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Les bons produits pour faire fructifier votre trésorerie

Février 2010
Le Particulier n° 1046, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Les placements de trésorerie, sûrs et disponibles, n’ont jamais aussi peu rapporté. Il existe toutefois des instruments plus rentables que d’autres pour placer vos économies sans risques.

Les taux d’intérêt à court terme, ceux qui conditionnent le rendement des placements dits de trésorerie, notamment les livrets d’épargne, ont atteint depuis plusieurs mois un niveau extrêmement bas. L’argent au jour le jour sur les marchés financiers rapporte moins de 0,4 % et celui placé à un an s’échange à 1,2 %. Conséquence : avec un Livret A, désormais accessible dans toutes les banques, qui rapporte 1,25 % par an et des Sicav monétaires qui progressent de moins de 1 %, les épargnants ont du mal à faire fructifier leurs liquidités. Ces taux restent, cependant, supérieurs à l’inflation observée (+ 0,4 % en 2009) et le pouvoir d’achat des capitaux est protégé. Une maigre consolation ! Selon la plupart des spécialistes, cette situation ne devrait guère évoluer pendant les premiers mois de l’année, c’est-à-dire tant que les principales banques centrales, en particulier la Banque centrale européenne (BCE), continueront à injecter massivement de l’argent dans l’économie afin de soutenir les investissements. Ces injections ont démarré dès la fin de l’année 2008, avec le début de la crise financière, et devraient continuer encore avec la poursuite de la crise économique.
Vous n’êtes pas, pour autant, obligé de vous contenter de taux moindres pour vos économies disponibles et vous pouvez profiter de formules permettant de gagner sensiblement plus, sans prendre de risques. C’est particulièrement le cas si vous cherchez à placer votre argent durant quelques semaines ou si, au contraire, vous n’en avez pas besoin avant plusieurs mois, voire des années (par exemple si vous comptez réaliser un projet dans 2 ou 3 ans seulement).

Les livrets réglementés à ne pas négliger

Le taux de rémunération des Livrets A, Livrets Bleus et Livrets de développement durable (LDD), tombé à 1,25 % en août dernier – il avait atteint 4 % entre août 2008 et février 2009 –, n’est plus guère attractif actuellement ; toutefois, du fait de l’inflation faible et de l’absence totale de fiscalité, il n’est pas à négliger.
Dépourvus de frais, d’impôts et de prélèvements sociaux, les livrets réglementés restent ainsi plus rentables qu’une Sicav monétaire (mais les dépôts y sont plafonnés ; voir p. 92). Et passé les périodes de promotion, ils s’avèrent également plus rémunérateurs que bien des Super-livrets (voir ci-après), affichant des taux promotionnels pour quelques semaines (voir aussi p. 33).
De plus, si les taux d’intérêt à court terme et l’inflation devaient remonter dans les prochains mois, ils en profiteraient à leur tour. Cyril Blesson, directeur de la recherche économique de la société de conseil en investissements Seeds Finance, estime ainsi que « le taux des livrets réglementés pourrait remonter entre 1,50 % et 1,75 % en mai prochain, en raison d’un léger rebond de l’inflation ». Pour mettre à l’abri une épargne modeste ou destinée à être utilisée sous quelques mois, ils restent donc une solution incontournable.
Les contribuables à revenus modestes, qui ont payé au maximum 757 € d’impôts en 2009 (avant imputation des crédits d’impôts et divers prélèvements non libératoires), se voient offrir une possibilité plus attractive : le Livret d’épargne populaire. Semblable en tout point au Livret A, hormis un plafond plus bas (7 700 €, contre 15 300 €), il bénéficie d’une rémunération supérieure, à 1,75 % net. Si vous y avez droit, il ne faut pas manquer d’en profiter : il est disponible dans toutes les banques.

Les comptes à terme, des produits d'appoint

Les comptes à terme sont des produits proposés par les banques, lesquelles s’engagent à rémunérer l’épargne à un taux fixé d’avance pour une période convenue. Adossées aux taux à court terme des marchés financiers, leurs rémunérations sont, comme celles des livrets, descendues à un niveau très bas, et ces comptes sont actuellement très peu séduisants. Il est ainsi quasi impossible de trouver une rémunération supérieure à 1 % sur un an dans les grands établissements ; ce montant s’entendant brut d’impôts et de prélèvements sociaux (12,1 %), soit 0,69 % net par an en cas d’option pour le prélèvement forfaitaire libératoire (0,88 % si vous n’êtes pas imposable). Le jeu en vaut d’autant moins la chandelle que cette rémunération peut être remise en cause si vous décidez de récupérer votre argent avant le terme prévu, puisque certaines banques minorent alors les intérêts vous revenant. Ultime défaut : si les taux d’intérêt remontent, les comptes à terme n’en profiteront pas, puisque la rémunération est déterminée à l’avance. Cette possibilité n’étant pas à écarter à l’horizon de quelques mois, mieux vaut éviter ces produits. Il existe certes des comptes à intérêts progressifs qui offrent un taux de plus en plus élevé au fur et à mesure que l’argent reste immobilisé. Mais même s’ils augmentent, leurs taux ne sont pas pour autant d’un niveau très attractif.

Les super-livrets, porfitez des promotions

Néanmoins, quelques établissements se démarquent, comme ING Direct, qui propose, à condition de laisser les sommes bloquées durant 3 mois, un taux brut de 2,8 % (1,95 % net en cas d’option pour le prélèvement forfaitaire libératoire), pour un investissement plafonné à 300 000 €. C’est moins bien que certains Super-livrets, mais pour les compléter pendant quelques semaines, ces comptes constituent le renfort le plus efficace.Des taux hors du commun, parfois supérieurs à ceux des placements à long terme, mais valables pendant quelques mois seulement : c’est le principe sur lequel surfent bon nombre de Super-livrets, en général proposés à distance et sur internet. Il s’agit de livrets bancaires à taux non réglementés, dépourvus de frais, mais dont les intérêts supportent les prélèvements sociaux (12,1 %) et l’impôt sur le revenu. Ils sont soumis d’office au prélèvement forfaitaire libératoire de 18 % (soit un taux global d’imposition de 30,1 % avec les prélèvements sociaux), mais vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif, ce qui est avantageux dès lors que votre taux marginal d’imposition ne dépasse pas 14 %. Alors que dans les banques traditionnelles les taux de ces produits sont très souvent inférieurs à ceux des Livrets A (hormis pour les Livrets jeunes), dans les établissements de vente à distance, ils sont bien supérieurs.
ING Direct, fer de lance dans ce domaine avec son Livret épargne orange, propose ainsi un taux de 3,5 % brut pendant 3 mois, puis 1,80 % par la suite (ce dernier taux est susceptible de varier en fonction des conditions du marché). Même s’il faut déduire l’impôt et les prélèvements sociaux, le gain net est légèrement supérieur à celui d’un Livret A, surtout si vous êtes imposé dans les tranches les plus basses du barème et si vous renoncez au prélèvement forfaitaire. De son côté, Fortuneo accorde 2,5 % à tous les souscripteurs. De plus, ces livrets ne comportent pas de plafonds de versements, ou bien ces plafonds sont assez larges – 90 000 € à ING Direct, par exemple –, et vous permettent donc de placer l’intégralité de votre trésorerie, qui reste disponible en permanence.

Un bon rendement sur le court terme

Les taux d’intérêt promotionnels, qui ne sont accordés que pour de nouveaux versements et sur des durées limitées, représentent, dans ce domaine, un excellent moyen de faire rebondir des liquidités à un horizon court (quelques mois ; voir p. 33), et permettent d’engranger des gains supplémentaires significatifs. En revanche, sur des périodes plus longues, le résultat est moins avantageux, même si l’écart joue, presque toujours, en leur faveur (voir p. 33 et le tableau ci-dessous). à moins d’être opportuniste et de déplacer son argent au fur et à mesure que naissent de nouvelles offres. C’est très facile avec ce type d’instruments, mais assez fastidieux au regard des gains supplémentaires à en espérer, sauf s’il s’agit d’une somme importante, par exemple un capital destiné à un achat immobilier dans les prochains mois.
Il existe également des Super-livrets dans quelques banques traditionnelles, comme Barclays qui promettait, ces dernières semaines, un taux de 5 % brut sur 3 mois. Cependant, ces taux sont réservés à leurs seuls clients – dans le cas de la Barclays, aux plus fortunés, disposant d’entrées d’argent mensuelles d’au moins 3 000 € pour un compte individuel.

L'assurance-vie, performante sous condition

L’assurance vie n’est pas un placement de court terme. Mais elle présente des qualités qui en font, sous condition, un excellent abri pour mettre sa trésorerie en sécurité pendant plusieurs mois, voire quelques années. Il faut, pour cela, investir dans un fonds en euros, qui bénéficie d’une garantie en capital et donne la certitude de ne jamais perdre d’argent, sauf en cas de faillite de la compagnie si vous y déposez plus de 70 000 €. En outre, cet argent reste disponible en permanence. Les assureurs disposent d’un délai de 30 jours au maximum pour rembourser vos retraits – la plupart des sociétés les honorent en quelques jours seulement.

Deux conditions s’imposent : des frais très bas et une fiscalité légère

Bien que les rendements de ces fonds en euros diminuent au fil des ans, ils demeurent très supérieurs à ceux des produits liquides : ainsi, au titre de 2009, les meilleurs contrats ont rapporté plus de 4 % brut, soit au moins 3,5 % après prélèvements sociaux, retirés à la source. Et même si les taux sont moins flatteurs dans de nombreux établissements – en particulier dans les banques, où ils s’établissent entre 3 et 3,5 % (de 2,6 à 3,07 % après prélèvements sociaux) –, la différence avec les placements de trésorerie est impressionnante. Les performances pour 2010 devraient rester sur la même ligne car les assureurs lissent, en général, leurs rendements dans le temps. Bref, l’assurance vie permet de miser à court terme en bénéficiant des avantages du long terme.
Reste, pour en profiter pleinement avec un tel objectif de court terme, à réunir deux conditions : des frais d’entrée les plus bas possible et une fiscalité douce. Concernant les frais d’entrée, l’équation est simple, car de nombreux contrats prélèvent 3 % ou plus sur chaque versement, ce qui confisque la quasi-totalité des gains accumulés durant la première année. Il faut alors attendre 2 ou 3 ans pour faire mieux qu’un Livret A. En revanche, les assurances vie qui ne ponctionnent rien à l’entrée (voir le tableau ci-dessus) sont d’emblée plus rentables que le Livret A, puisque vous bénéficiez immédiatement de la progression de votre capital. Même avec des frais à 1 %, l’assurance vie est valable, à condition de ne pas retirer vos liquidités avant 6 mois.
Pour avoir tous les avantages de ces rendements, encore faut-il bénéficier d’une fiscalité légère. Si vous souscrivez un contrat et retirez votre argent dans les 4 ans à venir, le taux d’imposition des gains avec le prélèvement forfaitaire libératoire s’élève, en effet, à 35 %. Un fonds en euros rapportant 3,5 % après prélèvements sociaux ne vous laissera ainsi que 2,2 % de gains nets ; avec un fonds à 3 %, vous aurez 1,9 % net. En l’absence de frais d’entrée, cela demeure plus avantageux qu’un livret ou un super-livret, mais s’il y a la moindre ponction, l’opération perd tout son intérêt. Notez, cependant, que le prélèvement forfaitaire n’est pas une obligation : les contribuables peuvent choisir d’ajouter les gains retirés du contrat à l’ensemble de leurs revenus. S’ils sont imposés dans une tranche à 30 % ou moins, la pression fiscale est inférieure et les gains un peu plus intéressants.
Si vous disposez déjà d’un contrat sans frais d’entrée, ou avec des frais très faibles, qui a entre 4 et 8 ans d’ancienneté, l’imposition est plus légère, avec un taux forfaitaire de 15 %. Dans cette configuration, l’utilisation du fonds en euros comme compartiment de trésorerie devient très attractive, puisque vous pouvez compter sur un rendement net d’impôt de 2,9 à 3,5 % par an. Si votre contrat a plus de 8 ans, c’est encore mieux, car il bénéficie alors d’une large franchise fiscale : vous pouvez y retirer, chaque année, jusqu’à 4 600 € d’intérêts sans rien devoir au fisc (hormis les prélèvements sociaux) et 9 200 € si vous êtes marié ou pacsé. Ainsi, avec un contrat qui affiche un taux commercial de 4 %, vous profiterez de 3,6 % réels après prélèvements sociaux. Difficile de faire mieux !

Retirez votre argent au bon moment

Vous devez également prendre en compte la manière dont votre contrat est rémunéré pour choisir le meilleur moment de sortie, surtout si vous y mettez fin prématurément. Il faut, en effet, savoir que le rendement d’une assurance vie est composé de deux parties : un minimum garanti, crédité, en général, chaque mois (parfois tous les jours), et une participation aux bénéfices, versée en fin d’exercice. Pour ne pas perdre une partie de vos gains lorsque vous retirerez votre argent, privilégiez un contrat garantissant un taux minimal élevé ou bien attendez le mois de janvier pour sortir, juste après le paiement de ces participations aux bénéfices.
Attention : l’assurance vie est un produit liquide, mais avec des limites. Si les conditions de marché le justifiaient, par exemple en cas d’importante hausse des taux, l’Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles, rattachée au ministère de l’économie et des Finances, aurait la possibilité de bloquer toutes les demandes de retrait. Dans ce cas de figure, vous devriez attendre quelques semaines ou quelques mois pour récupérer votre argent. C’est un risque très faible, mais qu’il ne faut pas l’exclure si vous avez impérativement besoin de votre argent à une date connue d’avance.

Les parts sociales des banques mutualistes, un bon placement sans risque

Vous êtes client d’une banque mutualiste, comme la Banque populaire, la Caisse d’épargne, le Crédit agricole ou le Crédit mutuel ? Vous disposez d’une possibilité supplémentaire pour donner un coup de fouet à vos liquidités : l’achat de parts sociales de votre banque. Elles jouent le même rôle que des actions en apportant du capital à l’établissement, mais pour l’investisseur, c’est un placement sans risque, car le capital est garanti, sauf en cas de défaillance de l’établissement. Et cela rapporte ! Le rendement, généralement connu a posteriori (celui de 2009 sera défini à la fin du premier semestre de 2010), dépend des bénéfices réalisés par la banque, mais il est assez constant. Pour l’exercice 2008, payé en 2009, il s’est situé majoritairement entre 3,5 et 4 %, avant prélèvements sociaux (soit 3,07 à 3,51 % net ; nous indiquons les taux bruts, banque par banque et caisse par caisse sur votre espace abonnés, outils pratiques, bonus du n° 1 046). Pour les banques, c’est une ressource moins onéreuse qu’un emprunt auprès des investisseurs institutionnels ; pour les particuliers, c’est un bon compromis. Ces taux ne devraient donc pas diminuer.

Le rendement réel varie selon la fiscalité retenue

Les revenus – ils sont détachés chaque année, et non réinvestis – suivent le régime fiscal des dividendes : ils sont imposables après un premier abattement de 40 %, puis un abattement forfaitaire de 1 525 € pour une personne seule et de 3 050 € pour un couple marié ou pacsé. Ils donnent droit à un crédit d’impôt égal à 50 % de leur montant, plafonné à 115 € (230 € pour un couple marié). Pour en profiter entièrement, sous réserve que vous n’ayez pas déjà d’autres actions en portefeuille, l’investissement doit être limité à environ 8 000 € – le montant réel dépend du rendement effectif, ce qui vous permet d’obtenir une rentabilité nette souvent supérieure à 4,5 %, voire à 5 %. Il est aussi possible de loger vos parts sociales dans un Plan d’épargne en actions (PEA) sans perdre le bénéfice du crédit d’impôt. En revanche, l’option pour le prélèvement forfaitaire libératoire de 18 % n’est pas à retenir : elle vous fait perdre le bénéfice des deux abattements (vos revenus seront imposables dès le premier euro) et du crédit d’impôt. Si vous y avez accès, les parts sociales de votre banque représentent donc une voie intéressante pour placer votre argent sans risque, mais à condition d’avoir au moins 1 an devant vous et d’accepter des contraintes pour le récupérer.

Les conditions diffèrent en fonction des banques

Dans de nombreux établissements, il faut, par exemple, que les parts soient détenues pendant une année entière pour ouvrir droit à intérêts et les sorties doivent être demandées à l’avance, le conseil d’administration ayant à donner son autorisation. En général, et tant que d’autres clients sont prêts à acheter vos parts, les remboursements s’effectuent rapidement, mais quand la situation se dégrade, les banques prévoient souvent un délai pouvant atteindre 5 ans. Si vous souhaitez que votre argent reste disponible en permanence, ce n’est pas l’idéal… Avant d’acheter des parts sociales, vérifiez les conditions imposées par votre banque pour vous rembourser en cas de besoin, et la durée pendant laquelle votre argent fructifie réellement (uniquement au terme de chaque année civile ; de son investissement à son désinvestissement, par exemple). Les parts sociales ne valent le détour que si ces conditions sont optimales.
Mieux vaut savoir que si certains établissements – les Banques populaires, par exemple – les tiennent pour un bon instrument de placement, d’autres ne les jugent pas comme tel. Ainsi, un porte-parole du Crédit agricole estime qu’elles « permettent aux clients de s’investir dans les actions mutualistes locales et de participer à la gouvernance en élisant les conseils d’administration, selon le principe “un homme, une voix” ». Bref, de devenir sociétaire plus que client. Ce qui n’empêche pas de faire un bon investissement !

Éric leroux


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , BANQUE , COMPTE A TERME , INVESTISSEMENT , LIVRET D'EPARGNE , PLACEMENT FINANCIER




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