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Diminuez vos frais de santé avec les réseaux de soins

Diminuez vos frais de santé avec les réseaux de soins
Mars 2014
Le Particulier n° 1095, article complet.
Auteur : FERRON (Aurélien)

De plus en plus de contrats santé donnent accès à des professionnels de santé aux tarifs encadrés. Une excellente solution pour diminuer ses dépenses d’optique, de prothèses auditives ou de soins dentaires, sans renoncer à la qualité.

Vous n’y avez pas forcément prêté attention, mais sur la carte de tiers payant remise par votre complémentaire santé figure peut-être le nom de Carte Blanche, Itélis, Kalivia, Santéclair ou Sévéane. Si c’est le cas, vous faites partie des quelque 40 millions de Français à avoir accès aux services d’un réseau de soins. Sachez qu’ils constituent, sans nul doute, l’un des moyens les plus efficaces pour réduire vos frais de santé.
Imaginés par des mutuelles et des assureurs, ces réseaux ont pour mission de négocier les tarifs directement auprès des professionnels de santé, pour le compte des assurés. Jusqu’à présent, ils se sont surtout attaqués aux secteurs de l’optique, des soins dentaires et de l’appareillage auditif. Des soins dont la particularité est de ne pas être régulés par les pouvoirs publics (les tarifs des lunettes, comme ceux des prothèses dentaires ou auditives sont libres) et de laisser d’importantes sommes à la charge des patients.
Les assurés restent, bien entendu, libres de fréquenter l’opticien, l’audioprothésiste ou le chirurgien-dentiste de leur choix. Mais, s’ils se rendent chez l’un des professionnels membres de leur réseau, ils peuvent diminuer sensiblement leur facture : d’une centaine d’euros, en moyenne, pour une paire de lunettes à verres unifocaux pour myopes et hypermétropes, de près de 200 € pour une paire à verres progressifs, de 500 € pour un double appareillage de prothèses auditives et jusqu’à 1 000 € pour un implant dentaire ou une opération de la myopie.

Jusqu’à 40 % de réduction sur les verres de lunettes

C’est en optique que les réseaux sont les plus performants. La plupart imposent à leurs partenaires des tarifs, par références de verres, à ne pas dépasser. Ou bien ils interrogent les opticiens sur les prix qu’ils comptent appliquer à leurs assurés, et décident en conséquence de sélectionner ou non ces professionnels. Les réseaux les plus offensifs (Santéclair et Kalivia) revendiquent ainsi des tarifs de verres inférieurs de 40 %, en moyenne, aux prix de marché. Terciane, le réseau le moins exigeant, ne demande qu’un effort tarifaire de l’ordre de 25 % aux opticiens. Autrement dit, le même verre progressif facturé 250 € pièce à un client lambda sera vendu entre 150 et 200 € aux assurés bénéficiant des tarifs prénégociés par les réseaux. Pour en profiter, vous n’avez aucune démarche spécifique à effectuer ; il vous suffit de présenter votre carte de mutuelle.
Ce n’est pas tout. Les réseaux attendent aussi des opticiens affiliés qu’ils consentent des rabais de 5 à 15 % sur les prix des montures, et parfois aussi sur ceux des lentilles. Mises bout à bout, ces exigences s’avèrent très bénéfiques pour les assurés. Santéclair constate ainsi que ses clients dépensent 415 €, en moyenne, pour une paire de lunettes à verres progressifs de dernière génération, avec options antirayures et antireflet, contre 643 € s’ils se rendent chez un opticien n’appartenant pas à leur réseau. Tout cela allège évidemment la facture. Le groupe Istya (MGEN…) a ainsi calculé que plus de 60 % des assurés fréquentant son réseau s’en sortaient – une fois déduits les remboursements de leur mutuelle – avec un reste à charge de moins de 10 € pour l’achat de deux verres unifocaux, et de moins de 80 € pour deux verres progressifs. Son objectif est que d’ici 2015, 70 % des assurés bénéficient des mêmes avantages. De son côté, Kalivia a constaté que 44 % des assurés ayant utilisé son réseau l’an dernier n’ont pas eu un centime à débourser, contre 33 % de ceux qui ne l’ont pas fréquenté.

La baisse des tarifs ne nuit pas à la qualité

N’allez pas croire qu’à ces prix-là, les lunettes sont de piètre qualité. Les réseaux insistent sur le fait que les professionnels qui les ont rejoints restent libres de vendre le verre qui leur semble le plus adapté à leur client. Très souvent, la baisse des prix favorise même une montée en gamme. « Parmi les verres achetés chez nos opticiens partenaires, 80 % font partie des gammes dites supérieures et 59 % sont dotés d’un antireflet performant contre, respectivement, 66 et 44 % pour les paires achetées hors réseau », indique Laurent Borella, président de Kalivia.
Le service n’est pas en reste. Les opticiens partenaires s’engagent à proposer un large choix de montures à prix modérés (moins de 80 ou 100 €), des garanties « casse » d’un ou de 2 ans et des verres de remplacement si le client ne parvient pas à s’adapter à des verres progressifs. Certains réseaux (Kalivia, Santéclair, notamment) vérifient la proportion d’opticiens diplômés dans chaque magasin et le matériel à leur disposition. Ils demandent que les verres soient strictement adaptés au défaut visuel de l’assuré, sans options superflues. Pour une légère myopie, ils ne sont donc pas amincis, et l’option antireflet n’est pas toujours proposée aux enfants. Enfin, dans les réseaux, c’en est fini des arrangements permettant de basculer une partie du prix de vente de la monture sur les verres, souvent mieux remboursés, ou de s’offrir une paire de lunettes de soleil en gonflant le prix de sa paire de vue.
Les opticiens ont intérêt à respecter les règles du jeu. Pour s’assurer que les prestations promises profitent bel et bien aux clients, les réseaux n’hésitent pas à les contrôler : par informatique (en vérifiant l’adéquation entre les verres vendus et la prescription…), mais aussi en réclamant les bons de livraison des fabricants, voire en envoyant des clients mystère dans les points de vente. Faute d’avoir honoré leurs engagements, plusieurs dizaines d’opticiens ont été radiés, l’an dernier, de leurs réseaux par Istya, Itélis, Kalivia ou Santéclair.

Il faut parfois accepter de changer ses habitudes

Pour accepter de casser les prix, les opticiens doivent y trouver leur compte grâce à un afflux de clientèle. Aussi la plupart des réseaux font en sorte de limiter le nombre de professionnels affiliés, de 2 000 à 4 000, en général, parmi les 11 500 magasins recensés en France. Pour profiter de tarifs encadrés, le client est donc parfois contraint de changer ses habitudes et de faire quelques kilomètres pour trouver un opticien partenaire. Et pour inciter encore davantage les assurés à s’y rendre, certains assureurs n’octroient le tiers payant, qui permet d’être dispensé d’avance des frais, que chez les opticiens partenaires. Plusieurs accordent même un meilleur remboursement aux assurés fréquentant leur réseau (voir encadré "Soyez mieux remboursés en fréquentant les partenaires des réseaux").
Après avoir longtemps rechigné à intégrer les réseaux de soins – où l’on retrouve aussi bien des opticiens de quartier que des magasins de grandes enseignes comme Krys, Optic 2000, Les Opticiens mutualistes ou Alain Afflelou –, les opticiens semblent désormais y voir leur intérêt. « Ces partenariats nous apportent un flux de clientèle important, et contribuent largement au chiffre d’affaires de certains de nos magasins », confirme Olivier Baroukh, directeur des succursales d’Optical Center, 5e enseigne en France, et dont l’objectif avoué est que 100 % de ses magasins travaillent avec 100 % des réseaux. Il se souvient encore de la perte de 40 % de l’activité d’un point de vente de la région parisienne après la rupture de son partenariat avec Santéclair…

Une paire d’aides auditives jusqu’à 1 300 € moins cher

Après l’optique, les réseaux de soins se sont attaqués au marché des aides auditives, chères et mal remboursées. Il faut, en effet, compter 3 500 €, en moyenne, pour une paire d’aides auditives dont seulement 240 € sont pris en charge par la Sécurité sociale (voir le n° 1050 du Particulier, "Aides auditives : bien s'occuper à moindre coût"). La plupart des réseaux (Carte Blanche, Istya et Kalivia) ont ainsi négocié des prix inférieurs de 10 à 20 % à ceux du marché auprès de 1 500 à 3 000 partenaires (parmi les 3 500 centres recensés en France). Avec, à la clé, des économies non négligeables : Kalivia a calculé, par exemple, que son réseau permettait d’économiser 650 €, en moyenne, pour un appareillage des deux oreilles.
Mais c’est en fréquentant les réseaux de Sévéane et de Santéclair que les assurés obtiendront les prix les plus avantageux. Santéclair revendique ainsi des tarifs de 40 à 50 % inférieurs aux prix du marché, avec une réduction moyenne de 1 300 € (pour un appareillage des deux oreilles) pour les bénéficiaires de son réseau. Inconvénient : on ne peut profiter de tels tarifs qu’auprès d’un nombre plus restreint de professionnels, 700 pour Sévéane et 550 pour Santéclair. Côté qualité, rien à redire, les centres partenaires s’engageant à respecter les meilleures pratiques de la profession, comme la remise d’un devis avant l’achat, des séances d’adaptation et de suivi gratuites et une garantie « panne » étendue à 2, voire 4 ans.

Des partenariats moins efficaces en chirurgie dentaire

Les réseaux constitués dans le domaine dentaire sont, en revanche, moins performants. En les fréquentant, les assurés peuvent néanmoins éviter les praticiens les plus chers. C’est le cas, par exemple, s’ils se rendent chez l’un des 25 000 chirurgiens-dentistes ayant adhéré au protocole de la Mutualité fonction publique (voir la fiche d’Istya). Même si leurs tarifs plafonds s’avèrent parfois supérieurs aux prix du marché (760,50 € pour une couronne céramo-métallique, couronne transitoire incluse, par exemple), ils sont souvent attractifs dans de grandes villes comme Paris, où les prix sont plus élevés qu’ailleurs. D’autres réseaux (Carte Blanche, Itélis, Santéclair et Sévéane) revendiquent des tarifs de 10 à 20 % inférieurs aux prix de marché sur les prothèses de type couronne. À Paris, par exemple, où la pose d’une couronne céramo-métallique (hors inlay-core) est tarifée jusqu’à 850 € (voir le n° 1075 du Particulier, "Des couronnes et des implants à moitié prix"), les membres de Carte Blanche facturent 600 €, en moyenne, tandis que les partenaires de Santéclair s’engagent à ne pas demander plus de 540 €.
Parmi les réseaux que nous avons étudiés, Itélis et Santéclair ont même négocié des tarifs privilégiés auprès de, respectivement, 160 et 40 centres d’implantologie. Alors qu’un implant dentaire coûte 2 120 € en France, en moyenne (pilier et couronne compris), les prix n’excèdent pas 1 300 € chez Itélis et 1 100 € chez Santéclair, même à Paris. « Il ne s’agit pas de cabinets low cost, mais de professionnels reconnus souhaitant développer leur clientèle, insiste Marianne Binst, directrice générale de Santéclair. Pour s’assurer de la qualité et de la provenance des implants posés aux patients tout en diminuant les charges de nos centres partenaires, nous avons aussi aidé les implantologues à obtenir des tarifs avantageux auprès d’un fabricant d’implants de qualité. »

Les réseaux freinés dans leur développement

Passer par un réseau de soins permet donc de réaliser de substantielles économies sans sacrifier la qualité. À tel point que de nombreux observateurs estiment que les assurés ne choisiront bientôt plus leur complémentaire santé en fonction de son niveau de remboursement, mais selon les réseaux qu’elle met à leur disposition. Ces derniers risquent cependant d’être freinés dans leur développement. Une loi votée récemment (n° 2014-57 du 27.1.14) empêche les réseaux de négocier les tarifs de certains professionnels tels que les médecins, infirmiers, sages-femmes ou kinésithérapeutes. « Les patients devront se contenter, dans ce secteur, du mode de régulation actuel qui n’a jamais vraiment reconnu les professions paramédicales ni freiné les dépassements d’honoraires ou la prescription massive de médicaments, regrette Marianne Binst, de Santéclair.

Ce qu’il faut retenir :

  • Comme 40 millions de Français, vous bénéficiez sans doute d’un réseau encadrant les tarifs des professionnels de santé, renseignez-vous auprès de votre complémentaire !
  • N’hésitez pas à l’utiliser : cela peut vous permettre d’économiser de 10 à 50 % des frais sur l’optique, l’appareillage auditif, les soins dentaires, voire la chirurgie réfractive.
  • Si possible, choisissez un contrat donnant accès aux réseaux les plus performants comme Itélis, Kalivia ou Santéclair.

Aurélien Ferron


Mots-clés :

ASSURANCE MALADIE COMPLEMENTAIRE , LUNETTES CORRECTRICES , MUTUELLE , PRIX , PROTHESE AUDITIVE , SOIN DENTAIRE




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