La réforme fiscale durcit le régime des plus-values dégagées lors des ventes de biens immobiliers. Pour échapper à la nouvelle donne, il faut vendre vite ou à défaut, réduire le montant taxable au maximum.
Le gain réalisé sur la vente d'un bien immobilier, c'est-à-dire la différence entre son prix de cession et son prix d'achat subit une taxation à 19 %. Jusqu'alors ce gain était réduit d'un abattement de 10 % par année de détention, ce qui conduisait de facto, à une exonération au bout de 15 ans. La seconde loi de finances rectificatives pour 2011, bientôt promulguée, vient modifier le taux et le jeu des abattements pour reculer l'exonération totale à 30 ans de détention. Compte tenu de cette nouvelle donne, les propriétaires ont intérêt à vendre rapidement leur bien pour échapper à la nouvelle taxation ou, à défaut, à diminuer au maximum le gain réalisé lors de la revente, par des imputations de frais.
L'augmentation de la taxation des plus-values immobilières s'appliquera aux actes de vente, signés chez le notaire, à partir du 1e février 2012. Compte tenu du délai de deux à trois mois nécessaire entre la signature de l'avant-contrat (promesse de vente ou compromis de vente), pour échapper à la nouvelle taxation des plus-values, les vendeurs doivent trouver un acquéreur avant le 1e novembre 2011 (pour prendre une marge de sécurité).
Le jeu des abattements étant relativement compliqué, nous vous conseillons d'utiliser notre simulateur de plus-value pour connaître l'impôt dû avant et après l'entrée en vigueur de la réforme fiscale : ![]()
Si l'on considère que la durée de détention a été doublée pour bénéficier de l'exonération des plus-values (de 15 à 30 ans), plus que jamais il faut être vigilant à retrancher du montant taxable les frais de vente tels que commission d'agence, frais de diagnostics obligatoires, frais de mainlevée d'hypothèque... (pour une liste complète : Plus-values immobilières : le prix de vente du bien). Par ailleurs, le montant de la plus-value peut être minoré en ajoutant les frais d'acquisition tels que commission d'agence, droits d'enregistrements, frais de notaire... ainsi que les dépenses de travaux qu'elles soient privatives ou engagées par la copropriété (pour une liste complète ou l'application d'un forfait toléré par le fisc : Plus-values immobilières : le prix d’acquisition du bien).
La résidence principale reste exonérée de la taxation sur les plus-values, même après l'entrée en vigueur de la réforme. En cas de déménagement avant la vente, le fisc tolère un délai d'environ un an pour bénéficier de l'exonération (Plus-values immobilières : les cessions exonérées d’impôt). En cas de divorce ou de séparation, le logement de famille peut toujours être considéré comme résidence principale, même pour l'époux qui réside ailleurs, sous conditions (Plus-values immobilières : les cessions exonérées d’impôt).
Les retraités et les invalides bénéficient d'une exonération de la taxation des plus-values, sous conditions (voir : Plus-values immobilières : les cessions exonérées d’impôt).
Pour connaître la valeur d'un bien immobilier, consulter notre baromètre des prix, ville par ville ou estimez-le gratuitement en ligne : ![]()
Stéphanie Delmas

