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Décryptage : le tournant des vins bio

Décryptage : le tournant des vins bio
Avril 2014
Le Particulier Pratique n° 400, article complet.
Auteur : LUTIN (Clara)

Vignerons, cavistes et restaurateurs sont de plus en plus nombreux à proposer des vins bio. La grande distribution reste un peu à la traîne. La filière bio se mobilise pour garantir dans tous les rayons un nectar sans chimie.

Le vin bio a changé d’échelle. La 21e édition de Millésime bio l’atteste. Ce salon mondial de vins bio, qui s’est tenu fin janvier à Montpellier (Hérault), réunissait 787 exposants certifiés bio (voir “Vin bio, une toute jeune appellation”) de 12 nationalités, en majorité français, espagnols et italiens – les trois leaders européens. Rosés, bulles, magnums, cuvées sans sulfites…, toutes les tendances étaient représentées sur les stands. Les vins français certifiés bio s’exportent à 40 %, et leur production a progressé de 15 % depuis 2011.

Triplement du vignoble

En 5 ans, le vignoble bio français a presque triplé. En 2012, il représentait 8,20 % des vignes (3 % dans le monde), le nombre de vignerons certifiés bio approchait les 5 000, et 280 caves coopératives étaient engagées dans ce mode de production. La France se place en ­deuxième position, derrière l’Espagne. Les trois principales régions viticoles bio, soit 2/3 des surfaces bio, se situent au sud de la Loire – Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Aquitaine –, l’ensoleillement favorisant ce type de culture. Le département le plus bio est le Vaucluse. Des appellations entières se convertissent à une viticulture sans produits chimiques, 85 % des vignerons des Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et toutes les caves, particulières et coopératives, du village de Correns (Var) s’y sont ralliés.

À l’assaut des distributeurs

La filière se restructure afin d’aborder les négociations avec la grande distribution. En septembre 2013, les quatre principales associations interprofessionnelles des régions viticoles biologiques (Languedoc-Roussillon, Loire, Aquitaine et Champagne) se sont regroupées au sein de France Vin bio. L’Aquitaine, qui s’attend à devoir écouler de grosses quantités de cols après des conversions massives en bio (3 499 ha en 2012), s’emploie ainsi à éviter l’effondrement des cours. En effet, jusqu’ici, les circuits de distribution des vins bio sont restés spécifiques, comme le reflètent les chiffres de l’Agence bio (2012) : 36 % sont vendus directement au caveau ; 27 %, en magasin bio ; 17 %, par les cavistes et les restaurateurs ; 20 % seulement dans les grandes surfaces alimentaires, alors que ces dernières sont les principaux distributeurs des vins conventionnels.

Obligation de résultat

D’après une étude d’Ipsos commandée, en 2013, par l’association interprofessionnelle Sudvinbio, l’origine et le respect de l’environnement sont les deux premiers critères motivant l’achat de vin bio. Les consommateurs savent, en effet, que la viticulture est le secteur agricole qui utilise le plus de pesticides et que les vins conventionnels sont massivement contaminés. Cela dit, une minorité de vins bio peuvent présenter des traces de pesticides du fait de la proximité de parcelles où les vignes sont traitées, comme le montrent les analyses régulièrement pratiquées par les associations de consommateurs et environnementales. Ainsi, la filière a été fortement secouée, en octobre 2013, par de piteux résultats : des résidus de pesticides ont été détectés dans 4 vins bio sur 10. Ce verdict a poussé l’Aquitaine à créer la charte Bio Vin solidaire, qui garantit l’absence totale de pesticides. Pour cela, les vignerons signataires s’engagent à faire analyser leurs vins et à les soumettre à des dégustateurs avant la mise sur le marché. En retour, les distributeurs prennent l’engagement de payer un juste prix aux viticulteurs. Les consommateurs qui achèteront ces bouteilles doublement certifiées auront l’assurance de déguster un vin sans défaut et sans chimie. Un must en devenir.

Clara Lutin


Mots-clés :

PRODUIT BIOLOGIQUE , VIN




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