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Bien placer ses liquidités sans payer trop d'impôt

Février 2008
Le Particulier n° 1022, article complet.
Auteur : CLEMENT (Catherine)

Dynamisés par les hausses répétées des taux et une fiscalité souvent avantageuse, les placements de court terme offrent aujourd'hui de réelles opportunités. Voici comment en profiter pour faire fructifier vos liquidités.

Les 46 millions de détenteurs d'un Livret A ont tout lieu de se réjouir : au 1er février 2008, la rémunération de leur placement fétiche sera une nouvelle fois relevée, pour être portée à 3,50 %. Une augmentation attendue, compte tenu de la progression de l'inflation (+ 2,6 % sur un an) et des hausses successives des taux d'intérêt à court terme, mais toutefois inférieure à celle de 4 % prévue initialement (voir p. 32). Dans son souci de contenir l'inflation, la Banque centrale européenne (BCE) n'a pas cessé, en effet, depuis fin 2005, de relever ses taux directeurs, entraînant du même coup les hausses répétées des taux d'intérêt. À cela s'est ajoutée la crise américaine des subprimes, ou crédits immobiliers à risque, qui a semé le doute sur les résultats financiers des banques, renforcé la méfiance sur les prêts interbancaires et provoqué, en conséquence, une nouvelle flambée des taux à 3 ou 6 mois. Résultat, si le taux d'intérêt au jour le jour dans la Zone euro, appelé Eonia (pour Euro Over Night Index Average), a atteint 4 % environ, le taux d'intérêt à 3 mois, ou Euribor (pour Euro Interbank Offered Rate, voir p. 90), est grimpé à des niveaux anormalement élevés, de 4,50 à 4,95 %, ces derniers mois.

Cela, évidemment, fait l'affaire des épargnants. D'autant que le Livret A n'est pas le seul à profiter de cette remontée des taux. Des Sicav monétaires classiques aux comptes à terme, les rendements des autres placements de court terme ont aussi progressé. Une aubaine pour tous ceux qui y investissent une partie significative de leur épargne, avec des objectifs différents. Pour certains, c'est un bon moyen de faire fructifier les sommes affectées à de prochaines dépenses (impôts, vacances, voiture...) et qu'il serait dommage de laisser dormir sur un compte-chèque, le plus souvent non rémunéré, ou alors de façon très symbolique (voir le n° 1012 du Particulier, p. 28). Pour d'autres, ces placements doivent recueillir l'épargne de précaution destinée à faire face aux imprévus (chaudière à changer, soins de santé non remboursés...) ou aux coups durs (chômage, maladie...). Enfin, ces placements sont aussi des refuges pour les capitaux en attente d'investissement, entre deux transactions immobilières par exemple, ou en attendant le moment opportun d'investir en Bourse. Tous ces placements de trésorerie ont des caractéristiques communes. Ils permettent de récupérer l'épargne placée à tout moment (livrets, Sicav), ou à brève échéance (comptes à terme) et avec la garantie de retrouver son capital, l'horizon de placement limité interdisant de prendre des risques. Pour savoir lesquels choisir, il faut, avant tout, comparer leur rentabilité... mais aussi leur fiscalité, plus ou moins attractive et sujette à des variations annuelles dans le cadre de la loi de finances. Car, au final, seule compte la rentabilité nette après impôt. Voici, par ordre décroissant de performances, donc de priorité pour vos liquidités, la panoplie des placements de court terme.

Livrets réglementés : ni frais, ni impôt pour votre épargne de précaution.

Vedette incontestée des placements de court terme, le Livret A de la Banque postale et des Caisses d'épargne, ouvert à tous et sans conditions, rapporte donc 3,50 % net à compter du 1er février. Cette rémunération, revue deux fois par an, au 1er février et au 1er août, correspond – sauf circonstances exceptionnelles comme celles évoquées cette fois en raison de la situation du marché monétaire – à la moyenne du taux d'intérêt à court terme (Euribor 3 mois) et de l'inflation sur un an, majorée d'un quart de point (0,25 %), et arrondie au quart de point le plus proche (voir le n° 1016 du Particulier, p. 88). La même rémunération s'applique au Livret Bleu du Crédit mutuel, ainsi qu'au Livret de développement durable (LDD), ex-Codevi, accessible à toute personne remplissant une déclaration de revenus à son nom. Tous ces livrets sont exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Au total, une personne remplissant un Livret A (ou Bleu) et un LDD jusqu'à leur plafond respectif, soit 15 300 et 6 000 €, pourra placer 21 300 € à 3,50 % net (le double pour un couple, chacun pouvant avoir un livret à son nom). Autre solution, le Livret d'épargne populaire (LEP), réservé aux contribuables ayant payé moins de 732 € d'impôt en 2007, et dont la rémunération, là encore exonérée d'impôt et de prélèvements sociaux, atteint 4,25 % net au 1er février. Séduisant encore, le Livret jeune, destiné aux 12-25 ans, offre une rémunération – fixée par chaque banque – supérieure, en général, à celle du Livret A, soit souvent 4 %, net d'impôt et de prélèvements sociaux.

Sicav monétaires : un placement idéal pour financer des travaux ou l'achat d'une voiture.

Principalement composées de titres de créances négociables (certificats de dépôt, bons de trésorerie...), les Sicav monétaires ont retrouvé un nouvel élan. Il est donc judicieux d'en profiter, d'autant que ces fonds, sur lesquels on peut investir sans limite, sont particulièrement simples d'accès : il suffit d'acheter des parts de Sicav de capitalisation ou de Fonds communs de placements monétaires auprès d'un établissement financier ou d'un courtier en ligne, puis de les revendre quand on le souhaite, en empochant, au passage, une plus-value correspondant à la rémunération du placement. La valeur de ces parts de Sicav progresse à un rythme voisin de celui du taux d'intérêt au jour le jour dans la Zone euro (Eonia), en atteignant près de 4 % brut, en moyenne (performance sur un mois annualisée, arrêtée au 31.12.2007, source Europerformance). Attention : il s'agit là des Sicav monétaires classiques – et libellées en euros pour éviter le risque lié au change – et non des monétaires "dynamiques", diversifiées sur des actifs plus risqués, dont la valeur liquidative peut baisser à certaines périodes, comme on le voit avec la crise des subprimes. Par ailleurs, cette moyenne cache d'importants écarts. Car, bon nombre de Sicav proposées au grand public dans les réseaux bancaires supportent des frais de gestion très lourds, qui en réduisent la performance. D'autres, assorties de frais réduits et gérées plus activement, affichent des progressions supérieures à 4 %, mais sont, en général, réservées aux investisseurs institutionnels ou aux entreprises. Les particuliers peuvent parfois les souscrire, à condition de le réclamer et d'investir des montants assez importants.

Pour qu'une Sicav monétaire se révèle un bon placement de court terme, il faut donc la choisir performante et dépourvue de frais d'entrée ou de "commission de souscription" (voir notre sélection, ci-dessous). Ensuite, il faut savoir retirer ses avoirs avec... parcimonie. En effet, si vous veillez à ne pas vendre plus de 25 000 € de valeurs mobilières en 2008 (contre 20 000 € l'an dernier), les plus-values réalisées en cédant vos Sicav monétaires de capitalisation seront exonérées d'impôt et même de prélèvements sociaux. Votre gain net sera donc égal à la performance de la Sicav. En revanche, si vous franchissez le seuil des 25 000 €, vos gains seront taxés, au choix, soit au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) au taux de 29 % en 2008 (18 % d'impôt plus 11 % de prélèvements sociaux), soit à l'impôt sur le revenu, plus 11 % de prélèvements sociaux (dont 5,8 % de CSG déductible). Pour une Sicav monétaire qui aurait progressé de 3,95 % brut, par exemple, entre l'achat et la revente, la rentabilité nette, avec le PFL, tomberait dans ce cas à 2,80 % net seulement, soit bien moins que le livret A

Attention, pour savoir si un contribuable a cédé plus de 25 000 € de valeurs mobilières dans l'année, l'administration tient compte, non seulement des reventes de parts de Sicav et FCP (monétaires ou autres), mais aussi d'actions et d'obligations.

Comptes à terme : efficaces entre deux transactions, mais lourdement imposés.

Ouverts en général auprès d'une banque, ces comptes sont bloqués pour une durée de 1, 3, 6 mois ou 1 an, le plus souvent. En échange, vous bénéficiez d'une rémunération garantie pour toute la durée du placement, le taux annuel annoncé étant alors appliqué prorata temporis. Idéal pour y placer une somme importante entre deux transactions immobilières, par exemple. Cette rémunération est fixée librement par la banque, en fonction des taux pratiqués sur les marchés financiers. Elle inclut sa marge commerciale, ce qui explique l'écart avec le taux en vigueur, légèrement supérieur. Par ailleurs, cette rémunération sera différente selon la date d'ouverture du compte, les taux d'intérêt variant chaque jour sur les marchés. Elle dépendra aussi du montant placé. Accessible avec quelques centaines ou milliers d'euros, et jusqu'à 1 million d'euros d'investissement – au-delà on vous proposera des certificats de dépôt –, votre compte à terme sera d'autant mieux rémunéré que la somme investie sera importante. Par ailleurs, un compte de durée longue est, en principe, mieux rémunéré qu'un autre de durée plus courte. Toutefois, les écarts sont aujourd'hui assez faibles, en raison de la flambée de l'Euribor 3 mois. Et s'engager pour longtemps peut aussi être un handicap si l'on est contraint de récupérer le capital avant l'échéance prévue : des pénalités sont alors appliquées, minorant le taux brut de 0,10 à 1 % selon les établissements. Enfin, la rentabilité du placement dépend aussi de vos talents de négociateur

Il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence, quitte à inciter votre banquier à s'aligner sur le plus offrant.

Depuis plusieurs mois, les rémunérations des comptes à terme se situent entre 4 et 4,30 % brut, même sur des durées de 3 ou 6 mois seulement. Mais ce taux brut ne tient pas compte de la fiscalité, appliquée au premier euro. Ainsi, les intérêts perçus sont soumis, au choix, soit au prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 29 % en 2008 (18 % d'impôt et 11 % de prélèvements sociaux), soit à l'impôt sur le revenu plus 11 % de prélèvements sociaux (dont 5,80 % de CSG déductible). Un compte à terme rémunéré à 4,30 % brut ne rapporte en réalité que 3 % net, après prélèvement forfaitaire de 29 %

Seuls les contribuables peu ou pas imposés y trouvent alors leur compte, en déclarant les intérêts perçus avec leurs revenus. Sinon, ce type de placement n'est judicieux qu'en complément de vos livrets défiscalisés et de vos Sicav monétaires, en restant sous le seuil de cession des 25 000 € par an. À noter : il existe aussi des comptes à terme à durée longue – jusqu'à 3 ans le plus souvent – et rémunération progressive – le taux augmente avec le temps –, permettant de récupérer l'épargne à date régulière, sans pénalité. Malheureusement la rémunération de ces comptes ne dépasse pas, en général, 2,50 % le premier semestre ou 3,30 % sur un an.

Livrets bancaires : en complément... mais sans beaucoup d'intérêts.

Lancés il y a quelques années par certains établissements financiers (ING Direct, Monabanq, Cortal Consors...) et assureurs (Matmut, AGF, Axa...), les superlivrets restent faciles d'accès et très disponibles pour une épargne de court terme, d'un montant illimité ou plafonné entre 150 000 € (Monabank) et 6 millions d'euros (Cortal Consors). Seul bémol : ils figurent aujourd'hui parmi les produits de court terme les moins performants, avec un taux ne dépassant pas 3 à 3,30 % brut par an, hors promotion. Ces livrets peuvent, en effet, afficher des taux plus séduisants à certains moments (de 5 à 6 %), mais uniquement pour les nouveaux versements, sur une durée limitée ou pour un montant plafonné. De plus, les intérêts sont fiscalisés, comme ceux des comptes à terme, dès le premier euro. Par exemple, le Livret épargne orange d'ING Direct, actuellement le plus performant, rapporte 3,30 % brut (hors promotion), soit 2,34 % net si le souscripteur opte pour le prélèvement forfaitaire de 29 %. Les comptes sur livret proposés par les banques sont souvent moins performants encore, entre 2,25 % et 2,75 % brut selon les établissements. Toutefois, sous réserve de disposer déjà d'un Livret de développement durable, quelques banques proposent un compte sur livret un peu mieux rémunéré, jusqu'à un certain plafond : 3,25 % brut jusqu'à 20 000 €, par exemple, pour le Livret Cerise de LCL. Mais, là encore, les intérêts sont fiscalisés, ce qui réduit le rendement à 2,31 % net en optant pour le prélèvement libératoire forfaitaire. Enfin, toujours proposé par les banques, le Compte épargne logement (CEL) peut être utilisé... comme placement de trésorerie, avec un plafond de versement de 15 300 €, et une rémunération de 2 % par an seulement, net d'impôt mais pas de prélèvements sociaux, soit 1,78 % net. C'est peu, mais les intérêts acquis à ce taux donnent droit, après 18 mois d'épargne, à un prêt immobilier au taux de 3,50 %, assorti d'une prime d'État égale à la moitié des intérêts acquis, dans la limite de 1 144 €. De quoi améliorer un peu le rendement de cet outsider, intéressant si vous avez des travaux ou un projet immobilier à financer.

Catherine Clément


Mots-clés :

BANQUE , COMPTE A TERME , LDD , LEP , LIVRET D'EPARGNE , LIVRET D'EPARGNE POPULAIRE , LIVRET DE DEVELOPPEMENT DURABLE




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