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Cloud, clés USB, disques durs…Mettez vos données à l'abri !

Cloud, clés USB, disques durs…Mettez vos données à l'abri !
Juin 2016
Le Particulier pratique n° 424, article complet.
Auteurs : HENRI (Benoit), DELFAU (Vincent)

Des 0 et des 1… Voilà ce que sont devenus nos photos de famille, nos films de vacances ou nos chansons préférées. L’avantage est que tout peut être stocké au même endroit, dans un minimum de place, mais pour ne pas perdre ces précieuses données, il faut bien choisir leur écrin.

Toutes les données informatiques sont volatiles, ce qui signifie qu’il n’est pas possible de les stocker indéfiniment. Mais le papier, la pellicule et le vinyle n’étaient guère plus pérennes. Il faut donc apporter le plus grand soin à la conservation de ces données, et pour cela adopter de bonnes habitudes. S’il existe de nombreux supports permettant de mettre ses fichiers à l’abri, tous ont leurs qualités et leurs défauts. De plus, nous manquons cruellement de recul quant à la durée de vie d’un disque dur ou d’une carte mémoire, même utilisés dans des conditions optimales, d’autant qu’une casse, une panne, un sinistre ou un vol peuvent toujours arriver. Aujourd’hui, conserver ses données informatiques tient plus du bon sens que de la technologie pure. Dans ce dossier, nous vous présentons toutes les solutions qui s’offrent à vous, leurs forces, leurs faiblesses et, bien entendu, leur coût. Nous vous prodiguons également quelques précieux conseils pour éviter les déconvenues liées à la perte de vos données personnelles.

1. Le stockage local 

CD, DVD, Blu-ray : de moins en moins utilisés

Depuis l’arrivée des smartphones et des tablettes, les lecteurs et les graveurs optiques de CD, de DVD et de Blu-ray sont de plus en plus rares. Même les ordinateurs en sont désormais dépourvus, pour alléger les configurations portables ou affiner les PC tout-en-un. Les supports optiques sont, sans conteste, les premières victimes de la dématérialisation des contenus. C’est dommage, car un CD-R vierge peut contenir jusqu’à 700 Mo de données, un DVD-R atteint 4,7 Go et un disque BD-R (Blu-ray) stocke 25 Go. Les versions double couche (Dual Layer) des DVD-R et des BD-R permettent de graver 2 fois plus de données, soit 9,4 et 50 Go. Le support est identique pour les 3 formats, à savoir une galette plastique (polycarbonate) de 12 cm de diamètre. La différence tient à la finesse de la gravure et au type de laser utilisé pour lire les données : rouge tirant vers le rose pour le CD-R, rouge vif pour le DVD et bleu pour le Blu-ray.

Avantages : Ils restent utiles lorsque l’on veut simplement sauvegarder quelques données, comme des photos ou des films de vacances que l’on souhaite donner à tous les membres de sa famille.

Inconvénients : Au regard des supports de stockage existant aujourd’hui, ils semblent bien obsolètes. Ils sont fragiles et s’abîment au fil du temps, même sans bouger de leur boîte de protection. Ils nécessitent, en plus, un matériel adéquat. Un graveur de BD-R peut écrire sur des CD-R, mais l’inverse n’est pas possible. Une fois gravés, les supports ne sont plus réutilisables (sauf pour les formats réinscriptibles CD-RW et DVD-RW).

Coût : Une « bobine » (ou spindle) de 100 CD-R coûte, en moyenne, 20 € (environ 0,28 €/Go) ; une de 100 DVD-R, aux alentours de 30 € (environ 0,06 €/Go) ; le pack de 25 BD-R, quelque 15 € (0,024 €/Go).

Disques durs mécaniques : un excellent rapport qualité/prix

Le disque dur est le support de stockage le plus utilisé pour la sauvegarde et l’archivage des données personnelles (photos, films, musique, fichiers professionnels…). Il peut être interne (fixé dans l’ordinateur) ou externe (transportable). Dans les 2 cas, il en existe 2 tailles : 2,5 et 3,5 pouces. Du fait de la chute des ventes d’unités centrales de bureau et de l’appétence des consommateurs pour les portables, le marché des disques durs internes est devenu quasi anecdotique. Les modèles externes représentent aujourd’hui le gros des ventes, en particulier les petits formats (2,5 pouces). Ils se raccordent aux ordinateurs sur une prise USB 2.0 ou USB 3.0. Plus imposants et plus lourds, les modèles 3,5 pouces se branchent avec ces mêmes prises. Ils sont généralement utilisés de façon sédentaire, d’autant qu’ils sont raccordés au secteur. Notez que ces 2 interfaces sont compatibles l’une avec l’autre, si ce n’est qu’un périphérique USB 3.0 branché sur une prise USB 2.0 sera limité au débit de l’USB 2.0. Les capacités de stockage vont de 500 Go à 6 ou 8 To. Les grosses stations de stockage sont constituées de plusieurs disques internes connectés en série.

Avantages : Les disques durs classiques offrent les capacités de stockage les plus grosses du marché. Grâce à l’USB, ils sont simples à brancher. Le très bon débit de l’USB 3.0 permet d’accéder rapidement aux données. Sur les modèles transportables, l’USB fournit l’énergie suffisante pour alimenter le disque.

Inconvénients : Ils sont fragiles. Toutes leurs pièces sont mécaniques, un peu comme sur une platine pour disque vinyle. Un bras monté d’une tête de lecture se déplace sur des plateaux pour accéder aux données. Le moindre choc peut endommager cette belle mécanique et rendre les données inaccessibles.

Coût : Le prix des disques durs mécaniques a énormément baissé. Aussi, leur rapport capacité/prix est excellent. Un modèle au format 2,5 pouces de 1 To coûte, en général, quelque 100 € ; un disque de 2 To en 3,5 pouces revient à environ 150 €.

Disques durs SSD : les plus rapides

Ils ne ressemblent en rien aux modèles classiques. Ici, point de pièces mécaniques, le stockage des données est assuré par des modules de mémoire flash, comme celle que l’on trouve dans les clés USB. Les disques durs SSD équipent généralement des portables haut de gamme ou des modèles tout-en-un. Ils viennent en complément d’un disque dur mécanique, car leur vocation n’est pas d’archiver des données.

Avantages : La grande rapidité de ces petits disques durs permet un démarrage presque instantané du système d’exploitation et un accès aux données immédiat. Comme ils ne comportent aucune pièce mécanique, ils sont beaucoup moins fragiles que leurs pendants mécaniques. Ne chauffant pas et étant insensibles aux vibrations, ils tombent moins en panne.

Inconvénients : Même si les prix sont à la baisse, ils coûtent encore très cher en comparaison des modèles mécaniques. Ils n’offrent pas de grosses capacités de stockage et sont rares en version externe. Lorsqu’ils tombent en panne, il est quasi impossible de récupérer les données enregistrées dessus.

Coût : Pour un modèle externe en USB, comptez entre 80 et 100 € pour une capacité de 128 Go, et entre 150 et 200 € pour 256 Go. 

Clés USB : idéales pour transporter des données

C’est le mode de stockage le mieux adapté si vous avez besoin de transférer des données d’un poste à un autre. Dans la majeure partie des cas, leur capacité se limite à quelques gigaoctets, ce qui est largement suffisant pour partager des fichiers textes, des images, et même des séquences vidéo. Pour avoir une clé véloce, choisissez un modèle USB 3.0, dont les vitesses de lecture et d’écriture sont bien plus élevées.

Avantages : Elles sont facilement transportables, simples à utiliser et ne coûtent pas cher. Il y a une grande variété de capacités. Et elles peuvent avoir des formes vraiment originales !

Inconvénients : À moins d’y mettre le prix, la mémoire utilisée pour ce périphérique est généralement de mauvaise qualité. En plus du risque de panne, entraînant une perte irréversible des données, certaines clés sont lentes lorsqu’il s’agit de copier des données. Leur petite taille peut aussi vous jouer des tours : il est facile de les perdre ou de les oublier dans une poche de pantalon qui passe au lave-linge…

Coût : Une clé de 8 Go est vendue à peine 5 €. Certains modèles de grande capacité (256 Go) dépassent 150 €.

Cartes mémoire : pour la photo et la vidéo

La quasi-totalité des appareils photo tourne autour des supports Secure Digital (SD-Card). Ce format peut revêtir des appellations différentes : SD-Card pour des capacités allant jusqu’à 4 Go ; SDHC, de 4 à 32 Go ; SDXC, entre 32 Go et 2 To. Les formats mini-SD (en voie de disparition) et micro-SD conviennent aux smartphones et aux tablettes. Attention à la capacité de la carte mémoire : si le capteur de votre appareil photo est puissant ou si vous filmez en haute définition, les fichiers enregistrés seront lourds, et prendront donc de la place. Par exemple, sur une carte de 32 Go, vous pouvez entreposer jusqu’à 4 000 photos prises avec un appareil à 24 mégapixels ou un peu plus d’une heure de vidéo en 1 080 p (30 images/s). Ne sous-estimez pas non plus la vitesse d’écriture. Plus la classe de la carte (l’indicateur de la vitesse d’écriture) est élevée, plus elle sera rapide. Ainsi, une carte de classe 2 a un débit théorique de 2 Mo/s ; une carte de classe 6, un débit de 6 Mo/s… Cela jusqu’à la classe 10.

Avantages : L’offre est riche et les prix baissent régulièrement.

Inconvénients : Même si la taille de la carte est identique, vérifiez bien la compatibilité entre les formats SD, SDHC et SDXC, certains lecteurs anciens ne supportant pas les cartes de haute capacité. Il ne sert à rien d’acheter une carte de classe supérieure à celle de votre appareil, car elle serait bridée.

Coût : Une carte de 32 Go en version professionnelle coûte plus de 100 €, l’entrée de gamme est aux alentours de 10 €.

 2. Le stockage virtuel

Parallèlement au stockage matériel, vous pouvez conserver vos données dans le cloud, « nuage » en anglais. C’est, en effet, par un nuage que les spécialistes de l’informatique représentent internet dans leurs schémas. Concrètement, ce stockage dématérialisé revient à faire cheminer vos données par le Web vers d’immenses datacenters : des « fermes de données » composées d’une multitude de serveurs et de disques durs, et gérées par des géants de l’informatique (Amazon, Google, Microsoft), des acteurs des télécoms (Orange, SFR…) ou des start-up (Hubic, GiGa, Dropbox…). Vous externalisez ainsi une partie de votre système informatique en la confiant à un spécialiste.

Vos fichiers accessibles où que vous soyez

L’un des principaux avantages de ce type de stockage est de vous offrir un accès permanent à vos données, où que vous vous trouviez. Il suffit d’une connexion à internet et d’un terminal capable d’afficher une page Web (ordinateur, tablette ou smartphone) pour vous connecter à votre compte, retrouver tous vos fichiers et en stocker de nouveaux. Peu importe que votre appareil fonctionne sous Windows, Mac OS, Android ou iOS, les offres de stockage dans le cloud font fi des systèmes d’exploitation. Ainsi, vous pouvez prendre une photo avec votre smartphone Samsung pendant une promenade, la retoucher sur le PC de votre domicile, contempler votre œuvre sur votre tablette Apple dans le train qui vous conduit vers votre lieu de vacances, puis poursuivre votre travail sur votre Mac portable une fois arrivé à l’hôtel. C’est, chaque fois, le même fichier qui est ouvert, comme si tous vos appareils étaient connectés à un unique disque dur. Sauf qu’il n’est plus nécessaire de transporter disque externe, clé USB ni carte mémoire.

Le cloud exige une connexion musclée

Un débit moyen fera l’affaire pour consulter ou transférer de petits fichiers (documents bureautiques, quelques photos sorties du téléphone), mais vous contraindra à de longues heures d’attente si vous souhaitez stocker des éléments volumineux, comme des vidéos. Il faudra encore plus de patience si vous envisagez de copier l’ensemble de vos disques durs sur le cloud, l’opération pouvant réclamer plusieurs jours si vous ne disposez pas d’une connexion par la fibre. Le jeu en vaut, toutefois, la chandelle : ainsi dupliquées en local et en ligne, vos données sont, en pratique, à l’abri d’un incident (panne, vol, incendie…). D’autant que les spécialistes du stockage en ligne déploient des infrastructures ultra-sécurisées, avec de multiples niveaux de redondance garantissant l’intégrité physique des fichiers que vous leur confiez. Si l’accident est hautement improbable, les acteurs de ce marché préfèrent, malgré tout, dans leurs conditions générales, se dédouaner de toute responsabilité en cas de perte de données.

Voir : Comparatif des principaux services de stockage en ligne

Par ailleurs, soyez bien conscient que vos fichiers ne sont pas toujours chiffrés (cryptés) quand ils sont stockés dans le cloud. Google et Microsoft, par exemple, peuvent les explorer, notamment à des fins de ciblage publicitaire ou pour repérer des contenus illicites. De plus, sachez qu’une disposition législative, le Patriot Act, autorise les autorités américaines à accéder aux données stockées par les entreprises nationales. Google, Amazon, Microsoft et Apple sont donc ciblées. Ce n’est pas le cas des sociétés françaises, dont les serveurs sont en Europe (voir encadré "A savoir : Cloud, clés USB, disques durs…Mettez vos données à l'abri !").

C’est gratuit, sauf pour de gros volumes

Toutes les entreprises du stockage dématérialisé mettent à votre disposition des espaces gratuits : Dropbox offre 2 Go ; Google Drive, 15 Go ; GiGa, jusqu’à 500 Go. Les opérateurs des télécoms associent, eux, du stockage gratuit en ligne à certains de leurs forfaits (jusqu’à 100 Go avec les forfaits Power de SFR, par exemple). De quoi remiser tous vos fichiers importants et de nombreuses photos. Rien ne vous empêche de souscrire les offres de différents fournisseurs afin de multiplier les espaces gratuits. Mais il est plus simple d’opter pour une formule payante ; vous pourrez ainsi conserver vos fichiers chez un seul prestataire. Les prix sont très variables : un espace confortable de 1 To revient à 5 €/mois chez Hubic et à 400 €/an sur Amazon Cloud Drive.
Surtout, n’oubliez pas que la pérennité de vos données n’est assurée que pendant la durée de votre abonnement. Si vous avez souscrit une offre payante ou si vous bénéficiez d’un espace offert avec votre forfait de téléphone mobile, pensez à rapatrier vos données à l’issue de votre période d’abonnement si vous n’avez pas l’intention de le renouveler, car elles seraient irrémédiablement effacées. Enfin, n’importe quel prestataire de stockage en ligne peut cesser ses activités, sans préavis. Là encore, vos données risquent d’être perdues.

Gardez toujours à l’esprit que le stockage en ligne (à l’instar, d’ailleurs, de toutes les autres formes de stockage) ne doit être considéré que comme un moyen de conservation complémentaire de vos données. Il en accroît la sécurité, mais n’est pas infaillible.


Mots-clés :

INTERNET , PROTECTION DE LA VIE PRIVEE




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