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Professionnel ou particulier à qui vendre sa voiture ?

Professionnel ou particulier à qui vendre sa voiture ?
Mai 2006
Le Particulier n° 1001, article complet.
Auteur : DESHAYES (Sylvain)

Vous obtiendrez un meilleur prix de votre voiture d'occasion en la vendant vous-même à un particulier. En suivant nos conseils vous choisirez un bon site Internet et saurez prendre les précautions qui s'imposent.

Il ne suffit pas de trouver un acheteur... encore faut-il qu'il soit bon payeur

Vendre sa voiture suppose de franchir avec succès deux étapes importantes : trouver un acheteur et encaisser son paiement. Pour trouver un acheteur, vous pouvez vous adressez à un professionnel de l'automobile ou vendre directement à un particulier. Sur plus de 5 millions de ventes de voitures d'occasion effectuées chaque année, environ la moitié s'opère par l'intermédiaire d'un professionnel. Cette solution a le mérite d'être rapide, pratique et financièrement sûre. L'autre formule, plus avantageuse d'un point de vue pécuniaire, réclame, en revanche, davantage de temps, à la fois pour fixer un prix correct, pour trouver un acquéreur et, enfin, pour être sûr d'être payé.

Le plus simple est de vendre sa voiture à un professionnel.

"La majorité des automobilistes qui vendent un véhicule de moins de 5 ans pour en acheter un neuf s'adresse au même professionnel pour les deux opérations", témoigne Bruno Courtois, concessionnaire Peugeot et spécialiste de l'occasion dans les Yvelines et en Bretagne. Il est vrai que la formule ne manque pas d'atouts. Vous pouvez vendre votre voiture en l'état, sans avoir à lui faire subir le contrôle technique obligatoire, puisque le professionnel s'occupe de tout. Et, le jour de la livraison de la voiture neuve, il vous suffit de venir avec l'ancienne et de repartir avec la nouvelle. Certes, ce type d'opération est plus délicat si la voiture est difficilement vendable, soit parce que son état ne lui permet plus de satisfaire au contrôle technique (sauf à engager des dépenses démesurées), soit parce qu'il s'agit d'une motorisation ou d'une marque dont aucun client ne voudra. "Si un client achète une voiture neuve et qu'il nous demande de reprendre sa vieille voiture dont nous savons qu'elle finira à la casse, nous pouvons lui proposer jusqu'à 700 €", explique Armand Emuralion de la société GMA à Noisy-le-Sec (93). Ce geste commercial a toutefois une contrepartie : la somme proposée pour la reprise de la vieille voiture sera comprise dans la remise octroyée sur le véhicule neuf. Certains professionnels, pour éviter de reprendre l'ancienne voiture d'un client, lui proposent un tarif dérisoire en lui faisant comprendre qu'une vente par ses propres moyens serait plus rentable. Pour éviter tout malentendu, le jour de la commande de votre voiture neuve, vérifiez que le prix ferme de reprise de l'ancien véhicule figure bien sur le bon de commande. D'ailleurs, toutes les clauses qui excluent expressément cette mention dans ledit bon de commande ou qui prévoient que le prix de reprise sera fixé le jour de la livraison de la voiture neuve ont été déclarées abusives (recommandation de la Commission des clauses abusives no 58-02 du 14.12.84). Même si vous n'achetez pas de voiture neuve, vous pouvez vous adresser aux concessionnaires ou agents de marque qui achètent et revendent des véhicules d'occasion.

Les prix sont pénalisants : l'Argus moins 15 % ou moins 20 %.

Toutefois, ces professionnels intermédiaires privilégient plutôt les voitures de moins de 2 ans. Autre solution : les garages indépendants et les professionnels de l'occasion. Mais, cette fois, sans achat de véhicule neuf à faire miroiter, vos seuls atouts pour vendre votre voiture au meilleur prix restent son kilométrage, son état général (sellerie, carrosserie, etc.) et un carnet d'entretien dûment rempli prouvant des visites régulières effectuées chez des professionnels. Attention, certains modèles sont plus difficiles à vendre : les voitures récentes (de 2005), qui entrent en concurrence avec les voitures neuves en promotion ; celles de plus de 8 ans ; les diesels de plus de 150 000 km et les motorisations essence de plus de 120 000 km ; enfin, en période de pétrole cher, les grosses berlines essence équipées d'un moteur gourmand en carburant.

Côté tarif, tous les professionnels appliquent la même méthode : la cote Argus moins 15 % en moyenne. Et encore

Sur des modèles réputés difficilement vendables, ils appliquent plutôt - 20 % voire - 25 %. Et certains spécialistes qui font de l'achat rapide un argument publicitaire via les petites annonces déduisent même de 30 à 40 % du tarif Argus. Enfin, de ce prix déjà bien réduit (la cote Argus est la cote automobile la moins élevée), votre acheteur professionnel déduira des frais de remise en état pour une rayure sur la carrosserie, des pneus usés ou une sellerie tachée, par exemple. Une Peugeot 406 1.8 ST de 2002, qui cote 7 800 € à l'Argus, sera reprise 6 630 € (soit 7 800 € – 15 %) dans le meilleur des cas, si elle ne nécessite aucune réparation. Mais des pneus à la limite de l'usure maximum ou l'absence de factures d'entretien, par exemple, pourront faire baisser ce montant de 200 à 400 €. Certes, en contrepartie de ces prix peu favorables, la vente à un professionnel apporte une relative sécurité : vous êtes sûr d'être payé et, en cas de recours pour vice caché, c'est le professionnel qui en sera responsable vis-à-vis du nouvel acquéreur (voir le no 992 du Particulier, p. 82). Mais cette tranquillité se paie bien cher.

Pour vendre sa voiture à un particulier : d'abord bien fixer son prix de vente.

Si vous vendez votre voiture directement à un particulier, vous devez d'abord fixer un prix de vente. Pour savoir comment situer votre voiture sur le marché de l'occasion, commencez par surveiller la presse et les sites automobiles spécialisés qui consacrent quelques articles à ce marché (notamment le hors-série de L'auto-journal, Occasion printemps 2006). Surveillez les annonces dans la presse et sur Internet pour repérer les mises à prix et le kilométrage des modèles identiques au vôtre. Ensuite, consultez les cotes automobiles publiées par la presse spécialisée. Rappelons que cet exercice peut réserver de grosses surprises. En effet, selon le journal consulté, vous pouvez trouver des écarts qui dépassent 30 % (voir le no 966 du Particulier, p. 78). Évitez la cote Argus qui n'a rien d'officiel. En effet, calculée à partir des données fournies par les professionnels à qui elle est destinée, elle aboutit à sous-coter systématiquement le prix des voitures. Par exemple, le modèle de Peugeot 406 cité plus haut cote 7 800 € à l'Argus, mais 10 300 € dans Auto Plus, soit 32 % de plus. Ce magazine, comme L'auto-journal, Action auto moto ou La Centrale, offre une cote beaucoup plus proche de la réalité du marché de l'occasion, à la fois des prix de vente entre particuliers mais aussi des prix affichés chez les professionnels. Si votre voiture est en bon état et si vous disposez d'un carnet d'entretien rempli avec les factures, retenez la meilleure cote. Procédez ensuite à un ajustement du prix en fonction du kilométrage, selon la cote retenue. Auto Plus, par exemple, considère le kilométrage moyen annuel d'un véhicule compact diesel (du type Renault Mégane ou VW Golf) comme étant de 17 000 km. Si votre kilométrage est inférieur à ce chiffre, ajoutez à la cote correspondante à votre voiture 0,01 € par kilomètre en moins. Le plus simple consiste à recourir aux sites Internet des magazines automobiles qui proposent des cotes personnalisées. Enfin, à partir du prix que vous comptez obtenir de votre voiture, prévoyez une marge de négociation, marge d'autant plus élevée que vous savez que des réparations s'imposent. Par exemple, comptez 150 € pour un train de pneus en fin de vie sur une petite voiture, 80 € pour des freins usés sur une familiale et de 150 à 200 € si la dernière visite d'entretien n'a pas été effectuée. Enfin, ne visez pas trop haut : il est préférable de se situer correctement sur le marché pour vendre vite sans avoir à passer de multiples annonces.

Pour trouver rapidement un acheteur, passez une annonce.

Avant tout, fuyez les ventes sur les parkings ou sur les bords des routes : vous risquez de tomber sur des escrocs qui insisteront pour partir sur-le-champ avec votre voiture sans vous laisser de garanties suffisantes en retour. Préférez les classiques petites annonces vers lesquelles les acheteurs potentiels se tournent spontanément. Vous pouvez opter pour la presse spécialisée : les publications nationales, comme La Centrale, ou locales, tels les journaux d'annonces gratuits ; ou encore pour les petites annonces de la presse généraliste. La tendance aujourd'hui est au recours massif à Internet où sont publiées en permanence des dizaines de milliers d'annonces de voitures à vendre. Cette solution présente des avantages certains. D'abord, la plupart des sites spécialisés mettent les offres en ligne immédiatement : votre annonce est donc rapidement visible. Ensuite, certains sites (comme Vivastreet.fr, par exemple) sont gratuits et, lorsqu'ils sont payants, leurs tarifs sont souvent moins élevés que ceux d'une publication sur papier (voir tableau ci-dessus). Enfin, certains sites (Lacentrale.fr, priceminister.com, par exemple) proposent une garantie mécanique qui couvre les problèmes que l'acheteur peut rencontrer juste après la vente. Si le site de La Centrale jouit d'une audience reconnue, il n'en va pas toujours de même pour la multitude des sites qui tentent d'attirer les vendeurs de voitures. Ne vous laissez pas abuser par les nombres de visites affichés : ils sont invérifiables. Ni par la quantité d'annonces publiées mise en avant par d'autres : il n'a pas grande signification puisque certaines d'entre elles peuvent rester très longtemps. Si vous repérez sur un site de nombreuses annonces présentes depuis plusieurs semaines, cela signifie, au contraire, que ce dernier est peu visité. Seuls quelques sites bénéficient d'une visibilité et d'une notoriété suffisantes. Nous en avons retenu neuf parmi les plus connus (voir tableau ci-contre).

Enfin, restez attentif au libellé de votre annonce : soyez précis sur la marque, le modèle, le mois et l'année, la couleur, le kilométrage, l'entretien, les options et l'état général. Rien ne sert de cacher des informations que tous les candidats à l'achat vous demanderont au premier contact, par téléphone ou par courriel. Inutile également d'ajouter des mentions du type "à saisir" ou "occasion en or".

Attention, le paiement doit toujours être sécurisé.

Vous avez trouvé un acheteur avec lequel vous vous êtes mis d'accord sur le prix définitif. Prudent, vous lui avez fait faire un essai sur route, après avoir pris soin de lui donner vos clés, une fois vous-même installé dans la voiture. Reste la partie la plus délicate : vous faire payer. Pour cela, refusez un chèque classique et exigez un "chèque de banque", c'est-à-dire un chèque émis par la banque de votre acheteur à votre nom, ce qui vous garantit la disponibilité des fonds. Toutefois, cette précaution n'est pas toujours suffisante. En effet, certains acheteurs malveillants peuvent présenter de faux chèques de banque. "Il s'agit soit de faux chèques fabriqués par des escrocs, soit de vrais chèques remplis à partir de carnets volés", explique Patrick Moigne, chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement de la préfecture de police de Paris. Dans ce cas, la personne qui se présente chez vous repart avec votre voiture mais vous ne toucherez jamais l'argent de la transaction puisque le montant du chèque que vous porterez à la banque n'est crédité sur votre compte que "sous réserve d'encaissement". "Dans un premier temps, votre compte est crédité. Mais, ce crédit est provisoire car, 1 à 2 semaines plus tard, lorsque la banque découvre que le chèque est un faux, elle débite le compte", explique Serge Maître, président de l'Association des usagers des banques (Afub). Il est donc nécessaire de prendre certaines précautions. Demandez à votre acheteur une pièce d'identité avec photographie. À la remise du chèque de banque, téléphonez à son agence bancaire. Attention, n'appelez pas le numéro porté sur le chèque, certains escrocs indiquant un faux numéro qui mène à un complice. Cherchez le numéro de l'agence vous-même et, une fois que vous avez un agent en ligne, ne lui communiquez pas le montant du chèque mais seulement le nom de la personne titulaire du compte, afin qu'il vérifie l'émission du chèque de banque et son montant exact. Cette vérification exclut toute transaction le soir et le week end, lorsque les agences sont fermées. Sachez que ni les banques ni les assurances ne prennent en charge le risque de faux chèque de banque. La Maif vient d'y renoncer. Tout comme La Centrale qui a proposé pendant quelques mois une assurance garantie de paiement à ses clients. Seules certaines formules d'assurances de la Macif proposent une garantie chèque volé.

Gare aux escroqueries.

Si vous vendez votre voiture via Internet, attention également à certains escrocs qui utilisent ce moyen depuis l'étranger, en particulier sur eBay. Par exemple, alors que vous vendez votre voiture 1 500 €, un acheteur vous en propose 6 000 €, mais à condition que vous fassiez un virement de 4 500 € à un intermédiaire désigné qui devra assurer le transport du véhicule. Si vous acceptez, vous recevrez un chèque de 6 000 € émis par une banque française que vous déposerez à la banque qui créditera votre compte. Ensuite, vous effectuez un virement pour le transporteur sur un compte à l'étranger (le plus souvent, via la banque Western Union). Quelques jours plus tard, votre banque s'apercevra que le chèque que vous avez déposé est un faux et débitera votre compte des 6 000 € encaissés... ainsi que des 4 500 € que vous avez virés. Bien que le Crédit agricole mutuel de Pyrénées Gascogne ait été récemment condamné par un tribunal d'instance (Orthez le 14.2.06) pour "manquement à ses obligations contractuelles d'information et de vigilance", il est préférable d'éviter ce genre de mésaventure. En conséquence, refusez les transactions qui viennent de l'étranger via Internet, surtout si un acheteur vous propose une somme supérieure à celle que vous demandez. Les transactions les plus simples, celles où l'acheteur rencontre le vendeur, sont encore les plus sûres.

Toutefois, il ne faut pas exagérer le phénomène de fraudes ou d'escroqueries. La falsification des chèques n'a rien de nouveau et, selon la préfecture de police de Paris, on n'enregistre aucune augmentation du phénomène. À condition de prendre toutes les précautions qui s'imposent, le chèque de banque reste donc encore le meilleur moyen de se faire payer.

Sylvain Deshayes


Mots-clés :

INTERNET , PETITE ANNONCE , PRIX , VEHICULE D'OCCASION , VENTE




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