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La meilleure façon d'acheter des Sicav et FCP

Avril 2001
Le Particulier n° 942, article complet.
Auteur : LEROUX (Eric)

La plupart des établissements financiers autorisent désormais l'achat de toutes les Sicav et FCP, mais les tarifs peuvent varier fortement. Pour investir au moindre coût, il faudra faire jouer la concurrence.

Même sur Internet, l'achat de Sicav ou de FCP nécessite plusieurs jours.

Les Sicav et fonds communs de placement (FCP) sont des organismes de placement collectifs en valeurs mobilières (OPCVM). Ils représentent le moyen le plus simple d'investir sur les marchés financiers. En effet, avec quelques centaines de francs, il est possible de miser sur un type de placement bien déterminé (Sicav d'actions françaises, par exemple), en profitant à la fois du savoir-faire d'un gérant professionnel qui effectuera les choix à votre place, et d'une meilleure sécurité grâce à la diversification que permet la masse importante de capitaux gérés par l'OPCVM. Il y en a d'ailleurs pour tous les goûts puisque ces OPCVM représentent toute la diversité des marchés financiers, allant des placements les plus sûrs (fonds garantis, Sicav monétaires) aux plus risqués (actions des pays émergents ou d'un secteur d'activité comme les télécommunications), en passant par des formules au risque intermédiaire, comme les Sicav d'obligations ou les fonds à gestion profilée équilibrée.

Les OPCVM ont aussi un autre atout : ils sont peu gourmands en frais, surtout pour les investisseurs qui placent des sommes relativement peu élevées. Ainsi, pour moins de 5 000 F (774 euros), mieux vaut acheter des Sicav d'actions que d'aller en Bourse en direct, car les "dépenses" seront moindres que pour un passage d'ordre sur le marché. Quelle que soit la somme investie, un OPCVM prélève, en effet, de 0 à 2,5 % de frais en moyenne à l'entrée (mais jusqu'à 5 % sur les fonds les plus spécialisés) et la plupart d'entre eux sont dépourvus de frais lors de la sortie. Ils comportent aussi des frais de gestion, mais ils sont transparents pour l'investisseur puisque déduits directement de la performance. Bref, les revalorisations annoncées par les Sicav et FCP sont nettes. Seul l'impôt diminue cette performance. En effet, les gains retirés lors de la vente sont imposés à 16 %, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux de 10 %. Cependant, l'impôt n'est prélevé que si l'épargnant a vendu dans la même année pour plus de 50 000 F (7 741 euros) de valeurs mobilières (actions, obligations, Sicav, FCP). En dessous de ce seuil, les gains sont nets d'impôt.

Une ouverture sur des marchés très spécialisés ou sur les places étrangères.

Les OPCVM facilitent aussi l'investissement sur des marchés très spécialisés ou peu ouverts aux épargnants modestes. Ces marchés étant quasiment inaccessibles au grand public, les OPCVM représentent aujourd'hui le seul moyen efficace d'investir dans des obligations. Ils sont aussi la voie royale pour aller vers les marchés étrangers sur lesquels le passage d'un ordre relève du parcours du combattant, avec une très lourde facture. On dénombre en France plus de 10 000 OPCVM, gérés par plusieurs dizaines de "sociétés de gestion" – également appelées "établissements promoteurs" – dont certaines étrangères, qui opèrent depuis le Luxembourg, l'Irlande ou la Grande-Bretagne : une offre large, désormais accessible à la quasi totalité des épargnants.

Les propositions de l'intermédiaire habituel ne sont pas toujours les meilleures.

Il suffit de jeter un coup d'œil à l'un des nombreux classements de Sicav (voir le n° 940 du Particulier) pour s'en convaincre : tous les OPCVM ne se valent pas. Certaines sociétés de gestion ou banques sont, par exemple, très brillantes pour la gestion de leurs Sicav d'actions, mais beaucoup moins pour leurs Sicav d'obligations. Certaines – notamment les établissements étrangers – sont en pointe sur les marchés internationaux tandis que d'autres expriment leur savoir-faire sur le seul marché français.

Les épargnants avisés ont donc tout intérêt à ne pas se contenter des seuls OPCVM proposés par leur intermédiaire habituel, mais à aller voir plus loin pour accéder aux meilleurs fonds de la catégorie qui les intéresse et, à terme, mieux valoriser leur capital. En général, votre intermédiaire habituel ne vous parlera pas de ces fonds qui représentent le nec plus ultra car, attaché à un établissement financier qui commercialise lui-même une gamme d'OPCVM complète, il cherchera avant tout à vendre les fonds "maison", même s'ils se trouvent en queue de classement.

Pour analyser les OPCVM, il faut d'abord définir les bons critères.

Avant d'investir dans un secteur financier donné, en fonction des objectifs recherchés et des risques que vous êtes prêt à supporter, il faut donc analyser le comportement des différents OPCVM afin de repérer les plus performants ou ceux dont la politique de gestion répond le mieux à vos attentes. La plupart des classements vous seront d'une aide précieuse, en indiquant les fonds les plus rémunérateurs sur une période courte et en faisant aussi apparaître les performances sur une durée plus longue de 3 ou 5 ans ; ces performances sont plus fiables puisque ce type de placement se juge presque toujours sur le moyen ou long terme. En effet, un fonds dont les performances dépassent celles de ses concurrents pendant une année donnée n'offre aucune garantie de rester au sommet pendant les années à venir. En revanche, une Sicav ou un fonds commun de placement qui se classe régulièrement en bonne position sur une longue période est beaucoup plus rassurant.

Pour se forger une opinion plus complète, ces classements laissent également apparaître la "volatilité" des OPCVM, c'est-à-dire l'importance de leurs écarts de cours sur une période donnée. Un fonds ayant une volatilité élevée (supérieure à 15) connaît de brusques variations alors qu'un autre ayant une volatilité faible (inférieure à 6) connaît une progression plus régulière. Selon que vous souhaitez investir de manière très active pour dégager des profits à court terme sur des fonds pouvant beaucoup monter, ou au contraire que vous privilégiez le long terme avec un risque mesuré, vous ne vous dirigerez donc pas vers les mêmes instruments.

S'adresser directement aux sociétés de gestion peut se révéler compliqué.

Votre sélection est faite ? Reste alors à acquérir les Sicav élues. Pour ce faire, vous pouvez vous adresser directement à la société de gestion qui s'occupe de l'OPCVM en question. Vous devrez tout d'abord y ouvrir un compte en versant un chèque correspondant au montant prévu de votre acquisition ou au minimum exigé par l'établissement. Ensuite, il suffira de passer un ordre d'achat sur la Sicav ou le FCP choisi ; lequel sera, en un ou deux jours, crédité dans votre portefeuille tandis que la somme sera débitée. Sachez que les OPCVM sont toujours achetés "à cours inconnu", c'est-à-dire que vous ne connaissez qu'à la livraison leur véritable prix d'achat (valeur liquidative) ; c'est donc seulement à ce moment que la somme est débitée.

Cette opération en apparence très simple est dans les faits est assez complexe : la somme minimale à verser pour ouvrir un compte dans certaines sociétés haut de gamme est parfois très importante (200 000 F dans bon nombre sociétés de gestion spécialisées) et la multiplication de plusieurs comptes d'épargne devient rapidement un vrai casse-tête pour la gestion. De ce fait, il est préférable d'explorer d'autres voies, d'autant que certains gérants étrangers n'accueillent pas de clients directs en France...

Les banques reviennent dans la course.

Pour la majorité des épargnants, la solution la plus simple pour acheter des Sicav consiste à s'adresser à sa banque habituelle, celle qui gère son compte courant et, peut-être déjà, son portefeuille de valeurs mobilières. Les chargés de clientèle tentent souvent de dissuader leur client d'aller miser sur des fonds extérieurs à la banque, mais ils n'ont pas le droit de s'y opposer. Si vous passez un ordre d'achat d'une Sicav auprès de votre agence, celle-ci sera donc tenue de l'exécuter.

Reste que le tarif pratiqué est généralement différent de celui que la banque consent pour ses propres Sicav et FCP. En effet, alors que vous n'avez que les frais d'entrée ordinaires de la Sicav à régler quand vous vous adressez directement à son établissement promoteur, la facture s'alourdit de frais de courtage quand il s'agit d'un OPCVM externe. Toutefois, alors que les frais des actions sont calculés en pourcentage de leur valeur, pour les Sicav, un forfait est généralement demandé. Peu importe le montant que vous investissez alors dans ces Sicav extérieures, vous aurez toujours les mêmes frais à régler : 23 euros (soit 148 F) à La Poste ou au Crédit agricole Ile-de-France ; 30 euros (193 F) à la Société générale ; et jusqu'à 300 F (46 euros) au Crédit mutuel Ile-de-France

Cette technique de tarification qui pénalise les investissements modestes est, en revanche, beaucoup plus douce pour les gros investisseurs.

Certains frais sont parfois négociables.

Il faut cependant savoir que l'épargnant devra, en plus, affronter les frais d'entrée dans les Sicav au niveau maximum fixé par l'établissement promoteur. Si vous désirez acheter un fonds Fidelity (l'un des grands gérants internationaux), il faudra payer 4 à 5 % de frais d'entrée dans la Sicav, plus les frais de votre intermédiaire. Celui-ci gagne souvent sur les deux tableaux puisqu'il reçoit, en plus, une commission versée par la Sicav. Aujourd'hui, sur le marché des OPCVM, les frais d'entrée servent en effet essentiellement à rémunérer "l'apporteur d'affaires". Si vous réalisez un investissement important, vous serez donc en droit de négocier pour obtenir un rabais sur l'un ou l'autre de ces postes

Quelques établissements se distinguent cependant par une tarification particulière. C'est le cas du Crédit du Nord ou de la BNP qui ne facturent aucuns frais de courtage (seuls les frais de l'OPCVM sont prélevés). La Caixa Bank a choisi l'option inverse : elle demande 603 F (93 euros) de frais fixes, mais propose les OPCVM sans droits d'entrée. Un épargnant qui achète 60 300 F (9 336 euros) de Sicav ou FCP dans cette banque ne paiera donc, en tout et pour tout, que 1 % de frais. En dessous de 30 000 F (4 644 euros), l'opération devient moins avantageuse.

Dernière précision : quelle que soit la tarification à l'entrée de votre banque, vous n'échapperez pas aux droits de garde prélevés en général chaque année. Ils sont alors identiques à ceux des actions. Pour échapper à ces frais, une seule solution : ouvrir un compte chez le promoteur, qui offre systématiquement les droits de garde pour les titres qu'il émet...

Les centrales d'achat, des grossistes très ouverts.

Si les tarifs de votre banque vous dissuadent d'acquérir les Sicav et FCP de votre choix, il reste une solution : s'adresser à une centrale d'achat qui offre l'accès à tous les fonds autorisés sur le marché français ou à une large sélection d'entre eux. Ici, comme dans une société de gestion, il est d'abord nécessaire d'ouvrir un compte. Il suffira ensuite de passer un ordre d'achat pour acquérir l'une ou plusieurs des Sicav proposées dans ce cadre. Comme le démontrent nos fiches consacrées à ces grossistes, les offres de tous ces établissements sont toutefois loin de se ressembler. Certains, comme Cortal ou Véga Finance, accueillent tous les OPCVM du marché munis d'un code Sicovam (voir encadré p. 60), alors que d'autres se contentent d'une sélection de fonds. Cette sélection, qui compte souvent plusieurs centaines de Sicav ou FCP, est établie selon divers critères (performances de l'OPCVM, notoriété du gestionnaire, notation par des agences spécialisées...). Quoi qu'il en soit, la plupart des investisseurs auront une très large palette à leur disposition, offrant toutes les chances de trouver des fonds parmi les meilleurs dans leurs catégories.

La plupart de ces grossistes offrent d'ailleurs à leurs clients des outils adaptés pour affiner leur décision, comme, par exemple, les comparateurs présents sur leur site Internet. Chacun peut alors entrer ses propres critères de choix (performance, volatilité, type de marché...) pour trouver le fonds qui réponde le plus précisément à sa demande.

Des modes de facturation très variés.

La plus grande diversité se retrouve aussi dans le mode de facturation de ces établissements. Certains, comme Cortal, se contentent de prélever les droits d'entrée ordinaires des Sicav, sans appliquer de courtages supplémentaires, alors que Véga Finance plafonne les droits d'entrée à 2 % au maximum sur une gamme de fonds similaire, toujours sans courtage. D'autres, comme Sicavonline, appliquent à la fois les droits d'entrée de la Sicav (parfois avec des réductions) et des courtages, mais ils réservent un tarif particulier à une sélection de fonds, proposés avec des droits réduits et sans courtages supplémentaires.

Chez ces intermédiaires, il faut aussi compter avec les inévitables droits de garde. Chez Sicavonline, qui offre un site remarquable de clarté sur Internet, un minimum de 120 euros (787 F) est ponctionné chaque année sur le portefeuille. Tarif dissuasif, sauf pour les gros investisseurs...

Jouer la carte de l'assurance vie.

Pour constituer un portefeuille de Sicav et le gérer sans craindre les retombées fiscales, il est judicieux d'ouvrir un PEA pour les actions européennes ou, mieux encore, un contrat d'assurance vie multisupport qui renferme, selon les sociétés, de 3 à plus de 1 000 Sicav (mais très peu de fonds communs de placement). Dans la quasi-totalité des contrats, ces "unités de compte" sont vendues sans aucun droits d'entrée, ou avec des droits très faibles correspondant à la part acquise à la Sicav. L'épargnant paie uniquement les frais sur les versements effectués sur le contrat d'assurance vie (3 % à 5 % en moyenne). Une fois les sommes placées dans le contrat, il peut choisir les Sicav de sa préférence et effectuer les arbitrages qu'il juge nécessaire en payant seulement de 0,5 % à 1 % des sommes transférées, et toujours sans acquitter aucuns frais d'entrée dans les Sicav. Le surplus occasionné par les frais sur versements – supérieurs aux droits d'entrée de la plupart des Sicav – se trouve vite rentabilisé pour les assurés qui gèrent activement leur portefeuille.

Le titulaire d'un contrat d'assurance vie doit également compter avec des frais de gestion, prélevés chaque année. Ils vont de 0,5 % à 1 % en moyenne. C'est plus que les droits de garde pratiqués par les établissements financiers sur les Sicav détenues en direct, mais il n'y a aucun minimum de perception.

L'assurance vie offre un cadre fiscal plus attractif.

Les arbitrages réalisés au sein du contrat ne sont soumis à aucun impôt et n'entrent pas en ligne de compte dans le calcul du seuil de cession de valeurs mobilières. Même si vous arbitrez plus de 50 000 F (7 741 euros) de Sicav dans une année, il n'y aura donc aucun impact fiscal. En revanche, pour ne pas subir de pénalités fiscales, il faut conserver le contrat pendant au moins 4 ans. Sinon, les gains sont taxés comme ceux d'une Sicav en direct. Et il vaut mieux attendre 8 ans pour profiter d'un sort plus enviable : si vous pouvez patienter, vous bénéficiez après ce délai d'un abattement annuel de 30 000 F (4 644 euros) – 60 000 F (9 289 euros) pour les couples mariés –, sur les gains retirés du contrat. D'autre part, il faut savoir que l'excédent éventuel est taxé au taux réduit de 7,5 %. Cette situation est donc beaucoup plus avantageuse que pour des Sicav détenues en direct.

Il ne reste plus qu'à choisir un contrat comportant des frais raisonnables et présentant une gamme de Sicav complète et performante. Un oiseau qui, aujourd'hui, n'est pas si rare (voir le n° 933 du Particulier). eric leroux


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , BANQUE , COMMERCE ELECTRONIQUE , FCP , OPCVM , PLACEMENT BOURSIER , PLACEMENT FINANCIER




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