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Bilan : L'arrivée des pressings sans perchlo

Bilan : L'arrivée des pressings sans perchlo
Mars 2011
Le Particulier Pratique n° 366, article complet.
Auteur : RISTE (Christine)

Poussés par la mise en accusation récurrente du perchlo, des pressings verts se développent. Qu’en attendre pour nos vêtements ?

Les émanations de perchlo sont suspectées de nocivité pour les employés et le voisinage des pressings (voir LPP n° 364, p. 8), et même pour leurs clients, à qui il est demandé d’aérer les vêtements avant de les ranger. Le perchloroéthylène est un solvant classé comme cancérogène probable pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer et cancérogène possible (catégorie 3) et toxique pour l’environnement par l’Union européenne.
Certes, la réglementation française (arrêté 2345), draconienne, imposée aux installations utilisant du perchloroéthylène – machines en circuit fermé, ventilation, etc. –, limite les risques sanitaires. Mais les pressings respectent-ils scrupuleusement cette réglementation ? Le dernier contrôle massif, réalisé en 2008 par l’Inspection des installations, a montré que seulement 86 pressings sur 275 ne présentaient pas de “non-conformités significatives”.

Trois procédés en remplacement du perchlo

Trois solutions de substitution au perchloroéthylène sont actuellement explorées en France, et de plus en plus adoptées par les pressings : les silicones, plus précisément le siloxane, ou D5, un solvant non chloré se dégradant à 90 % en 60 jours par photosynthèse ; le KWL, qui est un hydrocarbure ; l’eau, additionnée de détergents non alcalins. Les installations qui utilisent du siloxane ou du KWL sont soumises au respect de l’arrêté 2345, contrairement à celles qui nettoient à l’eau.
Mais ces trois technologies offrent-elles la même efficacité que le perchloroéthylène ? Une étude comparant les quatre procédés de nettoyage existants vient d’être rendue publique. Elle a été élaborée par un groupe de travail composé de la Fédération française des pressings et des blanchisseries, de l’Institut de recherche sur l’entretien et le nettoyage, de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et de la branche “risques professionnels” de l’Assurance maladie.

Des solvants doux appropriés aux vêtements délicats

Cette étude montre que l’efficacité du KWL et du D5 est proche, en termes de dégraissage ou de nettoyage, de celle du perchloro­éthylène, à condition d’utiliser systématiquement un renforçateur de nettoyage sur les taches. Ces solvants, considérés comme doux, sont même très appropriés aux textiles ornés de perles, de paillettes, de parties en plastique, en métal, etc., alors que le perchloroéthylène pourrait les abîmer. L’étude révèle, cependant, qu’avec ces deux types de solvants la séparation de l’eau est difficile et qu’il existe un risque de développement de bactéries dans la machine – donc d’odeurs sur les vêtements – et de feutrage localisé des lainages.

Le nettoyage à l’eau exige une parfaite connaissance des fibres

Le nettoyage à l’eau est, selon l’étude, très efficace sur de nombreuses taches. C’est aussi le traitement le plus indiqué pour des vêtements garnis de perles, de paillettes, etc. Mais il n’est adapté qu’à 60-80 % des pièces : les acétates (doublure de manteau, par exemple) ressortent très froissés, avec des cassures. Les apprêts étant souvent solubles dans l’eau, un tissu en lin ou une laine ayant subi un apprêtage pourraient perdre de leur tenue. Par ailleurs, certains colorants utilisés pour des articles en soie ne tenant pas suffisamment, ces derniers ne supportent pas un traitement à l’eau. Enfin, un retrait ou une altération prématurée des tissus en fibres naturelles animales – soie ternie, laine qui bouloche et devient rêche – ont été constatés.
Ces critiques sont vivement réfutées par les pressings qui ont opté pour le nettoyage à l’eau, notamment par les adeptes de la technologie Lagoon, qui revendiquent leur label Woolmark Approved Fabric Care System. De plus, ces professionnels du nettoyage à l’eau assurent qu’un repassage plus soigneux des vêtements permet de gommer les effets induits par l’eau que sont la perte de tenue du tissu ou le froissage des acétates.

Christine Riste


Mots-clés :

PRESSING , PRODUIT DANGEREUX




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