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Bien choisir son abonnement de musique en ligne

Bien choisir son abonnement de musique en ligne
Novembre 2015
Le Particulier n° 1114, article complet.
Auteur : FRASNETTI (Pascal)

Plus besoin de stocker vos disques ni de télécharger vos albums préférés. Pour 10 € par mois, les offres de streaming vous permettent d’écouter un catalogue de plusieurs millions de titres, accessible sans limitation.

Accéder à un immense catalogue d’albums à tout moment, pour écouter votre musique préférée depuis votre ordinateur, tablette ou mobile... c’est le service proposé par les plates-formes de streaming. Après le disque vinyle, le Compact disc, puis le téléchargement de musique sur internet, c’est au tour du streaming par abonnement de révolutionner le monde de la musique. À fin juillet 2015, il représentait 28 % du marché de la vente de musique en France, contre 19 % un an plus tôt, selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep). Sur les 7 premiers mois de l’année 2015, les Français ont écouté 9 milliards de titres en streaming. Un marché qui attire, bien entendu, de nombreux acteurs. Après le suédois Spotify (leader mondial) et les français Deezer ou Qobuz, l’américain Tidal a lancé son offre en mars 2015, suivi par le géant Apple en juin. Une croissance essentiellement développée par les opérateurs de téléphonie mobile, qui proposent ces offres en option payante, ou les incluent dans certains forfaits haut de gamme (Deezer avec Orange, Spotify chez Bouygues...).
Afin de séduire de nouveaux clients, ces plates-formes proposent généralement 2 offres distinctes. La première, gratuite, limite parfois l’accès au catalogue et n’offre pas une qualité d’écoute optimale. Mais surtout, l’écoute des titres est toujours entrecoupée de publicités. L’autre, payante (de 2 à 20 €/mois, voir tableau ci-dessous), propose un accès illimité. Plus de 2 millions de Français ont déjà souscrit des abonnements payants. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ces offres.

Une navigation facile et sans interruption... ou presque !

Premier constat, ces plates-formes sont faciles d’accès. Quelques minutes sur le site suffisent à s’inscrire et à accéder à la recherche des titres. Pour découvrir le service, optez pour un essai gratuit (de 15 jours à la Fnac et chez Deezer, jusqu’à 3 mois chez Apple). Il vous faudra, tout de même, renseigner le numéro de votre carte bancaire pour profiter de l’essai. Ensuite, la sélection des titres est accessible par un simple moteur de recherche et la navigation est fluide. Seule la lenteur de l’affichage des albums sur la plate-forme Music Me nous a gênés lors de notre test. Quant à la promesse d’une navigation sans publicité, elle est tenue partout, sauf  sur Music Me, où notre écoute a été interrompue par une annonce commerciale, et aussi sur Rdio, qui diffuse parfois des autopromotions. Dommage ! Autre défaut de navigation à souligner : de toutes les plates-formes, Qobuz est la seule à interrompre la lecture d’un titre en cours si vous effectuez, en même temps, une autre recherche. C’est assez pénible à l’usage.
L’avantage de ces offres réside dans le choix et la variété des albums proposés. La plupart des plates-formes ont signé des accords avec les grandes majors de l’industrie musicale (Universal, Sony Music, Warner...) ou d’autres distributeurs indépendants. Une fois l’accord signé, ces labels injectent leurs nouveautés en flux continu sur la plate-forme.  Plusieurs milliers de titres peuvent ainsi arriver chaque jour.

Choisissez entre profusion  et sélection

Mais le système a aussi ses limites. D’une part, des milliers de labels dupliquent les œuvres des artistes libres de droits, tombés dans le domaine public (70 ans après le décès de l’auteur ou 50 ans après un enregistrement réalisé par un artiste-interprète), venant ainsi gonfler artificiellement le catalogue. Et, d’autre part, les majors référencent des artistes, très peu écoutés par les abonnés français. « Il est ainsi possible de tomber sur de la musique traditionnelle indienne, des chanteurs pop japonais ou de la country américaine», précise Yves Riesel, fondateur de la plate-forme française Qobuz. Rares sont ensuite les plates-formes qui, comme Qobuz, font réellement un travail de sélection. D’où des catalogues aux chiffres astronomiques, parfois au-delà des 30 millions de titres ! Malgré la profondeur de ces catalogues, vous ne trouverez pas tout en streaming. Des labels comme ECM (éditeur du pianiste de jazz  Keith Jarrett, par exemple) refusent, pour le moment, de  donner accès à leur catalogue. De même, certains artistes (ou leurs ayants droit), tels les Beatles, Jean-Jacques Goldman ou Peter Gabriel ne veulent pas figurer sur les services de streaming. D’autres, comme Prince, sélectionnent les sites sur lesquels ils souhaitent voir leurs œuvres figurer, et n’hésitent pas à les retirer lorsque leur rétribution leur semble insuffisante. Selon l’Administration des droits des artistes et musiciens interprètes (l’Adami), qui gère les droits de propriété intellectuelle des artistes, sur un abonnement mensuel de 10 €, seul 0,46 € tombe dans la poche des auteurs. Le projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, présenté à l’Assemblée nationale le 8 juillet dernier, devrait favoriser une meilleure répartition au profit des artistes.

Sélectionnez  la plate-forme selon  vos goûts musicaux

En règle générale, vous n’aurez aucune difficulté à trouver les nouveautés éditées par les  grandes majors. À l’inverse, si vous souhaitez reconstituer votre vieille discothèque, mieux vaut choisir le prestataire en fonction de vos goûts musicaux. En chanson française comme en rock, le catalogue des sites de streaming est bien fourni. Nos tests, réalisés avec l’aide de journalistes spécialisés (voir encadrés p. 74 à 77), en attestent. Apple Music propose 33 des 40 albums de notre sélection. Soit le meilleur ratio parmi toutes les plates-formes. Si vous appréciez la musique électro, l’offre de la marque à la pomme inclut l’accès à sa radio Beats 1, animée par des DJ en continu. Pour le jazz, Apple, Spotify ou Qobuz sont très satisfaisantes, alors que Tidal ou Fnac Jukebox sont à la traîne. Côté musique classique, les écarts sont encore plus contrastés. Music Me n’a trouvé que 5 de nos 10 références, contre 6 pour Fnac Jukebox. Deezer est beaucoup mieux placée (9/10). Et Qobuz réalise un carton plein (10/10). Pour les puristes, cette plate-forme française propose même une offre 100 % classique (Qobuz Hi-Fi Classique). De toute façon, vous pouvez, si vous le désirez, programmer vos œuvres favorites dans des playlists afin d’y accéder instantanément. Enfin, toutes ces offres de services  vous permettent de stocker temporairement les morceaux de vos choix sur votre ordinateur, tablette ou smartphone, pour les écouter hors connexion. Vous n’avez pas le temps de chercher vous-même ? Laissez-vous porter par les nombreuses sélections proposées par les plates-formes. À l’image de Deezer, certaines proposent même à leurs abonnés, non seulement d’écouter, mais aussi de visionner des concerts en direct !

De quelle connexion internet  ou mobile faut-il disposer ?

Pour utiliser les services de streaming depuis un ordinateur, une connexion ADSL est suffisante. L’écoute est instantanée.  Si vous souhaitez écouter votre musique depuis un smartphone ou une tablette, vous devrez télécharger gratuitement sur cet appareil l’application de la plate-forme, accessible sur la bibliothèque de votre système d’exploitation (AppStore pour Apple, Google Play pour Android, Windows Store pour Windows). Pour les détenteurs d’iPhone ou d’ iPad, l’application Apple Music est installée d’office si vous avez mis à jour votre équipement avec le système d’exploitation iOS 8.4. L’écoute sur un mobile est incluse dans l’abonnement musical, sauf pour MusicMe (ajouter 4,90 €/mois) et Fnac Jukebox (ajouter 5 €/mois).
La plupart des abonnements limitent l’écoute à 3 périphériques. Google Play Music (jusqu’à 10 périphériques) et Spotify (nombre de périphériques illimité) sont plus généreux. Attention, il n’est pas possible de connecter plusieurs périphériques simultanément au service de streaming avec le même abonnement (la lecture est alors interrompue). À moins de souscrire le forfait familial proposé par Apple Music (6 périphériques en simultané pour 5 €/mois en plus).
Avant de vous engager, renseignez-vous bien sur votre système d’exploitation : seules 5 des offres de notre comparatif permettent l’écoute avec un mobile ou une tablette équipée sous Windows (voir "Bien choisir son abonnement de musique en ligne"). La plupart des plates-formes sont, en revanche, configurées, à la fois, pour iOS et Android. À noter qu’il existe certaines offres vouées à la mobilité et non accessibles depuis un ordinateur (Réglo Music de l’enseigne Leclerc, par exemple, à 9,99 €/mois).
 Pour profiter de votre musique depuis votre portable ou votre tablette, vous devez disposer d’une connexion wi-fi de bonne qualité, ou encore d’un abonnement mobile 3G. Mais seule la 4G permet d’écouter des fichiers de qualité CD (voir "Bien choisir son abonnement de musique en ligne") depuis votre mobile. Si vous n’avez pas souscrit de forfait 3G ou 4G, vous pouvez préparer vos sélections depuis chez vous avec une connexion wi-fi, pour les écouter en mode hors connexion.

Format MP3 ou qualité CD ?

Vous pouvez sélectionner votre plate-forme en fonction de la qualité d’écoute. La plupart diffusent la musique en MP3, un algorithme de compression audio  permettant de réduire de 90 % la taille d’un fichier au format compact disc. Mais, au final,  la qualité sonore est sensiblement dégradée par cette compression. Les enseignes utilisent le format 320kbits/s.  Apple propose le format AAC (256 kbits). Pour ces formats, une connexion internet ou  ADSL, même de qualité moyenne, ou un abonnement 3G pour votre mobile, suffisent. En revanche, si vous souhaitez une qualité d’écoute plus proche du CD, tournez-vous vers Tidal ou Qobuz. Ces derniers diffusent en format Flac 16 bits un système de compression audio sans perte de qualité, mais qui ne réduit la taille du fichier que de 50 %, et nécessite donc une connexion internet ADSL de qualité (voire une connexion fibre) ou un abonnement 4G pour votre mobile.  Avec Tidal Hi-Fi - l’offre la plus chère du marché (19,99 €/mois), vous pouvez visionner 85 000 clips vidéos en haute définition. Attention, pour bénéficier d’une qualité d’écoute optimale, vous devez relier votre ordinateur à une chaîne hi-fi, ou disposer, au minimum, d’un bon casque audio.

En fin d’abonnement,  vous perdez votre playlist

Vous pouvez résilier ces abonnements à tout moment sans frais, l’annulation prenant effet à la fin du mois prépayé (préavis de 2 jours en général, sauf si vous avez souscrit l’offre annuelle de Qobuz avec pré-paiement, non résiliable en cours d’année). Si vous mettez fin à votre abonnement, vous perdez vos playlists. Même si la plupart des plates-formes indiquent qu’elles les gardent pendant plusieurs mois après la résiliation, il ne s’agit pas d’un engagement contractuel. Vous risquez donc de ne pas les retrouver en cas de réengagement. Même en restant abonné, vous pouvez perdre une partie de vos playlists si l’artiste ou la maison de disques choisit de retirer son catalogue de la plate-forme. Récemment, certains artistes comme Prince (sauf Tidal), Peter Gabriel ou Neil Young ont privé de leurs albums les abonnés aux sites de musique en ligne.

Pascal Frasnetti


Mots-clés :

DROIT D'AUTEUR , INTERNET , MUSIQUE




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