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Facettes dentaires : un sourire de porcelaine

Facettes dentaires : un sourire de porcelaine
Mai 2014
Le Particulier Pratique n° 401, article complet.
Auteur : DELFAU (Vincent)

Jusqu’au xviiie siècle, rares sont les œuvres d’art qui représentent un personnage souriant. La Joconde fait peut-être exception, même si, 5 siècles après sa création, on s’interroge encore sur sa mystérieuse expression. Aujourd’hui, le sourire ne doit plus être retenu, mais ostensible.

Il est à la fois un code de politesse et un instrument de socialisation : il rassure, séduit et convainc. À l’image des vedettes de la télévision ou du cinéma, il faut être en mesure d’offrir un joli sourire. Dans les magazines de mode, les photographies sont très souvent retouchées pour obéir au canon actuel : dents parfaites, alignées et blanches. En dehors de ce modèle, point de salut, ou presque. On ne compte plus les témoignages, livrés par les chirurgiens-dentistes ou laissés sur les forums de discussion en ligne, de celles et ceux qui n’osent pas sourire, gênés par des dents jaunes, abîmées ou mal implantées.

Une coque qui vient recouvrir la dent

Pour corriger un sourire imparfait, l’éclaircissement des dents peut être une première option (voir LPP n° 383). Réalisé par un praticien, il permet de gagner une ou deux teintes. Si des taches persistent, le recours à la microabrasion peut être envisagé : elle consiste à éliminer une très faible couche d’émail par application d’un acide et projection de particules abrasives. Lorsque ces deux techniques ne suffisent pas pour améliorer l’esthétique des dents, votre praticien peut vous proposer la pose de facettes dentaires. “Les facettes offrent une peau neuve à la dent. L’émail naturel défaillant est remplacé par un émail artificiel”, explique le Dr Stefen Koubi, chirurgien-dentiste et maître de conférences au département d’odontologie conservatrice de la faculté de Marseille.
Comme un faux ongle vient recouvrir un ongle naturel jugé inesthétique, la facette est une coque mince, de quelques dixièmes de millimètre, posée sur la face antérieure de la dent. La principale indication est un gros défaut chromatique qu’un éclaircissement n’aurait pas fait disparaître. Les facettes servent aussi à masquer des dents que le traitement d’une carie a rendues inesthétiques “ou encore à corriger une petite malposition chez un patient qui ne souhaite pas entreprendre un traitement orthodontique”, reprend le Dr Koubi.

Une céramique de très faible épaisseur

Il existe deux grandes familles de facettes : les composites et les céramiques. Ces dernières sont les plus couramment posées aujourd’hui, car la céramique, ou porcelaine, est extrêmement solide et reproduit parfaitement la teinte naturelle de la dent. Les composites, faites avec une résine semblable à celle utilisée dans le traitement des caries (voir LPP n° 397), sont réalisées par le praticien lui-même. Elles sont moins onéreuses que les facettes en céramique, mais donnent un moins joli résultat et durent moins longtemps, notamment parce que le matériau change de teinte et se tache. De plus, “il existe peu de praticiens capables de réaliser correctement des facettes en composite”, ajoute Stefen Koubi (voir aussi “Les facettes absentes des facs”).

Fraiser l’émail naturel reste indispensable

Pendant longtemps, la pose de facette a été synonyme de mutilation de la dent. Pour y coller la facette, de près de 1 mm d’épaisseur, il fallait, en effet, retirer une pellicule d’émail équivalente. Cette opération irréversible, l’émail ne se régénérant pas, conduisait parfois à atteindre la dentine, le tissu sous-jacent. Or, le collage tient nettement moins bien sur la dentine que sur l’émail. Depuis une dizaine d’années, les matériaux ont considérablement évolué. “Les progrès sont constants, affirme Pascal Zyman, chirurgien-dentiste expert en esthétique auprès de l’Association dentaire française. Aujourd’hui, les facettes en céramique dites pelliculaires ont entre 0,30 et 0,50 mm d’épaisseur. Elles permettent de n’enlever qu’une infime partie de l’émail et de ne pas atteindre la dentine. Ainsi, le collage est très performant.” La suppression de l’émail n’est même plus systématique. “Par exemple, lorsque les dents à recouvrir sont orientées vers la langue, aucune mutilation n’est nécessaire”, précise-t-il (voir “Lumineers, GlamSmile, des facettes garanties sans fraisage ?”).

La dent est moins rognée qu’avec une couronne

Au-delà de leur atout esthétique, les facettes dentaires s’inscrivent dans une nouvelle logique. “Nous sommes entrés dans une dentisterie a minima, où le respect de la biologie et la préservation des tissus deviennent les préoccupations essentielles. La restauration partielle constitue, désormais, un outil de choix pour réparer la dent. Alors qu’une couronne implique une mutilation importante de la dent, la faisant entrer dans un cycle de mort programmée aboutissant, in fine, à la pose d’un implant, le collage d’une facette induit une notion de renforcement. C’est évident, moins on taille une dent, plus elle est solide”, indique Stefen Koubi. Par conséquent, même les dents dévitalisées peuvent recevoir une facette. “C’est une idée toute faite encore très répandue que de considérer qu’une dent dévitalisée doit être couronnée, regrette-t-il. En réalité, vivante ou dévitalisée, la dent conserve la même structure. On peut donc y coller une facette dans tous les cas, et puisqu’on la fraisera moins pour une facette que pour une couronne, elle sera plus résistante.”

D’abord, ne pas nuire

La pose de facettes en céramique s’effectue généralement en quatre séances. Lors du premier rendez-vous, le dentiste évalue la pertinence de l’intervention, car il ne s’agit pas d’en poser à tout le monde. “Le patient exprime un désir, et le praticien y répond de la manière la plus juste possible, insiste le Dr Koubi. D’ailleurs, il m’arrive souvent de refuser. Si un patient souhaite ainsi corriger un simple défaut chromatique, alors que ses dents sont belles et correctement implantées, je l’oriente plutôt vers un éclaircissement. Il est également impensable de poser des facettes à une jeune fille qui voudrait juste avoir un sourire éclatant. Même infime, la mutilation qu’implique la préparation des dents ne serait pas justifiée. Les facettes devraient être réservées au traitement de graves atteintes esthétiques.” La décision du praticien sera donc guidée par ce principe fondamental de la médecine moderne : primum non nocere (“d’abord, ne pas nuire”). Le dentiste doit également s’assurer qu’il n’y a pas de contre-indications : une hygiène bucco-dentaire défaillante, des dents cariées, une maladie parodontale… Si une pathologie est décelée, il faudra, au préalable, la soigner. Dans le même ordre d’idées, il serait illusoire d’attendre des facettes qu’elles résolvent des malpositions très importantes. “Si les dents partent dans tous les sens, il faut passer par l’orthodontie. Les facettes ne conviennent que pour corriger de petits défauts d’alignement”, souligne le Dr Zyman. Quant au bruxisme – grincement des dents pendant le sommeil – , il “ne contre-indique pas la pose de facettes, à condition que le patient accepte de porter une gouttière toutes les nuits. Dans le cas contraire, les facettes sont à éviter”, avertit-il.

À partir de l’empreinte, plusieurs moules intermédiaires

Si rien ne s’oppose à la pose de facettes, le praticien photographie le sourire du patient et discute avec lui de ses attentes. Il prend ensuite une empreinte dentaire et l’envoie à un prothésiste, qui réalisera un modèle en plâtre ainsi qu’un projet en cire simulant les dents recouvertes de facettes, appelé “wax-up”, à partir duquel il confectionnera un moule en silicone. Lors de la deuxième séance, de la résine est injectée dans ce moule, qui est aussitôt placé sur les dents du patient. En durcissant, la résine permet de visualiser in situ le résultat final. Le patient peut repartir chez lui avec cet appareillage pour vérifier, pendant quelques jours, si celui-ci correspond parfaitement à ce qu’il désire. D’éventuelles corrections peuvent y être apportées avant que le chirurgien-dentiste, lors de la séance suivante, procède à la préparation des dents en retirant la quantité d’émail nécessaire. Des lamelles provisoires sont mises en place, en attendant que le laboratoire ait fabriqué les facettes définitives. Lors de la dernière séance, après le retrait des facettes provisoires, celles en céramique sont collées. Le plus souvent, les patients s’en font poser entre six et huit – quatre incisives, deux canines et deux prémolaires – pour obtenir un ensemble homogène. “Il arrive qu’une seule facette suffise : elle corrige visuellement la dent qui n’est pas dans l’axe, et transforme le sourire”, précise le Dr Zyman.

Le coût de l’esthétique

Reste la question du budget. C’est souvent là que le bât blesse, car les facettes ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle pour savoir si elle rembourse une partie des 600 à 900 € que coûte une facette en céramique. Pour peu que votre hygiène bucco-dentaire soit irréprochable, vous devriez être tranquille une dizaine d’années. “De toutes les prothèses, les facettes sont ce qu’il y a de plus pérenne, assure le Dr Koubi. On les colle sur l’émail avec un produit à forte valeur d’adhésion, on touche peu la dent afin de préserver son intégrité mécanique. Finalement, il s’agit de la dentisterie la plus conservatrice possible.”

Vincent Delfau


Mots-clés :

DENT , DENTISTE , PROTHESE DENTAIRE




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