Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Vie pratique > Consommation > Voiture, scooter, vélo : peut-on passer à l'électrique ?

Voiture, scooter, vélo : peut-on passer à l'électrique ?

Voiture, scooter, vélo : peut-on passer à l'électrique ?
Avril 2014
Le Particulier Pratique n° 400, article complet.
Auteur : HENRI (Benoit)

Malgré des atouts certains, les véhicules électriques peinent à séduire le consommateur. En cause, leurs prix élevé et leur faible autonomie.

Prix croissant du pétrole, surexploitation des ressources, émission de particules nocives par les moteurs thermiques… Pour autant, sommes-nous prêts à changer nos habitudes et à nous convertir à l’énergie électrique ? L’offre actuelle est-elle suffisamment attractive pour nous faire oublier le bon vieux moteur à explosion ? Afin que vous vous fassiez une idée de leurs avantages et de leurs inconvénients, nous vous présentons les trois catégories de véhicules électriques proposés aujourd’hui : voitures, scooters et vélos. 

Voitures électriques, des freins encore à lever

De nombreux automobilistes considèrent que les prix élevés, la faible autonomie et le manque d’équipements de la voiture électrique sont des défauts rédhibitoires. Cependant, les choses évoluent ; le regard des consommateurs aussi. Les constructeurs automobiles investissent ce segment de marché, qui, jusqu’à présent, était confidentiel. Selon l’Avere France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique, 40 496 véhicules électriques ont été vendus en 2013 en Europe, contre 24 713 en 2012, soit une augmentation de plus de 63 %. Fait encore plus marquant, la France arrive en tête du classement, avec 13 954 ventes en 2013, loin devant la Norvège, qui n’en compte que 8 222. Certes, ces chiffres restent modestes comparés aux millions de véhicules thermiques vendus, mais la tendance est à la hausse et devrait se confirmer dans les années à venir. En effet, les véhicules s’améliorent et le réseau de bornes de recharge électrique s’agrandit. 

Presque de vraies berlines

L’image de la carrosserie “caisse à savon” des véhicules électriques appartient, désormais, au passé. Les voitures actuelles (voir : Les 10 voitures électriques en vente aujourd’hui) ne sont plus des modèles adaptés des thermiques, et déshabillés pour des questions de poids. Elles n’ont rien à envier à leurs cousines à essence, en termes tant de finition que d’équipement. Les matériaux utilisés pour la fabrication du châssis et de l’habitacle ont été allégés afin de réduire la consommation d’énergie et d’apporter une meilleure autonomie. Le confort intérieur a été amélioré (quatre ou cinq places assises) et la capacité du coffre augmentée. Les modèles de série sont équipés de la climatisation, d’un système de navigation, d’une station musicale, de vitres électriques… Concernant la sécurité, tous les véhicules possèdent, au minimum, plusieurs airbags, répartis sur les différents points sensibles du véhicule, le système d’aide au freinage ABS et le correcteur électronique de trajectoire ESP. De plus, de très nombreuses options sont disponibles. Les véhicules électriques sont donc de véritables automobiles, si ce n’est qu’ils ne peuvent parcourir, en moyenne, qu’une grosse centaine de kilomètres.

Prix élevé malgré les aides

Les voitures électriques coûtent toujours plus cher que les modèles thermiques, le prix des batteries venant grever la facture finale de près d’un tiers. Pour compenser ce handicap, l’État octroie, depuis le 1er novembre 2013, une subvention de 6 300 € pour l’achat d’un véhicule électrique émettant moins de 20 g de dioxyde de carbone (CO2) par kilomètre. Cette aide ne peut excéder 27 % du prix d’acquisition, toutes taxes comprises, auquel s’ajoute celui de la batterie si celle-ci est prise en location.

En effet, les constructeurs proposent un système de location de batterie permettant de réduire le prix d’achat du véhicule. Vous déterminez, en amont, le nombre de kilomètres que vous allez parcourir et souscrivez le forfait mensuel qui correspond le mieux à vos besoins. Par exemple, la location d’une batterie pour la Zoé de Renault vaut 49 €/mois avec un engagement de 3 ans, dans la limite de 5 000 km/an (au-delà, le kilomètre revient à 20 cts d’euro). Il existe aussi un forfait kilométrique à 79 €/mois pour 12 500 km parcourus dans l’année. Outre l’avantage financier, vous n’avez plus à vous soucier de la durée de vie de la batterie. En effet, la plupart des contrats de location stipulent qu’elle est automatiquement changée au-delà d’un certain niveau de charge, généralement au-dessous de 75 % de l’autonomie de base (le nombre de cycles de charge d’une batterie est limité et son autonomie décline au fur et à mesure de son utilisation).

Une recharge tous les 100 km

Les véhicules électriques sont pourvus d’un câble, de 5 m au minimum, servant à les raccorder à une prise secteur classique. Par ce moyen, le temps de charge est particulièrement long : entre 8 et 10 heures (attention aux surchauffes sur une vieille prise du garage). Aussi, il peut être intéressant de faire installer un boîtier de recharge rapide, appelé wallbox (comptez entre 500 et 1 200 €). D’une part, un cycle complet ne prend plus alors que de 2 à 4 heures, suivant les marques et les modèles. D’autre part, en moins d’une heure, la batterie peut atteindre près de 80 % de sa capacité énergétique. 

À moins d’avoir un parking équipé – ce qui est maintenant obligatoire dans les logements neufs –, si vous vivez en ­appartement, vous aurez beaucoup de mal à alimenter votre véhicule en énergie. Ce type de voiture convient mieux en maison individuelle. Par ailleurs, elle est plutôt à utiliser comme second véhicule, celui réservé aux petits trajets, car il faut s’arrêter plus de 2 heures tous les 100 km pour recharger la batterie. Un Paris-Marseille devient une véritable expédition !

Le parc de bornes est encore restreint

Avant d’entreprendre un long trajet, il est prudent de repérer les endroits où “faire le plein”. Le site participatif Chargemap – il existe aussi une application pour iPhone et des sites pour mobiles sous Android, pour Blackberry et Windows Phone – recense l’ensemble des bornes de recharge publiques et celles proposées par des particuliers sur le territoire français. La Commission européenne oblige la France à s’équiper de 97 000 bornes d’ici à 2020. À ce jour, 8 000 sont implantées, et l’objectif est d’atteindre 16 000 points de recharge rapide ou accélérée d’ici à 2016. 

Plusieurs grandes villes ont déployé des bornes électriques en autopartage. Par exemple, le réseau Bluely à Lyon. Pour y avoir accès, il faut prendre un abonnement de 180 € par an (soit 15 € par mois) et payer 6 € les 30 min (les 2 premières heures sont gratuites) entre 8 et 20 heures ou 3 € les 30 min (les 2 premières heures sont gratuites) entre 20 et 8 heures. À Paris, Autolib’ suit le même principe. Après avoir versé 15 € de frais d’inscription la première année (les suivantes sont gratuites), l’usager doit acquitter 1 € de l’heure – le tarif est plafonné à 4 € de 20 à 8 heures. Les parkings Vinci Park proposent aussi ce service de recharge, qu’ils facturent 2 € la première heure, puis 1,50 € les suivantes jusqu’à la sixième (ensuite, c’est gratuit). Certaines grandes enseignes de la distribution, telles qu’E.Leclerc, Auchan, Ikea, mettent à la disposition du consommateur des bornes de recharge sur leurs parkings. Enfin, la plupart des concessionnaires des constructeurs automobiles qui commercialisent un véhicule électrique sont également équipés d’un tel dispositif.

Les scooters électriques peinent à démarrer 

Les scooters électriques n’ont pas rencontré leur public en France : selon l’Association pour l’avenir du véhicule électro-mobile (Avem), tout juste 1 200 engins ont trouvé acquéreur en 2011, soit 20 % de moins par rapport à 2010. Au 1er trimestre 2013, les chiffres ne sont guère plus optimistes, puisque 231 scooters ont été vendus, dont 17 modèles de 125 cm3. Ce faible résultat s’explique par le fait que, si le marché des scooters thermiques semble saturé – seul le renouvellement est, aujourd’hui, vecteur de croissance –, les utilisateurs de deux-roues motorisés ne sont pas prêts à passer à l’électrique, d’autant que l’offre est très pauvre. Les grands constructeurs ne se sont pas tous lancés sur ce segment peu porteur. Peugeot, Yamaha et MBK proposent un modèle correspondant à un 50 cm3 thermique, mais leurs ventes restent anecdotiques ; Matra est le seul à tirer son épingle du jeu. Il faut dire que le prix des scooters électriques reste bien plus élevé que celui des engins à essence.

Des prix peu compétitifs

Certes, les cotisations d’assurances sont moins onéreuses que pour un scooter thermique, le coût d’entretien est quasi inexistant et la consommation électrique très faible (environ 50 cts d’euro pour 100 km) – d’où des économies tangibles –, mais la somme à débourser à l’achat est encore trop élevée. Quant aux subventions accordées par certaines municipalités (voir la liste de dolphin-scooters), elles se révèlent insuffisantes. Elles sont très souvent identiques à celles attribuées pour l’acquisition d’un vélo électrique et sont systématiquement plafonnées. Par exemple, dans la métropole Nice-Côte d’Azur, la prime allouée est fixée à 25 % du prix du scooter électrique, dans la limite de 400 €, qu’il s’agisse d’un 50 cm3 à 2 000 € ou d’un 125 cm3 à 5 000 €. 

Des performances qui demandent à être améliorées

Ces scooters électriques possèdent incontestablement des qualités. Nous l’avions constaté lorsque nous avions testé l’e-MO+ de Matra. Nous avions néanmoins signalé son manque de puissance au démarrage en ville – après un arrêt à un feu rouge, par exemple. De plus, leur vitesse de pointe, à peu près classique par rapport à leur catégorie, interdit ou rend difficile un trajet entre deux villes ou en lointaine banlieue : l’autonomie maximale des 50 cm3 ne dépasse pas 60 km, voire 25 km pour quelques-uns ; celle des 125 cm3 se limite, pour certains, à 70 km (voir : Notre bataillon de scooters électriques de 50 à 125 cm3). Il ne faudrait pas grand-chose pour corriger ces défauts. BMW vient d’annoncer la sortie du C-Evolution, qui pourra atteindre la vitesse de 120 km/h pour une autonomie d’environ 100 km. Bien que son prix devrait être élevé, gageons que ce modèle électrique aura les arguments pour convaincre.

Vélos électriques, leur cote grimpe

Les vélos à assistance électrique (VAE) sont certainement les véhicules électriques qui ont le plus séduit le grand public. Selon le Conseil national des professions du cycle, 46 000 unités ont été vendues en France en 2012, un chiffre en progression de 15 % par rapport à l’année précédente. Un VAE coûte évidemment moins cher qu’une voiture ou un scooter électriques. Son prix moyen est estimé à 850 €, contre 280 € pour un vélo classique. En outre, de nombreuses municipalités encouragent ce type d’achat en octroyant des subventions (voir la liste de dolphin-scooters). Le montant de l’aide est fixé à 25 % du prix du vélo, mais le plafond varie d’une ville à une autre. Par exemple, à Paris, la contribution est limitée à 400 € ; à Nantes, à 200 €. 

De 700 à plus de 4 000 €

Concernant les prix, trois tendances se dégagent (voir : Notre sélection de vélo à assistance électrique). Les vélos électriques à moins de 1 000 € sont généralement vendus dans les grandes surfaces ou les grandes enseignes spécialisées en articles de sport. Ainsi, Decathlon et Go Sport en proposent entre 700 et 800 €. Le gros du marché se positionne aux alentours de 1 500 €, que ce soit pour un VAE de ville, un tout-chemin ou un tout-terrain. Les modèles les plus perfectionnés de cette catégorie bénéficient d’un équipement complet et de bonne qualité : utilisation de matériaux allégeant leur poids et intégration d’une batterie performante, tant en autonomie qu’en puissance. Enfin, le haut de gamme dépasse la barre des 2 000 €, voire plus du double pour le très haut de gamme. Les sportifs qui cherchent un vélo spécifique, de course ou un VTT pour randonner en montagne par exemple, y trouveront leur bonheur. Quant aux VAE de ville de cette gamme, ils offrent ce qui se fait de mieux en termes d’équipement, de batterie et de matériaux pour le cadre. Surtout, ils sont équipés des toutes dernières innovations, comme les vitesses automatiques ou l’aide au démarrage. Nous vous indiquons ci-dessus les critères à prendre en compte pour trouver le VAE qui vous conviendra le mieux (voir le complément associé : “Vélos à assistance électrique, comment choisir”).

Benoit Henri


Mots-clés :

AUTOMOBILE , ELECTRICITE , SCOOTER , VELO , VOITURE ELECTRIQUE




Outils pratiques :

Vous aimerez aussi
Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière Choix patrimoniaux

Forum bannière

 

Bannière e-Particulier