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Train, avion, voiture : voyagez au meilleur prix

Train, avion, voiture : voyagez au meilleur prix
Mars 2006
Le Particulier n° 999, article complet.
Auteur : DESHAYES (Sylvain)

Faut-il prendre l'avion, le train ou la voiture pour traverser la France ? Pas facile de choisir entre les deux premiers modes de transport, tant les grilles tarifaires sont opaques. Et avec l'automobile, le coût réel tout compris est prohibitif.

Pour un long trajet à deux, privilégiez l'avion et le train et réservez à l'avance

Vous partez à l'autre bout de la France pour les vacances, pour un week-end en amoureux ou pour rendre visite à la famille. Quel moyen de transport utiliser ? La SNCF redouble d'efforts pour proposer des billets moins chers. Air France et Easyjet (son seul réel concurrent en France) se livrent une guerre effrénée à coups de prix d'appel toujours plus bas. Quant à la voiture, elle reste le mode de déplacement le plus souple quand il s'agit de voyager à plusieurs, de porte à porte. Entre le train, l'avion et l'automobile, existe-t-il un moyen de transport moins cher, quels que soient les cas de figure ? Non, car tout dépend, entre autres, des jours de voyage, de l'âge des voyageurs et de la date d'achat du billet. Il faut donc élaborer une stratégie cohérente pour bénéficier des meilleurs tarifs.

Le prix unique du billet est une notion périmée.

Faites l'expérience sur Internet. Cherchez un tarif de train ou d'avion pour une destination précise à des dates différentes : le résultat est déroutant. Vous trouverez des billets dont le prix varie de un à dix. Ce désordre apparent repose en fait sur une technique de gestion parfaitement maîtrisée. Elle s'appuie sur deux principes. Premièrement, plus la demande est forte, moins il y a de places bon marché. "Dès que nos vols commencent à se remplir, les prix augmentent", explique Chantal de Grandcourt, responsable commerciale chez Air France pour les vols intérieurs. En règle générale, les départs en semaine tôt le matin et en fin d'après-midi sont les plus recherchés... et les plus chers. Il en va de même pour les retours de week-ends à partir du dimanche midi, les périodes de vacances scolaires et les jours fériés. Deuxièmement, le tarif varie avec la "souplesse" du billet : s'il est échangeable et remboursable, il coûte plus cher.

Avec l'avion, les places bon marché se dénichent 6 mois avant le décollage.

Prenons l'exemple de la ligne Paris-Nice. Air France applique de nombreux niveaux de prix dans une fourchette très large allant de 96 € à 653 € pour un billet aller-retour. Les tarifs d'Easyjet varient aussi beaucoup : de 69,88 € à 500 € (au 24 janvier 2006). Mais le quota de places bon marché n'est jamais le même d'un vol à l'autre. Parfois, les tarifs les plus attractifs (notamment l'aller-retour Paris-Nice à 96 € d'Air France), ne sont même pas disponibles sur les vols très demandés. Chez Easyjet, "15 % des places sur chacun des vols sont vendues au prix d'appel", assure François Bacchetta, directeur général. En fait, le nombre de places disponibles à prix cassé reste un secret jalousement gardé par toutes les compagnies. L'idéal consiste donc à prendre vos billets dès que vous connaissez vos dates de voyage, sachant qu'Air France les met en vente un an à l'avance et Easyjet, 6 mois à l'avance. De plus, il est préférable de les acheter sur Internet pour minimiser les "frais de service" (ils sont limités à 5 € pour Air France et compris dans le prix annoncé pour Easyjet). Enfin, si les prix d'appel d'Easyjet sont inférieurs à ceux d'Air France, il serait faux d'en conclure que le premier est toujours meilleur marché. Pour un trajet donné, à une date donnée, si une compagnie n'a pas suffisamment rempli son avion, elle fera une entorse à ses principes de tarification et proposera des réductions au dernier moment. Il faut systématiquement comparer. Ainsi, Air France met régulièrement en vente des billets en promotion comme ces Paris-Marseille et Paris-Montpellier aller-retour à 82 € sur certains vols, jusqu'au 31 mars 2006. Cependant ces offres ne sont pas toujours faciles à trouver. Pour connaître les promotions d'Air France sur Internet, il faut cliquer en haut, à droite, sur l'onglet "réservations et promotions". Et, en agence, il faut solliciter les vendeurs pour qu'ils les présentent.

En dehors des prix d'appel, l'avion offre peu de réductions.

Pour les jeunes, les seniors et les familles, l'avion propose peu d'avantages. Chez Easyjet, (www.easyjet.fr/) seuls les enfants de moins de 2 ans qui sont installés sur les genoux de leurs parents paient un tarif fixe de 10 €. De son côté, Air France propose des tarifs famille, enfant, jeune et senior (disponibles jusqu'à la veille du départ), mais dans la limite du quota de places qui leur sont réservées. L'avantage commercial consenti en faveur de ces catégories de voyageurs est plus théorique que réel. Pour en bénéficier, il faut s'y prendre longtemps à l'avance et/ou emprunter de préférence un vol peu demandé (en milieu de journée en semaine et hors vacances scolaires). Par ailleurs, une personne de plus de 60 ans paiera 109 € (tarif senior) pour un Paris-Nice (non échangeable et non remboursable), à condition qu'il reste des places à ce tarif, alors qu'elle ne paiera que 96 € si elle achète son billet au moins 30 jours avant le départ (tarif évasion). Difficile de s'y retrouver

La clientèle des jeunes (moins de 24 ans) paraît mieux traitée puisque nous avons très facilement trouvé des tarifs réduits pour eux. Toutefois, la complexité de la grille tarifaire d'Air France est telle que l'usage du site Internet de la compagnie (www.airfrance.fr) ou l'achat auprès d'une agence restent les meilleures solutions.

Avec le train, sachez tirer parti d'une vraie politique de remises.

Le prix du billet de train en fonction du kilomètre parcouru appartient à une époque révolue : désormais, la SNCF applique les mêmes critères de tarification que les compagnies aériennes. À une exception près : elle pratique une vraie politique de réductions (voir planche ci-contre). Les cartes Escapades, Senior, 12-25 et Enfant+ permettent d'obtenir des remises de 25 ou 50 % par rapport au plein tarif sur tous les trajets. Toutefois, trouver une place à – 50 % n'est jamais automatique et dépend d'un quota réservé. Comme pour le transport aérien, la SNCF refuse de communiquer le nombre de places disponibles à un tarif donné

Et ses cartes commerciales, valables un an, ne sont pas gratuites (voir sur www.voyages-sncf.com). Faute de carte, les voyageurs peuvent bénéficier de billets dits Découverte. Mais, là encore, la perspective d'obtenir 25 % de réduction demeure très aléatoire, la compagnie n'annonçant jamais si elle propose ou non des billets de ce type dans le train souhaité.

La SNCF a développé en outre une politique de prix cassés : les billets Prem's et l'iDTGV. Avec Prem's, les voyageurs peuvent obtenir un tarif très intéressant en réservant, par tous les canaux (guichets, Internet, agences), 3 mois avant le départ. Même si son fonctionnement reste assez opaque, le système comporte plusieurs niveaux de prix dont le plus connu, 29 €, est aussi le plus rare. En cas de promotion, l'aller simple peut même descendre à 20 €. Certes, les places étant contingentées, il ne faut pas hésiter à réserver dès la première heure du premier jour de la mise en vente. En parallèle, la SNCF a lancé, sur les lignes à grande vitesse Paris-Toulon, Paris-Marseille et Paris-Bordeaux-Toulouse, le système iDTGV, exclusivement disponible sur Internet. Les destinations Aix-en-Provence, Saint-Raphaël, Cannes et Nice ouvriront le 3 avril 2006. À condition de s'y prendre tôt (les réservations sont ouvertes 4 mois à l'avance), les billets les moins chers sont vendus 19 € en 2e classe et 39 € en 1re classe. Certes, ces prix très avantageux ne concernent pour l'instant que peu de destinations et seulement un à deux trains par jour dans chaque sens. Enfin, si vous possédez une carte de réduction (Famille, Jeunes, Seniors, etc.), elle ne vous sera d'aucune utilité puisque les 25 % ou 50 % ne s'appliquent ni sur les Prem's, ni sur iDTGV. Un voyageur titulaire d'une carte Senior peut même trouver des offres encore plus intéressantes avec ces formules. Il paiera 258 € le Paris-Nice aller-retour (avec – 50 % sur l'aller et – 25 % sur le retour, par exemple) grâce à la carte Senior, mais seulement 205,60 € via l'iDTGV. Cependant, s'il est sûr de sa remise avec sa carte, il n'a aucune assurance de trouver une place avec Prem's ou iDTGV.

La voiture ne fait pas le poids.

En ne comptabilisant que la dépense d'essence et de péages, la voiture est bien plus économique que le train et l'avion. Un aller-retour Lille-Toulouse ne coûte que 220 € dans une berline familiale, un montant imbattable pour transporter jusqu'à cinq personnes. En revanche, si l'on retient le coût réel de la voiture, qui prend en compte son amortissement, les réparations, l'assurance, etc., l'addition dépasse 900 €. La référence est le prix de revient au kilomètre publié par notre confrère L'Auto-

journal (janvier 2006) ou par l'Ademe (www.ademe.fr). Ce chiffre, qui peut paraître exorbitant, représente un coût tout compris, de porte à porte. Il doit être rapproché du coût tout compris d'un trajet en avion ou en train qui nécessite des dépenses pour rejoindre les gares ou les aéroports : taxi, bus, voiture de location... De plus, la souplesse de l'automobile est inégalée. En revanche, compte tenu de la durée des trajets, l'avantage revient au train ou à l'avion. Pour choisir entre les deux, la comparaison des prix, en temps réel sur Internet, reste le meilleur moyen. Sur de grandes distances, là où la concurrence entre ces deux modes de transport a un sens, le train se révèle le plus souvent un peu moins cher (voir tableaux ci-dessous). Cela se vérifie en particulier sur les réservations à moins de 15 jours. La SNCF ayant une capacité de transport bien supérieure à celle de l'avion, elle offre davantage de prix attractifs. En revanche, pour des réservations à plus long terme, l'avion n'a pas dit son dernier mot. Certes, l'iDTGV propose des tarifs très agressifs. Mais il ne circule pas partout. Sur un trajet au départ de Lille vers le Sud de la France, l'avion reste très compétitif. De plus, l'atout prix du train doit être tempéré. Mettre une heure et demie pour aller à Toulouse depuis Lille en avion contre presque 8 heures avec la SNCF a de quoi faire réfléchir. Sylvain Deshayes


Mots-clés :

AUTOMOBILE , PRIX , TRANSPORT AERIEN , TRANSPORT FERROVIAIRE , VOYAGEUR




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