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Vivre en province et travailler à Paris, un choix plus économique

Vivre en province et travailler à Paris, un choix plus économique
Mai 2005
Le Particulier n° 989, article complet.
Auteur : VALIN-STEIN (Valérie)

Ils sont environ 12 000 à passer quotidiennement plus d'une heure dans le train pour rejoindre leur lieu de travail à Paris. À l'origine de ce choix de vie : la volonté de se mettre au vert, mais également, un avantage financier.

Malgré des coûts de transport élevés, s'éloigner de Paris reste rentable

Vous les retrouvez au petit matin, le plus souvent dans la même voiture de TGV ralliant Le Mans, Lille, Orléans, Tours ou Vendôme à la capitale. Eux, ce sont les "navetteurs", ainsi surnommés, car ils prennent les trains grandes lignes, comme d'autres le métro, chaque jour, pour aller travailler. Au fil du temps, des liens se sont créés entre ces voyageurs atypiques. "J'aime les cartes et je me suis vite intégré dans un groupe de joueurs de belote", témoigne Gilles, qui accomplit quotidiennement le trajet entre Lille et Paris. Et ces liens ont débouché sur des traditions. "Tous les ans, nous organisons un repas de Noël entre nous", raconte Stéphane Adam, usager de la ligne Vendôme-Paris depuis une dizaine d'années et président de l'Association des usagers du TGV (ASUTGV). Une microsociété dont les membres vivent à 100 ou 200 kilomètres de leur lieu de travail et acceptent de passer quelques heures dans les transports pour améliorer leur qualité de vie bien sûr, mais aussi leur budget. L'économie la plus conséquente porte sur le logement : les prix de l'immobilier (en location, comme à l'acquisition) n'ont plus rien à voir avec ceux de Paris. Avec un budget modeste, vous pouvez vous installer dans une confortable maison de ville à Tours, par exemple. Des perspectives qui ne doivent pas faire oublier les contraintes inhérentes à ce mode de vie, particulièrement celles liées aux transports.

La révolution TGV sur les temps de transport.

François a longtemps habité une petite maison à la périphérie de Cergy-Pontoise, ville située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Paris. Travaillant dans le XIVe arrondissement, au sud de la capitale, il mettait environ une heure et quart pour se rendre à son travail en train, puis en métro. Le TGV a changé sa vie. Il occupe maintenant une belle maison de 150 m2 avec jardin au centre du Mans, ville située à 200 km de Paris. Pourtant, il met moins de temps qu'avant pour aller travailler, puisqu'il ne passe que 55 minutes dans le train et que son bureau est situé près de la gare Montparnasse. Avec le développement du réseau TGV, ils sont de plus en plus nombreux, comme François, à avoir quitté Paris ou la région parisienne pour aller s'installer à plus de 200 km de la capitale, à Tours, à Blois, à Vendôme, à Arras ou à Lille. Déjà, le marché immobilier de Reims anticipe la mise en service du TGV Est en 2007, qui mettra la ville à 45 minutes de Paris. Cependant, il ne suffit pas que toutes ces villes soient desservies par le TGV. Encore faut-il que les trains y soient fréquents pour éviter d'être trop dépendant des horaires ou d'arpenter les quais pendant 2 heures si on rate son TGV habituel. À cet égard, Le Mans fait figure d'exemple. "La ville est située à la fois sur la ligne Paris-Nantes et Paris-Rennes : aux heures de pointe, il y a deux trains par heure", souligne Michel Pottier, navetteur depuis plus de 15 ans et président de l'Association des usagers des chemins de fer de la région Ouest (Avuc). De même, sur le réseau nord, les TGV sont à la cadence d'au moins un par heure depuis de nombreuses années. En revanche, les premiers citadins à venir s'installer à Vendôme (pourtant située à 40 minutes seulement de la gare Montparnasse) ont souffert d'une mauvaise desserte. Le problème, heureusement, n'a été que temporaire. "De 3 trains quotidiens au moment de l'arrivée du TGV en septembre 1990, nous sommes passés à 7. Et nous avons obtenu, pour la fin de l'année, la promesse d'une desserte supplémentaire le matin, vers 8 h 50", explique Stéphane Adam.

Une maison en centre-ville pour le prix d'un deux pièces à Paris.

Mais malgré les prouesses techniques de la SNCF, les temps de trajet, de la porte du domicile à la porte du bureau, restent assez élevés. Pourquoi donc accepter de passer autant d'heures dans les transports au lieu d'essayer de se rapprocher de son lieu de travail en décidant de s'installer en plein Paris ? Pour une raison simple : le niveau des prix immobiliers est beaucoup plus attractif en province, même s'ils ont sensiblement augmenté ces dernières années. Au Mans, par exemple, une maison en centre-ville vaut environ 150 000 €, soit le prix d'un deux pièces dans un arrondissement parisien coté. À deux pas de la gare, l'une de ces "mancelles" offrant 130 m2 sur trois niveaux et un jardin de 140 m2 vient d'être vendue 159 000 €. Un niveau de prix que l'on retrouve dans le quartier Velpeau à Tours pour un pavillon d'une centaine de mètres carrés habitables, ou dans le centre de Blois pour une maison de cinq pièces avec un terrain de 200 m2. Estimation similaire à proximité de la gare de Sens pour une villa offrant trois chambres et 300 m2 de pelouse. À Lille, une maison de style flamand, de 200 m2 sur 3 niveaux avec courette, vaut 250 000 € environ. Si vous disposez d'un budget un peu supérieur, 300 000 € environ, vous pourrez vous offrir, à Tours, dans les quartiers convoités des Prébendes ou de la cathédrale, une maison ancienne de plus de 150 m2 habitables. Budget qui ne permettrait d'accéder qu'à un appartement de 75 m2 environ dans un quartier ordinaire de Paris. À l'inverse, si vous vendez votre 100 m2 parisien pour une somme variant de 400 000 € à 500 000 € selon l'arrondissement, vous pourrez acheter à Chartres, par exemple, une maison de maître de 250 m2 habitables, avec 1 000 m2 de terrain, dans un quartier prisé. Enfin, sur le marché locatif, les écarts sont également considérables. On peut louer un appartement de 140 m2 à Lille pour 1 400 € par mois, alors que la même surface, à Paris, s'arracherait à 3 000 € par mois. Rabia, elle, s'est installée en Côte-d'Or, près de Dijon, et dispose d'une vaste maison au milieu des vignes pour 800 € par mois. Ce qui correspond à un loyer d'un modeste trois pièces à Paris. Bien qu'il soit difficile de comparer les prix de biens aussi différents, on voit bien qu'à budget équivalent, les surfaces sont au moins deux fois plus importantes en province que dans la capitale.

Une belle propriété en pleine campagne dès 200 000 €.

Quant aux navetteurs amoureux de la nature, ils ont choisi de s'éloigner d'une dizaine de kilomètres de la gare pour acheter une belle maison ou une ancienne ferme à aménager. Moyennant 200 000 € environ, on trouve une élégante demeure de briques de 100 m2 à une dizaine de kilomètres du centre d'Arras ou une ferme rénovée dans la périphérie de Sens. Entre 350 000 € et 450 000 €, on peut s'offrir une petite propriété avec un vaste jardin ou un parc, par exemple, une maison contemporaine proche d'Evreux, ou un petit manoir à proximité de Blois, voire un ancien presbytère à une quinzaine de kilomètres du Mans. Bien entendu, habiter plus loin de la gare allonge de 10 à 20 minutes le temps de transport total. C'est pourquoi ce choix est plus adapté aux personnes qui travaillent à temps partiel, par exemple. Enfin, ce type de bien, s'il ne coûte pas plus cher qu'une acquisition en centre-ville, nécessite une voiture affectée uniquement aux trajets domicile-gare. Ce qui signifie qu'outre son achat, il faut prévoir son stationnement. Des dépenses qui alourdissent encore le budget transport, déjà important.

Un budget transport de plus de 600 € par mois.

Les navetteurs consacrent plusieurs centaines d'euros par mois à leurs transports. Certes, la SNCF a mis au point différentes formules d'abonnement. Alain, qui effectue tous les jours le voyage Tours-Paris en seconde classe, doit s'acquitter d'un forfait de 484 € par mois. De fait, pour les trajets quotidiens, la formule "Forfait" paraît la mieux adaptée. Au montant de cet abonnement (400 € pour Paris-Arras, 460 € pour Paris-Lille, etc.), il faut ajouter 1,50 € de réservation par trajet. Ce qui représente quand même 60 € de plus par mois sur la base de 20 jours travaillés en moyenne. Dans la formule "Fréquence", un abonnement annuel (200 € pour Paris-Chartres ou 330 € pour Paris-Arras en seconde classe, par exemple) permet de bénéficier d'une réduction de 50 % sur le billet correspondant au parcours choisi, plus 1,50 € de réservation par trajet. Cette formule devient alors intéressante pour ceux qui n'effectuent pas le trajet quotidiennement (2 fois par semaine, par exemple). Au coût des billets de train, il faut ajouter les frais liés aux trajets domicile-gare-travail si l'on n'habite pas à proximité de la gare. Alain, qui s'est installé à 10 km de Tours, a dû acheter une seconde voiture. Il a opté pour un véhicule d'occasion, une Clio de 5 ans valant 4 500 €, payée à crédit sur 36 mois (à 7 %). Coût mensuel : 140 €. L'assurance (au tiers + vol) lui coûte environ 300 € par an à la Macif, soit 25 € par mois. Enfin, il a dû louer une place de stationnement pour 30 € par mois (mais, suivant les localités, ce prix peut atteindre 40 €, voire 50 €, par mois). Soit, au total, 200 € par mois avec le carburant. Pour ceux qui, contrairement à Alain, n'ont pas besoin d'une voiture, les transports en commun locaux sont plus économiques (40 € par mois pour la carte Blanche lilloise, par exemple), mais toutes les villes n'en disposent pas. Enfin, une fois arrivés à Paris, les navetteurs doivent souvent prendre le métro et acheter une carte Orange (50,40 € par mois pour une carte deux zones). Globalement, les budgets transports sont assez considérables. Celui d'Alain se monte à 794 € par mois. Celui de son homologue lillois, utilisant les transports en commun, s'élèvera à un peu plus de 600 € par mois. Des sommes qui ne sont que très partiellement prises en charge par les employeurs : dans le meilleur des cas, 50 % de la carte Orange parisienne (soit 25,20 € par mois pour 2 zones).

Un salaire parisien, mais un coût de la vie provincial.

L'importance du poste transports dans le budget familial est largement compensée par des prix immobiliers moindres qu'à Paris. Alain a fait ses calculs. Chaque mois, il rembourse un peu plus de 1 200 € pour sa maison près de Tours (qu'il a achetée l'année dernière environ 200 000 €). En ajoutant les frais de transport, il doit donc débourser environ 1 940 € par mois. Ce qui correspond, par équivalence, à un capital emprunté de 320 000 €. Avec cette somme, il n'aurait pu acheter à Paris que 80 m2 environ pour loger sa petite famille (trois enfants). Alors qu'à Tours, il dispose d'une jolie maison en pierre blanche du pays de 160 m2 avec un jardin de 1 000 m2. De plus, ce remboursement ne pèse pas trop sur le budget familial, puisque, si sa femme a trouvé un travail à Blois, lui perçoit toujours un salaire de niveau "parisien", d'environ 20 % supérieur à celui d'un poste équivalent en province. "La différence de salaire Paris-province existe surtout pour les cadres intermédiaires", tempère toutefois Michel Marhadour du cabinet de recrutement Meridian.

D'autre part, en dehors du budget logement, le coût de la vie est, lui aussi, moins élevé que dans la capitale. "Bien que mon salaire n'ait pas bougé depuis des années, nous sommes beaucoup plus à l'aise financièrement depuis que nous avons quitté la région parisienne", constate Claude qui vit avec son épouse à côté de Tours. "Nous allons beaucoup plus au restaurant ou prendre un pot depuis que nous habitons la Touraine. À Paris, cela nous semblait inabordable", se souvient-il. "Au Mans, pour 11 € vous pouvez facilement trouver un repas avec entrée, plat, dessert ; c'est à peine le prix d'une salade à Paris", confirme Michel Pottier. Un constat qui s'étend à presque tous les postes de la vie quotidienne : de la femme de ménage, payée en moyenne 7 € de l'heure en province contre 11 € à Paris, à la place de cinéma, 7 € contre 10 €. Enfin, si les prix sont à peu près identiques dans les grandes surfaces, ils varient du simple au double entre un marché manceau et un marché au centre de Paris. Mais, davantage que le cours des fraises ou de la botte de radis, c'est surtout l'ambiance "village" que les navetteurs apprécient dans l'exercice hebdomadaire du marché. Et cela, ça n'a pas de prix

Valérie Valin-Stein


Mots-clés :

LOGEMENT , MARCHE IMMOBILIER , PARIS , PROVINCE , TRANSPORT FERROVIAIRE , TRAVAIL




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