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Rempailler ou canner des sièges

Rempailler ou canner des sièges
Avril 2008
Le Particulier pratique n° 334, article complet.
Auteur : BARRON (Edwige)

Chaises rustiques régionales, radassiers provençaux, duchesses cannées, rocking-chairs de Thonet... quand la paille est cisaillée et le cannage défoncé, il faut, pour les remettre en état, dénicher le bon artisan. Là, l'affaire se corse, car l'on craint de se faire rouler dans la farine tant ces métiers sont parfois exercés sans qualification. Voici quelques indices pour s'y retrouver.

Paillage fait main ou à la machine, ­comment les distinguer

Toujours aimablement rustique, le paillage, technique d'origine italienne, est, traditionnellement, composé d'herbes des marais (très longues, très solides) sur lesquelles on a enroulé à la main de la paille de seigle. Un seigle à grande tige, pas celui utilisé pour la farine, que l'on fend d'un coup d'ongle... Mais aujourd'hui, beaucoup d'artisans travaillent avec des rouleaux tout prêts de cordon à rempailler fabriqués en Chine. Il s'agit de paille de seigle enroulée, cette fois à la machine, autour d'une tige d'herbe de mer. Vous reconnaîtrez ce type de paillage en regardant dessous : l'aspect est le même que dessus, alors que, dans l'ouvrage traditionnel, seul le dessus est raffiné. Le résultat n'est pas vilain, mais ce brin dure moins longtemps que celui fait main : 18-20 ans, contre 30 ans. Parfois, le pailleur se simplifie encore la tâche en utilisant une âme de raphia (issue de feuilles de palmier). Plus facile à manipuler que l'herbe des marais, le raphia, trop solide, a, en revanche, tendance à user plus vite la paille extérieure, et à en provoquer le fendillement. Du moins quand il est employé seul, sans être mélangé à de l'herbe. Enfin, il y a bien pis, mais c'est du travail de vaurien : la paille enroulée sur une âme métallique, qui va abîmer le siège (car il a besoin de jouer), et même la paille de carton roulé, un produit italien peu décoratif.

La matière première n'est pas tout, l'ouvrage doit aussi être bien tendu, sinon la paille bouge et s'use rapidement. Il faut du métier pour réussir à tirer correctement les brins et obtenir un rendu régulier. Chaque pailleur a son style ; aussi est-il conseillé de confier une série de chaises à rempailler au même artisan, sinon on verra des différences. Quelle que soit la matière première, la taille du siège influe sur le devis : pailler une chaise rustique coûtera 60 € ; un modèle de salon (plus grand), 80 à 90 € ; un fauteuil, 150 à 170 €. Prévoyez 20 à 30 € supplémentaires lorsque les angles sont recouverts, ou quand l'assise n'est pas amovible. Comptez 200 à 220 € pour une petite banquette, car le travail mobilisera deux personnes.

Cannage à l'ancienne ou industriel, savoir déjouer les pièges

Les anecdotes fusent dès que vous questionnez les professionnels sur ce revêtement, moins rustique et plus recherché que le paillage. Sièges qui s'effondrent au bout de quelques heures, mobilier abîmé parce qu'on a posé du cannage industriel, sorte de tissu vendu en rouleau, sur des sièges anciens qui, évidemment, n'étaient prévus pour cela... les mésaventures sont nombreuses. Méfiance, donc.

Le cannage traditionnel s'effectue en passant des brins de rotin dans les trous percés à cette fin dans le châssis du siège. Il peut être plus ou moins serré (cela va du 8 mm pour du Louis Philippe au 13 mm pour du standard), et donc plus ou moins long à réaliser. L'artisan trace des lignes verticales, puis horizontales en tissant dessus-dessous, et enfin des diagonales. Les intervenants consciencieux font du six fils – deux verticaux, deux horizontaux, et deux en diagonale ; les autres se contentent du quatre fils. Parfois, des chevilles fixent la canne de rotin dans des trous préformés à la mèche. Un cannage à l'ancienne tient 30 ans pour l'assise, 50 pour le dossier.

Le cannage en rouleau est adapté aux meubles contemporains – par exemple, des chaises bistrot des années 1970 –, car une rainure est prévue dans ces sièges pour y glisser la tige de rotin. Il tiendra moins longtemps, parce qu'il comporte des nœuds, qui vont se retrouver au milieu de l'assise, et la fragiliser. C'est beaucoup plus rapide à poser, mais, curieusement, lors de notre enquête, les prix étaient les mêmes que pour la technique à l'ancienne 

Faire canner une chaise coûte de 70 à 114 € ; un fauteuil, entre 140 et 200 €, selon sa maniabilité (démontable ou non) et la superficie à couvrir. Pour de belles copies Louis XV réalisées au xixe siècle, bergères ou duchesses au cadre de noyer, les prix peuvent monter assez haut, surtout s'il s'agit d'un cannage entièrement chevillé.

Edwige Barron


Mots-clés :

ARTISAN , BRICOLAGE , DEVIS , MEUBLE




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