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Peintures d’intérieur : maîtriser toute la palette

Peintures d’intérieur : maîtriser toute la palette
Avril 2014
Le Particulier Pratique n° 400, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)

Repeindre une pièce n’est pas si simple. Il faut trouver la qualité de peinture la plus adaptée au support et aux contraintes de la pièce, celle qui donnera un beau tendu et le résultat tant espéré. Trop de particuliers constatent l’apparition de taches ou des traces de pinceau une fois le mur sec. C’est parfaitement évitable en suivant notre guide d’achat.

Repeindre une pièce n’est pas si simple. Décider, entre trois nuances de bleus, laquelle se mariera le mieux avec la couleur du carrelage ou de la housse du canapé n’est qu’une partie du travail. Il faut ensuite trouver la qualité de peinture adaptée au support et aux contraintes de la pièce, celle qui donnera un beau tendu et le résultat souhaité. Trop de particuliers sont déçus par leur peinture, à cause de difficultés rencontrées lors de l’application, de l’apparition de taches ou des traces de pinceau une fois sèche. Si vous faites appel à un peintre, vous n’avez pas à vous préoccuper du choix du produit. Par contre, vous devrez y consacrer un peu de temps si vous réalisez vous-même les travaux, mais le jeu en vaut la chandelle, et nos conseils vous y aideront. L’offre étant pléthorique, nous avons retenu uniquement les peintures d’intérieur pour pièces sèches (la cuisine et la salle de bains sont donc exclues).

Vous pouvez acheter votre peinture dans différents circuits. Les grandes surfaces de bricolage vendent de tout, des premiers prix aux produits d’excellente qualité. Elles proposent, en général, des gammes très larges et polyvalentes, destinées à des particuliers qui ne sont pas très sûrs de la nature de leurs supports. Dans les réseaux professionnels (distributeurs indépendants ou négoces en matériaux), les produits sont plus spécialisés et les couleurs se réalisent à la machine à teinter. Les particuliers sont de plus en plus nombreux à s’y approvisionner, car ils peuvent bénéficier de conseils avisés. En magasin de bricolage, les vendeurs manquant parfois de formation, il est préférable de consulter, avant l’achat, le site internet de la marque de la peinture que vous avez repérée ou de téléphoner au service consommateurs.

Encore quelques peintures glycéro

Alors qu’auparavant nous avions le choix entre peinture à l’eau et peinture glycérophtalique, ce n’est plus le cas depuis la deuxième étape, en 2010, de la directive européenne sur la limitation des composés organiques volatils (COV). Au grand désespoir des peintres, qui ne juraient que par les glycéro ! Les peintures sont classées en 12 catégories en fonction de leur destination et, pour chacune d’elles, la réglementation définit un taux de COV – exprimé en grammes de solvant par litre de peinture – à ne pas dépasser. Ces taux sont mentionnés sur les pots des peintures à l’eau et solvantées. 

Toutefois, si les peintures glycérophtaliques sont devenues très rares, elles n’ont pas totalement disparu. Ainsi, la PE Glycéro de Cecil professionnel est destinée aux chantiers difficiles et au masquage des traces (suie ou taches d’humidité après un dégât des eaux, par exemple) ; la peinture Plafond abîmé de Théodore Inspirations est formulée à base de Plioway, une résine acrylique soluble dans des solvants isoparaffiniques qui améliore l’accroche, la pénétration dans le support et la tenue dans le temps. Les autres références sont réservées aux boiseries ou à l’impression des murs (sous-couche ; voir aussi “Peintures d'intérieur : comment ça marche ?").

Les alkydes, en remplacement des peintures glycéro

De nouveaux produits en phase aqueuse ont été mis sur le marché pour remplacer les peintures glycérophtaliques. Les résines alkydes, à l’origine dispersées dans le white-spirit, sont maintenant émulsionnées dans l’eau des peintures en phase aqueuse. Ces dernières, plus chères que les produits à l’eau aux résines acryliques, présentent les avantages des peintures glycérophtaliques sans en avoir les inconvénients. Elles offrent un meilleur confort d’application, s’étalent bien et sont plus longues à sécher, ce qui laisse au peintre davantage de temps pour les travailler. La résistance mécanique du film est plus grande et l’aspect plus tendu (voir "Peintures d'intérieur : comment ça marche ?”).

Les peintures alkydes uréthanes sont des produits haut de gamme dont le film très dur résiste bien aux chocs et aux rayures. Par exemple, la laque Orizon de Tollens (gamme professionnelle), qui se caractérise, notamment, par une forte résistance physico-chimique, associe haute qualité couvrante, glisse parfaite et absence d’odeur – ce qui permet de réoccuper rapidement les lieux. Elle s’applique sur les murs, les plafonds et les menuiseries (bois, métal), les meubles, les portes, les plinthes et les fenêtres, en intérieur comme en extérieur.

Les peintures standard sont, en majorité, des acryliques en phase aqueuse. Toutes ne se valent pas. La quantité de résine que contient la peinture est déterminante. Plus le taux de résine est élevé, meilleure est la résistance du film à l’humidité. Les peintures bas de gamme comprennent, elles, peu de résine, mais beaucoup de charges (poudre minérale, talc…). Elles sont peu couvrantes, poreuses et non résistantes aux taches (voir "Peintures d'intérieur : comment ça marche ?").

Composants indispensables, les additifs ne sont présents qu’en très faible quantité, car ils coûtent cher et font donc grimper le prix de la peinture. Il s’agit d’antimicrobiens, qui protègent la peinture ; d’agents dispersants, qui l’homogénéisent et la stabilisent ; d’antimousses, qui évitent la formation de bulles au moment du mélange ; d’épaississants, qui empêchent les éclaboussures… Dernier ingrédient, les pigments sont, eux aussi, très onéreux.

Plusieurs qualités de blancs

Le dioxyde de titane est le pigment blanc le plus utilisé, le plomb étant maintenant interdit. Son taux dans la formule a une incidence sur le rendu final et la blancheur. Le document technique unifié (DTU) 59.1 définit le type de finition selon trois classes d’aspects : A correspond à une finition soignée (chantier sans aucun défaut) ; B, à une finition courante et C, à une finition élémentaire (le minimum, pour les chantiers économiques ou dans une pièce de service, comme une buanderie). L’offre de Cecil professionnel répond à ces prescriptions : PE Acryl mat et PE Acryl Satin pour les chantiers courants ; PE Chantier mat et PE Chantier Satin ont un pouvoir couvrant supérieur à 98 % ; PE mat et PE Sat ont un pouvoir couvrant supérieur à 98,70 %.

D’autres formules contiennent de la résine siloxane, qui accroît la blancheur, la matité et la minéralité du produit. Le pouvoir couvrant de la PE Plafond de Cecil professionnel atteint 99,10 %. La peinture en phase aqueuse Hermina Premium de Seigneurie, qui comprend des résines siloxanes haut de gamme, est destinée aux travaux soignés (type A). Grâce à la qualité de sa matité et de sa blancheur, elle masque parfaitement les petites imperfections du support, même sous lumière rasante. Mate et opacifiante, l’Alphaxylan SF de Sikkens, à la siloxane, convient aux travaux courants. Elle offre un “temps ouvert” – c’est-à-dire pendant lequel il est possible de la retravailler sans laisser de trace – plus long qu’une peinture acrylique, ce qui évite les zones de reprise et permet de l’appliquer sur de grandes surfaces. Elle est très appréciée des artisans, car elle remplace les produits d’impression et de finition.

La monocouche plafond, à éviter sur le mur

En magasin de bricolage, les peintures censées avoir un rendu “plus blanc que blanc” sont surtout destinées aux plafonds – elles ont été développées spécialement pour le grand public. Ces peintures sont ­vendues comme des ­monocouches, une notion qui n’existe pas chez les artisans, puisque les règles professionnelles imposent deux couches de finition. Pour que la promesse soit tenue, encore faut-il que le peintre respecte le rendement préconisé sur l’emballage, et une couche ne suffira évidemment pas s’il s’agit de repeindre en pastel un mur foncé. Le résultat ne sera satisfaisant que si l’ancienne peinture est en bon état, non poreuse, ou si une sous-couche bloquant les fonds a été appliquée au préalable.

Dans cette catégorie de produits, la gamme XPro3 Plafond de Ripolin offre un taux d’opacité de 98 % ; le Plafond blanc Perfection de V33, de 99,1 %, en une couche. Cette dernière peinture ne goutte pas, et sa formule à la siloxane enrichie au marbre de Carrare assure une blancheur garantie 10 ans par le fabricant. Dans la gamme XPro3 de Ripolin, le Plafond sans Trace a un temps ouvert très long pour éviter les traces sur les plafonds de plus de 4 m de long. Le Plafond universel de Théodore Inspirations, renforcé en siloxanes, est sans tension, c’est-à-dire que le film présente une certaine flexibilité, ce qui permet de consolider les fonds douteux et friables. Pour ce produit, le fabricant préconise deux couches, et non une seule comme pour les références citées précédemment. D’autres peintures “spéciales plafond” (Plafond Éclat de Blanc de V33, XPro3 Plafond pratic de Ripolin) facilitent la tâche du peintre amateur en colorant la zone déjà peinte afin qu’il n’ait pas à repasser dessus. Elles contiennent un simple indicateur de pH (potentiel hydrogène), qui disparaît au séchage.

Il est déconseillé d’appliquer ces peintures pour plafonds sur les murs, car elles ne sont pas formulées pour résister aux frottements des mains ou des tissus d’ameublement, par exemple. Il faut utiliser un produit “murs et plafonds”, qui convient, à la fois, aux surfaces horizontales et verticales ; par exemple, la peinture Murs & Plafonds d’Astral, qui est formulée pour limiter les éclaboussures lors des applications à la perche.

Les teintes de la saison, en standard ou en premium

Chaque année, les grandes marques sortent les teintes de la saison et proposent des nuanciers afin d’aider le consommateur à composer des harmonies (voir LPP n° 375). La gamme Facile à vivre Chambre & Séjour de V33 se compose de trois aspects et 60 teintes. Peinturelle de Théodore Inspirations est déclinée en quatre familles de couleurs, et même parfumée (l’odeur disparaît en séchant). Ces produits sont étudiés pour faciliter la tâche au peintre amateur. La gamme L’Esprit libre de Tollens convient, à la fois, aux pièces sèches et humides, et peut s’appliquer aussi bien sur les murs, les boiseries que sur les plafonds, les meubles…

Les marques ont également développé des peintures “premium” pour les projets prestigieux. Ainsi, Architecte de Dulux Valentine, distribuée en exclusivité par Leroy Merlin, est issue de formulations de haute technologie. Le film obtenu est très opaque, supporte les lessivages, se lustre peu et offre un beau tendu. La gamme Prestige Premium de Tollens, une nouvelle génération de laques en phase aqueuse, existe en trois aspects (mat, satin et brillant) et résiste très bien aux chocs, aux rayures et aux lessivages. Pour sa gamme 1825, Théodore Collection a utilisé des formulations issues du marché professionnel. Ces peintures haut de gamme sont, néanmoins, très simples à appliquer, résistantes et se lavent facilement. La marque développe également des éditions limitées signées des grands noms de la décoration : dernièrement, Aurélie Hémar. Ces produits sont vendus chez des distributeurs spécialisés.

Pour une couleur intense, viser le haut de gamme

Quelques fabricants ont bâti leur réputation sur la qualité de leurs pigments et l’intensité de leurs teintes. Ainsi, la société Farrow & Ball, qui fabrique toutes les peintures vendues sous son nom dans le Dorset, en Angleterre, est renommée dans le monde entier pour son savoir-faire – les machines à teinter sont bannies, leur dosage n’étant pas assez précis – et la qualité de ses produits. Son style se caractérise par la finition Estate Emulsion, qui contient jusqu’à 30 % de pigments de plus que les peintures des autres marques. L’entreprise est restée fidèle à ses formules d’origine, et continue d’utiliser des pigments et des ingrédients naturels (la craie, la pâte de chaux, l’huile de lin et le kaolin). À la différence des formulations des peintures industrielles, le dioxyde de titane ne sert pas de pigment, mais de matière de charge, ce qui permet d’augmenter la quantité des autres pigments.

Les formulations de Little Greene comprennent 40 % de pigments en plus par rapport à celles des autres fabricants. Presque tous les pigments sont naturels – sauf ceux qui n’existent pas dans la nature ; les violets par exemple. Ici aussi, le dioxyde de titane est utilisé comme matière de charge. Ce composant ayant tendance à tirer sur le blanc, certaines teintes nécessitent trois couches d’application. Les couleurs très foncées sont fabriquées à partir d’une base transparente. Tous les tons du nuancier sont disponibles immédiatement, car les peintures sont teintées en magasin. Les produits de Little Greene ont les avantages des peintures naturelles, sans en avoir les inconvénients : elles sont faciles à appliquer.

La marque belge Emery & Cie incorpore de la caséine dans ses peintures, qui sont les plus mates du marché. Cet extrait sec du lait, très lourd, leur donne de la densité : elles ne coulent pas, sont très couvrantes, sèchent vite, adhèrent parfaitement à la plupart des supports, sur lesquels elles s’appliquent directement, sans couche d’impression. Leurs pigments naturels rendent ces peintures vivantes. Celles-ci changeant en fonction de la luminosité, les revendeurs conseillent de se procurer des échantillons et de tester les teintes sous différents éclairages avant d’en choisir une. Fabriqués par un artisan, ces produits sont vendus au poids – 1 kg (0,666 litre) couvre de 5 à 7 m2 –, dans les showrooms de la marque, sur son site internet et chez les distributeurs spécialisés.

Les peintures “vertes”, d’un emploi encore limité

Les industriels de la peinture ont aussi lancé des gammes à base de résines végétales et de pigments naturels, sans COV, sans solvants ni dérivés de pétrole et inodores, pour répondre à la demande des consommateurs soucieux de leur santé : Épure de V33, Éléments de Tollens. Le nombre de teintes, inspirées de la nature, est limité. Les finitions sont mates poudrées ou satinées. Si ces peintures conviennent à de nombreux supports, elles ne sont tout de même pas comparables aux peintures issues de la chimie du pétrole, en termes d’accroche, surtout sur des fonds difficiles. Elles commencent à arriver dans les gammes professionnelles pour satisfaire aux exigences de la clientèle des artisans. Géode de Tollens, en mat ou velours, comprend, au minimum, 95 % de matières premières d’origine naturelle. Le nuancier est assez large, car les couleurs sont réalisées à la machine à teinter.

Isabelle Coune


Mots-clés :

BRICOLAGE , PEINTURE




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