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Financez des projets qui vous tiennent à coeur

Financez des projets qui vous tiennent à coeur
Juin 2014
Le Particulier n° 1098, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

Le financement participatif ou crowdfunding permet, depuis une plateforme internet, de prêter de l’argent à des entreprises ou des particuliers, d’entrer dans le capital de PME ou de soutenir des projets par des dons. Un nouveau mode d’investissement à découvrir.

Faire appel aux internautes plutôt qu’à une banque pour financer un projet : voilà le principe du « crowdfunding » ou financement participatif. Né en 2007 avec My Major Company, une société mettant en contact des internautes et des artistes pour financer la coproduction d’albums de musique, ce nouveau mode d’investissement s’étend désormais à toutes sortes d’activités. Pour le porteur de projet, c’est le moyen de se faire connaître, d’obtenir des fonds et de donner vie à ses idées. Pour l’internaute, c’est la possibilité de soutenir des initiatives à la hauteur de ses moyens (les investissements minimaux varient de quelques euros à 1 000 €). Il peut ainsi financer un entrepreneur cherchant à vendre ses produits ou une association à la recherche de fonds pour restaurer un monument historique.
Le soutien n’est pas toujours désintéressé. Il existe, en effet, trois grandes familles de financement participatif, passées en revue dans les pages suivantes. Il peut s’agir d’un prêt, rémunéré sous forme d’intérêts, d’un investissement en capital, avec la perspective de réaliser une plus-value à la revente, ou bien d’un don, avec des contreparties en nature. Selon le projet, un particulier peut donc se muer en banquier, en investisseur ou en bienfaiteur.

La France se dote d’un cadre juridique très favorable

Même si le financement participatif n’en est qu’à ses débuts, il suscite un véritable engouement dans le monde, y compris en France, où 78 millions d’euros ont été collectés en 2013, trois fois plus qu’en 2012. Il devrait se démocratiser davantage grâce au projet du gouvernement de doter le secteur d’un cadre juridique très favorable. L’objectif est d’assouplir les contraintes pesant sur les plateformes internet servant d’intermédiaires et de les doter de statuts spécifiques, contrôlés, selon leur activité, par l’Autorité des marchés financiers (AMF) ou l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Ces mesures devraient être prises par ordonnance, pour une entrée en vigueur au 1er juillet 2014.

Prêt : percevez des intérêts en finançant des projets d’entreprises ou de particuliers

Ce mode de financement participatif est plébiscité par les internautes (60 % des sommes collectées en 2013). Grâce à des plateformes internet, les particuliers peuvent se muer en banquier et prêter leur argent, moyennant la perception d’intérêts ou de dividendes, fiscalisés (voir 4 modèles de plateformes spécialisées dans le prêt). Les modèles des acteurs du secteur sont très variés. Parmi eux, Prêt d’Union fait figure de poids lourd, avec 76 millions d’euros collectés depuis son lancement en 2012. Ce site, agréé en tant qu’établissement de crédit, permet de financer les crédits à la consommation souscrits par des particuliers. Unilend, lui, propose de prêter à des entreprises préalablement sélectionnées (vous pouvez consulter, en ligne, les documents permettant de vérifier leur solvabilité). C’est par ce biais que Boubat Bâtiment a obtenu 100 000 €, en moins de 2 semaines auprès de 256 internautes. « Une banque aurait mis au moins 3 mois avant de nous octroyer le crédit », se réjouit Bastien Boubat, directeur du développement de cette entreprise. De son côté, la coopérative Spear soutient des entreprises et des associations à vocation sociale ou environnementale. Quant au promoteur Lymo, il fait financer ses programmes immobiliers par les internautes. Attention, tous ces placements comportent une dose de risque en échange de rendements attractifs (jusqu’à 10 % par an, avant impôts, chez Unilend et Lymo).

Il est aussi possible de prêter sans percevoir d’intérêts

Il existe également plusieurs plateformes à vocation solidaire au travers desquelles vous pouvez soutenir des porteurs de projets en recherche de financement, mais sans percevoir d’intérêts. C’est notamment le cas de Babyloan (babyloan.org), autre pionnier du financement participatif. Il s’agit ici de prêter son argent (sans intérêt) à des petits entrepreneurs en France et aux quatre coins du monde par l’intermédiaire d’organismes de microcrédit (18 000 projets soutenus depuis 2008, pour 7,8 millions d’euros). La plateforme Hello Merci (hellomerci.com), lancée plus récemment, propose de soutenir par le prêt des initiatives locales comme une savonnerie artisanale ou un commerce de jouets en bois, ou encore de financer un étudiant rédigeant un mémoire de recherche.

Investissement : entrez dans le capital des leaders de demain pour quelques centaines d’euros

Faire partie des premiers actionnaires des entreprises stars de demain : c’est la formule la plus risquée du financement participatif, mais potentiellement la plus rentable. Par l’intermédiaire de plateformes spécialisées (voir Notre sélection de plateformes d’investissement), les épargnants peuvent devenir actionnaires d’une PME, en quelques clics de souris et pour un investissement réduit (de 500 à 1 000 €). Un marché jusqu’alors réservé aux fonds d’investissement spécialisés. « C’est à la fois un moyen d’obtenir des financements, d’associer le grand public à notre développement et de faire connaître nos produits », explique Corinne Ajinça, directrice d’Ace International Foods (produits surgelés exotiques) qui recherche 100 000 € pour se développer à l’international.

La plupart des entreprises sont jeunes et prêtes à céder de 5 à 30 % de leur capital pour obtenir de 100 000 à 500 000 € de financement. Ce type de placement n’a cependant rien de garanti. Il faut être prêt à immobiliser son argent plusieurs années, jusqu’à un rachat de ses parts par un autre investisseur ou la vente de la société, avec le risque de tout perdre. « On peut estimer qu’un tiers des sociétés financées va faire faillite, un tiers va permettre aux épargnants de récupérer leur investissement et un dernier tiers va leur rapporter plusieurs fois leur mise », confirme Souleymane Galadima, responsable du développement de WiSeed. Pionnière en France, cette plateforme est d’ailleurs la seule à avoir obtenu des premiers résultats : l’une des 36 entreprises financées depuis janvier 2009, Antabio, a permis à ses 207 actionnaires de multiplier par 1,78 leur mise de départ en 18 mois seulement (voir "Exemple : Antabio, laboratoire de biotechnologies"). En revanche, 3 autres ­entreprises ont fait faillite. C’est pourquoi il ne vaut mieux pas placer plus de 5 à 10 % de son patrimoine via ces plateformes, et toujours investir dans plusieurs sociétés différentes.

Des PME triées sur le volet

Pour limiter les risques, toutes les plateformes que nous avons interrogées disent effectuer une sélection drastique des entreprises puis les suivre sur la durée. Les investisseurs potentiels peuvent consulter, sur la plateforme, les comptes de la société qui les intéresse ainsi qu’un rapport financier. Selon le cas, il est possible d’investir directement dans le capital (Happy Capital, Smart Angels…) ou de passer par des holdings créées pour l’occasion (Finance Utile, WiSeed…). Si cette seconde solution est plus onéreuse pour l’épargnant, elle est censée garantir une meilleure protection et une revente des parts plus facile. Les internautes peuvent aussi compter sur une fiscalité avantageuse (voir "L’investissement dans les PME profite d’une fiscalité très avantageuse"). Attention cependant, car les économies d’impôt sur la fortune (ISF) ou sur le revenu doivent être restituées en cas de plus-value réalisée dans les 5 ans sauf, pour la réduction d’ISF, si le gain est réinvesti dans les 12 mois dans une autre PME. Notez aussi que ces plateformes se rémunèrent en prélevant de 5 à 10 % des financements obtenus (auprès des investisseurs et des entreprises).
Encore embryonnaire, ce mode de financement devrait se démocratiser avec le projet d’ordonnance du gouvernement. Actuellement, les levées de fonds supérieures à 100 000 € obéissent à une réglementation très contraignante (rédaction d’un prospectus visé par l’AMF, notamment). Le gouvernement souhaite porter ce seuil à 1 million d’euros pour faciliter les levées de fonds. Des centaines, voire des milliers, d’investisseurs pourront donc placer dans une même entreprise des sommes encore plus faibles qu’aujourd’hui.

Don : soutenez des projets novateurs en échange de contreparties en nature

Il ne s’agit pas ici de faire fructifier son épargne ou de parier sur la réussite d’une entreprise, mais de soutenir des projets en échange de contreparties en nature. Le Panthéon a ainsi fait appel aux internautes, au printemps 2013, pour financer sa restauration. Pour 5 €, les donateurs ont eu leur nom affiché sur un panneau, et pour 150 €, leur photographie. Au final, le monument parisien a récolté 68 565 € auprès de 1 183 particuliers via la plateforme My Major Company.

Des centaines de projets proposés en permanence

Chacune des trois principales plateformes françaises spécialisées dans le don (voir Notre sélection de plateformes de dons) propose, en permanence, plusieurs centaines de projets émanant d’artistes, d’entrepreneurs, d’artisans ou d’associations. En général, 60 % des dossiers mis en ligne obtiennent le financement souhaité, souvent compris entre 2 000 et 5 000 €, les internautes versant de l’ordre de 50 € par projet. C’est seulement en cas de réussite de la collecte que les plateformes prélèvent leur dîme, de 5 à 10 % des sommes obtenues.
Pour nombre de porteurs de projet, l’objectif n’est pas seulement financier. « Il s’agissait de voir si nos produits pouvaient séduire le public », témoigne Emeline Barat, cofondatrice du fabricant de lunettes Shelter (voir "Exemple : SHELTER, Lunettes de soleil en bois"). Après le succès de sa collecte sur la plateforme Kiss Kiss Bank Bank, le collectif d’entrepreneurs s’est mué en entreprise et commercialise ses produits.

Même si cela reste marginal, il existe deux moyens de récupérer une partie de votre don en argent. Certaines initiatives émanent d’associations et ouvrent droit à 66 % de réduction d’impôt sur le revenu, s’il s’agit d’œuvres d’intérêt général ou d’utilité publique. De plus, de temps en temps, My Major Company propose des contreparties financières en cas de réussite d’un projet : les internautes ont ainsi pu obtenir une participation aux ventes des albums des chanteurs Grégoire et Joyce Jonathan, et début mai, ils pouvaient soutenir des objets de designers et se partager de 1 à 3 % des ventes en cas de succès commercial.

Aurélien Ferron


Mots-clés :

CREDIT , CROWDFUNDING , FINANCEMENT PARTICIPATIF , INTERNET , PLACEMENT FINANCIER , PME , PRET




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