Toute l’information juridique et patrimoniale
pour prendre les bonnes décisions
Accueil > Immobilier > Maison individuelle > Faire barrage... aux ennemis du bois

Faire barrage... aux ennemis du bois

Février 2014
Le Particulier Pratique n° 398, article complet.
Auteur : COUNE (Isabelle)
  • Toute une famille de larves xylophages
  • Des traitements préventifs ou curatifs
  • Les termites, un cas à part

Les essences de bois ont des valeurs nutritives différentes pour les insectes, et subissent donc plus ou moins leurs agressions. Les bois tropicaux sont très résistants, contrairement aux résineux. L’humidité fragilise le bois :  au-delà de 30 % d’eau, il est saturé et risque d’être attaqué par des insectes. La moindre fuite peut ainsi avoir des conséquences funestes. La ventilation joue aussi, de même que le contact avec le sol.

Toute une famille de larves xylophages

Les principaux ennemis du bois sont les insectes à larves xylophages, puisqu’elles s’en nourrissent. Ces larves construisant des galeries, pointer un poinçon dans le bois permet de voir s’il a été ramolli. Les vermoulures – déchets laissés par les insectes, qui ne consomment qu’une partie du bois – sont un indice. Par exemple, le capricorne produit des petits copeaux clairs, tandis que le lyctus laisse derrière lui des poussières volantes très fines. Souvent, ces insectes ne sont repérables qu’au moment où ils s’envolent, au printemps ou au début de l’été. La dimension du trou permet d’identifier l’espèce.

Petite vrillette

Sa larve, qui mesure de 2 à 4 mm de long et de 1 à 2 mm de diamètre, apprécie toutes les essences, et l’humidité a peu d’incidence sur sa présence. Elle montre une appétence pour les meubles et les objets d’art. Volant très mal, la vrillette se reproduit dans une zone proche de son trou de sortie, voire dans un ancien trou. Les nouvelles larves, qui ont besoin de se nourrir, creusent d’autres galeries.

Grosse vrillette

La larve de ce coléoptère est plus grosse que l’adulte – il mesure de 6 à 8 mm de long et de 3 à 5 mm de large. Elle cible toutes les essences contaminées préalablement par un champignon, car il faut que ce dernier libère la cellulose pour qu’elle puisse digérer le bois. Elle ne supporte pas la lumière et creuse des galeries situées, au minimum, 3 mm au-dessous de la surface du bois.

Capricorne des maisons

Sa larve, qui mesure de 15 à 40 mm de long et de 5 à 10 mm de diamètre, n’affectionne que les résineux et peut se développer dans des bois complètement secs. Comme elle ne supporte pas la lumière, vous verrez peu de trous de sortie. Ceux que laisse l’insecte sont oblongs, de 8 à 10 mm, car il sort de biais. Vivant longtemps (3 ans, en moyenne), la larve a tout le loisir de creuser de nombreuses galeries, qui rendent le bois plus sensible à l’humidité : il finit par gonfler et des fissures apparaissent. Un sondage avec la pointe d’un couteau permet de révéler les galeries. En tendant l’oreille, vous pourrez aussi entendre des petits bruits de grignotement.

Hespérophane

La larve de ce cousin du capricorne des maisons se nourrit de bois de feuillus. Elle fait de nombreux trous ovales de 10 à 12 mm, plus larges donc que ceux du capricorne, mais les dégâts qu’elle cause sont assez similaires. Les galeries creusées à la périphérie du bois montrent des stries dues aux coups de mandibules. Les déjections, beiges très claires, de la larve ressemblent à de petits tonneaux.

Lyctus

La larve de cet insecte de couleur brune et mesurant entre 2 et 7 mm de long se nourrit d’essences riches en amidon (chêne, châtaignier, orme, robinier, frêne, feuillus tropicaux). Elle envahit le bois dans les premières années de sa mise en œuvre, car l’amidon disparaît ensuite progressivement. Elle laisse derrière elle des trous circulaires de 1 à 2 mm de diamètre et des petits cônes de vermoulure très fine.

Des traitements préventifs ou curatifs

Il existe, dans le commerce, de nombreux produits permettant de venir à bout de ces bestioles, à utiliser de manière préventive, en particulier si votre habitation est construite dans un milieu exposé (dans une forêt, par exemple). Pami eux, la gamme Xylophène Premium Triple Action + ou le Traitement Poutres & Charpentes de V33, dont l’efficacité est garantie 25 ans. Plus écologique, le Xylophène 100 % Naturel, à base d’huiles essentielles et végétales, sans insecticide, qui rend les bois intérieurs non comestibles pour les insectes à larves xylophages et protège également les boiseries des champignons, mais son efficacité n’est garantie que 5 ans.
En traitement curatif, il est recommandé de passer par une entreprise – de préférence certifiée CTBA+ –, surtout si le bois de construction est atteint. En effet, des capricornes peuvent saper une charpente. Le traitement doit être appliqué à une profondeur suffisante afin d’éliminer tous les insectes et d’éviter la récidive. De plus, les produits étant toxiques, un professionnel prendra les précautions nécessaires lors de leur application.

Injection de biocide

Avant de traiter, l’entreprise doit sonder tous les bois afin de détecter les zones infestées, bûcher les parties vermoulues et mettre à nu le bois sain. Elle remplace les tronçons qui ne peuvent être sauvés. Ensuite, elle brosse et dépoussière le bois afin de retirer la vermoulure et de faciliter la pénétration du produit.
Vous pouvez traiter vous-même votre mobilier, vos boiseries intérieures ou votre parquet en employant, par exemple, le Traitement Meubles anciens de V33, le Traitement T. I. Aquaréthane de Syntilor, le Xylophène Meubles et Objets anciens, le Traitement Meubles et Parquets de Sintobois. Selon leur formulation, ces produits s’appliquent, sur des meubles préalablement décapés, soit au pinceau, soit par pulvérisation, soit par injection ­directement dans les trous laissés par les insectes. Il est conseillé de faire tremper les pieds des meubles abîmés, pendant plusieurs jours si nécessaire, jusqu’à imprégnation totale du bois.

Asphyxie des insectes

Les insectes peuvent aussi être détruits par anoxie. Cette méthode, qui consiste à les priver d’oxygène, permet de sauver des objets qui ne pourraient pas l’être autrement, comme des livres anciens. Le mobilier ou l’objet est placé dans une enceinte étanche, et l’oxygène progressivement remplacé par de l’azote. L’opération prend environ 3 semaines et coûte plusieurs centaines d’euros, en fonction du volume à traiter, à quoi il faut ajouter le prix du transport. Elle est donc à réserver à vos biens les plus précieux et ne les protège pas d’une nouvelle attaque si elle n’est pas complétée par un traitement préventif. Objets et mobilier peuvent également être soumis à un choc thermique, c’est-à-dire qu’ils sont enfermés dans une chambre froide hermétique pendant 48 heures.

Les termites constituent un cas à part

Les termites étant très présents dans certaines régions de France, le Sud-Ouest notamment, des arrêtés préfectoraux délimitent les zones infestées. Vous trouverez la carte de ces zones sur le site Observatoire national termite (termite.com.fr).

Arrivée par le sol ou le sous-sol

Les termites sont attirés par l’humidité. Dans les zones humides, il faut éviter de planter des arbres trop près des façades, ne pas stocker de bois ni de cartons le long des murs extérieurs, s’assurer que les caves et les vides sanitaires sont bien ventilés. Ces insectes sont capables de ruiner une bâtisse. Ils ne sortent jamais, car ils craignent la lumière. Ils s’attaquent aux produits contenant de la cellulose (vêtements, papiers, cartons…) et peuvent dégrader tout matériau non cellulosique pour se déplacer : ils creusent les maçonneries et lorsqu’ils rencontrent un matériau trop dur, ils construisent des cordonnets, sorte de galeries en surface. Les symptômes ne sont pas visibles de l’extérieur, car il reste toujours, à la surface du bois, une mince pellicule intacte. Repérer la présence de termites avant l’apparition de gros dégâts n’est donc pas aisé. Le diagnostic commence dans le sous-sol, où ces insectes apparaissent souvent, avant de monter dans les étages. Ils peuvent également arriver par un bâtiment attenant déjà infesté.

Un diagnostic professionnel

Au moindre doute sur la présence de termites, il ne faut pas hésiter à faire appel à un diagnostiqueur, qui peut les détecter, notamment, grâce des méthodes acoustiques. Deux techniques de lutte sont utilisées dans l’existant : la barrière chimique, c’est-à-dire l’injection de produits biocides dans les sols, et les pièges (méthode Sentri Tech). Dans ce dernier cas, les boîtiers renferment un appât. Celui-ci est consommé par les ouvriers, qui contaminent la colonie par trophallaxie (échange de nourriture). La molécule contenue dans l’appât bloque la mue des insectes. Cette méthode est sans danger pour l’homme, et donc idéale dans une habitation. L’entreprise qui a mis en place les pièges doit venir les contrôler régulièrement, et une surveillance du site est nécessaire après l’élimination de la colonie. Il arrive que cette méthode échoue si la population de termites est trop nombreuse, il faut alors envisager un traitement chimique.

 


Mots-clés :

BOIS , DIAGNOSTIC TECHNIQUE , PARASITE , TERMITE




Outils pratiques :

Bannière Choix patrimoniaux

Réduisez vos impôts
Un professionnel vous accompagne dans vos démarches pour défiscaliser, valoriser votre patrimoine et faire les meilleurs choix de placements

Recommandé par

Votre adresse est conservée par le Particulier, pour en savoir plus / se désinscrire

Bannière Tous simulateurs 1000*104

Bannière e-Particulier