Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Argent > Placements immobiliers > Placements, crédits, ce que vous réserve 2007

Placements, crédits, ce que vous réserve 2007

Placements, crédits, ce que vous réserve 2007
Janvier 2007
Le Particulier n° 1008, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

Selon quels scénarios vos placements et leurs revenus, ou encore les crédits, vont-ils évoluer cette année ? Les économistes, les financiers, les professionnels de l'immobilier scrutent l'avenir. Forts de leurs expertises du marché, voici leurs prévisions.

En 2006, l'environnement économique et financier a changé : les taux d'intérêt à court terme ont remonté, mettant fin à des années de stagnation à bas niveau ; les Bourses européennes ont continué de progresser fortement, à la suite d'une brillante année 2005 ; en revanche, les prix des logements se sont assagis après 8 ans d'augmentation continue ; et les taux des crédits immobiliers qui avaient connu 5 ans de baisse, affichent une légère hausse. Tous ces changements ont modifié le paysage pour les épargnants. Les Sicav monétaires, les comptes à terme et tous les livrets ont repris des couleurs. Les placements à taux fixes, comme les Sicav obligataires ou les fonds en euros des contrats d'assurance vie, ont encore baissé. Ces mouvements vont-ils se poursuivre en 2007 ? Faut-il anticiper des retournements de tendance ? Face à des évolutions aussi contrastées, faut-il investir plutôt en Bourse ou plutôt dans l'immobilier ? Avec ou sans emprunt ? Quelles sont les bonnes décisions à prendre ? Chaque année, les économistes essaient d'anticiper les grandes évolutions macroéconomiques (croissance, inflation, etc.), de prévoir la politique économique des gouvernants ou ce que décideront les banques centrales. Les experts peuvent évidemment se tromper, mais leurs prévisions ont le mérite de donner des points de repère qui peuvent aider à faire les bons choix. Voici les grandes tendances qui s'annoncent pour 2007, si vous souhaitez épargner sans vous engager sur le long terme ou, au contraire, investir pour l'avenir, ou encore épargner pour compléter vos revenus.

Livrets, Sicav monétaires : amélioration pour les épargnants

En un an, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé à six reprises son principal taux directeur : de 2 % en décembre 2005, il a bondi à 3,50 % fin 2006. Cela a entraîné une remontée générale des taux à court terme sur le marché monétaire de la zone euro (Euribor), bénéfique pour les placements liquides. Les Sicav et fonds monétaires en ont pleinement profité. Partis d'environ 2 % début 2006, ils rapportaient autour de 3,30 % par an à la mi-novembre (performance moyenne sur une semaine exprimée en rythme annuel), selon Europerformance. Même après déduction des frais de gestion, ce placement a retrouvé un certain intérêt. D'autant qu'il peut échapper à tout impôt sur les plus-values si le contribuable ne cède pas dans l'année plus de 20 000 € de valeurs mobilières (voir p. 7). De même, la remontée des taux à court terme a réveillé la rémunération des livrets d'épargne. Celle du Livret A, révisée deux fois par an, tient compte à la fois de l'évolution de l'Euribor à 3 mois et de la hausse des prix. Résultat : elle a été portée à 2,75 % le 1er août dernier. Pour ne pas se laisser distancer, les établissements financiers qui proposent des superlivrets bancaires (ING Direct, Cortal Consors...) ont également dû faire un effort sur leurs rémunérations. Sur des durées de 3 à 6 mois, par exemple, et pour des montants significatifs, même les comptes à terme ont repris du poil de la bête (autour de 3,25 % mi-novembre 2006 pour 50 000 € bloqués sur 6 mois). Mais leurs intérêts, comme ceux des superlivrets, sont fiscalisés (prélèvements sociaux et impôt sur le revenu ou taxe forfaitaire de 27 %), contrairement à ceux du Livret A.

Les taux pourraient cesser de grimper.

Certains financiers pensent que la BCE ne montera plus ses taux en 2007, car la croissance va ralentir dans la zone euro, ce qui limitera les pressions inflationnistes, même dans les pays les plus dynamiques comme l'Espagne. D'autres, en revanche, estiment que la croissance restera encore vigoureuse et que la BCE relèvera encore au moins une fois son taux directeur en 2007, à 3,75 %. Dans le premier cas, les performances des Sicav monétaires et des comptes à terme se stabiliseront ; dans le second cas, elles s'amélioreront encore un peu. Le sort des livrets d'épargne est plus difficile à prévoir. Le rendement du Livret A, qui sera réexaminé au 1er février, dépend en effet aussi de l'inflation française. Or, avec le recul des cours du pétrole depuis l'été, les prix ont baissé en septembre, puis en octobre. Ce dernier mois, l'inflation se limitait à 1,1 % sur un an, son plus bas niveau depuis novembre 1999. Si cette tendance se confirme, il n'est pas certain que la rémunération du livret progresse, même si la BCE remonte encore son taux d'un quart de point. Et, en l'absence de ce relèvement, elle pourrait même fléchir. Dans ce cas, il est probable que celle des superlivrets resterait inchangée.

Bourse, Immobilier : plus-values limitées pour les investisseurs

La Bourse et l'immobilier sont les deux placements les plus intéressants pour les investisseurs prêts à miser sur le long terme. Tous les deux ont affiché de très beaux résultats au cours de ces dernières années. À la mi-décembre, le CAC 40, l'indice qui reflète la performance boursière des grandes entreprises en France, avait gagné plus de 16 % depuis le début 2006 et se situait à son meilleur niveau depuis le krach du début des années 2000. Quant à l'immobilier, au deuxième trimestre 2006, le prix des logements anciens avait augmenté de 133 % depuis 10 ans, selon l'Insee. Cependant, en 2007, ces deux placements risquent d'évoluer très différemment. L'immobilier est devenu cher alors qu'aucun gérant de portefeuille ne pense aujourd'hui que le marché boursier a atteint un niveau excessif.

Des évolutions boursières en yo-yo.

L'envolée de la Bourse de ces dernières années s'explique par la croissance des bénéfices des entreprises et, notamment ces derniers mois, par un important mouvement de fusions-acquisitions. Les entreprises veulent grandir et, disposant de capitaux importants, elles peuvent fusionner dans de bonnes conditions ou racheter leurs concurrents. En 2007, les fusions-acquisitions devraient continuer à soutenir le marché. En revanche, certains facteurs pourraient venir assombrir l'horizon. D'abord, dans de nombreux secteurs, les marges des entreprises ayant atteint des records, leur progression future sera désormais moins forte. D'autant que la croissance américaine devrait ralentir, sous l'effet des hausses de taux d'intérêt à court terme voulues ces dernières années par la banque centrale américaine, la Fed, pour calmer la surchauffe de l'économie et la bulle spéculative immobilière. Pour la plupart des économistes, ce ralentissement pourrait se faire en douceur et ne serait donc pas catastrophique pour les marchés boursiers, les bénéfices des entreprises profitant par ailleurs d'une croissance mondiale toujours dynamique. Certains évoquent même la possibilité d'une baisse des taux de la Fed vers la mi-2007, ce qui serait un signe encourageant pour la Bourse. Mais il existe un risque : au lieu de ralentir, l'économie américaine pourrait entrer en récession, notamment si le marché immobilier s'effondrait. Ce qui ne manquerait pas de pénaliser les marchés boursiers. Dans les prochains mois, la plupart des professionnels s'attendent donc à voir la Bourse fluctuer, au gré de l'économie américaine. Certains pensent même que l'incertitude entraînera des corrections assez sévères dans la première partie de l'année. Mais passé la crainte d'une récession aux États-Unis, la Bourse, soulagée, pourrait repartir. Les stratèges les plus optimistes la voient ainsi s'offrir une nouvelle hausse en 2007, mais sans doute plus modeste qu'en 2006 (de 5 à 7 %). Pour d'autres, plus pessimistes, elle finirait peu ou prou à son niveau de la fin 2006. Quoi qu'il en soit, dans un contexte général plus difficile, les grandes valeurs devront être privilégiées. Ces dernières années, en effet, elles avaient été éclipsées par les valeurs des petites et moyennes entreprises. Mais celles-ci ont davantage souffert de la correction boursière du printemps dernier et elles n'ont pas repris l'avantage depuis.

Un marché immobilier en net ralentissement.

Jusqu'ici, les acheteurs de biens immobiliers ont pu faire face à la flambée des prix grâce à la baisse des taux du crédit et à l'allongement de la durée des prêts, jusqu'à 25 ou 30 ans. Mais ce mouvement atteint aujourd'hui ses limites. Les professionnels souhaitent donc un atterrissage en douceur du marché, pour éviter un retournement brutal. Il semble se concrétiser. Selon la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), les prix, qui avaient augmenté en France de 15,5 % en 2004 et de 10,3 % en 2005, devraient augmenter de 6 % environ en 2006. La hausse des prix ralentit donc. En octobre dernier, elle a été de 0,7 %, et de 0,1 % seulement sur 3 mois. Même si certaines voix s'élèvent encore pour prédire une prochaine baisse des prix en raison des nombreuses constructions de nouveaux logements, le prix du m2 devrait globalement, au pire, stagner et, au mieux, augmenter encore de quelques points. Autrement dit, investir aujourd'hui dans la pierre ne devrait pas offrir de potentiel de plus-value important à court terme. Cependant, cet investissement reste intéressant en raison de prêts à des taux encore très attractifs malgré la légère remontée de 2006 (voir p. 26).

Obligations, fonds en euros de l'assurance vie : il devient plus difficile de vivre de ses rentes

Les épargnants qui souhaitent tirer des revenus de leurs placements (pour compléter leur retraite, par exemple), s'appuient souvent sur les contrats d'assurance vie, les Sicav obligataires, voire sur les parts de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). Dans les deux premiers cas, le niveau toujours assez bas des taux à long terme va continuer à peser sur les rendements en 2007.

L'assurance vie continuera à baisser.

Les rémunérations servies au titre de l'année 2006 sur les contrats d'assurance vie en euros ou les fonds en euros des contrats multisupports devraient encore reculer de 0,10 à 0,30 % selon les assureurs, par rapport à celles de 2005. Les rendements, qui se situaient l'an dernier autour de 3,80 ou 4 % (notamment dans les banques), pourraient ainsi se rapprocher de 3,50 ou 3,80 %, tandis que ceux qui étaient à 4,50 ou 4,30 % en 2005 vont tendre vers 4 %. Ces taux s'entendent nets de frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux et fiscalité. Si un bon fonds en euros continue donc de protéger correctement le capital épargné d'une inflation limitée, son rendement net devient de plus en plus modeste. Pourquoi cette baisse ? Les fonds en euros sont adossés à des obligations. Celles souscrites de longue date et conservées en portefeuille versent toujours des intérêts élevés, mais elles viennent peu à peu à échéance. Les capitaux (ainsi que les nouveaux versements des souscripteurs) doivent alors être réinvestis dans de nouvelles obligations bien moins rentables, puisque les emprunts d'État ont stagné autour de 3,80 % l'an dernier. Même si certains assureurs disposent encore d'obligations souscrites à la belle époque des taux élevés et s'ils peuvent puiser dans leurs plus-values boursières lorsqu'ils ont diversifié une partie de leurs portefeuilles, cette baisse des rendements devrait encore se poursuivre dans les prochaines années. Il est peu probable que les taux d'intérêt des obligations remontent suffisamment à brève échéance pour changer la donne.

Les Sicav obligataires sont pénalisées.

À la mi-novembre, selon les statistiques d'Europerformance, leurs performances étaient en moyenne quasi nulles depuis le début de 2006. En effet, elles dépendent pour l'essentiel de l'évolution des taux d'intérêt à long terme (10 ans et plus). Or, ceux-ci ont légèrement augmenté sur cette période, ce qui a fait baisser les cours des obligations. Lorsque les taux montent, en effet, une obligation déjà souscrite voit son prix de vente baisser pour offrir à son acquéreur le même rendement qu'une obligation nouvellement émise. Les portefeuilles des Sicav et FCP ont subi très souvent des moins-values que les revenus (coupons) versés par les titres en portefeuille ont, en moyenne, à peine compensées. Le même scénario risque-t-il de se reproduire en 2007 ? Les professionnels sont partagés. Certains estiment que les taux à 10 ans vont rester stables, de l'ordre des 3,70 ou 3,80 % observés durant l'automne, car le ralentissement de l'économie mondiale et la baisse des craintes inflationnistes n'incitent pas à une remontée des taux à long terme. D'autres jugent ce niveau anormalement bas, car la croissance économique, même ralentie, devrait quand même être honorable l'an prochain. Pour eux, les taux à 10 ans devraient se hisser autour de 4,2 % au cours de 2007, ce qui serait plus proche de la normale. Conclusion : il y a peu à gagner sur les Sicav obligataires si les taux restent stables et beaucoup à perdre s'ils remontent.

Les rendements locatifs des SCPI s'effritent.

La plupart des SCPI gèrent des immeubles de bureaux et reversent aux épargnants les revenus locatifs, nets de frais de gestion, mais soumis à la fiscalité sur les revenus fonciers. Depuis plusieurs années, leur rendement annuel oscille entre 6 % et 7 % en moyenne. En 2005, selon l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF), il a été de 6,72 % pour les SCPI de rendement. Mais il a tendance à s'effriter et une légère baisse sera sans doute observée en 2006. En effet, alors que les revenus locatifs versés restent assez stables, le prix des parts s'apprécie (+ 6,17 % en 2005), en raison de la hausse des prix du m2 de bureaux et de la forte demande des souscripteurs. Ceci valorise le patrimoine mais entraîne une diminution progressive des rentabilités locatives. Cette tendance devrait se poursuivre en 2007. Attention, les SCPI sont aussi volatiles que l'immobilier lui-même. Pendant la crise des années 90, par exemple, les rendements et le prix des parts avaient fondu. Cependant, en 2007, les épargnants tentés par cette formule auront davantage de choix, puisque devraient apparaître, au premier semestre, les Organismes de placement collectif en immobilier (OPCI), proches des SCPI, mais plus souples à gérer et pourvues d'options fiscales plus étendues.

Crédits immobiliers : les taux fixes favorables aux emprunteurs

Les emprunteurs immobiliers ont vu en 2006 l'écart entre les prêts à taux révisable et ceux à taux fixe se réduire. En effet, les premiers suivent les taux à court terme, poussés, comme on l'a vu, à la hausse cette année par la Banque centrale européenne, alors que les seconds reflètent le niveau des taux d'intérêt à long terme, qui se sont appréciés jusqu'à la rentrée 2006, avant de redescendre autour de 3,70 % ou 3,80 %. Selon le courtier en crédit Meilleurtaux.com, un crédit à taux fixe sur 15 ans se négociait à la mi-novembre entre 3,70 % et 4,05 % hors assurance, selon la qualité du dossier, contre 3,40 % et 3,65 % pour un prêt à taux révisable. Comment ces taux vont-ils évoluer en 2007 ? Sur cette question, les professionnels sont partagés. Certains parient sur un statu quo à la BCE, tandis que d'autres, au contraire, croient à une nouvelle hausse des taux directeurs de la banque centrale. Les premiers pensent donc que les taux révisables vont rester à leur niveau actuel, les seconds qu'ils pourraient rejoindre le niveau des taux fixes. En ce qui concerne l'évolution de ces derniers, les avis sont plus convergents : au mieux le statu quo, au pire une légère progression. Ce qui renchérirait un peu le coût de l'emprunt. Seule certitude : à la prochaine date de révision fixée par leur contrat de prêt, ceux qui ont souscrit un crédit à taux révisable indexé sur l'Euribor à 3 mois vont probablement voir leur banque le relever puisque le loyer de l'argent sur le marché monétaire européen a considérablement augmenté en 2006.

Catherine Clément


Mots-clés :

ASSURANCE VIE , BOURSE , CREDIT , CREDIT IMMOBILIER , EPARGNE , LIVRET D'EPARGNE , OBLIGATION




Outils pratiques :
 

Bannière Choix patrimoniaux

bannier la lettre des placements

Forum bannière

Préparer votre retraite
Faites appel à un expert pour anticiper et compléter vos futurs revenus

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Simulateur Assurance vie 300*250

Bannière e-Particulier