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Pour profiter d'un bon feu de bois chez soi

Pour profiter d'un bon feu de bois chez soi
Décembre 2003
Le Particulier n° 971, article complet.
Auteur : GANTIER (Jean-Léon)

Disposer d'une cheminée dans un appartement représente un agrément enviable. Mais il faut respecter les contraintes imposées par la copropriété et la réglementation, en matière de ramonage notamment, et... trouver du bois à brûler !

Ne négligez pas la sécurité si vous voulez passer de paisibles soirées au coin du feu

Passer une soirée au coin du feu est un plaisir courant pour ceux qui vivent en maison individuelle, mais plutôt un luxe pour ceux qui résident en appartement. En effet, pour pouvoir jouir de cet agrément en habitat collectif, il faut d'abord s'assurer que le règlement de copropriété n'interdit pas l'usage des cheminées (ce qui est plutôt rare, mais si vous êtes locataire, votre contrat de bail peut prévoir une telle interdiction). Il convient ensuite de prendre un certain nombre de précautions (ramonage, assurance) et il faut enfin se soucier de son approvisionnement en bois. Ce qui, en ville, n'est pas évident : la difficulté de stocker des bûches impose souvent un approvisionnement au coup par coup et donc au prix fort.

Le ramonage est obligatoire deux fois par an.

Le ramonage est une obligation légale, en maison comme en appartement. Dans chaque département, en effet, un "règlement sanitaire départemental" impose un ramonage des conduits deux fois par an, dont un pendant la période d'utilisation de la cheminée. Cette opération, indispensable, permet d'éviter que la suie accumulée sur les parois ne s'enflamme, causant un feu de cheminée. Cet accident, reconnaissable au puissant ronflement qui se dégage de la cheminée, peut endommager sévèrement le conduit et mettre le feu à l'immeuble. En cas de dégradation du conduit ou d'incendie dû à un défaut de ramonage, votre responsabilité civile peut être engagée, voire votre responsabilité pénale, si le sinistre a fait des victimes. Il est donc exclu de faire l'impasse sur cette opération, sous prétexte d'économies. Votre contrat d'assurance habitation peut d'ailleurs vous l'imposer. Bien entendu, si vous ne vous servez jamais de votre cheminée, il n'est pas nécessaire de la faire ramoner.

Le ramonage incombe à l'utilisateur de la cheminée.

La plupart des règlements de copropriété classent le conduit de cheminée dans les parties communes de l'immeuble, au même titre que le gros œuvre ou la toiture, par exemple. Si le règlement de copropriété ne précise rien, c'est automatiquement le cas, en vertu de l'article 3 de la loi de 1965 sur la copropriété (voir notre Guide de la copropriété de juin 2002). Par conséquent, en principe, les syndics devraient prendre l'initiative des ramonages. Cependant, en pratique, les règlements de copropriété obligent quasi systématiquement les propriétaires à faire ramoner leurs cheminées à leurs frais (obligation qui est normalement reprise dans les contrats de bail des locataires) et rappellent que chaque occupant est responsable des dégâts occasionnés par un feu de cheminée qui se serait déclaré à partir de son installation. Une telle disposition répond essentiellement à des considérations pratiques, à savoir la difficulté pour le syndic d'accéder facilement à tous les appartements, ce qui suppose que tous les intéressés soient présents lors du passage des ramoneurs ou qu'ils confient leurs clefs à un tiers, au gardien par exemple. En conséquence, chacun doit s'occuper de son propre ramonage.

Contactez un professionnel qualifié.

Pour un ramonage efficace, adressez-vous à une entreprise ayant pignon sur rue. Interrogez votre syndic (ou vos voisins, si leur appartement est équipé d'une cheminée), consultez les pages jaunes de l'annuaire, mais refusez les services de ramoneurs itinérants, qui font du porte à porte ou qui laissent un avis de passage dans le hall de l'immeuble et qui, bien souvent, ne sont équipés que d'un aspirateur

Alors que, pour éliminer la suie et autres dépôts tapissant l'intérieur du conduit, un ramonage digne de ce nom doit consister à en gratter les parois à l'aide d'une brosse métallique, le "hérisson". Certains professionnels ramonent le conduit "à l'ancienne", à partir du toit de l'immeuble. D'autres procèdent depuis l'intérieur du logement. Dans tous les cas, un ramonage sérieux prend au moins une demi-heure. À la fin de son intervention, le professionnel doit vous remettre un certificat daté attestant du ramonage. Attention, l'emploi d'une "bûche ramoneuse" ou tout autre technique de ramonage chimique ne vous dispense aucunement du ramonage mécanique, qui reste indispensable.

Des prix variables d'une entreprise à une autre.

Dans certains immeubles, les copropriétaires désignent en assemblée générale l'entreprise à qui sera confié le ramonage, après étude de différents devis. Généralement, l'entreprise ainsi "officiellement" chargée du ramonage, prévient à l'avance les copropriétaires de ses dates de passage, afin que les intéressés puissent prendre rendez-vous. Bien que chacun reste libre, s'il le souhaite, de s'adresser au professionnel de son choix, cette formule permet aux copropriétaires de bénéficier de prix plus intéressants. Les prix d'intervention des ramoneurs étant en effet totalement libres, ils peuvent varier fortement d'un professionnel à l'autre. À Paris, il faut généralement compter entre 55 et 80 € par conduit. Cette somme englobant les frais de déplacement (qui peuvent représenter jusqu'à la moitié du coût de l'intervention), organiser avec d'autres propriétaires le ramonage de plusieurs cheminées le même jour permet d'alléger la facture de chacun. Par exemple, si le ramonage coûte 60 €, dont 28 € de déplacement, vous entendre avec trois autres copropriétaires permet de faire baisser les factures individuelles à 40 €.

L'entretien des conduits incombe à la copropriété.

Si les frais de ramonage sont à la charge de chaque occupant, en revanche, l'entretien des conduits de cheminée, parties communes de l'immeuble, incombe à la copropriété. Sauf cas d'urgence, la décision d'effectuer les réparations doit donc être prise en assemblée générale. La majorité requise est la majorité simple, dite de l'article 24. Il s'agit de la majorité des voix (les millièmes) exprimées des copropriétaires présents ou représentés à l'assemblée (qui ne tient pas compte des abstentionnistes). Tout copropriétaire peut contacter le syndic pour lui demander d'inscrire la question des travaux à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale annuelle. Si le syndic refuse, le copropriétaire a la possibilité de faire compléter l'ordre du jour initial, dans les 6 jours qui suivent la réception de la convocation à l'assemblée (pour plus de précision sur cette procédure, voir notre spécial Copropriété d'avril 2001). Mais il devra alors communiquer au syndic des devis d'entreprises, afin que les copropriétaires puissent voter en toute connaissance de cause. Sinon, sa requête ne pourra être prise en compte. Si l'assemblée refuse d'approuver la réfection des conduits, parce que la plupart des copropriétaires n'utilisent plus leur cheminée, par exemple, l'intéressé n'aura d'autre recours que de saisir le tribunal de grande instance. Il devra alors invoquer "l'abus de majorité" pour faire annuler la décision. Il lui faudra prouver que la résolution de l'assemblée est contraire à l'intérêt général de la copropriété. Autre solution, coûteuse pour le copropriétaire mais qui permet d'éviter les frais d'un procès : demander à l'assemblée générale l'autorisation de faire effectuer à ses frais la réfection de son conduit. L'accord doit alors être donné à la majorité des voix (ou millièmes) de tous les copropriétaires, avec la possibilité d'un second vote à la majorité simple.

Installer une cheminée en profitant d'un ancien conduit.

Si vous achetez un appartement dans un immeuble ancien et que vous découvrez un conduit de fumée désaffecté, vous pouvez avoir envie de faire installer une cheminée. Dans la mesure où le conduit de fumée existe, ce projet ne nécessite pas, à notre avis, l'autorisation de l'assemblée générale des copropriétaires. Cependant, un certain nombre de précautions s'imposent. Tout d'abord, il convient de vérifier auprès du syndic que l'utilisation des cheminées n'est pas interdite par le règlement de copropriété ou une décision d'assemblée générale. Ensuite, il faut s'assurer que la suppression de l'ancienne cheminée n'était pas motivée par des considérations de sécurité (conduit en mauvais état, risques d'affaissement du plancher, etc.). Avant de se lancer dans des travaux coûteux, il est donc prudent de faire examiner l'état du conduit par une entreprise spécialisée. Cet examen peut être pratiqué à l'aide d'une minicaméra glissée dans le conduit (ce qui coûte au moins 300 €) et son étanchéité peut être contrôlée par l'utilisation d'un produit fumigène (comptez entre 115 et 200 € pour cette opération, toujours couplée avec un ramonage). D'une manière générale, l'installation d'une cheminée est une opération complexe répondant à des exigences précises, tant au niveau des matériaux utilisés que des dimensions du conduit ou de celles de la pièce. Il est donc totalement exclu de concevoir et d'installer vous-même votre cheminée. Dernière formalité indispensable : informer votre assureur de votre projet et prévenir le syndic pour qu'il en avise à son tour l'assureur de la copropriété. En effet, la création d'une cheminée entraîne une augmentation du risque d'incendie. Or, tout événement aggravant ce risque doit être déclaré à l'assureur qui peut alors, éventuellement, augmenter la prime.

Enfin, sachez qu'il est rarement possible de faire installer un insert dans une cheminée d'appartement, pour accroître son rendement. En effet, les conduits de cheminée anciens sont généralement trop étroits par rapport aux normes en vigueur pour l'installation d'un insert.

Le problème de l'approvisionnement en bois.

Lorsqu'on vit en appartement, il est difficile de stocker une grande quantité de bois, sauf si l'on dispose d'une cave suffisamment grande et sèche. C'est pourquoi de nombreux copropriétaires achètent leur bois, au coup par coup, en filets de 40 ou de 80 litres. On trouve aisément ces filets en vente dans les stations-service, chez les quincailliers ou dans les grandes surfaces de bricolage... Un filet de bûches longues de 30-33 cm, d'un volume de 80 litres, est vendu entre 9 et 13 € (soit entre 90 et 130 € le stère). Avant l'achat, vérifiez si le bois est sec, pouvant ainsi être utilisé immédiatement. Parfois, les sacs de bûches sont stockés à l'air libre, ce qui garantit une grosse fumée plutôt qu'une bonne flambée. Certains négociants en bois acceptent de livrer les filets à domicile, dès lors que vous en commandez une certaine quantité (4 filets de 80 litres au minimum), mais quelques vendeurs acceptent de livrer à partir de deux filets. Le sac vous coûtera autour de 15 €, livraison comprise. Si vous avez des possibilités de stockage (en cave, sous un abri dans un jardin ou une cour privatifs), vous pouvez acheter du bois au stère (m3) chez un négociant. Pour en trouver un, vous pouvez consulter les pages jaunes de l'annuaire à la rubrique "combustibles" ou "bois de chauffage". Le plus souvent, la livraison n'est possible qu'à partir d'un stère et demi au minimum. Le stère revient alors entre 106 et 110 €, livraison comprise. En principe, le prix est légèrement dégressif en fonction de la quantité de bois livrée (à titre de comparaison, le stère de bois sec coupé et livré revient de 35 à 50 € environ, en zone rurale et selon les régions). Pour éviter les mauvaises surprises, n'oubliez pas de vous faire préciser si le service de livraison comprend le transport du bois jusqu'à votre cave, car ce n'est pas toujours le cas. Sinon, les bûches seront versées en vrac sur le trottoir. D'une manière générale, évitez d'acheter du bois par l'intermédiaire des petites annonces des journaux gratuits : vous n'avez souvent aucune garantie sur l'essence du bois et son degré de séchage. Jean-Léon Gantier


Mots-clés :

CHAUFFAGE INDIVIDUEL , CHEMINEE , COPROPRIETE , RAMONAGE




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