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Se débarrasser des termites par des barrières mécaniques ou chimiques

Septembre 2006
Le Particulier pratique n° 316, article complet.
Auteur : ROUSSILLE (Katia)

Protéger avant la construction ; Se contenter de les éloigner ; Les décimer grâce à des appâts.

Actuellement, 60 départements et 17 arrondissements à Paris sont touchés par cet insecte ravageur. En France, on trouve deux espèces de termites sur les 2700 existantes. Le Kaloterme, ou termite du Sud, vit en surface et attaque le bois sec, surtout les vieux ceps de vigne. Il est moins dangereux pour les maisons que le termite de Saintonge.

Ce dernier est en effet dévastateur. Il vit en colonie dans le sol, jusqu'à 10 m de profondeur. Il s'introduit dans les habitations par les canalisations et les gaines électriques, les joints de dila­tation et d'étanchéité, le vide sanitaire, les jointoiements des pierres, les fissures... La ­colonie peut élire domicile dans le jardin et rester discrète (à la différence des termitières africaines, signalées en surface par un monticule de terre).

Les termites de Saintonge sont organisés en castes. La plus importante, cause de tous les dégâts, comprend les ouvriers (90 % d'une colonie). Des ouvriers qui se déplacent pour aller chercher la cellulose présente dans le bois, le carton, le papier, le plâtre. Quand les matériaux sont trop durs pour être forcés, ils créent des cordonnets constitués de salive, de poussière, de terre, de sable, qui signalent leur existence... Ils ingurgitent le bois et le régurgitent ensuite à leurs congénères. Comme ils sont lucifuges, ils le creusent dans toute son épaisseur, ne laissant qu'une mince pellicule, parfaitement saine à l'œil, tenue uniquement par la couche de peinture qui la couvre. Les professionnels parlent du “phénomène de gaufrette”. Parfois, pour assurer le degré d'hygrométrie idéal à leur bien-être, ils percent des trous de ventilation de 2 mm, détectables par un expert.

Les soldats (5 % de la colonie), n'attaquent pas le bois. Ils se chargent de défendre la tribu. Quant aux reproducteurs (les 5 % restants), ils regroupent un roi et une reine, plus des reproducteurs secondaires ou néo­téniques. Leur rôle est bien sûr d'assurer la descendance et la progression des colonies.

En ville, cette progression se fait surtout par “bouturage” : à l'occasion de transports de matériaux infestés, les populations transplantées se reproduisent grâce à des sexués de remplacement. A la campagne, elle s'effectue aussi par essaimage : comme chez les fourmis, les termites reproducteurs s'envolent au printemps pour aller fonder une colonie ailleurs.

Pour préserver les habitations risquant d'être infestées, il est prudent d'agir avant la construction, surtout dans les ­départements touchés. Le décret n° 2006-591 du 23 mai, relatif à la protection des bâtiments contre les termites et autres ­insectes xylophages, impose la création d'une barrière. Elle peut être chimique : on épand directement sur la terre un insecticide avant de couler la dalle en béton et, une fois la maison finie, dans un périmètre de 1 m. Ou physico-chimique, avec la pose d'un film insecticide sous la dalle, ce qui est beaucoup plus écologique. En France, on n'a pas encore mis en pratique la méthode australienne de barrière purement mécanique qui consiste à entasser sous la maison du gravier, à travers lequel les insectes s'écorchent mortellement.

Si votre habitation n'est pas protégée d'origine, une surveillance s'impose dans les régions touchées. Elle commence par la base de la maison. Il est important de visiter régulièrement la cave ou le vide sanitaire, d'éviter d'y laisser pourrir de vieux documents. Les seuls signes visibles de l'infestation sont : les fameux cordonnets ; des ponts en forme de stalagmites ou stalactites ; plus rarement, des trous noirs de ventilation sur les tapisseries et les plâtres des plafonds (à ne pas confondre avec ceux de la vril­lette). Au printemps, un envol de termites reproducteurs, qui ressemble à celui de fourmis volantes, est aussi un indice.

Si le bâtiment est très infesté, les spécialistes opteront pour le traitement chimique par barrière d'injection, qui isole le bâti du sol. Après enlèvement du bois mort, brossage et dépous­siérage du matériau au niveau des sols intérieurs et extérieurs, des murs porteurs, des cloisons et des doublages, on injecte à la pompe de l'insecticide dans les supports suspectés de servir de lieux de passage aux larves, à raison d'une injection tous les 50 cm. Il faut, en outre, traiter les bois de structure (et tous les autres bois, d'ailleurs) jusqu'au niveau supérieur à l'infestation. Il s'agit de traiter par injection et badigeonnage de surface, après avoir bûché les parties endommagées.

Cette méthode chimique n'extermine pas la colonie (de fait, les insectes se réfugient dans les maisons voisines), mais elle a l'avantage d'agir rapidement, ce qui est essentiel dans les cas d'une forte infestation. Pour décimer réellement les termites, il faut recourir au traitement par appât, mais l'effet curatif est plus lent (6 mois à 2 ans de délai). En pratique depuis 1994, ce procédé consiste à placer sur le trajet des insectes des réservoirs nutritionnels empoisonnés, que l'on appelle des stations de travail. Visitées en permanence par les “ouvriers”, elles vont servir à répandre l'insecticide à travers toute la colonie grâce à l'échange de nourriture. Ce poison à effet retard est une solution radicale puisqu'il élimine définitivement tous les termites. Sentri Tech de Dow AgroSciences Distribution est le plus connu en France.

Les stations de travail sont installées à l'intérieur de l'habitation, sur les traces (cordonnets, dégradations des plinthes...), et à ­l'extérieur, dans la terre, tous les 3 m à la périphérie de la maison. L'entreprise de traitement vient remplacer les appâts régulièrement, et vérifier que le traitement évolue vers une extermination complète de la colonie. Ensuite, il faut exercer une surveillance régulière en contrôlant le bâtiment, et intervenir de nouveau si les termites reviennent.

Pour ce traitement par appât, le client paie une somme forfaitaire. Pour une surface de 50 à 100 m2 au sol et un terrain de 150 à 250 m2, il faut compter de 3 000 à 4 000 €. La facture peut être réglée en plusieurs fois, au fil des opérations : 32 % du montant au moment de l'installation des boîtiers, 28 % pour les 4 ans de suivi, et 40 % en fin de chantier. Il est plus difficile de donner une fourchette de prix pour la barrière chimique car elle se facture au prix de la main-d'œuvre. Or, ce dernier varie selon les régions.

Par ailleurs, ce traitement est appliqué un peu à l'aveugle, par mesure de précaution, à partir du moment où des traces de termites sont visibles, même si elles sont anciennes et que les insectes ont été éliminés. Un cas de ­figure impossible avec les appâts puisque, avant de remplir les stations de travail de poison, l'expert aura constaté leur présence ­effective à l'aide de bâtons ­témoins. Enfin, d'un point de vue écologique, si les appâts agissent sans toucher le sol, les produits chimiques, eux, sont versés à grosses doses dans la terre.

Les termites : le poison placé sur le parcours des termites ouvriers va décimer toute la colonie sans lui laisser une chance d'émigrer quelques maisons plus loin.


Mots-clés :

BOIS , CONSTRUCTION , MAISON INDIVIDUELLE , PARASITE , TERMITE , TRAVAUX




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