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Les filières de l'occasion : que faire de son vieux téléphone mobile ?

Les filières de l'occasion : que faire de son vieux téléphone mobile ?
Décembre 2010
Le Particulier Pratique n° 363, article complet.
Auteur : FRANCISCO (Sylvie)

62 millions de mobiles en service en France, et autant, voire plus, dans les tiroirs

Une ressource qu’il ne faut pas laisser moisir, que ce soit pour des raisons humanitaires, planétaires ou financières.

Des filières de collecte bien organisées

La collecte des mobiles usagés est assurée, en France, par plusieurs réseaux. Ceux-ci font le tri entre les appareils fonctionnant encore, qui seront remis dans le circuit, et ceux hors d’usage, qui seront recyclés. Normalement, ils ne se défaussent pas du recyclage en Inde, où, en l’absence de normes, il est dangereux.

Des réseaux de revente en plein développement

Pourquoi ne pas vendre votre téléphone en état de marche dans un magasin d’occasion, ou y acheter votre prochain mobile ? C’est très facile, même par correspondance.

Qu’ils soient basiques ou ultrasophistiqués, les téléphones mobiles se sont imposés comme un outil de communication majeur, en un temps record. Selon deux rapports récents, publiés, d’une part, par le fabricant suédois Ericsson et, d’autre part, par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), il y aurait 5 milliards de cartes SIM en service dans le monde (pour 6,793 milliards d’habitants), dont 61,90 millions en France (pour 62,10 millions d’habitants). Chaque mois, 2 millions de nouvelles souscriptions sont enregistrées dans le monde.
À chacune de ces cartes correspond un téléphone. Quant au nombre de mobiles relégués, on n’ose l’imaginer : rien qu’en France, 22 millions de téléphones neufs sont vendus tous les ans, s’ajoutant au parc déjà en service. Ces dernières années, les opérateurs de téléphonie mobile ont, en effet, multiplié les offres commerciales alléchantes (points bonus, packs téléphone-abonnement à prix cassés) pour inciter les consommateurs à renouveler fréquemment leur équipement. Ce qu’ils font tous les 18 mois en moyenne, et même tous les 10-12 mois, chez les 15-24 ans.

Que fait-on des mobiles usagés inutilisés ?

L’achat d’un téléphone neuf entraîne, le plus souvent, l’abandon du modèle précédent. Un abandon prématuré puisque, en général, il fonctionne encore et que sa durée de vie théorique est de 5 à 7 ans. Un sondage, réalisé en octobre 2010 par TNS Sofres pour le compte de l’Association française des opérateurs mobiles (Afom), a établi que, dans 52 % des cas, l’appareil délaissé est conservé pour resservir “si besoin”. Selon les estimations, de 60 à 100 millions de téléphones dormiraient ainsi dans nos tiroirs. Lorsque l’ancien mobile n’est pas gardé, il est donné à un proche (dans 16 % des cas) ou jeté à la poubelle, et donc enfoui ou incinéré (1 %). Il est encore trop rarement déposé dans une borne de collecte pour être valorisé (16 %) – il est à noter que 12 % des sondés n’ont pas répondu à cette question.

Qui se charge de la collecte ?

Une directive européenne, entrée en vigueur en France en 2005, oblige les États membres de l’Union européenne à valoriser ou, à défaut, à éliminer les équipements électriques et électroniques en fin de vie dans des structures adaptées. Le gouvernement français a choisi de déléguer cette mission à quatre éco-organismes agréés par ses soins : Ecologic, Eco-systèmes, ERP France, Récylum. Ces éco-organismes assurent eux-mêmes la collecte, puis le traitement des appareils usagés et/ou mandatent des entreprises sous-traitantes, déclarées ou autorisées en préfecture. Parallèlement à cette filière officielle, d’autres acteurs œuvrent activement : entreprises privées, plusieurs d’entre elles étant spécialisées dans la réparation des équipements électriques et électroniques (Regenersis, Recommerce Solutions, Anovo, etc.) ; associations d’insertion sociale (essentiellement Les Ateliers du bocage, entité appartenant à la branche économie solidaire et insertion d’Emmaüs France, et le réseau Envie). Chaque prestataire gère un nombre variable de bornes de collecte, installées dans des déchetteries publiques et/ou des magasins de vente de téléphones mobiles neufs.

Quel sort est réservé aux appareils collectés ?

Ils sont triés : d’un côté, les téléphones fonctionnant encore ou réparables ; de l’autre, ceux qui sont hors d’usage ou obsolètes. À titre indicatif, les techniciens des Ateliers du bocage trient près de 25 000 appareils chaque mois. Les mobiles hors d’usage ou obsolètes sont démantelés. Tous les composants pouvant servir de pièces détachées pour réparer d’autres modèles sont, théoriquement, récupérés. Les autres sont broyés, puis traités par des entreprises spécialisées dans le recyclage de matières premières et/ou l’élimination des déchets dangereux. Les constructeurs de téléphones mobiles affirment qu’aujourd’hui de 85 à 95 % des composants sont recyclables. Mais, dans les faits, il n’est pas toujours possible ni rentable de les récupérer. Au final, les volumes recyclés sont infimes comparés aux stocks à traiter.

Pourquoi le recyclage n’est-il pas suffisant ?

Selon le fabricant finlandais Nokia, si tous les consommateurs, sur la planète, faisaient recycler au moins un de leurs appareils, quelque 240 000 t de matières premières secondaires pourraient être récupérées. Démanteler 500 millions de téléphones hors d’usage fournirait 7 900 t de cuivre, 178 t d’argent, 17 t d’or, 7,40 t de palladium, 180 kg de platine, qui permettraient de (re)fabriquer des accumulateurs, des tuyaux, des instruments de musique, des bouilloires, des bancs publics, des amalgames dentaires… Sans compter le plastique, qui constitue de 60 à 65 % de n’importe quel modèle, et qui peut être incinéré pour fournir de l’énergie thermique.
La démarche est donc intéressante, à condition que le démantèlement et le broyage soient effectués dans des structures suivant un protocole adapté. Or, malgré la Convention de Bâle, qui, depuis 1992, interdit les exportations de déchets dangereux, une part colossale du stock mondial de mobiles usagés est acheminée vers l’Inde, qui s’est spécialisée dans le traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) en provenance des pays industrialisés. Cette activité représente, aujourd’hui, un large pan de l’économie indienne, officielle et souterraine. Des milliers d’adultes et d’enfants manipulent donc, chaque jour, des substances toxiques sans équipements de sécurité et, souvent, sans couverture sociale. Les associations de défense de la nature et des droits de l’homme dénoncent, d’ailleurs, régulièrement l’absence de normes environnementales et sanitaires dans ce pays. D’après Bertrand Reygnier, directeur technique d’Ecologic, la France n’est pas concernée par ces pratiques. Il affirme que, même si une fraude est toujours possible, les prestataires œuvrant pour le compte et sous la houlette des quatre éco-organismes traitent in situ les stocks qui leur sont confiés ; à sa connaissance, les autres acteurs du secteur procèdent de même.

Que deviennent les téléphones fonctionnant encore ou réparables ?

Ils sont “reconditionnés”, autrement dit remis à neuf, le plus souvent par les entreprises privées ou les associations de réinsertion sociale ayant procédé au tri. La batterie (voire la coque plastique extérieure) est remplacée, les informations personnelles enregistrées sont effacées, les touches nettoyées, le tout en 10 à 20 min. Les appareils sont, ensuite, mis en vente sur le marché de l’occasion, en plein essor. Il existe, aujourd’hui, une forte demande de téléphones mobiles de seconde main, surtout dans les pays en développement, mais aussi, et de plus en plus, dans les pays industrialisés. La principale motivation est d’ordre financier : les appareils reconditionnés, souvent récents, coûtent beaucoup moins cher que les modèles neufs. De plus, en Occident, la motivation écologique gagne du terrain. Opter pour un mobile d’occasion, c’est, en amont, un moyen d’économiser des matières premières primaires et de l’énergie ; en aval, cela permet de réduire les nuisances environnementales, l’incinération, la mise en décharge – voire le recyclage lorsqu’il est effectué hors de structures adaptées –, générant de la pollution. À titre indicatif, sur les 25 000 appareils triés chaque mois par Les Ateliers du bocage, un quart connaît ainsi une seconde vie.

Comment s’organise le marché de l’occasion ?

Jusqu’à il y a peu, pour dénicher un mobile d’occasion, il fallait éplucher les petites annonces de particuliers sur Internet (ebay.fr, priceminister.com, leboncoin.fr…) ou écumer les dépôts-ventes et les ressourceries, c’est-à-dire les boutiques de réparation et revente gérées par des associations de réinsertion sociale. Dans les deux cas, les stocks étaient limités. Il existait aussi des enseignes spécialisées dans le rachat et la revente de téléphones mobiles de seconde main : love2recycle.fr (filiale du groupe Anovo) ; monextel.com (filiale de la société Recommerce Solutions) ; mobilorama.com ; fonebak.fr, fonebank.fr ; internity.yourecycle.com…, mais elles étaient peu connues, donc peu actives. Ces derniers mois, elles ont multiplié leurs offres. La simplicité de la procédure a séduit de nombreux consommateurs. Il suffit de vous rendre sur le site de l’enseigne, de rechercher la référence de l’appareil que vous souhaitez vendre et d’indiquer son état pour connaître son prix théorique de rachat : de 5 € pour un modèle basique à plus de 200 € pour un smartphone. Vous l’expédiez ensuite par courrier, frais de port parfois pris en charge (love2recycle.fr, par exemple, fournit l’enveloppe d’expédition). Après vérification des déclarations faites en ligne, votre compte bancaire est crédité de la somme annoncée – celle-ci peut être, soit totalement, soit partiellement, reversée, d’office ou à votre demande, à une association humanitaire ou sociale (Médecins du monde sur Mobilorama ; le Téléthon, La Croix-Rouge et Children in need sur Fonebak…). Ces rachats en nombre ont permis d’étoffer l’offre de vente de certaines de ces enseignes.

Que proposent les opérateurs de téléphonie ?

Le choix des modèles et les prix pratiqués par love2recycle.fr, monextel.com et consorts ont contraint les opérateurs de téléphonie à réagir. Orange commercialise, désormais, dans ses boutiques des téléphones mobiles de seconde main (ayant fait l’objet d’une rétractation d’achat, d’une panne traitée par le service après-vente, etc.), à des prix variant entre 25 et 95 € – pour les inciter à proposer des appareils d’occasion, les vendeurs sont commissionnés sur ces produits. Le 22 avril 2010, lors de la Journée mondiale de la Terre, Orange a, par ailleurs, organisé une vaste collecte de matériels usagés, en partenariat avec Les Ateliers du bocage. Les autres opérateurs ne sont pas en reste. Bouygues Telecom s’appuie sur Recommerce Solutions et Les Ateliers du bocage pour récupérer les mobiles inutilisés et les valoriser (revente après reconditionnement ou recyclage), une partie des bénéfices étant reversée à l’association écologique Surfrider Foundation Europe. SFR s’est, notamment, engagé à verser 4 € à La Voix de l’enfant pour chaque appareil collecté avec sa batterie.
Autre initiative ayant contribué à freiner le renouvellement rapide des téléphones : Orange a invité ses abonnés à troquer 1 200 points de fidélité contre un chèque de 40 €, plus 5 € reversés par l’opérateur à l’association écologique WWF France. Une campagne qui a séduit 40 000 clients…

Sylvie Francisco


Mots-clés :

DECHET , PIECE DETACHEE , RECYCLAGE DES DECHETS , TELEPHONE MOBILE




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