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La revente de vieux bijoux en or : vos bijoux attisent les appétits

La revente de vieux bijoux en or : vos bijoux attisent les appétits
Janvier 2011
Le Particulier Pratique n° 364, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

L’or à son plus haut ---+++ ?

Après des années de dépréciation, le métal jaune est de nouveau très recherché. Son cours en Bourse bat des records… et les experts assurent que ce n’est qu’un début !

Le rachat d’or se développe

Conjoncture oblige, les professionnels s’organisent pour rapatrier l’or qui dort dans les tiroirs. Ce négoce peut même, depuis janvier 2010, s’exercer sur Internet.

Bijoutier ou buraliste ---+++ ?

Qu’il s’agisse d’une transaction menée par un négociant ambulant installé pour 2 jours dans un grand hôtel, par un brocanteur, un bijoutier, un buraliste…, les intermédiaires se multiplient.

“En 5 ans, les particuliers détenant de l’or ont vu leur capital multiplié par trois”, s’exclame Patrick Schein, patron de goldbygold.com, société de négoce et d’affinage de métaux précieux sur Internet. En effet, l’or à 750 millièmes (18 carats) est racheté par certains repreneurs de 10 à 19 € le gramme, contre de 3 à 7 € en 2005. Pour Cogedor, qui rachète de l’or au comptoir (un guichet à Paris, Lyon et Marseille) et via cashcontreor.fr, “cette envolée des cours s’explique par les tensions politiques très vives entre l’Iran et l’Occident, la faiblesse du dollar américain, une hausse de la demande mondiale en or, notamment en bijouterie, une extraction minière stable depuis 2001, car les gisements présentent des filons de moins en moins riches et les coûts d’extraction sont de plus en plus élevés”. La thésaurisation et la spéculation font le reste : dans un contexte d’instabilité monétaire, les épargnants perdent confiance dans les produits financiers traditionnels et se tournent vers l’or, valeur refuge par excellence.

Est-ce le moment de vendre ?

En Bourse, le cours de l’or atteint des niveaux historiques. Sachez que les repreneurs ne sont pas tenus d’indexer leur prix de rachat sur ce cours. Chacun le fixe librement, ainsi que le montant de la commission destinée à couvrir les divers frais supportés et la rémunération pour le service rendu. Plus il y a d’intermédiaires impliqués en amont et en aval de la transaction, plus la commission est importante. Elle oscille, pour l’or à 750 millièmes, entre 15 et 50 %, mais peut atteindre 80 % chez certains repreneurs peu scrupuleux. Il est donc capital de faire jouer la concurrence et de bien comparer les offres. Il faut également vérifier que le prix de rachat annoncé s’entend commission et taxe fiscale (de 8 %) déduites. Cette dernière est due par le client, mais c’est au repreneur, dès lors qu’il est fiscalement domicilié en France, de la prélever et de la reverser au Trésor public. Si le négociant est domicilié à l’étranger, le client doit calculer lui-même le montant de la taxe et s’en acquitter directement. Faute de quoi, il serait en infraction et risquerait une amende.

À qui vendre ?

Pas aux banques : aucune ne rachète l’or transformé en bijou. Quant aux bijoutiers, la plupart n’offrent ce service que si vous leur demandez de créer un nouveau bijou avec l’or racheté. Adressez-vous plutôt aux bureaux de change, aux officines spécialisées (à Paris, vous les trouverez principalement dans le quartier de la Bourse) et aux dépôts-ventes qui rachètent cash. Parmi ceux-ci, certains procèdent à des rachats d’or en continu ; d’autres, seulement en fin d’année, avant la fête des Mères ou lors d’opérations spéciales. Par exemple, en septembre 2010, cinq patrons franchisés de La Trocante ont loué une salle dans un casino de Bretagne durant une semaine et invité les particuliers des environs à venir vendre leur or. “Les clients sont venus en nombre. La Trocante est une enseigne connue, qui inspire d’emblée confiance. Incontestablement plus que des commerçants ambulants”, raconte le Carcassonnais Florent Rousselot, qui a participé à cette opération.

Que penser des repreneurs ambulants ?

Les professionnels qui sillonnent les campagnes peuvent être des indépendants, mais souvent ce sont des salariés d’une société spécialisée dans le rachat de métaux précieux (en l’occurrence, le réseau Valeurs précieuses & or – VPO). Ils reçoivent les particuliers dans les tabacs-presse, les bars ou les halls d’hôtels, où ils louent un emplacement, pour quelques heures ou quelques jours, au propriétaire des lieux. Leur activité n’a rien d’illégal puisque “la détention, le transport et le commerce de l’or sont libres sur le territoire français” (art. L. 426-1 du Code monétaire et financier). Encore faut-il que le commerçant indépendant, ou la société qui l’emploie, soit inscrit au Registre du commerce et des sociétés et au bureau de garantie des métaux précieux dont il dépend (art. 534 du Code général des impôts). Deux points à vérifier soigneusement.
S’ils ne sont pas dûment enregistrés, la plus grande prudence s’impose. “Les transactions à la sauvette se développent. C’est un moyen rapide et discret pour des gens peu recommandables de blanchir de l’argent sale, provenant du commerce de la drogue, de la prostitution, etc., insiste un agent du service de la Répression des fraudes à Paris. Gare, également, aux rendez-vous guet-apens ! Vous risquez de vous faire dépouiller de vos bijoux, avec coups et blessures en prime.”

Des buralistes formés au rachat d’or ?

Conscient de la méfiance spontanée suscitée par les dépôts ambulants, le réseau VPO tente, depuis 3 ou 4 ans, de nouer des partenariats plus étroits avec des buralistes. Au-delà de l’accueil ponctuel d’attachés commerciaux dans leurs locaux, deux types d’intervention, et donc de commissionnement, leur sont proposées. Le buraliste peut se contenter de récupérer les bijoux et de les envoyer à la société de négoce ; son établissement sert alors de point-relais. S’il accepte de gérer lui-même la transaction, il est formé et équipé en conséquence : VPO lui fournit une balance agréée, des lunettes grossissantes, une pierre de touche et un coffret de six flacons d’acide, plus une avance de trésorerie pour démarrer l’activité. Le réseau revendique quelque 1 200 buralistes partenaires sous l’une ou l’autre forme. Ce circuit présente la particularité de déterminer chaque mois le prix de rachat de l’or, qui n’est donc pas indexé sur le cours en Bourse du jour. De ce fait, les tarifs pratiqués sont loin d’être les plus avantageux.

S’adresser directement à un fondeur ?

Les fondeurs-affineurs de métaux précieux sont peu nombreux ; il n’en existe qu’une poignée en France, regroupés au sein d’une chambre syndicale. Peu connus du grand public, ils sont pourtant bien placés dans la filière puisque ce sont eux qui rachètent aux autres repreneurs leurs stocks destinés au recyclage. Ils fondent l’or récupéré, l’affinent – opération qui consiste à le laver des autres métaux composant l’alliage –, puis le revendent sous diverses formes aux fabricants de bijoux, de composants électroniques ou informatiques, etc. Cela dit, l’absence d’intermédiaires ne vous garantit pas nécessairement un prix compétitif, comme en témoigne notre comparatif (voir p. 25).
Tout confier à un réseau en ligne ?
Depuis le 1er janvier 2010, un autre circuit de rachat s’est considérablement développé en France : celui du négoce sur Internet. Profitant de l’assouplissement de la réglementation relative à la vente de métaux précieux à distance, de nombreuses sociétés se sont créées ou reconverties. Toutes se targuent de racheter votre or au meilleur prix, quels que soient sa quantité, sa pureté et son état. Leurs maîtres mots : simplicité, rapidité, confidentialité, fiabilité, liberté (d’engagement). Très agressives commercialement, elles vantent ces multiples atouts dans la presse, à la télévision, sur Internet. C’est le cas, par exemple, de cashcontreor.fr, orpostal.fr, cvadirect.com, cash­vsgold.com, acheter-or.com. Goldbygold.com, quant à lui, est le seul fondeur-affineur français, membre de la chambre syndicale, à être présent auprès des particuliers sur le créneau du rachat d’or en ligne : “À la différence de la plupart de nos concurrents (changeurs, grossistes, négociants, fondeurs), l’or que nous rachetons est affiné dans nos propres ateliers, puis revendu directement à l’industrie bijoutière française.”

Comment comparer les tarifs ?

Il est vivement conseillé de comparer les offres d’une enseigne et d’un circuit de rachat à l’autre. Ce qui est moins évident à faire qu’il n’y paraît. En effet, certaines enseignes n’affichent pas de prix de rachat prévisionnel sur leur site et refusent de le communiquer par téléphone. Il faut donc envoyer ses bijoux à l’aveuglette. C’est notamment le cas sur orpostal.fr et cvadirect.com. D’autres donnent un prix prévisionnel indexé sur le cours en Bourse du jour et proposent un simulateur. Mais toutes n’indiquent pas clairement si ce tarif s’entend avant ou après déduction de la commission et de la taxe d’État (voir p. 20). Par exemple, gold.fr, filiale du Comptoir national de l’or,  annonce un montant brut (commission et taxe en sus), et cela n’est absolument pas mentionné. Il faut donc bien vérifier qu’il s’agit d’un prix net ou, à défaut, le calculer soi-même, avant de comparer les offres. Plus ennuyeux encore, “des enseignes domiciliées fiscalement à l’étranger (la société britannique orpostal.fr et l’espagnole cvadirect.com, notamment) ne précisent pas à leurs clients que c’est à eux de payer la taxe au fisc. Du coup, ils se retrouvent en infraction, sans même le savoir”, avertit Patrick Schein.
Sachez, enfin, que l’expédition de vos bijoux ne grèvera pas votre budget. “La Poste propose, en effet, un service, baptisé “valeur déclarée”, très bon marché. Expédier 50 g de bijoux en or à 750 millièmes, assurés à hauteur de 900 €, ne coûte que 14,50 €, poursuit Patrick Schein. Un service ultrafiable, utilisé par les banques, les bijoutiers et autres professionnels pour envoyer des espèces ou des objets de valeur. En plus, il est rapide : le pli est délivré dans les 48 h au maximum.”

Doit-on attester de la propriété des bijoux ?

En tout cas, l’anonymat n’est pas de mise. Quel que soit le circuit de rachat emprunté, vous devez fournir une copie recto verso de votre carte d’identité et un justificatif de domicile de moins de 3 mois. Un document attestant que vous êtes bien le propriétaire des bijoux peut, en outre, vous être demandé, mais ce cas de figure est rare. Et pour cause : il s’agit souvent de vieux bijoux de famille et/ou de cadeaux. Le repreneur a, pour sa part, obligation de consigner chaque transaction effectuée (avec description précise du ou des objets, identité du vendeur, montant de la transaction, etc.) dans un registre de police, tenu à la disposition des douanes et des autorités judiciaires. Moyennant quoi, votre or pourra, en toute légalité, rejoindre le grand circuit de l’or transformé. Ce précieux métal, indestructible, inoxydable, inaltérable, circule ainsi indéfiniment : “Depuis 6 000 ans, l’homme a extrait quelque 160 000 tonnes d’or. Cet or a été transformé, mais il existe toujours ; pour plus de la moitié, sous forme de bijoux détenus par les particuliers”, relate Patrick Schein.

Sylvie Francisco


Mots-clés :

BIJOU , INTERNET , PLACEMENT AURIFERE




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