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Travaux : pour emprunter à taux bas, adressez-vous au bon guichet

Travaux : pour emprunter à taux bas, adressez-vous au bon guichet
Décembre 2004
Le Particulier n° 983, article complet.
Auteur : POZNANSKI (Roselyne)

Pour financer vos travaux, dans votre résidence principale ou secondaire, évitez de vous adresser aux banques et privilégiez d'autres organismes moins connus mais plus intéressants. Ce qui vous permettra d'alléger votre facture.

Moderniser la cuisine de votre maison, rénover la salle de bains de votre résidence secondaire, remplacer les convecteurs électriques de votre appartement par un chauffage au gaz. Autant de travaux pour lesquels vous avez demandé des devis mais que vous n'avez pas les moyens immédiats de financer. Votre premier réflexe consistera probablement à aller trouver votre banquier, qui vous proposera un prêt personnel ou un prêt immobilier. À moins que vous ne cédiez à l'une des nombreuses propositions que vous fait régulièrement l'établissement financier qui gère votre compte de crédit permanent, si vous avez une carte de paiement privative (Pass, Cofinoga, Finaref...). Mais, attention, ces solutions ne sont à utiliser qu'en dernier ressort, lorsque vous aurez épuisé toutes les autres possibilités plus intéressantes.

Les crédits bancaires : pas toujours adaptés.

Pour vos travaux, les crédits bancaires, en effet, ne sont pas forcément les mieux placés. Sous la dénomination de prêts travaux, les banques vous proposeront soit un prêt immobilier soit un prêt personnel. Selon les établissements, les taux d'intérêt des prêts immobiliers oscillent actuellement entre 4 % et 5 %, hors assurances et hors frais de dossier, ce qui reste bon marché. Mais ces prêts ne sont accordés que pour des montants relativement élevés (au-dessus de 21 500 €). De plus, trois éléments viennent en renchérir le coût : les frais de dossier (1 % en moyenne du capital emprunté), la souscription obligatoire d'une assurance décès-invalidité (environ 0,50 % du capital restant dû) et la prise d'une garantie (hypothèque ou caution). Ce dernier élément présente aussi l'inconvénient d'allonger les délais d'obtention. Enfin, dans ce type de prêt, les remboursements anticipés font l'objet de pénalités (de 1,5 à 3 % du capital restant dû). Les prêts personnels, eux, sont plus rapides et plus faciles d'accès : vous n'êtes pas toujours obligé de souscrire une assurance décès-invalidité, vous pouvez les solder par anticipation sans pénalités et vous n'avez aucune justification à fournir pour leur utilisation. Et, jusqu'au 31 décembre 2005, vous bénéficiez de la réduction d'impôt de 150 € accordée aux crédits à la consommation (voir le n° 982 du Particulier, p. 32). L'inconvénient, c'est qu'ils sont plus chers : entre 6 et 9 % hors assurances selon les établissements.

Pour trouver des financements bien meilleur marché, il faut se tourner vers des organismes aussi variés que le 1 % patronal, votre caisse d'allocation familiale (Caf) ou votre mutuelle, entre autres. Certains de ces prêts sont accordés sans conditions particulières. D'autres, au contraire, sont octroyés sous conditions ou réservés à certains travaux. Mais, même si vous devez en solliciter plusieurs pour pouvoir finaliser votre projet, leur coût et leur souplesse sont très attractifs. Nous vous présentons ici les principales pistes à explorer.

Prêt Pass-travaux : intéressant et accessible à tous les salariés.

Le prêt Pass-travaux du 1 % logement est accessible à tous les salariés d'une entreprise du secteur privé non agricole, quelle que soit sa taille, et à tous les retraités s'ils ont cessé leur activité professionnelle depuis moins de 5 ans. Ce prêt présente trois avantages. D'abord, il est accordé sans conditions de ressources, quelle que soit votre ancienneté dans l'entreprise et la nature de votre contrat de travail (CDI, CDD, contrat de qualification...). Ensuite, la liste des travaux qu'il est susceptible de financer est très longue : économies d'énergie, entretien et revêtements de surfaces, accessibilité du logement pour les personnes à mobilité réduite, tous les travaux d'amélioration, etc. Enfin, et surtout, ses conditions financières sont exceptionnelles puisque vous pouvez emprunter jusqu'à 8 000 € au taux de 1,5 % l'an, sur une durée pouvant aller jusqu'à 10 ans. De plus, ce crédit ne comporte aucuns frais de dossier, n'est assorti d'aucune pénalité en cas de remboursement anticipé, et n'impose aucune souscription d'assurance décès-invalidité. Accessible aux propriétaires occupants, il n'est toutefois délivré que pour les travaux ayant lieu dans votre résidence principale. Les fonds sont débloqués au fur et à mesure de l'avancement des travaux, sur présentation de factures d'entreprises datant de moins de 3 mois. Pour pouvoir passer commande auprès d'une entreprise, un acompte peut lui être versé dès que vous avez accepté son devis. Enfin, sachez que si vous avez déjà un prêt Pass-travaux en cours de remboursement, vous pouvez en demander un second à condition que son montant additionné au capital restant dû du premier prêt ne dépasse pas 8 000 €.

Caisses de retraite : des prêts avantageux pour les salariés ou les retraités du privé.

La caisse de retraite à laquelle vous cotisez ou qui vous verse une pension peut vous accorder un prêt pour travaux. Bien entendu, chaque caisse a sa propre politique : certaines les accordent à tous les actifs cotisants (cadres ou non-cadres) et aux retraités, d'autres les réservent aux seuls retraités. Il existe tout de même un certain nombre de points communs. En général, elles n'accordent de prêts qu'aux propriétaires, pour des travaux dans leur résidence principale. La palette de ces travaux est très vaste (même si les travaux d'embellissement en sont, en général, exclus) et ces crédits, dont le coût est très intéressant, ne comportent jamais de frais de dossier ou d'indemnités en cas de remboursement anticipé. L'assurance décès-invalidité est facultative (y compris, parfois, pour les retraités) et les fonds vous sont souvent versés directement. Voici quelques exemples pris parmi les nombreuses institutions de prévoyance qui gèrent ces caisses de retraite. La CIPS, caisse de non-cadres gérée par Médéric, accorde un prêt aux personnes qui ont au moins 2 enfants à charge ou aux personnes de plus de 50 ans affiliées depuis au moins 3 ans. Son montant est variable : 5 000 € pour les actifs mais 3 000 € seulement pour les retraités, avec un taux d'intérêt de 3,85 %, voire de 3 % sous conditions de ressources. La Capimmec, caisse de cadres gérée par le groupe Malakoff, accorde à ses membres cotisants ou retraités un prêt pouvant aller jusqu'à 7 700 € sur 10  ans, au taux de 4,15 %. Auprès de l'IRMV, caisse de cadres gérée par MV4, les actifs comme les retraités peuvent obtenir un crédit allant jusqu'à 8 000 € (+ 1 500 € par enfant à charge, dans la limite de 4 500 €), remboursable sur 10 ans, au taux de 4,60 % assurances décès, incapacité de travail et chômage incluses. Enfin, la caisse de cadres Circia accorde un prêt travaux à ses seuls retraités, plafonné à 11 000 €, sur 5 à 10 ans. Son taux varie, selon les revenus, de 2,45 % à 3,95 %, assurance décès-invalidité obligatoire incluse.

Prêts des mutuelles : l'autre possibilité des salariés.

Si vous êtes salarié du privé et si vous bénéficiez d'un contrat de prévoyance collectif (complémentaire santé, décès...) par le biais de votre entreprise, n'hésitez pas à solliciter votre mutuelle. Certaines disposent d'un service d'action sociale qui peut vous accorder un prêt travaux intéressant sous conditions de ressources. Par exemple, les salariés propriétaires de leur résidence principale affiliés à Médéric Prévoyance depuis au moins un an, peuvent obtenir un crédit maximal de 8 000 € (+ 1 000 € par enfant à charge, dans la limite de 5 000 €), remboursable sur 10 ans, au taux de 3,85 %, sans frais de dossier et avec une assurance décès-invalidité facultative.

Le recours à une mutuelle est aussi valable pour les fonctionnaires. Par exemple, les sociétaires (actifs ou retraités) de 23 mutuelles de la fonction publique ainsi que leurs ayants droit (conjoint, enfants), même non-fonctionnaires, peuvent recourir aux services de la Banque fédérale mutualiste (BFM). Elle propose une formule épargne-prêt originale. À condition d'avoir épargné au préalable sur un livret spécifique BFM Avenir, rémunéré à 2,75 % brut par an, il est possible d'obtenir un prêt Mutualité jusqu'à 21 500 €, au taux de 3,45 %, sans frais de dossier, pour tous travaux dans votre résidence principale ou secondaire. Une assurance décès-invalidité est exigée pour les prêts supérieurs à 10 000 € (au taux de 0,52 % du capital restant dû).

Prêt de votre Caisse d'allocations familiales : un coup de pouce à taux réduit.

Si vous avez au moins un enfant et si vous percevez soit une prestation familiale soumise à conditions de ressources, telle la Prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), par exemple, soit une prestation spécifique comme l'Allocation de présence parentale (App), n'hésitez pas à solliciter votre Caisse d'allocations familiales (CAF). Celle-ci peut, en effet, vous accorder un prêt à l'amélioration de l'habitat pour toutes sortes de travaux dans votre résidence principale, que vous en soyez ou non propriétaire. Seuls sont exclus les travaux d'entretien courant (de plomberie, ou d'installation de cuisine équipée, par exemple) ou d'embellissement (peinture ou papiers peints, par exemple). Le montant de ce prêt est de 1 067 € maximum dans la limite de 80 % des dépenses envisagées. Son taux d'intérêt annuel est de 1 %, sans aucuns frais de dossier ni frais d'assurances. Il est remboursable en 3 ans avec une première échéance payable 6 mois après le déblocage des fonds, ceux-ci étant versés en deux fois par moitié : sur présentation du devis puis sur présentation de la facture.

Chauffage au gaz naturel : bénéficiez d'un prêt sans intérêts.

Si vous souhaitez rénover le chauffage individuel de votre résidence principale (les locataires doivent produire une autorisation écrite de leur propriétaire) ou de votre maison de campagne, et si vous optez pour une installation au gaz naturel, vous pouvez bénéficier d'un financement particulièrement avantageux, bonifié par Gaz de France : le prêt Confortgaz. Les travaux doivent concerner soit un premier équipement de chauffage au gaz, soit la conversion d'un chauffage existant (électrique ou au fioul, par exemple) en chauffage au gaz. Ce crédit ne comporte aucuns frais de dossier ni pénalités en cas de remboursement anticipé et son assurance décès-invalidité est facultative. Si vous empruntez entre 1 500 et 3 000 €, le prêt est sans intérêts et vos mensualités de remboursement, fixées à 99 € par mois, s'étaleront sur 16, 23 ou 31 mois selon le montant prêté. Et si vous empruntez entre 4 000 et 7 000 €, le taux d'intérêt sera de 1,97 % et vous pourrez choisir le montant de vos mensualités de remboursement (99 ou 125 € par mois). Les fonds sont versés à l'installateur agréé, en une seule fois, dès réception de l'attestation de fin de travaux.

Si vos travaux de rénovation portent sur la seule production d'eau chaude d'une résidence principale ou secondaire déjà équipée d'un chauffage individuel au gaz, vous pouvez prétendre au prêt Aquagaz. Il vous permet de disposer de 1 500 à 2 250 € sans intérêts, sans frais de dossier ni d'assurance, les mensualités de remboursement étant fixées à 99 €, sur un maximum de 23 mois.

Chauffage électrique : un financement à taux réduit.

Si votre résidence principale ou votre résidence secondaire est achevée depuis plus de 5 ans et si plus de la moitié des besoins en chauffage sont, après travaux, assurés par une solution électrique, vous pouvez bénéficier d'un prêt Vivrélec Rénovation. Ce prêt peut financer l'intégralité des travaux d'électricité ou d'isolation, même si ceux-ci sont réalisés par différents professionnels. Si le montant emprunté est inférieur à 8 000 € sur une durée de remboursement n'excédant pas 3 ans, le taux d'intérêt annuel du prêt est de 3,50 % sans frais de dossier ni d'assurance. Les fonds sont versés aux professionnels réalisant les travaux une fois le chantier terminé. Mais attention : si le montant emprunté est supérieur à 8 000 € ou si la durée de remboursement est plus élevée (10 ans maximum) le taux d'intérêt grimpe jusqu'à 6,90 %, ce qui retire à ce crédit tout son attrait.

Pour financer vos projets, vous devrez probablement panacher différents crédits obtenus auprès d'organismes ou de prêteurs différents. Certes, la recherche de tous ces financements demande quelques efforts. Mais les économies qu'ils peuvent vous amener à réaliser en valent la peine.

Roselyne Poznanski

Mots-clés :

CHAUFFAGE INDIVIDUEL , CREDIT , CREDIT IMMOBILIER , PRET PERSONNEL , TRAVAUX




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