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Décryptage : les sentiers du littoral s’allongent

Décryptage : les sentiers du littoral s’allongent
Juin 2014
Le Particulier Pratique n° 402, article complet.
Auteur : LUTIN (Clara)

Marcher librement sur le littoral est aujourd’hui un droit presque acquis. Une ouverture qui se fait sous différents statuts.

Partir faire le tour du cap Fréhel, du Cotentin, des Calanques, du cap Corse, arpenter les côtes de la Charente-Maritime les yeux dans le bleu, rien de tel pour se ressourcer. Autrefois surveillés par les gabelous, ces douaniers de l’Ancien Régime qui pourchassaient les faux sauniers, qui faisaient contrebande du sel, les chemins de bord de mer sont aujourd’hui fréquentés par les gardes du littoral, les baliseurs de la Fédération française de la randonnée (FFR), et les promeneurs. Un circuit de 4 720 km de sentiers au tracé méandreux borde les côtes (au total, 6 713 km). “Le piéton doit savoir qu’il marche toujours chez quelqu’un : un propriétaire privé, une collectivité, une pluralité de collectivités, le Conservatoire du littoral…”, met en garde Bernard Lamaignère, auteur du Guide du droit des chemins et administrateur de la FFR, qui a contribué au balisage du GR 360 de Talmont-sur-Gironde à Montendre.

Même les spécialistes s’emmêlent dans cet écheveau inextricable de protections et d’autorités créé par la loi n° 86-2 du 3 janvier 1986 relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. Sur ce dernier, “on trouve, par exemple, des sites inscrits et classés, des réserves naturelles, des parcs nationaux, des parcs naturels régionaux, le réseau Natura 2000 – zones de protection spéciale, zones spéciales de conservation et sites d’intérêt communautaire –, des zones humides. Il y a aussi des zones de préemption, celles concernées par des arrêtés préfectoraux de protection de biotope et celles qui sont répertoriées dans des inventaires comme celui des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff) ”, énumère Odette Herviaux, sénatrice du Morbihan et coauteure du rapport “Plaidoyer pour une décentralisation de la loi Littoral : un retour aux origines”, remis au Sénat le 21 janvier 2014.  

Une servitude de passage au seul bénéfice des piétons

L’espace côtier français a été préservé grâce à l’instauration, en 1976, de la servitude de passage des piétons le long du littoral (SPPL) – cyclistes, motards, cavaliers… n’en bénéficient donc pas. Cette servitude s’applique de plein droit aux propriétés privées de bord de mer. Les conseils généraux sont chargés de sa mise en œuvre, ce qui se traduit souvent par des grillages à couper, car son application se heurte encore à de fortes résistances ; par exemple, sur l’île aux Moines ou sur la façade méditerranéenne. Une fois les autorisations obtenues, les bénévoles de la FFR interviennent pour baliser le chemin. “La sérénité doit présider au tracé d’un itinéraire qui s’inscrit sur le long terme”, affirme Bernard Lamaignère.  

La proportion de littoral inaliénable s’étend chaque année

Créé en 1975, le Conservatoire du littoral dispose d’un droit de préemption qui lui permet d’acquérir des territoires situés le long des rivages maritimes et lacustres, empêchant ainsi que le littoral français ne soit entièrement bétonné. La France compte, aujourd’hui, 12,20 % de linéaire côtier inaliénable – soit 157 823 ha protégés –, lequel s’accroît chaque année : l’an dernier, le Conservatoire a acheté 4 066 ha, pour 30 millions d’euros. 

Cependant, toutes les côtes ne sont pas praticables. Certaines sont dangereuses, comme celles des Landes, sur le GR 8. D’autres, trop urbanisées, telle celles de la Méditerranée, où les sentiers se concentrent dans les zones restées sauvages : la Camargue, les Calanques, de Marseille à Cassis, la corniche des Maures… C’est sur la façade ouest – Manche et Atlantique – que la mise en place de la SPPL est la plus avancée. Dans la région de la Hague, en Basse-Normandie, 800 000 promeneurs circulent chaque année sur les 80 km du “sentier des douaniers”. En outre, l’office du tourisme édite des brochures dans lesquelles il fait la promotion de boucles locales, mais le parcours chevauche largement le GR 223, balisé par la FFR. La conservation et l’aménagement des chemins – tables d’observation ou de pique-nique, aires de repos, poubelles – sont financés par l’office du tourisme de la Hague. Ce dernier tire ses revenus des taxes de séjour, ainsi que des subventions versées par les collectivités et le syndicat mixte du tourisme. Les gardes du littoral, efficaces et discrets, sont répartis par régions. Ils surveillent la lande et l’entretiennent en y faisant paître des ânes et des chèvres. 

Le tour de la Bretagne en 90 jours

La Bretagne possède le plus long parcours côtier : près de 2 000 km de chemins, tracés à partir du GR 34 et décrits dans huit topoguides. Par exemple, un marcheur parti du Mont-Saint-Michel le 24 mars pour faire le tour de la Bretagne arrivera en juillet au château des ducs de Bretagne, à Nantes, soit 90 jours plus tard. Le département du Finistère figure parmi les plus actifs et a déjà ouvert des chantiers pour entretenir ses sentiers après les rudes tempêtes de cet hiver.  

Clara Lutin


Mots-clés :

LITTORAL , SERVITUDE




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