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Savoir concilier études et travail d'appoint

Savoir concilier études et travail d'appoint
Septembre 2003
Le Particulier n° 968, article complet.
Auteur : MASSON (Chantal)

Pour s'offrir des loisirs ou financer leur permis de conduire, nombre d'étudiants travaillent à temps partiel. Pour que cette activité rémunérée ne nuise pas à leurs études et, si possible, les prépare à leur avenir, mieux vaut éviter les petits boulots trop prenants.

Il faut veiller à doser son activité salariée afin qu'elle n'empiète pas trop sur le temps d'étude

Pascale, étudiante à la fac de lettres, en licence d'anglais, s'occupe d'enfants chaque mercredi, et parfois une partie des vacances scolaires, dans un centre de loisirs. "Après avoir obtenu mon brevet d'aptitude à la fonction d'animation (Bafa), j'ai trouvé cet emploi d'animatrice tout près de chez moi. Cela me laisse suffisamment de temps pour étudier et me permet d'acheter mes vêtements, de financer mes loisirs et de payer l'essence de ma voiture."

Rien d'extraordinaire à cette situation : 77 % des étudiants travaillent à temps plein ou à temps partiel, tout en poursuivant leurs études universitaires. Pour certains, travailler est indispensable pour pouvoir vivre pendant leurs études, même lorsqu'ils bénéficient d'une bourse. Pour d'autres, il s'agit davantage de s'offrir les petits plus que les parents hésitent à leur payer. Louis Gruel, sociologue à l'université de Rennes et chargé d'études à l'Observatoire de la vie étudiante (OVE), explique que "si dans les années 60, seuls les étudiants issus de milieux populaires ayant vraiment besoin d'argent travaillaient, aujourd'hui, les activités salariées concernent tous les milieux sociaux. On constate malgré tout que ce sont les étudiants les plus modestes qui, généralement, travaillent davantage (au moins 6 mois dans l'année) et effectuent les tâches les plus dures (gardiennage de nuit, par exemple). Les enfants de cadres préfèrent en général des tâches plus légères et moins prenantes (garde d'enfants notamment)".

La majorité des étudiants se transforme ainsi le temps d'une soirée, d'un week-end ou davantage, en baby-sitter, en vendeur ou en caissier, en serveur de restaurant, en professeur pour des cours particuliers ou en animateur dans des centres de loisirs ou de vacances. Bien entendu, les étudiants qui entrent en première année de pharmacie, de médecine ou dans des classes préparatoires aux concours des grandes écoles n'ont pas le loisir de faire autre chose que d'étudier. Leurs horaires comportent, en effet, une soixantaine d'heures par semaine environ, (30 heures de cours + 30 heures de travail personnel), contre moins de la moitié (13 heures de cours + 13 heures de travail personnel) en Deug de sciences humaines, par exemple. "Ces étudiants ont passé un véritable contrat moral avec leurs parents : vous financez tous mes besoins pendant mes études et moi, je me charge de réussir", explique Louis Gruel. Inutile donc de les inciter à trouver un travail à côté. Tout juste les parents peuvent-ils les encourager, s'ils ont vraiment besoin de gagner de l'argent, à travailler pendant l'été, histoire d'engranger suffisamment pour l'année à venir.

Il est préférable de trouver un job en rapport avec ses études.

Quelques cursus universitaires ou programmes de grandes écoles prévoient la possibilité d'exercer des activités rémunérées. Des gardes de nuit à l'hôpital pour les étudiants en médecine ou des stages en entreprises pour les élèves d'écoles d'ingénieurs, par exemple. Mais tout le monde ne peut pas avoir accès à ces jobs intégrés aux études. Lorsque la filière ne prévoit pas ces possibilités d'emploi, il est préférable de chercher un travail en rapport avec ses études. Ce qui permet de se faire une idée concrète de sa future activité professionnelle. Ainsi tous ceux qui se destinent à l'enseignement ou, tout simplement, qui ont la fibre pédagogique, peuvent donner des cours particuliers. Un bon moyen pour tester ses aptitudes tout en gagnant sa vie. "Les étudiants qui assurent environ une dizaine d'heures de cours par semaine peuvent gagner en moyenne 530 € par mois", affirme Romain Richy d'Acadomia, une société spécialisée dans ce domaine, et qui se charge de mettre en contact parents et professeurs. Pour être retenus, les candidats doivent avoir au moins 3 années de fac. Les plus demandés sont ceux capables d'enseigner les mathématiques, la physique, les langues et le français. De même Aurélien, étudiant en deuxième année de BTS action commerciale, met en pratique ce qu'il apprend à la fac, chaque samedi dans une petite société qui commercialise des ordinateurs d'occasion : "au contact des clients, les notions apprises en cours deviennent beaucoup moins théoriques

"

Moins gratifiants mais permettant de mettre un pied dans l'institution : les postes de surveillant d'externat ou d'internat dans les collèges et lycées. À condition d'avoir entre 19 ans et 29 ans et de s'y prendre dès le mois de mars pour l'année suivante, on peut postuler pour un poste à temps plein (32 heures par semaine) ou à mi-temps (16 heures par semaine). Les critères de sélection sont principalement la situation sociale de l'étudiant, la qualité de son parcours universitaire, son projet professionnel et l'expérience éventuellement acquise dans l'animation de groupes.

Choisir un petit boulot dans un secteur vers lequel on se dirige est aussi un bon moyen d'éviter de faire fausse route. Pascale, après ses études d'anglais, pensait devenir enseignante. Or, en travaillant dans un centre de loisirs, "je me suis rendu compte que s'occuper d'enfants à longueur de journée demande une énergie que je ne suis pas sûre de pouvoir donner tout le temps."

Un petit boulot peut déboucher sur une future embauche.

Mais même si l'emploi trouvé est loin de ce que l'on désire faire plus tard, il a le double mérite de faire connaître les réalités du monde du travail et, surtout, de remplir un premier curriculum vitæ. Pour Viviane Naslet, directrice de l'agence ANPE jeunes d'île-de-France, qui tient bureau au Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ) de Paris, travailler pendant ses études "est un bon moyen de développer son autonomie, d'acquérir un certain sens des responsabilités, de connaître son potentiel mais aussi ses limites, d'apprendre à savoir dire non, bref de se construire et de mûrir". Sans compter qu'une première expérience acquise au cours d'un job précaire ou saisonnier peut déboucher, une fois les études finies, sur un vrai travail. "Il n'est pas rare que la grande distribution ou des entreprises comme Euro Disney fassent de ces étudiants en emplois temporaires une véritable pépinière qui leur sert ultérieurement à recruter leurs futurs cadres", ajoute-t-elle. Ce que confirme Nathalie Gosselin, responsable recrutement et gestion des carrières chez Ikea France, qui emploie tout au long de l'année environ 26 % de salariés étudiants travaillant une quinzaine d'heures par semaine en moyenne. "Pour l'entreprise, ces étudiants représentent un véritable vivier de recrutement dans lequel nous puisons. Un jeune vendeur, une fois son BTS action commerciale ou force de vente réussi, peut devenir chef de rayon, par exemple".

Choisir entre missions ponctuelles ou travail à temps partiel.

Faire du baby-sitting quelques soirées par mois, participer à l'inventaire d'un magasin sur quelques jours, jouer les hôtesses d'accueil le temps d'un salon, d'un match de foot ou d'un concert, bref travailler ponctuellement, est la solution adoptée par les étudiants qui préfèrent se réserver du temps pour étudier au moment stratégique. C'est le choix d'Ana, en maîtrise de cinéma : "J'ai gardé des enfants, distribué des prospectus, préparé les petits déjeuners dans un hôtel, fait du télé-conseil pour un opérateur téléphonique et du secrétariat-accueil dans une société d'outplacement. Mais, dès le printemps, lorsque les examens approchent, j'arrête quasiment tout". D'autres préfèrent la régularité des revenus d'un travail à temps partiel tout au long de l'année, au risque de peiner au moment des examens. Marine, étudiante en droit, en a fait l'expérience. Du début à la fin de la période universitaire, elle a préparé les hamburgers dans un établissement de restauration rapide... mais elle a aussi loupé son année de Deug. "L'ambiance était très sympa car tout le personnel était jeune, y compris le manager, mais c'était assez stressant. De plus, en raison des changements de personnel fréquents, on vous propose de faire des heures en plus pour boucher les trous. On peut difficilement refuser sans se faire mal voir. Et la vingtaine d'heures par semaine devient vite 30 heures". La restauration rapide n'est pas la seule à tendre le piège du travail à temps partiel qui se transforme en plein temps. Dans la restauration classique aussi, qui peut rapporter pas mal grâce aux pourboires, les horaires sont souvent élastiques. Ainsi Isabel, inscrite en faculté de lettres, est serveuse dans une brasserie, trois soirs par semaine, de 20 h 30 à 1 heure du matin. Soit 3 heures et demie par soirée. Enfin théoriquement, car "on est tributaire des derniers clients qui retardent la fermeture et on finit très souvent à 2 heures du matin". Même s'il est difficile de toujours refuser, il faut éviter de se laisser envahir. Contrôler cette situation fait d'ailleurs partie de l'apprentissage de la vie professionnelle. Car, pour un étudiant, la sanction d'un redoublement ou d'unités de valeur à repasser en septembre est trop lourde comparée à des gains engendrés par des heures supplémentaires éventuellement mieux rémunérées. "Quand on consacre à son activité professionnelle plus de 6 mois par an, les risques d'échec universitaire sont importants, alors qu'un petit job n'a aucune incidence sur les résultats aux examens", confirme Louis Gruel.

Rechercher un job d'appoint exige aussi méthode et professionnalisme.

Mais avant d'être en mesure de choisir le boulot idéal, encore faut-il le dénicher. En général, les étudiants trouvent des emplois à temps partiel d'abord grâce à leurs copains, ensuite grâce aux relations de leurs parents, enfin par le biais des petites annonces qu'ils déposent chez les commerçants. Mais on peut aussi adopter une démarche plus professionnelle, comme s'inscrire dans une agence ANPE et ainsi profiter non seulement des offres d'emploi qui y sont déposées, mais aussi de conseils de spécialistes pour apprendre à rédiger un CV, une lettre de motivation, etc. Il est aussi conseillé d'éplucher les petites annonces dans les centres d'information pour la jeunesse et les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) et, bien entendu, de visiter les sites Internet d'emplois. Une méthode moins courante et pourtant très efficace est de pousser la porte d'une agence d'intérim, tout au long de l'année, mais aussi au mois de juin, une fois les examens terminés, car "à cette époque de l'année, les employeurs remettent à la rentrée de septembre leurs projets d'embauche et préfèrent employer des intérimaires en attendant", précise Djamila Legoff, responsable d'une agence Exselsia à Paris, spécialisée dans les emplois du secteur tertiaire. En effet, les organisateurs de salons ou les centres d'appel sont preneurs de main-d'œuvre étudiante acceptant des horaires souples. "C'est un bon moyen d'avoir un premier contact avec une entreprise, de tisser des liens au fur et à mesure, de connaître le nom du directeur des ressources humaines que l'on pourra contacter directement une fois les études finies, pour postuler à un emploi à la mesure de son diplôme", ajoute Djamila Legoff. Dans son agence, les étudiants représentent, en moyenne, 10 % de sa clientèle en cours d'année et 20 % l'été. Des emplois généralement rémunérés au Smic.

Il ne faut pas non plus négliger les services fonctionnant à des horaires que les salariés chargés de famille délaissent : les centres d'appels téléphoniques pour donner des renseignements ou faire de la vente ; les musées pour surveiller les salles le temps des nocturnes et des week-ends ; les hôtels pour tenir la réception, les gardiens de nuit, ou pour s'occuper des petits déjeuners, tôt le matin ; les salles de spectacles pour se transformer en caissiers, ouvreuses, hôtes ou hôtesses ; les magasins comme vendeurs en période de soldes, de fêtes, les dimanches et jours fériés ou en nocturne, la distribution pour aider aux inventaires... Il n'y a plus qu'à choisir

Chantal Masson

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Mots-clés :

CONTRAT DE TRAVAIL , DEMISSION , DUREE DU TRAVAIL , ENSEIGNEMENT SUPERIEUR , ETUDIANT , JEUNE , LICENCIEMENT




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