ou chez les agents d’assurance (ils n’incluent, en général, que les fonds gérés par l’établissement lui-même), ils se retrouvent souvent dans les assurances vie en ligne, ouvertes à toute société de gestion, avec, en prime, pas le moindre frais d’entrée. Parmi les 15 fonds de notre sélection (voir tableau p. 30), 5 sont ainsi disponibles dans Boursorama Vie, 9 dans le contrat de Fortuneo, Symphonis Vie, et même plus de 10 dans des contrats distribués par Finance Sélection (mes-placements.fr), Linxea (linxea.com) ou MonFinancier (monfinancier.com) – voir la liste exhaustive en complément de cet article sur leparticulier.fr. 

Avantage supplémentaire de l’assurance vie : les éventuelles plus-values réalisées sont exonérées d’impôt sur le revenu lors des retraits (dans la limite de 4 600 € de gains pour un célibataire, 9 200 € pour un couple). Vous ne paierez que les prélèvements sociaux de 13,50 %. À titre de comparaison, les plus-values réalisées sur un compte-titres sont taxées à 32,50 % (bientôt 37,50 %, voir p. 10) chaque année et dès le premier euro. Inconvénient de l’assurance vie : l’encours du contrat est diminué chaque année des frais de gestion. Ceux-ci s’élèvent de 0,50 à 0,85 % l’an pour les assurances vie en ligne. Ces frais viennent s’ajouter à ceux prélevés par la société de gestion en guise de rémunération et qui gravitent autour de 1 à 2,50 % de l’encours chaque année, auxquels s’ajoute parfois une commission prélevée en cas de bonne performance. Tous les frais sont indiqués dans le prospectus disponible sur le site des sociétés de gestion ou sur le site de l’Autorité des marchés financiers (www.amf-france.org), sachant que les performances passées sont toujours indiquées nettes de frais de gestion. à noter, enfin, que très rares sont les fonds flexibles à être éligibles au plan d’épargne en actions (PEA). Seuls les fonds investis à hauteur de 75 % au minimum en actions européennes pouvant être acquis dans un PEA, il est, en effet, logique que les fonds flexibles ne puissent y prétendre, leur marque de fabrique étant justement de pouvoir investir où bon leur semble. Quelques fonds attractifs y sont tout de même éligibles, grâce à l’utilisation de mécanismes de couverture. Il est ainsi possible d’y loger de très bons fonds flexibles, tels que la version PEA de DNCA évolutif (FR0010354837), mais aussi le fonds Dorval Convictions (FR0010229187) de Louis Bert et Stéphane Furet, Mandarine Reflex (FR0010753608) de Marc Renaud et Sycomore Partners Fund (FR0010738120) de Cyril Charlot. Des fonds récents qui n’apparaissent pas dans notre sélection, mais gérés par des professionnels au talent reconnu.

Aurélien ferron

 


Mots-clés :

BOURSE , FONDS A FORMULE , PLACEMENT FINANCIER




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