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Certains assureurs disposent de réserves pour doper les rendements futurs

Septembre 2009
Le Particulier n° 1040, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

Les sociétés d’assurance vie ont l’obligation de redistribuer au moins 85 % de leurs gains financiers à leurs assurés, mais rien ne les contraint à effectuer immédiatement cette redistribution. Elles peuvent mettre une partie de ces gains dans des réserves comptables spécifiques – les provisions pour participation aux excédents, PPE, ou aux bénéfices, PPB –, puis les distribuer durant les 8 années suivantes.

Les gains sont mis de côté

Avec le mécanisme des réserves, il est possible que vous ne profitiez pas de tous les gains issus de votre épargne. C’est notamment le cas si vous récupérez votre mise après plusieurs années de forts bénéfices, durant lesquelles l’assureur n’a pas distribué tous les profits, mais a préféré les mettre de côté pour mieux affronter l’avenir. À l’inverse, si vous souscrivez le contrat d’une société ayant accumulé des réserves importantes, vous profiterez, au cours des 8 années suivantes, des bénéfices engrangés grâce à l’épargne des anciens assurés. Afin d’éviter de tels transferts, quelques sociétés (par exemple, le groupe Monceau) préfèrent distribuer chaque année l’intégralité des gains réalisés. Si vous êtes titulaire d’un contrat géré par l’une d’entre elles, vous êtes certain de profiter de tous les bénéfices générés par votre épargne. Mais attention, l’absence de réserves n’a pas que des avantages. Elle entraîne une irrégularité des performances et limite le rayon d’action de la gestion financière de l’assureur, qui dispose de moins de latitude pour diversifier ses actifs au-delà des seules obligations.

Le portefeuille est diversifié

Une majorité de compagnies a donc recours aux réserves. Elles les dotent d’excédents durant les bons exercices et puisent dans la cagnotte lorsque les marchés broient du noir. Ce filet de sécurité les autorise à une plus large diversification de leur portefeuille  – notamment en actions et en immobilier –, ce qui offrait, jusqu’à la crise, la garantie d’une meilleure rentabilité à long terme. Mais avec la forte baisse des marchés financiers enregistrée depuis 2008, les comptes des fonds en euros ont été mis à mal. Les obligations privées que détiennent les assureurs, les actions et leurs autres produits de diversification (fonds de gestion alternative, fonds dits « structurés ») ont tous perdu une part sensible de leur valeur. Ces pertes, même si elles ne sont que « latentes » (c’est-à-dire non réalisées) ont entraîné la constitution, par les assureurs, de provisions réglementaires, qui ont fortement pesé sur les gains engrangés par les fonds en euros. Elles continueront à peser encore pendant quelques années dans la majeure partie des établissements, car ils ont choisi d’étaler la constitution de ces provisions comptables sur 3 à 8 ans, afin d’amortir en douceur la forte dépréciation de leur portefeuille, enregistrée depuis le début de la crise en avril 2007.

Des réserves bien entamées

Pour compenser ces baisses de bénéfices et continuer à offrir des rendements concurrentiels, la plupart des assureurs ont été amenés à puiser dans leurs réserves. Celles-ci ont diminué d’environ 30 % l’an dernier, et elles représentent, aujourd’hui, en moyenne, seulement l’équivalent de 1,3 % de rendement (en plus du rendement courant des actifs détenus par le fonds en euros). Il est probable, au vu des prévisions économiques et de la nécessité de passer de nouvelles provisions, que ces matelas de sécurité soient encore mis à contribution cette année ; auquel cas, ils auraient presque totalement fondu dès 2010 ou 2011. Face à une telle perspective et afin de conserver leur solvabilité, certains assureurs préféreront vraisemblablement réduire drastiquement leurs rendements et conserver leurs maigres réserves pour les années à venir, ce qui augure d’écarts de plus en plus importants entre les contrats et les compagnies. Toutefois, tous les assureurs ne sont pas logés à la même enseigne et, comme le montre notre tableau ci-contre, l’importance des réserves varie fortement d’un assureur à l’autre. Ce n’est certes pas un gage absolu de bons rendements à venir, car les assureurs ont la possibilité d’attribuer leurs réserves aux assurés de leur choix. Vous avez donc intérêt à placer votre confiance dans des sociétés qui cantonnent leurs actifs ou qui offrent le même fonds en euros à tous leurs épargnants. Elles seules vous permettront de réellement profiter des profits réalisés avec votre épargne.
Il est probable que les assureurs cherchent à reconstituer leurs réserves au plus vite : si tel est le cas, les nouveaux investisseurs seront pénalisés – notamment lors de la reprise des marchés financiers –, car une partie des gains réalisés sera mise de côté pour l’avenir. Si ce scénario ne vous séduit pas, mieux vaut vous tourner vers les assureurs qui ne jouent pas la carte des réserves, quitte à accepter des rendements plus accidentés ou une gestion traditionnelle, entièrement en obligations, ne permettant pas d’espérer à long terme des
rendements très attractifs.

Éric Leroux


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , COMPAGNIE D'ASSURANCE , GESTION , QUALITE




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