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Des sites pour acheter bleu blanc rouge

Des sites pour acheter bleu blanc rouge
Mai 2014
Le Particulier Pratique n° 401, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Il n’est pas si facile d’acheter des produits entièrement fabriqués en France. Opter pour des marques implantées dans l’Hexagone ne suffit pas. Ainsi, Petit Bateau, Linvosges, Lacoste, Renault, et même Armor-Lux, dont le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, arborait l’été dernier la marinière, délocalisent une partie de leurs production. L’étiquette “made in France” n’apporte pas plus d’assurance, car la définition légale du “fabriqué en France” est très floue (voir LPP n° 387).

Par exemple, elle peut être apposée sur une veste assemblée en Asie dès lors que la dernière opération a été réalisée en France. Le label Origine France Garantie a été créé en 2011 afin de certifier la provenance de tous les composants d’un produit. Pour que ce dernier l’obtienne, il faut qu’il prenne ses caractéristiques essentielles en France et que la moitié, au moins, de son prix de revient unitaire ait été acquise en France. Les entreprises qui postulent constituent un dossier, puis sont auditées par un organisme certificateur. Le coût élevé de la procédure dissuade nombre de petites structures de demander leur labellisation.
Labellisés ou non, certains fabricants produisent totalement en France : Perrin (chaussettes), Mon Petit Polo français, Lordson (chemises), Qooq (tablettes tactiles), Focal (enceintes hi-fi)… Encore faut-il les connaître. Depuis quelques années, internet s’est enrichi de nombreux sites qui ont fait de la fabrication française leur cheval de bataille.

Vente directe par des fabricants 100 % français

En premier lieu, les marques ont ouvert leur propre cyberboutique pour atteindre directement les consommateurs, limiter les coûts liés aux intermédiaires ou pallier l’impossibilité d’entrer dans un réseau de distribution. Pulls (letricolore.fr, plusdepulls.com), chemises (lachemisefrancaise.fr, brucefield.com), sous-vêtements (archiduchesse.com, leslipfrancais.fr), chaussures (arsene-shop.com, arcus.fr), maroquinerie (chocolatehills.fr, charlesetcharlus.com), accessoires (laurillac.fr [parapluies], lesbretellesdeleon.com), jouets (lesjouetslibres.fr, esprit-bois.com), mobilier (gautier.fr, jandri.fr)…, tous les secteurs d’activité sont représentés, l’habillement, et la mode au sens large, l’est tout particulièrement. Aussi, afin de ne pas être noyés dans la masse, les sites doivent être référencés dans des annuaires spécialisés.

Des annuaires pour trouver un producteur français

Madine-france.com, 100pour100-madeinfrance.fr, hexaconso.fr, lafabriquehexagonale.com proposent une longue liste de fournisseurs français classés par secteurs d’activité et présentés sous forme de fiches indiquant fréquemment où se trouvent les sites de production. Ces annuaires s’appuient souvent sur une charte maison qui définit les conditions à remplir pour être référencé. 100pour100-madeinfrance.fr impose, par exemple, que les usines, les moyens de production et les sous-traitants soient sur le territoire français. Sur madine-france.com, les entreprises sont invitées à préciser, lors de leur inscription, l’origine de leurs matières premières. Hexaconso.fr réclame aux marques de “présenter en toute honnêteté leurs activités et l’origine de leurs produits”. Pour apparaître sur ces sites, les producteurs doivent s’abonner. Ils paient 95 € HT par an pour être visibles sur madine-france.com ; de 30 à 150 €, sur hexaconso.fr ; de 99 à 499 €, sur 100pour100-madeinfrance.fr.

Des vitrines spécialisées dans le made in France

Enfin, des sites marchands jouent la carte du made in France en réunissant, au sein d’une même cyberboutique, les produits de différents fournisseurs de l’Hexagone. Ainsi, vacancesfrancaises.com, ledressingducocardier.fr, acheter-francais.org, france-avenue.fr ou cocardeverte.fr garantissent que les quelques centaines, voire milliers, d’articles proposés sont fabriqués en France. Des entreprises peu scrupuleuses tentent d’y être référencées, alors que leur marchandise vient d’ailleurs. “Nos fournisseurs s’engagent de façon déclarative, mais le contrat que je signe avec eux comprend une clause pénale : s’il apparaît que leur production n’est pas française, ils devront payer dix fois la valeur de chacun des produits vendus sur mon site. La découverte de cette clause a refroidi certains producteurs qui voulaient travailler avec moi”, explique Arnaud Verheyde, le fondateur d’acheter-francais.org.
La plupart de ces cybermarchands fonctionnent sur le modèle du dropshipping : ils ne possèdent pas de stock et transfèrent les commandes des internautes aux producteurs, qui se chargent de la livraison. Au passage, ils prélèvent une commission sur chaque vente. “Nous restituons 70 % du prix de vente à nos partenaires, reprend Arnaud Verheyde. Cela leur laisse une marge plus grande que si l’achat avait été réalisé en boutique.” Les prix sont généralement alignés sur ceux pratiqués par les producteurs lorsque ceux-ci ont, en parallèle, leur propre boutique en ligne. Par exemple, un sac en cuir Tina coûte 250 € sur france-avenue.fr comme sur atelierduronddecuir.fr, le site de la créatrice. Par contre, il est parfois difficile de rivaliser avec des géants de l’e-commerce : un fer à repasser vapeur sans fil Freemove 2 400 W de Calor est vendu 107,30 € sur produitsfrance.com, contre 72 € sur amazon.fr.
Il n’est pas sûr que le made in France soit un marché juteux pour ces revendeurs. “Je n’ai que de 400 à 500 visiteurs par jour sur mon site, constate Arnaud Verheyde. Seulement 0,10 % des visiteurs commandent un produit, soit un chiffre d’affaires annuel d’environ 20 000 €. De nombreux sites comme le mien ont été lancés pour surfer sur la vague du made in France. Beaucoup pensent qu’ils peuvent en vivre, mais pour ce faire il faut atteindre une taille critique. Or, cela n’est possible qu’en consentant à de lourds investissements en communication, marketing, référencement, etc.” Le paysage, aujourd’hui assez dense, des sites spécialisés dans les produits français pourrait donc se clairsemer dans les années à venir. Ne survivraient alors que quelques acteurs d’envergure. D’autant que, comme toute mode, celle du made in France risque de passer.

Vincent Delfau


Mots-clés :

FRANCE , PRODUIT COMMERCIALISE




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