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Le podologue peut nous remettre sur pied

Le podologue peut nous remettre sur pied
Juillet-août 2014
Le Particulier Pratique n° 403, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Se lever du pied gauche, se tirer une balle dans le pied, casser les pieds à quelqu’un, perdre pied… La langue française est riche en expressions les mettant en scène ; pourtant, nous négligeons nos pieds. Selon le 3e référentiel de l’observatoire de la santé du pied (2013), bien que 65 % des Français ressentent des douleurs dans cette partie du corps, la majorité d’entre eux n’ont pas recours au podologue : ils attendent une urgence (de la fièvre à la suite d’un panaris, une mycose qui les réveille la nuit…) pour consulter un dermatologue. Pédicure, podologue, ces deux termes désignent un même professionnel de santé formé en 3 ans après le bac à “la prise en charge de tous les problèmes du pied, qu’il s’agisse de soins ou de correction de déformations, par une rééducation fonctionnelle”, explique Serge Coimbra, le président de la Fédération nationale des podologues. Podologue ou dermatologue ? Leur champ de compétences diffère. Éclairage.

Une ablation des durillons, mais sans chirurgie

Nos pieds sont composés de 20 muscles, 26 os et d’une centaine de ligaments. Nous les soumettons à rude épreuve puisqu’ils doivent faire chaque jour quelque 10 000 pas, en supportant plusieurs fois le poids de notre corps sur une surface très restreinte. À la fin de notre vie, ils auront parcouru l’équivalent de deux fois le tour de la planète, dans des chaussures pas forcément adaptées à notre activité et à notre morphologie. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant qu’ils manifestent des signes de souffrance. Celle-ci peut être due à l’apparition d’hyperkératoses, c’est-à-dire de zones où la couche cornée de l’épiderme, soumise à une pression ou à des frictions anormales, s’épaissit. “Selon la forme et l’emplacement de ces épaississements, on parle de cors ou de durillons, reprend Serge Coimbra. Les cors, de taille limitée, sont souvent situés sur le dos des orteils. Plus grands, les durillons apparaissent essentiellement sur la face plantaire.” Ces hyperkératoses “créent une compression sur les tissus sous-jacents – aponévrose, ligaments, nerfs, etc. –, qui font alors souffrir”, détaille Djamel Bouhabib, le président de l’Union française pour la santé du pied. Pour remédier à l’inconfort et à la douleur causés par les cors et les durillons, les podologues procèdent à leur exérèse. “Il s’agit de retirer la peau dure en allant le plus profondément possible pour supprimer aussi la partie qui compresse l’hypoderme, indique Serge Coimbra. Pour cela, nous utilisons un bistouri ou une fraise. L’intervention est indolore, comme, d’ailleurs, tous les soins que nous pratiquons, pour la bonne raison que nous ne sommes pas autorisés à utiliser des produits anesthésiants.” Les podologues ne font pas de chirurgie – donc ni incision ni suture… –, ils n’interviennent qu’à la surface de la peau.

Un traitement des verrues moins profond que chez le dermatologue

Les verrues, provoquées par un papillomavirus, peuvent également être traitées par un podologue. “Ces lésions bénignes qui apparaissent comme des proliférations de ­cellules désorganisées peuvent être à la fois très contagieuses et dévoreuses”, reprend Serge Coimbra. Contrairement à un cor, elles ne sont pas systématiquement placées sur un point de pression, mais en proliférant vers l’intérieur du pied, elles créent malgré tout une hyperpression douloureuse. Pour éliminer les verrues, le podologue peut utiliser le laser ou la cryothérapie (application d’azote liquide), mais le matériel dont il se sert est moins puissant que celui d’un dermatologue. Et il ne fera pas d’exérèse. “Certaines verrues se traitent en 4 semaines, d’autres en plusieurs mois, témoigne un podologue. Tout dépend de l’état général du patient et de la nature de sa peau.”

Uniquement des produits à usage local pour soigner les mycoses

Les mycoses, elles aussi contagieuses, sont des affections dues à des champignons qui, se plaisant dans un milieu ambiant humide et chaud, trouvent un terrain idéal sur des pieds dont l’hygiène est douteuse, qui transpirent abondamment, sont insuffisamment essuyés après la toilette ou séjournent trop souvent dans des chaussures qui ne les laissent pas assez respirer. Pour en venir à bout, le podologue prescrit des topiques – des produits à usage externe et local – (voir “Un droit de prescription limité”) ou des huiles essentielles. En un mois de traitement, les mycoses ont généralement disparu. Par contre, il faut bien plus de temps pour se débarrasser des mycoses unguéales, qui entraînent des infections, un épaississement et une coloration des ongles des orteils. En fonction de l’atteinte des ongles, le vernis qui y sera appliqué pourra mettre une bonne année pour éliminer les mycoses. Enfin, si un traitement par voie générale s’impose, le podologue devra vous orienter vers un médecin, qui délivrera la prescription.

Un redressement des ongles incarnés, sans incision

Lors de la pousse, il arrive qu’un petit fragment de l’ongle pénètre dans la chair. Un ongle incarné entraîne une inflammation, quelquefois une infection – le panaris – et une vive douleur. “Le premier geste consiste à retirer la partie de l’ongle qui s’incarne dans le sillon et provoque la plaie. Cette intervention soulage immédiatement, sans qu’aucune incision soit nécessaire. En agissant tôt, il est possible de guérir 98 % des ongles incarnés sans recours à la chirurgie, affirme Serge Coimbra. Un ongle peut s’incarner, par exemple, parce qu’il a été coupé dans les coins, mais aussi à cause d’une courbure unguéale anormale, qui crée un conflit entre le sillon et l’ongle. Pour corriger cela, nous avons recours à l’orthonyxie.” Cette technique consiste à rectifier un mauvais positionnement de l’ongle grâce à une contrainte mécanique permanente. Schématiquement, “de fins ressorts métalliques sont collés ou crochetés sur l’ongle concerné. Ils exercent une force permettant de corriger sa courbure pour qu’il reprenne une pousse correcte”, précise Serge Coimbra. L’orthonyxie utilise des matériaux de pointe, comme le fil de titane, dont la mémoire de forme autorise une tension constante. Le podologue reçoit, d’ailleurs, régulièrement les personnes diabétiques pour toutes ces pathologies (voir “Quand le diabète casse les pieds”).

Une correction des appuis en cas de déformation du pied

Parallèlement à tous ces soins, les podologues corrigent les malformations ou les déformations des pieds, ainsi que les mauvaises postures. Un pied plat ou creux, un talon qui bascule vers l’intérieur, des appuis déséquilibrés auront des répercussions sur diverses parties du corps. “En corrigeant, par exemple, un pied mal positionné, on pourra rééquilibrer les membres inférieurs, permettre au bassin de retrouver une horizontalité et à la colonne vertébrale une verticalité. En travaillant sur le pied, on redonne une harmonie à de nombreuses chaînes musculo-ligamento-articulaires”, déclare Serge Coimbra. Ainsi, une visite chez un podologue soulage parfois une tendinite, des maux de dos ou de hanches, alors que vous n’auriez jamais pensé que ces troubles étaient liés à un mauvais positionnement de vos pieds.

La fabrication de semelles orthopédiques sur mesure

Pour procéder à ces corrections, les podologues utilisent des orthèses plantaires (autrefois appelées semelles orthopédiques), qu’ils fabriquent sur mesure. Les matériaux et les techniques de confection – collage, thermosoudage ou thermoformage – dépendent de la pathologie à traiter, de la morphologie du patient et de l’utilisation des orthèses. Les champs d’application sont larges : soulager des appuis douloureux, remédier à un déséquilibre, compenser des anomalies du pied, rectifier une statique défaillante, etc. “Il s’agit de redonner des appuis convenables aux pieds pour retrouver un bon déroulé du pas”, indique Djamel Bouhabib. Les orthèses contribuent, notamment, à atténuer les douleurs engendrées par l’hallux valgus (couramment appelé “oignon”), une déformation du gros orteil – dont souffrent surtout les femmes –, conséquence d’une angulation anormale entre le métatarse et la première phalange. “L’objectif des semelles est, à la fois, de ralentir l’évolution de la pathologie pour retarder le traitement chirurgical et d’améliorer le confort au quotidien en décompensant la pression qui s’exerce sur les zones douloureuses”, explique Serge Coimbra. Les podologues utilisent également des orthoplasties : de petites coques réalisées dans du silicone placées autour des orteils déformés. “Elles isolent la région traumatisée de la pression de la chaussure et contribuent à rectifier la déformation”, déclare Serge Coimbra.
Nous sommes tous un jour un piéton fatigué. Afin d’éviter l’apparition de pathologies handicapantes, mieux vaut adopter des mesures – toutes simples – de prévention (voir “Quelques conseils pour des pieds en bonne santé”).

Vincent Delfau


Mots-clés :

PODOLOGIE




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