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Adaptez votre maison pour qu'elle vous voie vieillir

Adaptez votre maison pour qu'elle vous voie vieillir
Novembre 2010
Le Particulier n° 1054, article complet.
Auteur : VALIN-STEIN (Valérie)

Les personnes âgées souhaitent rester à leur domicile le plus longtemps possible. Bien sûr, cela implique quelques aménagements pour sécuriser leur logement. De la simple règle de bon sens à l’équipement sophistiqué nous les avons répertoriés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 80 % des personnes de 80 ans et 70 % de celles de 90 ans vivent encore chez elles, selon les services du secrétariat d’État aux Aînés. Ceux-ci notent, par ailleurs, « une aspiration légitime et massive des aînés à rester chez eux ». Forte de ce constat, Nora Berra, secrétaire d’État aux Aînés, a lancé, au printemps dernier, la mission « Vivre chez soi » qui comprend 18 propositions visant à favoriser l’autonomie à domicile des personnes âgées – dont certaines devraient être opérationnelles dès l’année prochaine. Parmi elles, retenons la création d’un label « Vivre chez soi », la mise en place d’un « diagnostic autonomie » de l’habitat, le développement des aides financières pour améliorer le cadre de vie, la généralisation de l’accès à internet et à la domotique pour les personnes âgées… Mais, passé un certain âge, rester à domicile pose des problèmes de sécurité et exige d’adapter son logement. Pour tenter de minimiser les risques d’accidents domestiques, un programme de mise en sécurité du domicile des personnes âgées a été lancé. Le secrétaire d’État chargé du Commerce et de l’Artisanat et le président de la Commission de la sécurité des consommateurs viennent de signer une convention avec une vingtaine de partenaires. Ce dispositif de prévention, pour l’instant expérimental, pourrait être généralisé. De leur côté, les professionnels du bâtiment ont saisi le potentiel représenté par le vieillissement de la population. Les spécialisations « Accessibilité » commencent à voir le jour (notamment au sein de l’organisme de qualification des entreprises du bâtiment, Qualibat), ainsi que des labels certifiant les entreprises (« Handibat-maintien à domicile » à la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment et « les pros de l’accessibilité » à la Fédération française du bâtiment) ou les équipements (« Afisb bien vivre » à la Fédération des industries de la salle de bains).

Une offre croissante d’équipements pour les seniors

Mais, en attendant que les démarches des pouvoirs publics et des professionnels prennent forme, vous risquez d’être désorienté, si vous souhaitez sécuriser votre logement ou celui d’un proche, devant l’offre de produits destinés aux seniors. Pour vous aider, nous avons recensé les aménagements et équipements les plus utiles. Attention, même si vous êtes en pleine forme, vous avez intérêt à agir sans tarder. La TVA à taux réduit sur les travaux est pérennisée en 2011. Mais ce n’est pas le cas du crédit d’impôt sur les dépenses d’équipements destinés aux personnes âgées et handicapées (voir p. 72) qui, sauf amendement de la loi de finances pour 2011, prendra fin le 31 décembre prochain. De plus, la réalisation de travaux étant souvent source de troubles (bruit, poussière, etc.), mieux vaut être en bonne santé pour les supporter. Enfin, adapter son logement ne signifie pas le transformer en hôpital : il existe aujourd’hui des équipements esthétiques qui ne nuiront pas à votre décoration.

Voir : Faites appel à un expert pour évaluer précisément vos besoins

La salle de bains, une pièce à aménager en priorité

Enjamber une baignoire ou un bac à douche glissant, se relever d’un siège de toilettes un peu bas… les risques de chute dans la salle de bains sont nombreux. Cette pièce recèle moult obstacles, aussi est-ce la première réaménagée par les seniors. « Plus de 80 % des demandes d’aménagement que nous recevons portent sur les salles de bains », confirme Patrick Darolle, attaché de direction chez le bailleur social 3F. Les travaux consistent souvent à remplacer la baignoire par une douche. Les baignoires à porte se sont, en effet, avérées peu commodes : on leur reproche de conserver un seuil trop élevé à franchir et d’entraîner des risques de refroidissement, le temps que l’eau du bain s’écoule. Choisissez bien votre bac à douche. Les bacs standard culminent à 25 cm au-dessus du sol ! La solution idéale est la douche dite « à l’italienne », esthétique et sûre. Sans receveur apparent, elle permet un accès direct sans dénivelé. Mais elle est coûteuse (voir page ci-contre) et son installation se heurte à des contraintes techniques. Pour loger le système d’évacuation, il faut soit creuser le sol, soit rehausser l’ensemble du plancher de la salle de bains… et donc créer une marche. « Dans 90 % des cas, ce type de douche n’est pas réalisable en immeuble collectif », constate Régis Herbin, architecte, expert en accessibilité et qualité d’usage. Des alternatives consistent à installer un receveur de douche plat (11 cm de hauteur) ou un receveur équipé d’une pompe de relevage autorisant l’évacuation des eaux en l’absence de pente suffisante, ce qui permet de réduire la hauteur à 4,6 cm. Pour assurer la fermeture de votre douche, privilégiez la porte à deux battants superposés (voir page ci-contre). Elle sera peut-être utile si vous avez, un jour, besoin d’un tiers pour vous aider à vous laver. En attendant, vous pourrez y doucher vos petits-enfants sans transformer le sol en pataugeoire glissante. La sécurisation de la salle de bains passe également par la pose d’un carrelage antidérapant sur le sol. Les carreaux antidérapants sont classés, par ordre croissant d’adhérence, de « PN 6 » à « PN 24 ».

Voir : Repères : Exemples de coût d’aménagement pour une salle de bains

Rehausser les toilettes et poser des barres d’appui

Pour renforcer votre sécurité, il est aussi recommandé de remplacer des toilettes sur pied par une cuvette suspendue. D’aspect contemporain, ce type de toilette présente l’avantage de pouvoir être fixé à une hauteur idéale « qui dépend de la taille de la personne », précise Barbara Pereira-
Milhiet, ergothérapeute auprès de la Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France ­(Cramif). Ce changement de cuvette vous reviendra, fourniture incluse, autour de 1 000 €. Il existe des mécanismes (appelés bâti-supports motorisés) permettant de faire varier la hauteur de la cuvette en fonction de l’utilisateur. Plus onéreux (de l’ordre de 2 000 € hors sanitaire), ils se révéleront néanmoins utiles si vous vivez en couple ou si vous recevez souvent vos petits-enfants. Ces dispositifs peuvent également être utilisés pour régler la hauteur d’un lavabo. Si vous envisagez de changer votre vasque, préférez un modèle suspendu, sans colonne ni placards. Une solution esthétique qui permettra, le cas échéant, à une personne en fauteuil roulant d’utiliser le lavabo. Pour limiter les difficultés de manipulation et les risques de brûlures, il est aussi conseillé d’installer des robinets mitigeurs (comptez 400 €). « Un modèle avec un long levier de commande, de préférence, il sera plus facile à manier », conseille Barbara Pereira-Milhiet. Désormais accessibles au grand public, les robinets automatiques infrarouges sont encore plus pratiques car ils évitent toute manipulation (500 € environ). La salle de bains d’une personne âgée doit aussi comporter des barres d’appui (de 50 à 70 € l’unité) aux endroits stratégiques (à proximité des toilettes et du lavabo, à l’intérieur de la douche). En fonction de la configuration des lieux, ces barres seront fixes ou relevables, fixées aux murs, au sol ou au plafond. « Mieux vaut choisir ces barres avec des couleurs contrastées : rouge sur un carrelage blanc, par exemple », souligne Serge Lecat, directeur de la prospection du groupe Sfa. Ce parti pris coloré s’avérera précieux en cas de déficience visuelle. Si l’aménagement de la salle de bains est indispensable, c’est aussi un poste coûteux : prévoyez a minima 5 000 € pour le remplacement d’une baignoire par une douche et la pose de quelques barres d’appui (voir p. 73).

Dans la cuisine, une simple réorganisation suffit

Le budget à prévoir pour sa cuisine n’est pas aussi élevé, quelques règles de bons sens suffisant parfois à la sécuriser. « Il est d’abord essentiel de réorganiser ses placards afin de mettre les ustensiles de tous les jours à portée de main. On évitera ainsi de grimper sur une chaise ou un tabouret pour y avoir accès », indique Geoffrey Guimberteau, responsable du développement de l’Association nationale française des ergothérapeutes (ANFE). Pour réduire les risques d’incendie et de brûlures, on peut remplacer la gazinière ou les plaques électriques par des plaques à induction (400 € environ). Seul inconvénient, ce choix oblige à s’équiper d’une batterie de cuisine compatible avec l’induction. Quant aux personnes dont la mobilité est réduite, elles pourront, moyennant un budget de 1 500 € à 1 700 €, motoriser les placards situés en hauteur afin qu’ils s’abaissent à leur niveau.

Limiter les risques de chute dans les couloirs et l’escalier

Chaque année, 3 millions de personnes âgées sont victimes de chutes. Pour les éviter, les ergothérapeutes sont unanimes : rangez les tapis ! Attention aussi aux moquettes dont les barres de seuil se décollent. Elles sont à l’origine de pertes d’équilibre et de coupures. Il peut être judicieux d’installer des mains courantes dans les couloirs. « Les personnes âgées ont tendance à se tenir aux meubles. Mais les couloirs en sont dépourvus, d’où un danger potentiel », avertit Barbara Pereira-Milhiet. D’une manière générale, il convient également, pour sécuriser sa maison, de revoir l’éclairage en augmentant la puissance des ampoules. Mais il est aussi important de prévoir des veilleuses qui faciliteront les déplacements nocturnes. « Associées à un détecteur de mouvement et installées à 30 cm du sol, elles se déclencheront lorsqu’une personne pénétrera dans une pièce. On peut ainsi créer des cheminements sécurisés le long des points de passage les plus fréquents dans une maison, par exemple entre la chambre et les sanitaires », explique Régis Herbin. Comptez de 200 à 300 € par veilleuse, un budget auquel il faut ajouter des travaux de peinture consécutifs à l’encastrement des veilleuses dans le mur (autour de 140 €/m²). Lorsque le logement comporte plusieurs niveaux, il faut veiller à ce que la rampe d’escalier soit stable (surtout pas de corde !) et facile à attraper. La sécurité dans l’escalier peut être renforcée par la pose de nez de marches antidérapants et contrastés (autour de 40 € par marche). Mais, en cas de réelles difficultés motrices, on peut faire installer un monte-escalier, dont le coût varie de 8 000 à 12 000 €. L’alternative au monte-escalier est le mini-ascenseur. Mais cet équipement nécessite de la place et un budget minimal de 15 000 €. De tels frais peuvent être limités, en installant, si la configuration du logement le permet, une chambre au rez-de-chaussée. Une solution retenue par Nicole pour réaménager la maison de sa mère après que celle-ci se fut fracturé le fémur. « Toutes les chambres étaient à l’étage. Nous avons fait le choix de sacrifier la salle à manger, située au rez-de-chaussée, pour en faire une chambre, décrit-elle. Nous avons refait la peinture, l’électricité et installé une prise d’antenne pour la télévision. » La facture des travaux s’est élevée à 4 000 €, soit beaucoup moins que l’installation d’un monte-escalier ou d’un mini-ascenseur…

La domotique au service des personnes âgées

L’électronique et la domotique jouent un rôle croissant dans la qualité de vie des seniors. Les thermostats d’ambiance thermostatiques (autour de 30 € l’unité), qui permettent de réguler la température d’un logement, et les volets roulants électriques (environ 1 000 € par fenêtre) faciliteront réellement le quotidien d’une personne âgée. L’installation d’une téléalarme est également rassurante à l’approche du 4e âge. En cas de chute ou d’inactivité prolongée, un tiers est averti (membre de la famille, médecin, voisin). Le coût varie en fonction de l’option choisie (achat ou location du matériel). Comptez, par exemple, de 70 à 90 € par mois si l’équipement est loué. Quant aux nouvelles technologies, et notamment aux applications domotiques, elles permettent de mettre en réseau tous les appareils électriques de la maison et de les contrôler… depuis son fauteuil. « À partir d’un ordinateur portable, il est possible de fermer et d’ouvrir les volets, de régler le chauffage, etc. », détaille Jérôme Lunati du fabricant de matériel électrique Hager. Enfin, ayant constaté que beaucoup personnes âgées souffrent de solitude, les chercheurs planchent sur un robot de compagnie. Demain peut-être…

Lire aussi :

» Une aide pour les retraités en cas de coup dur
» Un dossier unique pour l’admission des personnes agées dépendantes en maison de retraite

 

Valérie Valin-Stein


Mots-clés :

AMELIORATION DE L'HABITAT , DOMOTIQUE , HANDICAPE , LOGEMENT , MAINTIEN A DOMICILE , PERSONNE AGEE , TRAVAUX




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