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Un plancher en verre : le prix de la clarté

Un plancher en verre : le prix de la clarté
Septembre 2011
Le Particulier Pratique n° 371, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Compte tenu du prix de l’immobilier, chaque mètre carré habitable supplémentaire vaut de l’or. Les agences proposent, désormais, des appartements en souplex, comprenant un niveau en sous-sol, qui exigent de gagner de la lumière. Aussi le marché des planchers en verre connaît-il une progression annuelle de 20 % depuis 3 ans, déclare-t-on à Saint-Gobain Glass. Un engouement dû également à la mode des intérieurs épurés. Nous avons étudié les différentes solutions – pavés ou dalles de verre intégrés dans une dalle en béton : calcul de la portance, charges à supporter, budget, rien ne doit être laissé au hasard si vous envisagez de faire une trappe dans votre plancher pour laisser passer un peu de lumière.

Les pavés de verre, la solution la moins chère

La technique consistant à inclure des pavés de verre dans une dalle en béton convient bien aux intérieurs contemporains. Pour le sol, seul le pavé de verre est adapté. La brique n’offre pas assez de résistance ; elle est donc réservée aux parois verticales. Les pavés, carrés (15 x 15 x 8 cm) ou ronds (12 cm de diamètre), pèsent généralement 1 ou 2 kg. Pour un sol intérieur, des pavés simple paroi suffisent, les pavés double paroi, plus isolants, étant destinés aux usages extérieurs. Un sablage de surface permet d’obtenir un pavage opaque, esthétique et d’en réduire la glissance. Le coût en sera nettement augmenté : le prix d’un plancher de 1 m2 de pavés de 15 x 15 x 8 cm simple paroi passe de 25 à 65 € HT s’il est sablé. Enfin, sachez qu’il n’existe pas de pavés de sol de couleurs.
Casser tout ou partie de la dalle existante. Si vous envisagez de couvrir toute la surface d’une pièce de pavés de verre, il faut casser la dalle en béton existante et évacuer les gravats (200 € HT/m2). Une nouvelle dalle sera coulée (300 € HT/m2) et évidée pour y disposer les pavés de verre. Si vous souhaitez uniquement insérer quelques pavés de verre dans la dalle d’origine, le maçon la découpera et étaiera la partie restante (100 € HT/m2). Il coulera ensuite un cadre en béton (150 € HT/m2) et encastrera les pavés en les espaçant de 3 cm au minimum. Plus simples à mettre en place, des panneaux préfabriqués en béton incrustés de pavés de verre sont commercialisés par Point. P, Gedimat et Saverbat – chez ce dernier, comptez 440 € HT/m2. Ils sont conçus pour résister à une charge répartie de 250 kg/m2.
Quelle que soit la technique choisie, avant de la mettre en œuvre, il faut avoir vérifié que les murs porteurs peuvent supporter la descente de charge occasionnée (voir LPP n° 354, p. 53). D’où la nécessité de s’adresser à une entreprise de maçonnerie rompue à ce type de travaux et, éventuellement, de faire intervenir un architecte ou un bureau d’études. Les devis varient d’une configuration à l’autre en fonction de l’épaisseur de la dalle à casser, du transport, de l’évacuation des gravats et de la taille des panneaux. Pour une ouverture à pratiquer entre le 2e et le 1er étage, les coûts seront bien moins élevés si le plancher est en bois.

Les dalles de verre, lumineuses mais très exigeantes

Si vous désirez bénéficier d’un apport accru de lumière, optez pour des dalles de sol en verre. Leur mise en œuvre doit être en conformité avec le cahier d’avis technique n° 3448 du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) : un plancher en verre doit reposer sur quatre côtés et ne comporter aucun angle rentrant ; le verre doit être feuilleté, c’est-à-dire composé de plusieurs feuilles de verre séparées par un film en polyvinyle de butyrale (PVB) ; les verres de surface doivent être trempés. D’autre part, si le sol est en pente, son inclinaison ne doit pas excéder 5 % afin d’éviter les glissades. Mieux vaut, d’ailleurs, ne pas poser un plancher en verre dans les pièces d’eau, même s’il existe des décors sablés ou sérigraphiés à base de poudre de verre qui permettent de le rendre moins glissant. En ce qui concerne l’esthétique, ces produits verriers peuvent être colorés ou clairs, dépolis ou imprimés.

Un traitement pour prévenir le risque de bris

La résistance du verre au choc causé par la chute d’un objet est également définie par le CSTB. Afin de pouvoir remplacer facilement une dalle en cas de bris, optez pour une surface fractionnée. Par ailleurs, par mesure de sécurité, le CSTB recommande le traitement de surface Heat soak test (HST) – Saint-Gobain Glass l’applique systématiquement sur ses dalles de sol Lite Floor et Macocco sur son modèle Plastofloat Séristal. Le HST empêche l’explosion spontanée du verre dû à des inclusions de sulfure de nickel. Celles-ci, sensibles à la chaleur, changent d’état au cours des opérations de transformation, notamment le trempage. Ce changement d’état se poursuit une fois le plancher installé, et le verre peut exploser subitement. Les verriers parlent d’une inclusion pour 10 tonnes de verre. Ce phénomène est très rare, et les films en PVB insérés entre les feuilles de verre maintiennent le plancher. Quoi qu’il en soit, avec un matériau aussi fragile, il est préférable de vérifier auprès de votre assureur les risques pour lesquels vous êtes couvert, et dans quelles conditions.

La pose des dalles est du ressort du miroitier ou du métallier

Certaines miroiteries prennent en charge la structure porteuse du plancher. Après l’étude de vos plans, complétée par la visite du métreur sur le chantier, qui vérifiera si votre projet est réalisable, le miroitier calcule la portance, à savoir l’armature nécessaire pour supporter le poids du verre, en plus des charges ponctuelles (passage de personnes) et permanentes (meubles). Il établit ensuite un devis comprenant la structure, le vitrage, les joints en silicone, le transport et la pose de l’ensemble.
Lorsque la miroiterie se contente de fournir le verre, elle peut vous indiquer des entreprises partenaires pour la pose. Sinon, adressez-vous à un métallier, qui est à même d’intégrer un plancher en verre dans un sol en béton ou dans un plancher en bois. Dans ce dernier cas, il faut simplement créer une trémie de la dimension désirée, puis y ajouter une armature métallique, obligatoirement boulonnée pour être conforme au document technique unifié (DTU) et respectant le schéma du verrier qui a effectué les calculs de portance (Saint-Gobain Glass, Macocco).

Claire Martin


Mots-clés :

CONSTRUCTION , CONSTRUCTION IMMOBILIERE , MAISON INDIVIDUELLE , MATERIAU DE CONSTRUCTION




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