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Location entre particuliers : trouver une maison de vacances sur internet

Location entre particuliers : trouver une maison de vacances sur internet
Mai 2016
Le Particulier pratique n° 423, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Un été de farniente dans un joli petit coin de France… Il est encore temps de l’organiser. Internet regorge d’annonces de particuliers proposant des locations de résidences. Mais le meilleur y côtoie le pire. Nous vous donnons tous les éléments pour qu’une arnaque ne vienne pas ruiner vos vacances.

Trouver la location de vacances idéale sur internet demande de la patience. Pour commencer, il faut savoir où chercher, car une pléthore de sites proposent des biens de particuliers : maisons en bord de mer, chalets à la montagne, appartements en centre-ville, voire un canapé-lit dans le salon ! Si le phénomène explose depuis 2008, avec l’arrivée d’Airbnb, il n’est pourtant pas nouveau. Le premier gîte rural pilote a ouvert dans les Basses-Alpes dès 1952 ; Interhome, spécialiste de la location de maisons et d’appartements de vacances dans le monde, a vu le jour en 1965 ; Abritel, fondé en 1979, fut pionnier sur le Minitel.

Depuis quelques années, la location de biens de particuliers prend une ampleur inattendue, même si elle reste difficile à quantifier, les mêmes logements étant proposés sur plusieurs sites, et certains n’étant disponibles qu’une partie de l’année. L’arrivée d’Airbnb a créé un vrai marché pour ce type d’offres. Et maintenant, tout le monde s’y met, y compris les acteurs traditionnels de l’hébergement hôtelier, car la demande pour ce genre de location croît plus vite que la demande hôtelière. En 2013, Booking a créé la marque Villas, qui représente aujourd’hui près de la moitié de son offre, et il regroupe, désormais, les différents modes d’hébergement sur une seule plateforme. Pierre & Vacances a adopté la même stratégie en rachetant Maeva, afin de proposer des hébergements de particulier à particulier sous cette marque. Expedia, de son côté, a acquis HomeAway pour contrer Airbnb. Enfin, Le Bon Coin a récemment réorganisé son univers vacances et séparé les 160 000 locations de particuliers des annonces immobilières.

Les règles de prudence 

Certains sites (Le Bon Coin, Abritel-HomeAway, PapVacances…) se cantonnent à la mise en relation des particuliers bailleurs et des locataires, sans prendre de commission sur la transaction. Ils se rémunèrent sur la publication des annonces. Vous ne savez pas au moment de la location à qui vous avez affaire, ce qui n’est pas le cas sur les sites spécialisés.

En cas de doute, n’hésitez pas à appeler le service clients

Les sites spécialisés vérifient la cohérence des informations déposées par les propriétaires et leur demandent parfois des pièces justificatives, comme un titre de propriété. Sur ceux qui traitent de gros volumes, le contrôle est effectué, en partie, par des programmes informatiques. PapVacances, qui gère 30 000 annonces, majoritairement en France, dispose, lui, d’équipes en interne affectées à leur relecture. De plus, le site a développé une certaine proximité avec les annonceurs. « 80 % sont fidèles depuis plusieurs années. En cas de doute, il ne faut pas hésiter à appeler notre service clients pour s’assurer que nous connaissons le propriétaire », conseille Laetitia Caron, la directrice générale du site.

Privilégiez le paiement en ligne pour sécuriser la transaction

Malgré ces vérifications, les escrocs ont parfois tout de même le temps d’extorquer de l’argent à des vacanciers, comme en témoigne l’une de nos consœurs de la rédaction. « J’avais à plusieurs reprises réservé sur Homelidays [portail européen qui appartient à HomeAway, ndlr] et tout s’était toujours très bien passé, jusqu’en octobre 2014, quand mon mari a réservé un grand appartement à Amsterdam pour y passer le jour de l’an avec nos amis. Après plusieurs échanges par e-mail avec la personne qu’il pensait être la propriétaire, cette dernière a demandé plus d’argent, sous prétexte qu’elle n’avait pas compris que nous étions aussi nombreux (nous étions 9), ce qui nous a mis la puce à l’oreille. Nous sommes retournés sur le site d’Homelidays, mais l’annonce avait disparu. Nous avons alors joint le site, qui était sur le point de nous contacter, s’étant rendu compte du problème. Il a fallu porter plainte et préparer un dossier. À l’époque, le paiement en ligne n’était pas encore proposé sur le site, et nous avons été dédommagés à hauteur de 800 €, alors que nous avions versé 1 500 € ! »
La fraude en ligne reste marginale mais elle est catastrophique pour les sites en termes de confiance. « Aujourd’hui, les 2/3 des annonces sont payables en ligne, et nous visons les 100 % pour la fin de l’année, indique Xavier Rousselou, responsable de la communication d’Abritel-HomeAway. Nous avons un partenariat avec le service de transactions en ligne YapStone, auprès duquel les propriétaires doivent s’enregistrer. Nous assurons jusqu’à 10 000 € les vacanciers qui choisissent ce moyen de paiement. Pour éviter les tentatives de phishing [technique utilisée par des fraudeurs pour obtenir des informations personnelles, ndlr], nous conseillons de passer par la messagerie du site, qui permet de communiquer de façon anonyme, et de toujours appeler le propriétaire par téléphone avant de finaliser une transaction. Et pour les paiements qui s’effectuent en dehors du site, comme les virements, de vérifier le code Iban du propriétaire, lorsque le site le permet. » Autre précaution : « Méfiez-vous des propriétaires qui vous proposent une ristourne si vous payez immédiatement l’intégralité de la somme. C’est une technique couramment utilisée par les usurpateurs », recommande Laetitia Caron.

Les sites « collaboratifs »

À ses débuts, l’américain Airbnb proposait un modèle fondé sur l’accueil des voyageurs les uns par les autres, grâce à la plateforme, sur un matelas gonflable dans le salon (air bed and breakfast).

Sur Airbnb, propriétaire et locataire doivent s’identifier

Airbnb ne contrôle les annonces qu’avec un algorithme et n’exige pas que les annonceurs fournissent des justificatifs. Le site vérifie de plus en plus l’identité du locataire en lui demandant, au moment d’effectuer sa réservation, de connecter son profil Airbnb (obligatoire pour réserver) à celui de ses réseaux sociaux (Facebook, Google ou LinkedIn) ou de télécharger une copie de sa pièce d’identité. Certains hôtes « garantissent » aussi leur identité par leur profil Facebook (ou autres comptes) : ils sont reconnaissables au ­macaron apposé sur leur profil. Le site conseille, d’ailleurs, aux locataires de ne pas hésiter à demander à leurs hôtes, avant de réserver, d’authentifier leur profil. « Mais une identification vérifiée ne signifie pas que nous cautionnons ou recommandons un utilisateur », prévient Airbnb. En pratique, ces vérifications peuvent rapidement devenir fastidieuses. Et si vous ne possédez pas de compte sur un des réseaux sociaux, vous ne pourrez pas faire de réservation dans certains cas. Pour envoyer un simple e-mail à un hôte, le site vous demandera de télécharger votre photo, à partir de votre disque dur ou de votre page Facebook. Une garantie, cependant : le paiement transite par le site. Vous serez débité dès que votre réservation sera confirmée, mais votre hôte ne sera rémunéré que 24 heures après votre arrivée, ce qui vous laisse le temps d’avertir le site en cas de problème.

BedyCasa revendique l’accent mis sur les relations humaines

Autre plateforme collaborative, française celle-ci, BedyCasa propose des chambres chez l’habitant depuis 2007, mais également des logements entiers. Accueil et expérience sont privilégiés. « Dans 80 % des cas, les hébergeurs sont présents, ce qui est une vraie valeur ajoutée pour les locataires. C’est la garantie que tout se passera bien sur place. Les hôtes donnent des conseils personnalisés aux voyageurs pour leur séjour, peuvent aller les chercher à l’aéroport, proposent des repas ou des cours de langues, payants ou non, mais la plupart du temps cela se fait naturellement », explique Magali Boisseau-Becerril, fondatrice et présidente de BedyCasa. Chez Airbnb, vous n’avez pas la garantie d’être accueilli par votre hôte. Certains propriétaires laissent les clés dans un casier sécurisé par un code ou les déposent au café du coin. Autre différence de taille : les logements sont visités chaque année par les ambassadeurs BedyCasa, qui sont soit des hébergeurs historiques ayant constitué la communauté depuis son origine, soit des voyageurs inscrits de longue date et partenaires de confiance du site. Et toutes les annonces sont vérifiées avant leur mise en ligne. Enfin, « les séjours coûtent environ 15 % moins cher que chez Airbnb, car l’argent n’est pas la motivation première. La commission de 15 % est fixe et incluse dans le tarif en ligne, alors que sur Airbnb elle s’ajoute au prix établi par l’hôte », assure la fondatrice. Le site se charge de payer l’hébergeur le lendemain de l’arrivée du voyageur, qui reçoit un code par texto. L’argent est débloqué lorsque le locataire rentre le code sur son compte BedyCasa. La plateforme a l’intention de s’engager davantage encore dans l’économie collaborative : elle a ouvert une campagne de crowd­funding (financement participatif) pour lancer, en 2017, BedyLingua, un site réservé aux séjours linguistiques.

Les locations labellisées

Si vous souhaitez sécuriser totalement votre location, adressez-vous à un organisme proposant des logements labellisés. Le réseau associatif Gîtes de France est porteur d’un label de qualité reconnu par les pouvoirs publics. Les annonces sont rédigées par Gîtes de France, et non par les propriétaires. Les logements sont visités et classés de 1 à 5 épis, et le label n’est pas accordé à ceux qui sont situés près d’équipements générateurs de nuisances sonores ou visuelles, comme une route nationale. L’accueil est fait par le propriétaire ou, s’il s’agit d’une résidence secondaire, par un mandataire formé par Gîtes de France, toujours la même personne pour un même logement. « Nos adhérents ne sont pas des agents immobiliers chez qui on va chercher la clé », argumente Anne-Catherine Péchinot, la directrice générale.
Vous pouvez louer soit un gîte à la semaine, soit une chambre d’hôte à la nuit. La réservation s’effectue par internet ou par téléphone. Certains propriétaires délèguent entièrement la réservation de leur bien à Gîtes de France. Celle-ci s’effectue alors directement par la centrale de réservation de l’association, qui met à jour les plannings en ligne. La centrale est soumise à la loi Hoguet, qui règlemente les activités de gestion immobilière. Elle vous demandera donc de verser un acompte de 25 %. D’autres propriétaires gèrent eux-mêmes leurs réservations (leur numéro de téléphone figure alors sur l’annonce) ; ils ne sont donc pas tenus de se limiter à ce montant. Ces derniers sont souvent annonceurs sur plusieurs sites.

Clévacances, le seul label national parmi les pure players

Les hébergements proposés par Clévacances sont visités systématiquement tous les 3 ans et garantis très fiables (un candidat sur 2 est rejeté). Le locataire est accueilli par le propriétaire ou son mandataire. Clévacances se revendique comme le seul label national parmi les pure players (entreprises exerçant leur activité exclusivement sur internet). En mars 2016, le site (qui existe depuis 1995) a lancé sa centrale de réservation et de paiement en ligne, et est en train de développer une application mobile. Contrairement à Gîtes de France, qui ne diffuse ses annonces que sur sa plateforme, Clévacances a négocié des accords avec d’autres sites pour donner plus de visibilité à ses adhérents. Depuis 2010, il a noué un partenariat commercial avec Abritel. Les adhérents ont également accès aux plannings de Booking et de TripAdvisor (gérés en temps réel depuis cette année).

Les agents immobiliers

Certaines agences immobilières en ligne gèrent la location saisonnière de résidences secondaires en dehors des périodes d’occupation par leur propriétaire. Elles mettent en avant leur gestion professionnelle et la sécurisation du locataire. Interhome dispose ainsi d’une trentaine d’agences sur le territoire français. Ses agents visitent les biens, rédigent les annonces, prennent les photos, accueillent les locataires. « Nos locations sont un peu plus chères, mais elles sont sécurisées. Contrairement aux sites de petites annonces, nous avons une présence locale, un réseau d’artisans, plombiers, piscinistes…, qui peuvent intervenir en cas de problèmes techniques. Et notre centre d’appel est joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », assure Patrick Bourdillat, directeur général d’Interhome France. « Notre force réside dans la qualité du stock. Nous mettons à jour les plannings en temps réel et garantissons la disponibilité des biens, réservables immédiatement, alors que sur des sites comme Airbnb, la moitié du stock n’est pas juste », argumente, pour sa part, Germain Lelarge, fondateur et directeur général de La France du Nord au Sud, dont un quart des annonces sont constituées de biens de particuliers. Le site Poplidays propose, en plus, un service gratuit de conciergerie (Pop’Services) permettant aux vacanciers de trouver une baby-sitter, des places de spectacle ou de louer une voiture.

Les mêmes offres sur divers sites

Vous retrouverez très souvent les mêmes annonces à différents endroits. Poplidays, qui gère un gros volume d’annonces (40 000) les diffuse aussi sur d’autres sites, comme TripAdvisor, Booking, La France du Nord au Sud. Il négocie des tarifs préférentiels, identiques sur toutes les plateformes partenaires. « Seuls des frais de dossier, d’une dizaine d’euros, peuvent éventuellement s’y ajouter », indique Daniel Hiribarren, le fondateur. Même logique pour Maeva, qui s’appuie sur le puissant réseau de distribution paneuropéen de Pierre & Vacances. Les annonces publiées sur TripAdvisor apparaissent sur 26 sites de la marque dans le monde, tels que Holiday Lettings ou FlipKey.

Les particuliers gérant leurs biens en direct ne se contentent généralement pas non plus d’un seul site. Ces pratiques ont entraîné l’apparition d’un nouveau métier, chanel manager, qui se charge des plannings de location sur plusieurs sites pour le compte d’un bailleur. « Selon les sites, les tarifs d’une location peuvent varier de 5 à 10 %, mais les garanties peuvent, elles aussi, être différentes. Il faut bien lire les conditions de vente », rappelle Kamal Bounajma, cofondateur de HomeRez.


Mots-clés :

LOCATION SAISONNIERE , MAISON INDIVIDUELLE , VACANCES




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