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Evaluer le calme d'un logement

Evaluer le calme d'un logement
Décembre 2002
Le Particulier n° 960, article complet.
Auteur : BARNIER (Laurence)

Devoir déménager parce qu'on ne supporte plus le bruit dans le logement que l'on vient d'acquérir, c'est une mésaventure qui n'arrive pas qu'aux autres. Il faut donc bien évaluer, avant l'achat, le confort acoustique de sa future maison ou de son futur appartement.

L'époque de construction du logement est un critère important en matière de confort acoustique

Une famille achète sur un coup de cœur l'appartement parisien de ses rêves, bien situé, spacieux, clair..., s'y installe et comprend alors pourquoi il était resté en vente 2 ans : il se situait au 5e étage, sous les chambres de bonne, habitées par des occupants aussi nombreux que bruyants. Après un an d'enfer, et avoir tout tenté pour obtenir un peu de calme, les malheureux acquéreurs se sont résignés à partir.

Prendre la mesure des nuisances sonores et de la possibilité d'y remédier.

Pour éviter les mésaventures, tout acheteur d'un logement doit donc chercher à évaluer les nuisances sonores auxquelles il est exposé. Certaines sont évidentes, comme être situé sur une rue fréquentée, ou à proximité d'une route à grande circulation ou d'une voie ferrée, d'autres le sont moins, tels les bruits imputables aux voisins. Nombre d'indices permettent de déceler les points faibles du logement sur le plan du confort acoustique : époque de construction, matériaux employés, nature des revêtements de sol, la distribution des pièces... Certaines faiblesses sont irrémédiables ou nécessitent des travaux coûteux, comme celles qui découlent de la structure de l'immeuble. D'autres peuvent être améliorées pour un coût acceptable, telle une plomberie bruyante. Encore faut-il savoir lesquelles, et éviter d'entreprendre des travaux inutiles, ou de créer de nouvelles nuisances sonores : encastrer une prise électrique au mauvais endroit suffit à produire un "pont" phonique entre deux pièces. Si vous achetez un appartement ancien avec l'intention de le rénover, intégrez bien la dimension acoustique dans vos projets. Pour une maison individuelle, la priorité se portera sur les bruits extérieurs, mais une mauvaise isolation intérieure pourra aussi être gênante, surtout si la maison est accolée à d'autres (maisons dites "en bande").

Le confort acoustique de l'immeuble dépend de sa période de construction.

Avant même d'entreprendre la visite du logement, examinez l'immeuble pour avoir une idée de sa période de construction, un critère important en matière de confort acoustique. La réglementation n'est devenue réellement exigeante qu'avec l'arrêté du 28 octobre 1994, applicable aux appartements et aux maisons dont le permis de construire a été demandé depuis le 1er janvier 1996. Elle procure une bonne protection contre trois types de bruits : ceux dits d'impact ou de choc (transmis par les cloisons et le plafond, tels que bruits de pas, objets qui tombent ou que l'on déplace) ; les bruits d'équipements (portes, chaudière, ventilation, plomberie, ascenseur...) ; et enfin les bruits aériens (diffusés par l'air et se propageant dans toutes les directions : voix, télévision, sons extérieurs...). Cependant, la conformité des bâtiments à cette réglementation n'est pas contrôlée (à la différence, par exemple, de celle sur la sécurité électrique). En revanche, lorsque le logement a obtenu le label Qualitel (qui ne porte que sur les logements collectifs et pas sur les maisons), c'est notamment parce que sa conformité sur ce point a été vérifiée sur plans et par sondages pendant ou après le chantier. Qualitel est même plus exigeant que la réglementation sur quelques points, et il existe aussi un label Qualitel "confort acoustique", qui va encore au-delà. Vous pouvez vérifier auprès de cet organisme (voir Contacts, p. 44) si l'un de ces labels a été décerné au logement que vous convoitez, sans oublier toutefois qu'il a pu être modifié depuis. Avant 1996, le label Qualitel, créé en 1985, se référait à la réglementation acoustique applicable aux logements dont le permis de construire avait été demandé après le 1er janvier 1970 (arrêté du 14.6.69). Beaucoup moins exigeante que celle de 1994, et du fait aussi de l'évolution des attentes des particuliers, elle ne garantit pas un confort suffisant aujourd'hui. En particulier, elle n'impose aucune isolation minimale pour les fenêtres, et ne concerne que les logements collectifs, à l'exclusion des maisons. De même, le premier label "confort acoustique" créé en 1972, bien que plus exigeant que le minimum réglementaire de l'époque, ne garantit pas un confort irréprochable. De plus, il est impossible de savoir aujourd'hui à quels immeubles il a été décerné.

Les immeubles construits dans les années 50 et 60 n'étaient soumis à aucune réglementation acoustique et sont parmi les pires de ce point de vue. Seuls les logements dits sociaux, construits avec les aides de l'État, ont bénéficié à partir de 1957 d'une première réglementation acoustique, inspiratrice de celle de 1969. Ils présentent donc de meilleures performances que d'autres construits à la même époque, y compris des immeubles de luxe. Ni le standing d'un logement ni son prix ne garantissent une bonne insonorisation.

Quant aux logements datant de la première moitié du xxe siècle et d'avant, leurs performances acoustiques, plutôt médiocres, sont aussi très variables. Ils peuvent avoir subi de si nombreuses transformations que leurs faiblesses sont souvent délicates à évaluer et à déceler : une porte condamnée et cachée au fond d'un placard peut être la cause d'une transmission acoustique prononcée entre deux pièces. Cela, même si l'appartement a été refait totalement, car bien que "neuf", il n'est pas soumis à la réglementation récente.

Lors de la visite du logement, intéressez-vous à vos futurs voisins.

Outre l'époque de construction de l'immeuble, intéressez-vous à ses occupants. La présence de bureaux, de professions libérales peut signifier beaucoup d'allées et venues ; des boutiques au rez-de-chaussée peuvent aussi être responsables de nuisances sonores, à plus forte raison s'il s'agit de restaurants, de cafés... ouverts le soir et les week-ends. Même chose pour les parties communes et les équipements : un hall d'entrée et des escaliers dépourvus de revêtements absorbants sont autant de risques d'inconfort acoustique. Attention à l'ascenseur, surtout si sa gaine jouxte un des murs de l'appartement, ou a été installée dans la cour (immeubles anciens où l'ascenseur a été ajouté après coup). Très en vogue et symbole de progrès dans les années 60, le vide-ordures ne pose pas seulement des problèmes d'hygiène et de sécurité incendie, mais contribue aussi à la transmission des bruits, comme plus généralement les gaines et conduits traversant plusieurs appartements. Un coup d'œil dans la cour de l'immeuble vous renseignera sur la présence éventuelle de compresseurs de climatisations, d'extracteurs de fumée... ou autres engins bruyants.

Si le logement est vide de meubles et de tapis lors de la visite, il sera très sonore, ce qui peut donner une idée fausse de son confort acoustique réel une fois meublé. Avant de se décider, il faut faire plusieurs visites, à des heures et des jours différents : le matin ou en soirée, en semaine, en week-end... car certains bruits – la circulation par exemple – peuvent en masquer d'autres, audibles à des moments plus calmes : voisinage, équipements de l'immeuble, plomberie. Examinez aussi la construction et les équipements du logement lui-même. Les parois lourdes et épaisses en maçonnerie offrent une protection raisonnable, mais leur épaisseur diminue généralement avec les étages. Les étages supérieurs peuvent donc être plus bruyants, et plus encore le dernier, car certaines toitures isolent très peu du bruit. Concernant l'isolation entre les étages, les planchers en béton laissent peu passer les bruits aériens, mais transmettent parfois fort bien les bruits d'impact et d'équipements (ascenseurs, etc.). Les planchers anciens isolent généralement moins des bruits aériens, surtout si des passages y ont été ménagés pour des tuyaux, gaines électriques, etc. Néanmoins, dans la mesure où les étages inférieurs étaient réservés aux personnes aisées, leur réalisation était plus soignée. Les structures des planchers y incorporent souvent des poutres et des matériaux qui offrent une certaine isolation. Les fenêtres anciennes, non étanches à l'air et avec des vitrages de faible épaisseur, protègent mal des bruits aériens extérieurs (circulation...). Dans les immeubles plus récents, le point faible des façades peut être les bouches d'aération et les coffres de volets roulants, s'ils n'ont pas été traités contre le bruit. Les portes palières, même lourdes et massives, ont une capacité isolante limitée par l'insuffisance de leur étanchéité à l'air. Quand l'appartement est doté d'une chaudière individuelle, elle peut être bruyante, le bruit étant d'autant mieux diffusé si elle est située dans une pièce au sol ou aux murs carrelés, ou si elle est directement fixée sur un mur (transmission dans la pièce mitoyenne).

En cas de doute, faites établir un diagnostic bruit par un professionnel.

Si vous êtes intéressé par un logement tout en ayant des doutes sur son confort acoustique, vous pouvez demander un diagnostic rapide à un architecte acousticien ou à un ingénieur acousticien membre du Groupement de l'ingénierie acoustique (GIAC, voir Contacts p. 44). Prévoyez 1 à 2 semaines de délai. Selon le GIAC, un simple examen prend une heure et est facturé de 100 € à 200 €, et un diagnostic complet, avec mesures de bruit, coûte environ 450 €. Ces vérifications vous aideront à cerner les points faibles, leurs causes et leurs remèdes éventuels. Si le problème provient de la structure de l'immeuble, les améliorations sont quasiment impossibles, car c'est l'ensemble du bâtiment qu'il faudrait refaire. Ainsi, les structures des ossatures légères et rigides, expérimentées dans les années 60, propagent les bruits d'impact de manière importante, que ce soit dans un immeuble ou dans un groupe de maisons individuelles construites sur une même et unique dalle de béton, par laquelle les bruits d'une maison se transmettent aux autres. De même, si les planchers laissent passer tous les bruits, l'amélioration nécessite des travaux importants, tels que la réfection totale du plancher.

On peut faire taire certains bruits à moindres frais.

Dans ce cas, l'achat reste envisageable, à condition de prévoir le coût de ces améliorations ; ce qui peut aussi devenir un élément de la négociation sur le prix avec le vendeur. Par exemple, des placards disposés sur toute la surface de la paroi ou localisés autour du point faible acoustique d'une paroi séparative réduisent la transmission des bruits aériens. De même, il est possible de séparer deux pièces par des placards, plus isolants qu'une simple cloison, surtout s'ils sont remplis de vêtements. Il est également envisageable d'installer une double porte pour isoler une pièce, en prévoyant un espace minimal de 12 cm entre les deux portes. Poser des revêtements très absorbants au sol, au plafond et sur les murs n'empêchera pas les bruits extérieurs de pénétrer, mais améliorera l'ambiance sonore du logement. Séparer l'entrée des autres pièces du logement par des portes améliore l'isolation contre le bruit des parties communes. Si vous souhaitez par ailleurs renforcer la protection du logement contre les cambrioleurs, sachez qu'il existe des blocs-portes (ensemble porte-chambranle) dont les performances sont certifiées par la marque NF-FASTE sur plusieurs critères, parmi lesquels la résistance à l'effraction mais aussi l'isolation phonique. La marque NF-EAU concernant la robinetterie intègre aussi les performances acoustiques. Tenez en compte si vous prévoyez par ailleurs la modernisation de la plomberie. Celle-ci pourra être rendue plus silencieuse par la pose de réducteurs de pression, de canalisations de diamètre plus important (plus le diamètre est faible, plus l'eau circule vite et bruyamment), ou encore en désolidarisant par des joints antivibrations les tuyaux des murs et cloisons pour empêcher la transmission par cette voie des bruits de plomberie. Idem pour la baignoire, désolidarisée des murs et du sol par des joints ou des plots antivibrations, voire le lave-linge (posé sur un tapis antivibrations). Une chaudière murale bruyante peut parfois être dotée d'un capot isolant ou de fixations antivibrations. Si elle doit de toute façon être remplacée, il existe désormais des modèles très peu bruyants.

Contre les bruits extérieurs, divers travaux sont envisageables sur les fenêtres. Ils vont de leur réfection plus ou moins poussée (mastic des vitres, colmatage des interstices entre dormant et ouvrant...) à leur remplacement complet. Cependant, dans la mesure où cela rendra les fenêtres plus étanches à l'air, il est indispensable de maintenir une ventilation suffisante du logement pour éviter la condensation intérieure ou les mauvaises odeurs. En particulier, en cas de changement complet, faites poser des fenêtres avec une aération, elle aussi protégée contre le bruit. Il existe différents modèles bénéficiant de la marque NF-Acotherm, qui garantit à la fois leurs performances acoustiques et thermiques.

Attention aux travaux susceptibles de créer de nouvelles nuisances.

Veillez à ne pas dégrader le confort acoustique de votre logement en y réalisant certains aménagements. Là aussi, un acousticien pourra vous guider dans leur conception, dans le choix des techniques et des matériaux, et dans celui des entrepreneurs (rares sont ceux qui maîtrisent les questions d'acoustique). Si vous voulez restaurer le charme d'un logement ancien en supprimant le plafond qui camouflait les poutres, faites attention à la dégradation sonore que la suppression des matériaux de remplissage entre les poutres peut entraîner : vous risquez alors d'entendre parfaitement les bruits de pas et de chocs de votre voisin du dessus

Le rôle des revêtements de sol étant très important dans la transmission des bruits d'impact, si vous en changez, faites en sorte que le nouveau revêtement soit au moins aussi performant que l'ancien, pour ne pas créer à votre tour des nuisances chez vos voisins. Si vous refaites l'installation électrique, il est plutôt déconseillé de la faire encastrer dans les murs et cloisons (sauf si la réglementation l'impose, comme dans une salle d'eau). Cela peut, en diminuant l'épaisseur du mur à l'endroit de la saignée effectuée, sensiblement dégrader l'isolation acoustique procurée par la paroi. Pour la même raison, il faut reboucher toutes les saignées et percements précédents par un matériau de même densité que celui de la paroi. Si vous voulez couper une pièce en deux, veillez à ne pas réaliser la nouvelle cloison en maçonnerie légère de nature rigide ordinaire, car la diffusion des bruits en serait favorisée. Il existe des cloisons isolantes phoniquement, composées d'une ossature métallique sur laquelle sont fixées des plaques de plâtre, faciles à poser et offrant une bonne isolation phonique. Enfin, si vous comptez modifier la distribution des pièces de l'appartement, tenez compte de vos voisins : évitez par exemple d'installer votre chambre sous le living-room de votre voisin du dessus, ou de transformer une chambre en cuisine ou en salle d'eau sans vous être assuré auparavant que cela ne posera aucun problème à celui du dessous.

Les travaux qui se décident en copropriété.

Enfin, d'autres améliorations peuvent résulter d'interventions effectuées sur les parties communes, que vous devrez alors soumettre à la décision de la copropriété. Il s'agit de la pose de revêtements absorbants dans l'entrée, les escaliers et les couloirs de l'immeuble ; de l'isolation des gaines techniques et des conduits de fumée ; de la condamnation du vide-ordures ; ou de la limitation des bruits d'équipements par un réglage (portes d'ascenseurs, chaufferie collective...) ou par l'isolation des machineries (ascenseur, ventilation mécanique, porte automatique de garage...).

Laurence Barnier


Mots-clés :

BRUIT , ISOLATION ACOUSTIQUE , LOGEMENT , NUISANCE




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